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et pourquoi ne pas le dire ?
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2 avril 2012

Dommage

Cette année j'avais vraiment envie de faire partie du jury du livre inter. Une sorte de pause à l'été d'un dimanche parisien pour le plaisir de lire....Mais ma lettre n'a pas été retenue. Tant pis, elle me servira ce soir où j'ai trop peu de temps à un petit partage avec mes amis du blog.

La voici :

 

"Lundi x mars,

La lettre est arrivée. « Monsieur, vous avez été retenu pour faire partie du jury du Livre Inter… » . Suivent des dates à retenir, des explications et des modalités pratiques.

Et l’homme ordinaire que je suis se demande pourquoi il a été choisi.

D’abord son âge, il pensait qu’à bientôt soixante ans, son avis n’intéressait plus personne.  Puis sa famille : plus très en vogue d’être resté marié à une même femme et d’avoir quatre enfants, sans rupture, sans reconstruction.

Son métier : il n’est même pas vraiment défini. Après avoir connu de meilleurs jours comme informaticien puis dans le monde des bureaux et des cols blancs, il est devenu sans « vrai » métier, homme toutes mains, artisan de fortune, travaillant le plus souvent à remettre en état de belles maisons anciennes. Le monde de la précarité, de l’inquiétude mais aussi de la liberté.

Sa formation peut-être ? Mais non, après des études scientifiques, il s’est spécialisé dans les statistiques puis dans l’informatique. Rien de bien littéraire dans tout cela. C’est vrai qu’il aimait beaucoup les lettres et qu’il y prenait du plaisir. Mais après tout il n’avait qu’à bien s’orienter.

Peut-être est-il alors un de ces hommes qui lisent tous les romans qui sortent et qui connaît la vie de tous les écrivains ? Non ce n’est pas le cas. C’est un lecteur, somme toute, ordinaire.

Il passe du temps à la lecture, mais il aimerait en avoir encore davantage. Il connut des temps meilleurs où il pouvait en dévorer un par jour, où il lisait en voyageant, en marchant, presque en dormant.

A-t-il une très grande culture ? Est-il capable de citer les plus grands, de réciter des pages, de les classer dans l’ordre ? Encore moins. Lire est resté un plaisir. Il lit sans méthode, sans règle, sans organisation. Parfois même il oublie et il lui faut parfois défiler plusieurs pages d’un livre pour s’apercevoir qu’il les a déjà rencontrées. Il attend de toutes ces pages qu’elles lui façonnent le jugement, mais en douceur sans en prendre conscience.

Et s’il était une sorte de converti, un homme venu à la lecture d’un monde où personne ne lit ? Non plus. Aussi loin qu’il puisse remonter le temps, il a toujours trouvé autour de lui des hommes et des femmes qui avaient le goût des livres. Enfant, ses parents lisaient. Adulte,  on lit encore beaucoup autour de lui et ses enfants aussi connaissent le plaisir des pages que l’on tourne et de l’histoire qui se construit.

Alors il vit peut-être dans un de ces endroits d’où rien ne semble pouvoir sortir de bon et la lecture est pour lui une sorte d’échappatoire ? Pas davantage. Il vite dans un des ces beaux paysages de Provence, dans un village de plaine entouré de remparts, et inondé par des rivières où tout semble prospérer depuis toujours. Parfois, peut-être un froid très dur ou un mistral très fort … Mais non, car ils apportent avec eux de si beaux cieux qu’on a bien du mal à les condamner.

Est-il un spécialiste des romans et donc un bon juge ? Il lit de tout, au hasard, un peu comme ça vient. Des livres anciens, lus et relus, amis depuis toujours. D’autres conseillés par des amis ou par des gens qu’il aime. Puis ceux qu’il découvre au hasard des librairies parcourant quelques pages et tombant amoureux, ou simplement curieux. Pas seulement des romans mais beaucoup d’autres choses. Quand la première page est ouverte il sait qu’il ira jusqu’au bout. Très vite parfois. Ailleurs il lui faudra plus de temps. Il fermera le livre, le rouvrira, le fermera à nouveau. Plusieurs seront en attente mais il sait qu’il les finira : une sorte d’addiction, de la première à la dernière ligne. Il lira même le prix et les indications de l’imprimeur. Le mot écrit le fascine et il ne peut plus s’en détacher.

