Maudit soit le mistral...
...qui nous teint éveillé quand on voudrait dormir. Béni soit le mistral qui nous donne ce temps volé à la nuit pour lire, écrire, rêver. On paie ce beau ciel bleu de ce vent trop violent.
Demain ce sera la fête dans mon village pour une petite semaine. Le bruit des hommes et des machines dans un espace de paix. Les nuits qui se prolongent. Les enfants à la bouche pleine de sucreries, de barbe-à- papa. Les jeunes hommes frapperont sur le puching ball et les jeunes filles les trouveront très fort. Les jeunes gens des fêtes foraines. Le garçon du manège qui reste debout pour ramasser les billets. Cet air à la fois conquérant et un peu niais et les cris des filles. On se frôle, on se cotôie, on dépense sans compter comme seuls les plus pauvres savent encore le faire. auto-tamponneuse, tourbillon de la mort, tir à la carabine. Le souvenir des enfants qu'on y amène et leur fascination. Quelques bals. Des rencontres qui se feront. Des couples qui se créeront. Des femmes qui dansent ensemble. Des solitaires, trop de solitaires qui errent dans le rues à la recherche d'étincelles de vie et de bonheur des autres. Sentir alors la chaleur de ceux qu'on aime et la chance de les avoir...même loin. Se consoler en se disant qu'il y a probablement quelqu'un qui les aime quelque part. Offrir le sourire, le clin d'oeil, qui leur feront ce petit coup de chaud, sans orgueil, sans vanité, juste pour se faire pardonner une injustice.
Demain ce sera la fête, on ne dormira pas trop tôt mais c'est aussi la vie.