9 août 2016
Mathilde
Le mistral s'est arrêté pour la journée, comme pour faire une pause. Le paysage de Venasque est toujours magnifique. La grande église accrochée à la colline nous est familière. Les parkings sont pleins : il y aura beaucoup de monde. Nous sommes arrivés tôt. Nous trouvons de la place. Nous reconnaissons beaucoup de monde.
Nous ne te connaissions pas du tout. Nous savions ton existence, ton engagement à Misericordia au Chili, ton retour prévu. Nous ne te connaissions pas mais tu nous étais familière comme le sont nos neveux, les amis de nos enfants ou les enfants de nos amis. Sur le livret la photo souriante d'une jeune femme en pleine vie.
Et puis est arrivé ce message terrible annonçant ta mort. Loin à l'autre bout du monde, au Pérou. Un accident de car. Deux de tes amies blessées aussi.
La cérémonie commence où nous allons apprendre à mieux te connaitre. Les tiens ont voulu qu'elle soit à ton image, pleine de vie et colorée. Chacun est venu vêtu de couleurs d'été, comme pour un mariage, ou un grand rassemblement familial. De nombreux jeunes gens, des petits enfants.
Autour de l'autel de nombreux prêtres sont là pour t'accompagner. Quelques témoignages, la lecture de quelques unes de tes lettres nous font entrevoir des qualités inconnues, une vocation, un élan, un appel. Comme si cette mort inattendue en était la réponse et que Celui que tu aimais tant avait fait appel à toi le plus tôt possible.
La messe se termine. On t'accompagne à pied au cimetière. Un petit cimetière accroché au flanc de la colline. La vue est magnifique sur toute la Provence. Une dernière prière, un dernier chant, ta famille rassemblée devant la tombe.
On redescend chez tes parents, dans cette maison où il y a encore très peu de temps on célébrait un mariage. Un repas qui rassemble la famille et les amis.
Voilà chère Mathilde comment on a appris à te connaitre et à t'aimer. La façon dont maintenant tu vas agir pour tous ceux que tu aimes, on ne la connaît pas encore. On sait que ce sera nécessaire pour tous ceux que tu laisses.
Que doit-on te dire maintenant ? "Bon Paradis" ? Je ne sais. Nul ne sait. Dieu le sait.
Aujourd'hui le mistral a repris. Il fera un peu plus frais.
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