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et pourquoi ne pas le dire ?
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1 septembre 2011

Salle des ventes

Jeudi, vente courante. Les objets ordinaires des vies ordinaires. Quelques saisies, quelques faillites. L'horreur des objets vendus à perte pour satisfaire des lois et des cupidités souvent stupides. Vilaines choses mais choses. Objet à trois sous. Bonheur des pauvres et des revendeurs. Puis vient l'heure des autres ventes, les ventes volontaires. Des objets qui n'avaient plus de sens pour personnes et qui vont en retrouver un pour certains. Ce que dit Raspail : "là où la moitié de la France achète ce que jette l'autre moitié".  Objets mystérieux vendus en vrac. L'ancêtre qui deviendra l'ancêtre de celui qui l'acheta.  Inventaire à la Prévert. Le beau côtoie le laid et le laid l'insolite. Les rangs d'habitués. Les rangs des marchands. Les rangs des coquins qui s'entendent à la baisse... ou à la hausse. Un commissaire priseur malin, souvent désinvolte parfois moqueur. Un employé maladroit, des objets cassés. Des caisses de livres qui partent pour 3 sous. Des caisses d'objets qui descendent à rien et qui remontent à leur prix, en tous cas à un prix. Manoeuvres de marteaux et habileté.  Des objets à la mode, on ne sait pas pourquoi qu'on s'arrache aujourd'hui, qu'on rejettait hier. Le rang des vieilles dames qui n'achètent que ce qui ne vaut rien et dont on imagine les intérieurs peuplés d'objets hétéroclites, capharnaüm des yeux. La dame aux poupés anciennes et aux broderies. Et puis il y a cet homme qui vient là pour le bonheur des yeux, le bonheur des objets. Un mystère pour les clans. Une complicité avec les commissaires.  Il ne vient pas quand il est riche mais quand il est pauvre pour se faire le plaisir de la bonne affaire, de l'objet qui fut aimé, du souvenir qui deviendra sien. Parois il achète juste pour donner un toît à l'objet rejeté de tous. Chacun semble alors le remercier.On partage à plusieurs le plaisir de la bonne affaire faite par l'un d'entre nous. La salle est belle, elle est neuve. Elle a sa place dans la rues de la mère des misères : Rue mère Térésa. Si ce n'était pas vrai, il faudrait l'inventer. Parfois un mot d'encouragement du commissaire voire une félicitation: "ce fut vraiment une bonne affaire". Les habitués ont leurs chèques de caution préparés à l'avance, usés d'avoir trop servis. Les nouveaux hésitent, ont peur qu'on les regarde et que leur doigt levé soit perçu comme enchère. Un petit couple qui s'équipe et qui rêve des ces objets qu'ils vont bichonner, qu'ils vont ouvrir à leurs rêves. Peut-être ce berceau. Non, c'est le vieux cheval à bascule. Aîe, l'acheteurs de cadres dorés est là. L'homme n'aura pas celui dont il rêve. Si, l'homme part. Le cadre doré sera sien. Il ne lui coûtera pas plus que le prix raisonnable. Le prix qu'on s'est fixé sans trop savoir pourquoi. L'homme n'est pas joueur. Il ne va jamais au piège de la surenchère. En fait il sait que si l'objet ne devient pas sien, il cache un autre objet, plus beau, plus rare encore et qu'au plaisir de la possesssion il aura ajouté le plaisir de l'attente. Il en est des objets comme des êtres qu'on est appelé à aimer.

Elle partage avec lui le plaisir des objets. Leur maison est remplie de ces folies d'un jour. Certaines plairont à d'autres qui partiront en cadeau : apothéose du bonheur d'avoir plus de celui de donner. Le bonheur en cascades. Elle sait tout des cadres, des ors, des patines. Ils partagent les livres. Les meubles sont souvent parties de quatre mains.Aujourd'hui ce dessin d'enfant. Une signature connue. Un joli cadre. On ne changera rien. Il viendra juste se poser sur le bord de la cheminée.

Jeudi dernier il partit à vide. Il a perdu une matinée de travail. Il a gagné une matinée de rêve.

 

 

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Commentaires
B
je rigole toute seule en relisant mes fautes désintéressé et blasé, sans compter les autres. Honte sur moi
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B
Un bien joli texte sur les salles de ventes. Je m'y suis vue, c'est bien cela. L'ambiance est bonne enfant dans celle que je fréquente. il y a les habitués, ceux qui savent ce que j'aime, et qui me disent, il y a tel ou telle chose qui vous plairait, les professionnels qui nous raflent souvent l'objet convoité, les mimiques qu'ils font, l'air désintéressés et blasés. C'est du théatre de rue. j'aime ces ambiances, une seule règle pour moi, ne pas me faire avoir par le commissaire priseur qui lui n'a qu'une envie gagner des sous, mais nous aussi, et surtout ne pas acheter d'objets provenant d'une saisie chez un particulier. Profiter de la misère de l'un pour faire plaisir à l'autre : l'objet me porterait malheur. <br /> <br /> ALlez je continue, j'ai du retard, mais je prend mon temps. j'aime venir me poser et apprécier la musique des mots. j'aime aussi lire les commentaires de vos lectrices. Enrichissant tout cela
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M
Nous faisons souvent les salles des ventes, c'est un réel plaisir. Notre dernier achat en date, une commode étonnante, au décor doré en plâtre, enfin il me semble, que j'ai eu pour quelques dizaines d'euros.Pour l'acquérir, nous avons dû patienter jusqu'à la fin de la vente,elle portait le numéro 500, mon amoureux a enchéri pour moi, heureux de me l'offrir, même si sur ce coup là, il a un peu douté de mon choix:-)Depuis, elle donne une touche tout à fait baroque à mon entrée!
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C
Juste le plaisir de l'objet, et d'imaginer son histoire: il n'en faut pas plus pour une belle histoire! Merci pour la vôtre! Bon dimanche...
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L
La joie de faire affaire et l'amour de la vie qui sauve les objets de l'oubli.<br /> <br /> J'adore les salles des vente, leurs rituels, et ambiance, les pro qui essaient de vous intimider, les commissaires qui draguent les rombières, et plus si affinité, et moi, qui montre, trop souvent, que je m'en moque!<br /> <br /> Mon homme, hyper raisonnable, m'a amusé il y a peu, une marine fut aux enchères, jolie vue de loin tout au moins! Son prix de réserve non atteint, je vis, amusée, LHom lever la main, je le sentais nerveux, un peu. <br /> <br /> Nous ne risquions pas grand chose, il est si raisonnable d'habitude. Notre enchère fut gag nante, il me dit<br /> <br /> Tu l'avais vu à l'expo, n'est ce pas? Elle est jolie?<br /> <br /> Je le rassurais ne m'en souvenant pas mais croyant au karma.<br /> <br /> Cette marine orne à présent notre entrée, accompagnée d'autres bateaux, je ne laisse jamais les choses orphelines!<br /> <br /> Cette affaire en fut elle? Certainement, nos descendants vous le confirmeront, dans un demi siècle! :)
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et pourquoi ne pas le dire ?
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