Dans l’infinie délicatesse d’un soir de novembre, je contemple en silence mon feu de cheminée. Il pleut dehors, une petite pluie fine et insistante qui pénètre les sols en profondeurs et nourrit mon potager. La journée a été dure mais les travaux avancent lentement et sûrement. Chaque avancée est pour nous une occasion de réflexion nouvelle et le « grand salon » vit déjà avant que nous ne l’habitions. ELLE, ne travaille pas cette semaine et la douceur d’un thé est venue interrompre mes travaux pour un moment de bonheur et de paix. Ce matin notre « australien » nous appela longtemps. Son « soir »était notre « matin ». Une longue heure d’échange sur sa vie, son travail, la comparaison de nos «restrictions épidémiques »(nous ne sommes pas les seuls à vivre la cacophonie de toutes ces restrictions😉mais nous les supportons différemment…)
Nos enfants sont bien plus dans la « vraie » vie que nous. Replonger dans leurs univers réveille d’anciens souvenirs et très vite les mécanismes reviennent.
Je contemple le feu en sirotant un verre de verveine, un alcool délicieux qu’ELLE concocte à partir de la verveine de notre jardin. J’aime ce silence.
ELLE tricote de son côté. C’est une activité d’hiver. De temps en temps une parole échangée sur tout ou rien.
En ce moment nous brûlons souvent du bois de récupération, les vieilles charpentes, les vieux lambris. Mais ce soir nous brûlons du bois « d’arbre », qui nous reste de l’an dernier. Les premiers font des flambées éphémères et sans braises. Le bois « d’arbre » nous donne de belles braises qui semblent vivre d’une vie propre.
Mon travail de rénovation laisse peu de place en ce moment à d’autres activités. J’ai mis un peu de côté l’écriture et mes petits exercices de découvertes d’autres langues. Mais les mots me manquent, les mots que je découvre, les mots que j’écris aussi.
Les sujets de mes écrits, le monde, la vie, les gens que j’aime, les petits bonheurs croisés le jour où ceux qui reviennent à mon esprit, eux sont bien là, mais ils semblent renâcler à se poser sous mes doigts.
Ce soir, ils semblent revenir.😊.
Je vais les laisser remonter à la surface, je reviendrai bientôt.
Je t’embrasse, ami lecteur.
Bonne nuit.