Il faudrait ajouter des choses un peu plus diffuses. La lecture est venue tôt. Dans une famille très nombreuse c’était pour lui une façon de s’isoler, de se fabriquer son espace, sa vie, sa solitude. Plus tard pensionnaire, le livre lui permettait de découvrir d’autres lieux, d’autres mondes, de s’échapper d’un espace trop petit. Puis le goût est resté. Le livre à l’école l’attirait plus que toute autre chose au détriment souvent d’activités plus nécessaires. Mais jamais ça ne l’empêcha de vivre, d’avoir d’autres activités, de fonder une famille…bref tout simplement de vivre.

Et puis le livre n’est pas le seul média qui l’intéresse. La radio l’accompagne beaucoup dans le repos, sur la route et  lorsque son travail n’est pas trop bruyant.  Il regarde aussi la télévision si la fatigue et  le sommeil n’ont pas raison de lui. Il aime beaucoup le cinéma qui reste pour lui un endroit magique qui a gardé pour lui toute sa saveur et tout son attrait. Il lit peu de journaux et de magazines. Il aime que la ligne ne soit pas trop liée à l’époque et à l’agitation du temps. Il a besoin qu’on prenne du temps pour lui expliquer l’idée.

Et saura-t-il participer à un jury ? Il pense que oui. Il peut parler des livres qu’il aime, les défendre. Il veut comprendre ceux qu’il n’a pas aimés. Il aime mesurer, juger, partager, écouter. Il aime parler mais sait aussi se taire et écouter. Il a gardé d’une enfance autour d’une grande table, le goût des échanges, des amitiés, des controverses. Il croit qu’il est plutôt discipliné et qu’il saura aussi s’astreindre à un planning, à une organisation.

Et France-Inter ?  Il écoute beaucoup cette radio. Même certaines émissions qui l’exaspèrent  mais qui gardent un vrai goût de radio. Il lui reproche de nombreux égarements mais, par un curieux mouvement, il y revient toujours.

J’ai maintenant terminé cette lettre. J’espère que vous la recevrez à temps et que le premier paragraphe deviendra réalité. Je vous souhaite un bon jury et de bons livres et j’attends avec impatience votre réponse."

PS :(à ceux qui liront ce petit message) ... du mal à trouver du temps et pourtant une envie d'écrire qui me démange. Je trouve heureusement encore le temps de vous lire. Et en plus ça se calme !Je vous souhaite une très bonne nuit.

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Commentaires
L
Vous aviez été discret sur votre souhait de participer à ce jury ; mais bravo de l'avoir fait.<br /> <br /> Pas retenu ? peu importe. Recommencez l'an prochain. Si vous aviez été sollicité c'est que votre profil avait été remarqué. Ensuite, le nombre de candidats était sans doute important, le choix complexe ...<br /> <br /> Bonne journée
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L
:-)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> (bien oui, parfois, on n'a rien à ajouter, d'autres fois, un sourire)<br /> <br /> j'aime bien, nous avons quelques points communs...
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C
quand on lit cette lettre on a envie de dire , ce Jacques c'est un type bien , mais nous vos lecteurs on le savait déjà ! bonne journée et merci d'être passé hier soir, j'étais déjà das mon lit avec mon compagnon préféré : mon bouquin ,
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M
Dommage oui , cette lettre aurait retenue toute mon attention :-) qu'à cela ne tienne peut être que l'an prochain ...<br /> <br /> Heureuse de vous lire à nouveau bonne journée Jacques !!
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H
Elle était bien originale votre lettre. Peut être pas du gout d'Amélie Nothomb ? Dommage , je vous aurais bien vu jury du livre Inter. Peut être l'occasion finalement de nous offrir vos critiques de livres sur ce blog ! Laissez vous tenter ! <br /> (et je vous recommande "les heures silencieuses" de gaelle Josse !)
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et pourquoi ne pas le dire ?
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