Un étrange "garage"
Un dimanche soir en Provence. On termine la journée en flânant dans les merveilleux villages du plateau de Vaucluse. Des châteaux. Des remparts. Des moulins à vent. De jolies maisons de village. On aperçoit un peu de vie dans les premiers intérieurs qui s'éclairent. Jolis décors. Jolies vues. On passe doucement du jour au soir pour mieux s'installer dans la nuit. Quelques touristes encore. Une église qui se vide après un concert de quatuors à cordes. Des amateurs qui sortent ravis. On n'entend plus que l'anglais. On redescend vers la vallée par les petites routes et au-bas de la route un restaurant. Un ancien garage. Un couple de jeunes serveurs. On traverse une salle étrange encore remplie des objets du garage. On se retrouve dans un petit jardin de curé. Clos de murs. Un sol de graviers qui étouffe les pas et absorbe les bruits. De la verdure. De la fraîcheur. Des tables et des chaises de fer confortables, des chaises de jardin public sans prétention. Une table à l'ombre, inutile ce soir, d'un grand platane décoré de guirlandes de guinguettes. Quelques ampoules manquent et c'est tant mieux. Il ne faudrait pas trop d'harmonie. Des tables de dimanche soir d'"encore vacances". Un groupe de musiciens anglais attablé à fait honneur aux vins de pays et parle ou rit fort mais pas trop, une joie qui se communique. Une petite famille franco asiatique délicieuse, de rires d'enfants, des bonheurs de parents. Le monsieur et la dame au chien. Pas trop de monde. Une jeune et jolie serveuse aux allures de petit rat d'opéra, sautillant plus que marchant entre les tables. Un petit vin de cave sans prétention, une carte très simple. La douceur d'un soir de fin d'été quand il faut de nouveau se rappeler que les nuits sont normalement plus froides. On mange peu, on boit peu. On est sage le dimanche soir. On parle bas. On écoute, on tend l'oreille. On paie ...mais pas trop.
La nuit tombe plus tôt. On rentre lentement. On a vaincu le cafard du dimanche soir des anciens pensionnaires. Bon signe : l'enfance n'est pas trop loin.
Et si c'était ça le bonheur ?