7 août 2016
Bienvenue Timothée
C'était toi, hier, le roi de la fête. Du haut de tes quelques semaines tu occupais sans le savoir l'esprit de tous ceux qui étaient rassemblés. Vous êtes arrivés jeudi pour le plus grand bonheur de la maison et de ceux qui l'habitent. Vous c'est à dire tes parents, tes frères et soeurs....et toi, petit homme !
Chacun a pris ou retrouvé sa place dans la maison qui vous attendait. Le vendredi fut consacré aux derniers préparatifs car on serait nombreux de la fête. Chacun s'affairait. Tes frères et soeurs découvraient quelques surprises de leurs grand parents. La maison et le jardin vibraient de cette émotion nouvelle des grands rassemblements.
Puis arrivèrent tes futurs parrains et marraines, tes oncles et tantes, puis la famille de ton papa qui venait de loin, de ce "nord" de la France.
Il faisait très chaud. Tu es habitué, toi qui es né au pays des rois mages. Et puis le vent se leva. Un mistral d'été qui dégagea le ciel et rafraîchit un peu. Toi, tu passais de bras en bras. Tout le monde t'admirait comme un petit roi. Tu répondais de tes yeux grands ouverts et parfois d'un sourire. On te comparait tour à tour à tous ceux à qui tu pouvais ressembler.
Et vint le samedi, le jour de ton baptême.
11 h du matin. La place de l'église est inondée de soleil. Seuls quelques arbres mettent ça et là des tâches d'ombre bienveillante. Le prêtre est un ami de longue date. Il nous accueille avec tendresse dans la maison de Celui qui nous rassemble tous ce jour là.
C'est ton baptême. Un acte d'appartenance et de reconnaissance. Les mots du prêtre sont simples et beaux, comme les textes et les chants. Ses gestes, codifiés par les siècles, marquent chacun des étapes de ton baptême. L'eau, la lumière, le sel, l'huile prennent aujourd'hui pour toi un sens que tu ignorais.
Tu es petit. Tu as la sagesse innée des enfants. Tu sais.
Certains prétendent parfois que cet acte d'amour et de reconnaissance à la fois échappe à ton entendement, qu'il faudrait que ce fut plus tard. Ils ignorent qu'en matière d'amour les "enfançons" comme toi en savent mille fois plus que nous.
On ressort de l'église. Toi, le nouveau petit catholique, tu es toujours aussi mignon.
La grande table nous attend sous le vieux hangar rénové qui comprend mieux aujourd'hui pourquoi on a pris tant de soins à le remettre en état.
La belle vaisselle, l'argent, les belles nappes sont dressés pour la fête. Dans le grand plat cuit le riz. Les vins circulent et les propos s'allègent. Une courte prière introduit le repas et c'est bien nécessaire en ce jour de reconnaissance. On est nombreux. On est heureux. Tu réussis à toi tout seul ce miracle de l'instant.
La journée se déroule dans ce bonheur qu'on consomme. L'après midi, les plus hardis et les plus jeunes se rafraîchissent à la piscine pendant que les autres parlent ou jouent à l'ombre.
Le soir vient. Un repas léger. Certains sont repartis. On entend dans le village Les échos d'un autre rassemblement. Le vent est retombé. Le ciel est plein d'étoiles. Tu dors dans ton petit berceau.
Puis vient l'heure où l'on se sépare.
Merci petit garçon, merci petit Timothée, de ce jour de bonheur.
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