3 mai 2023
Titis parisiens…
J’ai peu vécu à Paris. J’ai passé une partie de mon enfance en banlieue parisienne, puis dans une banlieue un peu plus lointaine (c’était encore la campagne). J’y fus élève pendant une année scolaire, puis j’y ai habité le temps d’un long stage et j’y retournais très souvent pendant ma vie professionnelle mais rarement plus de quelques jours de suite. J’aime cette très jolie capitale et j’ai plaisir à y aller mais c’est trop peu souvent..hélas !
Enfant, il y avait un personnage qui me plaisait beaucoup : c’était le « titi » parisien. Plein de culot, volontiers gouailleur, dégourdi et souvent irrespectueux, il avait un accent étonnant à l’opposé des standards d’élégance. Paris s’est peuplé très vite et ces titis étaient souvent de première ou de seconde génération. Il leur restait des attaches en province mais la ville, ses attraits et ses exigences les transformait. Timide, j’avais aimé avoir leur culot. Honnête, j’aurais aimé avoir leur art de la resquille.
Je viens de lire un lire qui parle bien de l’un d’eux, vendeur d’articles de pêche à la Samaritaine, habitant ces immeubles populaires en plein cœur de ville, à l’époque il ne fallait pas être riche ou ambitieux pour habiter cette ville.
Un livre sans prétention mais très bien écrit malgré la simplicité de l’intrigue qui a cette fraîcheur des années d’après-guerre où les français, possédant davantage d’objets inutiles, pensaient qu’ils étaient tous devenus riches.
L’auteur, René Fallet, avait, entre autre chose, la chance d’être un ami de Georges Brassens et en cherchant dans les souvenirs d’Internet, je dénichais une émission où ils parlaient tous deux de littérature. Étonnant de classicisme et de connaissances, pour deux autodidactes, plutôt contestataires.
Ce livre m’a replongé dans ce monde trop peu connu et fascinant. J’ai beaucoup souri, parfois ri à gorge déployé, été un peu ému, ai craint pour l’équilibre de certains personnages… tout ce qu’on attend d’un roman.
Ce « livre de poche », trouvé dans une boîte à livres (une des rares inventions intelligentes de notre période de surabondance), aux pages qui se détachent de leur mauvaise colle, à été mon compagnon de quelques jours.
Ce que j’aime aussi c’est la capacité de l’auteur de faire de ce personnage finalement très ordinaire, un héros de roman. Ordinaire, un mot, qui remplit souvent les billets de ce blog et que j’aimerais savoir faire partager avec autant d’élégance.
Mais l’heure est à la reprise (lente) de mes activités. J’aimerais d’ici l’été prochain mettre en état une (peut-être deux) pièces de plus dans notre maison et mon potager demande aussi qu’on s’occupe de lui. Bref, l’heure n’est pas à l’indolence. Alors je te quitte, ami lecteur. Je te souhaite une bonne journée. Je t’embrasse.
Publicité
Commentaires
