Dans son royaume d'ombres etde lumière,
...elle me regarde aujourd'hui. Comme elle regarde les autres petits garçons et les autres petites filles qu"elle a porté, qu'elle a aimé. Et il faut dire qu'il y en eut beaucoup qui virent le jour d'Elle. Elle qui toute jeunette épousa un beau militaire tout frais sorti d'une trop longue guerre. Tous beaux dans cette église prestigieuse des Invalides, sous un toit de drapeaux, il se promettront 14 enfants. Elle était fille unique, il avait connu une plus grande soeur mais trop peu de temps, juste le temps que la mort l'emporte alors qu'il était tout petit et lui laisse une maman inconsolable. Ils tiendront paroles, une de ces paroles jetées en l'ai à qui la vie donne parfois un sens. Elle l'aimera trop fort jusqu'à son dernier jour, il l'a trouvera si belle jusqu'à son dernier soupir. Elle aimera aussi sa "nichée", ses petits. Et pourtant il lui en auront coûté des lessives, des vaisselles, des chagrins, des chagrins d'amour. Une reine de la non-organisation. Une famille bohème. Des amis de folie. Rien qui ne soit ordinaire. Des maisons trop grandes ...ou bien trop petites. Une alternance de richesse et de "dèche". Un pivot : c'est elle. Elle qui n'a jamais vu le mal, d'une naïveté confinant au génie. Elle connaitra de nombreux petits enfants, plus de 80 : elle les connaissait tous mais jamais ils n'habiteront sa vie comme les enfants. Elle et sa commode, au tiroirs remplis de dessins de gosses et de collier de nouilles desséchés.
Deux fois déjà qu'on ne peut pas lui souhaiter la fête des mères. Deux fois déjà que cette fête pourtant si douce et remplie de bonheurs domestiques à pour un petit garçon plus vraiment petit un arrière goût d'amertume vite chassé par l'évocation des bonheurs passés et bonheurs à venir.
Alors il regardera encore dans son sommeil celle qui ,pourtant si différente, remplit pour ses propres enfants cette place si délicieuse. Il se réjouira avec elle de leurs attentions et de leurs cadeaux. Et cette année dans leur petite maison si douce, deux petites demoiselles, pourtant encore bien petites porteront aussi à une autre petite maman cette amour dont elles ne savent même pas encore le nom.
Une nuit trop courte. Une journée qui seront douce.
Et cette évocation je veux y associer toutes les petites mamans (ou non) qui liront ces lignes. Si vous saviez comme on vous aime !