Histoires....
J’ai retrouvé ce matin le rythme d’une semaine habituelle après une semaine « d’exil » poitevin. C’était le matin pour moi, c’était le soir pour eux : je retrouvais deux petits visages charmants qui attendaient quelques histoires de « grand-père » avant de s’endormir. Mon dernier petit-fils et une charmante petite amie entendirent successivement une histoire de souriceau courageux, puis de chouette qui apprenait aux enfants à ne pas craindre la nuit et de grand maman lapine aux mouchoirs qui apaisent les chagrins.
Je ne sais pas qui attend le plus ce petit rendez-vous....mais c’est pour moi un moment très doux.
Le monde serait tellement plus simple s’il continuait à vivre au rythme des petits-enfants.
A l’heure du soir de la vie qui s’approche doucement, il m’arrive de me demander si j’ai vraiment cru à ce monde des adultes, tristes et pontifiants. Je n’ai jamais vraiment réussi à prendre ce monde très au sérieux...il me l’a bien rendu d’ailleurs 😉.
J’ai pourtant lorsque vint mon tour, porté des costumes sombres, fait les gros yeux ou haussé le ton pour me donner de l’importance mais je crois sincèrement n’avoir jamais été très crédible dans ce rôle.
Aussi, l’histoire terminée, j’enfilais mon costume de jardinier et filais au jardin planter quelques pommes de terre et surtout reprendre contact avec mon petit potager.
J’aime plonger les mains dans cette terre qui s’enrichit et s’assouplit d’année en année. Je regardai mes petits pois et mes fèves sortir le bout de leur nez, et m’inquiétai de mes carottes et de mes oignons qui ne donnaient aucun signe. Je plantai mes pommes de terres (c’est la première fois que ce sont les miennes que je replante...suspens...) je les recouvrai de paille parce qu’il fait encore un peu frais.
Et puis je rentrai, fatigué de ces quelques heures.
C’est sûr que lorsque je devrais rendre compte un jour de cette journée, je n’aurai rien d’extraordinaire à raconter et mes journées sont souvent aussi simples que ça.
Pendant ce temps les paveurs ont terminé les trottoirs de ma rue. Un beau travail de petits pavés irréguliers contenus par des bordures d’un calcaire blond aux allures de marbre. Il ne reste plus qu’à recouvrir le passage central des autos d’un ruban de goudron et à cacher les vilains fils qui défigurent encore aujourd’hui le paysage.
Demain j’irai planter les pommes de terre qui me restent dans une parcelle pédagogique dont la destinée est bloquée par cette maudite crise qui interdit tout partage. Je reprendrais ensuite les travaux de mon extension. Il me tarde d’avancer dans ces réalisations.
Aujourd’hui une nouvelle étape de traitement redémarre pour une malade qui m’est très chère. Un deuxième round dont j’espère qu’il sera plus facile que le premier. Une fois de plus son mari sera interdit de visite et devra suivre « à distance » les phases de ce traitement. Tout cela est difficile à vivre, c’est pourquoi c’est à eux deux que je dédie ce soir cette modeste journée ordinaire, d’un homme ordinaire qui est riche de la qualité de ceux qu’il aime.
Toi aussi, ami lecteur, par une pensée ou une prière je t’invite à t’associer à mon petit hommage.
Je les embrasse. Je t’embrasse.
