Petits et grands bonheurs
Il est très tôt, trop tôt ce matin. Un jour mis de côté, pris sur le travail pour attendre avec notre "grand" les résultats de ses concours. Il est prévu qu'il travaille et on attend au mieux les classements dans la soirée. Il est tôt, très tôt, trop tôt quand apparaît au petit matin un grand morceau de fiston encadré dans la porte. "Les résultats sont sortis. Je crois que c'est bon. Les yeux embués, il étreint ses parents. Dans la nuit les résultats sont sortis. Son classement lui permet d'intégrer l'école de ses rêves. Il ne sait pas encore dans quel centre. La boucle est bouclée. Il sera gadzart. La porte de ses rêves sera ouverte. La porte des "arts et métiers". Il mettra les mains dans le cambouis et la graisse. Il veut fabriquer des moteurs. Il sait que ce n'est plus très à la mode, qu'on parle plus de planète propre et de pollution...mais c'est son "truc". Il ne sera pas ce qu'il désirait être lorsque petit garçon il nous déclarait :"plus tard, je serai moine et chasseur de renard.". Il a cubé. Il a pris le risque de perdre une année, de ne pas prendre les places offertes l'an dernier, pour choisir cette école, celle qu'il voulait. Il a passé une année difficile, à travailler et encore, et encore. A douter aussi, à se dire qu'il était peut-être trop ambitieux, qu'il n'avait peut-être pas les moyens.
Il ne sait pas encore quel centre car le jeux des écoles fait que l'on a d'abord seulement un classement... et des statistiques. On suppute mais on ne saura vraiment que dans quelques jours quand le jeux de chaises musicales que sont les désistements aura permis de savoir le résultat final. Il ne veut pas se réjouir car le "copain de l'année", celui des galères est quelques places derrrière lui, "limite" , sa place dépendra du choix de quelques uns. Il ne veut pas se réjouir et lui faire mal. Il attendra de savoir et qu'il ait pris le mesure de sa place à lui, quil ait fait le choix de sa propre école.
Le père, trop ému, cours vérifier les statistiques, de peur de partager une joie qui serait vaine et revient rassuré. Tout le monde se lève en cette heure matinale et on parle, on téléphone, on est heureux.
Cette semaine l'avait rassuré avec des bons classements sur des écoles aimées aussi mais moins désirées. Il travaillait apaisé et le travail physique la saine fatigue qui l'accompagne, les retrouvailles des amis et les longues soirées d'été ont fait le reste. Le coeur y était.
On retrouve le petit cercle d'amis proches avec qui on partage ces petites joies familailes et domestiques. On rit, on est heureux, on parle tard dans la nuit.
Un petit héritage de ses grands parents lui avait laissé le rond de serviette en argent d'un vieil oncle, marqué d'un matricule centenaire, la même école. Un oncle de légende, le grand frère d'une grand mère qui avait intégré cette école, son ascenseur social à lui, à cette époque où on ne se piquait pas de mots mais de réalités. Son père était mort pendant son école et dès la sortie il était devenu les soutien de sa famille. Il attendrait que ses petites soeurs soient mariées et sorties d'affaire pour à son tour s'installer. Un oncle de légende, le parrain d'un gran père qui portait le même prénom un peu désuet, un peu ridicule. La boucle est bouclée à plus de cent ans d'intervalle. Un autre oncle, de la génération suivante avait aussi laissé sa trace sur les mêmes bancs, qui lui avait donné les bons conseils, la sagesse de l'attente. Une chance, il marie demain son fils et on pourra le remercier de vive voix, partager ce bonheur en famille.
C'était le dernier de quatre dans cette aventure scolaire. Chacun a pu chosir ce qu'il désirait. Le bonheur pour des parents qui mesurent leur chance. Il était soutenu, porté par de l'affection, par des prières même. Il était aussi porté par tous les encouragements reçus sur ce blog. Il fallait, même au milieu de la nuit, le partager avec vous, lecteurs et amis, amis et lecteurs qui avez donné à son père le bonheur de nouveaux partages avec des inconnus qui par leur présence, leurs mots, leurs traces laissées accompagnent aussi maintenant sa vie.
Fier et heureux ce papa vous souhaite une bonne fin de nuit, une bonne journée de demain et retourne goûter au repos.
Merci. Je pense aussi à vos enfants, à ceux que vous aimez, ceux qui vont bien et ceux qui vont moins bien. J'aime à partager leurs réussites ou vos angoisses. Que tout cela est doux !