Montagne....
L’occasion était trop belle : rompre cette monotonie paralysante que cette épidémie nous impose et rejoindre des amis en montagne. Nous devions être cinq couples mais lorsque nous arrivâmes deux d’entre eux avaient été rappelés chez eux par une triste obligation. Trois couples d’amis donc, de ces amis de toujours, d’une amitié dont on ne compte plus les ans depuis longtemps. Un cadre enchanteur, une maison de village en plein massif de Belledonne. Tout autour, des sommets encore enneigés et des forêts impressionnantes. J’étais déjà un homme lorsque je connus la montagne et je me souviens encore avec émotion de cette « première fois » : comme une rencontre amoureuse, la perception de quelque chose d’extraordinaire , une envie de connaître et une peur d’en être indigne à la fois.
Un trop court week-end dans une maison qu’on apprend vite à connaître et à aimer et qui possède ce charme des maisons qui vivent, ou mieux, qui revivent après de longues périodes de sommeil. Il est des maisons comme des êtres. Parfois il faut du temps pour trouver le contact, parfois la relation s’impose et en quelques instants vous vous sentez aussi bien que chez vous. Ce fut le cas.
Le drame de ce moment que nous vivons c’est tout le « temps de vie » que l’on perd. Deux journées de voyage (lorsque nous aurions été tellement mieux à marcher), des pistes interdites partout au nom de règlements stupides, des stations qui ressemblent à des villes fantômes qui se meurent...brrrrr !
Mais la montagne en a vu d’autres. Elle sait garder son esprit, elle sait offrir sa beauté à ceux qui l’aiment. C’est peut-être pour cela que le temps sembla suivre nos humeurs : pluvieux et maussade lorsque nous étions à l’intérieur, ensoleillé dès que nous décidions d’un extérieur.
Nos amis sont de ceux que nous rencontrons souvent en temps normal mais dont la période nous prive en ce moment. Alors nous n’eûmes pas trop de ces repas, de ces après-midi de jeu, de ces soirées au coin du feu pour faire le point de nos familles, de nos amis, de nos peines et de nos joies partagées. Une maison qui rit, qui s’émeut, qui prie aussi lorsque vient l’heure de la nuit.
Nous revînmes hier soir, un peu inquiets de dépasser un horaire stupide dont on ne se demande même plus l’inutilité dans nos petits villages. Notre maison nous attendait, SON travail aussi. Ce matin nous sommes plus riches d’un très bon souvenir et de ce sentiment de se sentir « en phase » avec des amis qu’on aime.
Et comme on a beaucoup parlé aussi de nos amis, tu dois savoir, ami lecteur que tu étais aussi avec nous.
Bonne journée.
Ps : je sais que nos amis, à l’origine de cette initiative lisent ces pages. Qu’ils sachent combien nous les remercions de ceux bons moments. D’autres, qui furent obligés de partir avec notre arrivée les lisent aussi parfois. Qu’ils sachent qu’ils nous manquèrent beaucoup mais qu’on saura bien tous ensemble renouveler de tes moments.
