8 janvier 2016
Mon pays est une charade : la France.
Mon premier est un petit homme rond, probablement intelligent, souvent pathétique et parfois ridicule, récompensé de dizaines d'années d'intrigues par le gouvernement de son pays. Il se demande aujourd'hui s'il n'aurait pas dû faire comme ses camarades d'école : se prendre un fromage un peu plus petit et grossir tranquillement à l'abri de tout scandale.
Mon second est un petit être lunatique qui se prend pour Napoléon mais qui n'est qu'un bouffon ridicule. Mais, méfie-toi, demain il peut devenir Robespierre. Il hait Dieu et les hommes en général et n'a qu'une seule ambition : devenir mon premier.
Mon troisième est composé d'hommes et de femmes chargés de mettre en œuvre un programme impossible. Il savent qu'ils ne le pourront pas, alors en désespoir de cause, ils vont de lobby en lobby satisfaire les plus exigeants et ceux dont ils espèrent plus tard les plus grosses récompenses. Ils ne savent pas encore que demain ces lobbys les abandonneront sans vergogne pour aller chercher le pouvoir là où il se trouvera. Dire qu'on appelle ça un "gouvernement" !
Mon quatrième est composé de plein de petits hommes qui construisent avec patience et obstination un monde de petits avantages, de petits bénéfices, de petits fromages et de petites compromissions. Les plus habiles ou les plus patients s'enrichissent parfois de ces savants cumuls. On appelle ça , la "classe" politique. Ils votent des lois inutiles devant des chambres vides, appliquant servilement des consignes venues d'ailleurs, ils ne savent d'ailleurs pas très bien d'où.
C'est tout, sauf de la "classe" c'est certainement de la politique.
Sais-tu par exemple mon ami que mon département est gouverné par un homme qui ne doit son poste qu'au fait d'être le plus vieux de son assemblée ?
Sais-tu que ma région est gouvernée par un autre homme dont les ennemis d'hier ont préféré faire voter l'élection plutôt que de prendre le risque de perdre leurs petits avantages ?
Mon tout est mon pays, la France, que j'aime tellement, où tu vis, où je vis, où je suis né et où je veux mourir. C'est un pays meurtri bafoué, mal servi. C'est un pays qui donne des leçons au monde entier sans ne s'en appliquer aucune.
Mais dans ce pays il y a toi, mon frère, ma sœur, mon ami qui vit, qui porte sa peine, qui aime sa famille et secours son prochain. Un pays plein de grandeur chez ses plus petits, chez ces santons qui peuplent la crèche.
Il y a un an nous étions rassemblés sur la place de mon village pour pleurer ensemble des hommes assassinés et se montrer unis face à la violence. Depuis un an les attaques de barbares, ou parfois la seule menace de ces agressions paralysent notre pays. Je n'aimais pas ce qu'écrivaient ou dessinaient ces hommes assassinés, mais dans Mon Pays, on pleure son frère qui meurt, en sachant qu'il n'est pas parfait.
En fin d'année, l'assaut fut encore plus violent. Les victimes plus nombreuses et innocentes de tout crime. Ils auraient pu être nos enfants.
On découvrit alors que si les services de polices avaient œuvré avec courage, le gouvernement, pendant un an, n'avait rien fait ou presque. Il ne nomme même pas son ennemi. Il a peur. Il se complaît en tartarinades, en rodomontades.
Il y eut bien moins de monde cette fois-ci sur la place du village. On s'habitue à tout....même à la barbarie.
Je n'ai qu'une arme à mon service : un petit carré de papier qu'on met dans une enveloppe de temps en temps pour renouveler mon troisième. Chacun de nous possède cette seule arme et doit s'en servir avec courage sans écouter les conseilleurs.
Une fois cet écrit terminé, comme toi mon ami, je m'attellerai à ma tâche, avec tous mes défauts et mes quelques qualités. Comme toi, j'essaierai de faire de mon mieux dans mon quotidien.
Je te demande alors de faire cette prière que je fais souvent : " Mon Dieu, donnez la force, l'intelligence et le courage aux hommes qui se doivent de nous gouverner avec sagesse. Et, s'ils refusent de le faire, merci de les remplacer vite par ceux qui le feront."
Tu comprendras bien mon ami que tu peux faire cette prière même si tu ne crois pas en Dieu. Il te suffit de vouloir le bien de ceux que tu aimes et de tous ceux qu'on appelle tes "compatriotes".
Bonne journée.
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