Pronoms...de nom
Le "je" est redoutable. Il arrive en roulant les épaules. Il occupe toute la place, souvent trop de place. Il se met en avant. Mais il est parfois confidence voire confession et là ce "je" , que je l'aime. Quand l'autre se livre en vérité, donne de lui ce qu'il est.
Le "tu" est plus délicat. Il doit être choisi. Jacques ne le donne pas tout de suite. Il attend de mériter de pouvoir le donner, ou mieux d'en recevoir l'autorisation. Il est trop imprécis. Jacques n'aime pas qu'on le donne à tous. Il trouve sot de ne pas profiter de cette belle distinction de la langue. Qu'on se rassure, il ne s'agit pas là de prétentions, de se croire supérieur ou même simplement différent. Il précisera avec le "vous".
"Il ou Elle" sont tellement pratiques. Il parle de ce qu'il aime le plus, les autres, les gens, ceux qu'on aime, ceux qu'on observe, ceux qui vivent à nos côtés. Il se voit comme un autre comme sur un film, comme on entend sa voix sur un enregistrement. Il aime parler de lui à la troisième personne comme les rois d'autrefois qui n'incarnaient plus que leur peuple et qui finalement n'étaient rien en eux-mêmes. D'Elles ou d'Ils, il ne veut recevoir que le bon et éviter le mal. Il pourchassera ce bien, ce bon qui est en eux. Il veut les apprivoiser comme le petit prince apprivoise le renard. S'asseoir à côté d'eux et attendre.
"Nous" est aussi très doux. Ce que l'on fait ensemble, ce que l'on vit ensemble, ce que l'on pense ensemble et surtout ce que chacun fait pour l'autre.
"Vous" peut n'être que pluriel mais il sait être raffinement de singulier. Dans les campagnes autrefois on vouvoyait les anciens quel que soit le milieu. On peut ainsi vouvoyer ceux que l'on aime pour leur montrer l'infini respect que l'on a pour eux. Il aime le déséquilibre vouvoyer et être tutoyè Se placer juste sur la marche en dessous. Ou tutoyer et être vouvoyé et recevoir ainsi un gage d'affection supplémentaire.
"Ils ou elles" ne sont que les pluriels de leurs singuliers. Il y a rien à dire.
Alors qu'on le vouvoie, qu'on le tutoie, qu'on lui parle bien comme on veut, du moment qu'on lui fait l'honneur de lire ces quelques petits mots et l'auteur de ces lignes est heureux et remercie son "public".
La nuit s'avance. Il va falloir aller maintenant se mettre un peu de paupière sur les yeux et trouver dans le monde merveilleux d'un sommeil souvent trop court de quoi penser, de quoi rêver, de quoi écrire.
J'oubliai, il y a vos mots, il y a vos blogs, il y a vous. Demain sera encore un très bon jour.
Bonne nuit.