Commémoration de l'Armistice de 1945 et cabanes.
Mes chers lecteurs,
Il arrive parfois que l'un ou l'une d'entre vous me reproche d'être triste. Avouez que, ce matin, il est difficile de se réjouir que le suffrage universel ait amené au pouvoir le candidat "de la certitude du déclin", face au candidat "de l'incertitude.".
Cette victoire n'a pas été pour moi une surprise. Ces gens qui sont au gouvernement sont les mêmes que ceux qui sont capables de prendre le pouvoir dans une entreprise avec moins de 10% des voix. Ils savent gérer les médias et les hommes politiques, manipuler, influer, menacer, promettre pour obtenir ce qu´ils désirent. C'était pourtant la seule fois depuis que je vote que je me reconnaissais un peu dans un candidat...au premier tour. Il a, hélas, été sali et écarté dès le début du combat.
Alors ce matin je me dis simplement que mon pays continue de s'enfoncer....et je passe à la "vraie vie". Je continuerai, à ma modeste place, de le servir au mieux dans mon village.
J'irai aujourd'hui préparer, dans ma parcelle de jardin, le terrain où installer la cabane. Ensuite il y aura sur place un troc de plantes. A l'heure de l'apéritif je m'éclipserai pour aller honorer ceux qui, à la dernière guerre, se sont battus pour mon pays.
Je penserai à mon Papa, qui a 19'ans quitta sa classe préparatoire pour s'engager, qui, malgré la défaite, continua de se battre dans la Resistance, puis qui délivra son pays avec les alliés. Capitaine à 24 ans, au même âge décoré de la Croix de guerre, de la médaille de la Résistance...et de la Légion d'Honneur "au péril de sa vie". Il resta 5 ans de plus dans l'armée puis la quitta pour démarrer une autre aventure : sa très nombreuse famille.
Je suis fier aujourd'hui de ceux qui, comme lui, ont choisi l'incertitude du combat à la certitude de l'oppression. Ils étaient rares.
Apres le déjeuner, nous serons plusieurs pour monter cette même cabane. L'ami avec qui je partage ma parcelle aux" jardins familiaux" de mon village, son fils peut-être, le mien sûrement, aujourd'hui de passage chez nous, qui partage avec mon Papa, le service de son pays dans l'armée, médecin et militaire. Je suis fier de mes enfants comme je suis fier de mon pays. Chacun d'entre eux, à sa manière, incarne les valeurs auxquelles je crois : le travail, la fidélité, être des hommes et des femmes de "bonne volonté".
J'ai déjà promis plusieurs fois que j'écrirai la genèse de ces cabanes tant j'aime cette expérience nouvelle et pleine d'espoir. Je n'ai plus le temps de le faire ce matin car je dois me préparer. Mais c'est promis, et moi, au contraire des politiques, je mets tout en œuvre pour tenir mes promesses.
Ici le vent fait durer la fraîcheur mais nous donne ce matin un ciel du plus beau bleu d'espoir. Sachons l'accueillir comme il le mérite "en prenant de la peine" et en souriant.
Bon 8 mai, ami fidèle.