et pourquoi ne pas le dire ?

16 octobre 2019

Moros y cristianos

 

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« Sentenil de las bodegas » est un de ces pueblos blancos, ces villages blancs qui surveillent les vallées ou, au contraire, se terrent au fond de vallées difficiles. Ils occupaient des positions stratégiques pour contrôler de vastes territoires et on comprend que leur reconquête n’a pas dû être facile. 

Entièrement blanchis à la chaux et comme incrustés dans le rocher, certaines de leurs maisons ou de leurs caves sont même troglodytiques.il se dégage un charme fou de ces villages. Nous en avions visités quelques uns la veille et le jour de notre retour nous décidâmes de continuer cette découverte.

Nous arrivâmes à Sentenil en fin de matinée, c’était un samedi et jour de fête nationale. Il y avait beaucoup de monde dans les rues de la ville mais nous décidâmes de nous arrêter là.

Un vrai petit morceau de chance ! Nous arrivions par le haut du village et dès la première place rencontrée, un curieux attroupement de personnages déguisés et de chevaux prêts pour une parade. Ce sont des habitants du village, certains sont déguisés en maures, d’autres en chrétiens et ils vont comme chaque année, représenter la reconquête de la ville. Ils sont nombreux à être costumés, de tous les âges, de jolis costumes portés avec élégance. Leurs amis et leurs familles les suivent au plus près et le long du chemin ils échangent quelques mots et quelques sourires avec ceux qu’ils croisent. Une joyeuse ambiance de kermesse, de communauté, de famille et de simplicité. Les cortèges se séparent les chrétiens d’un côté, les maures de l’autre. Ils se retrouveront au bas du village pour un combat qu’hélas nous ne pourrons suivre, faute de temps. Pendant toute la marche de gros pétards d’artifice simulent des coups de canons.

Ce n’est que plus tard en me documentant que je saurai que ces fêtes existent en de nombreux endroits dans ce pays qui a vécu tant de siècles d’occupation. Ces villages sont si beaux et portent dans leurs noms et dans leur murs les souvenirs de ces passages maures. Ce pays est assez grand pour continuer à fêter cette libération sans états d’âmes, simplement. Aujourd’hui les habitants figurent les maures aussi bien que les chrétiens et portent certainement dans leurs gènes un peu du sang de chacun.

Nous n’avions pas prévu cette fête et le temps compté pour rejoindre notre avion nous empêchera de le vivre en entier. Mais qu’importe ! Ce clin d’œil supplémentaire enrichit un ensemble de souvenirs délicieux.

Il y a beaucoup à dire encore sur cette belle semaine Andalouse où le temps nous a semblé si court et où nous avons partagé tant de bonnes choses.

Parce que le « nous » ce sont quatre couples aux amitiés anciennes et consolidées au fil du temps, contents d’une pause dans leurs vies, toujours prêts à rire comme des potaches ou à se taquiner, prêt à vivre intensément ces petits moments de bonheur dont on se souviendra longtemps. Un voyage où chacun prit part à l’organisation avec l’envie de remplir au mieux ce temps.

Donc tu comprendras, ami lecteur, qu’il le faudra du temps pour épuiser le sujet.

J’espère que ça ne t’ennuies pas et je te souhaite une bonne journée.

https://www.youtube.com/watch?v=YklVCHkCRt8

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15 octobre 2019

Séville

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Un soir d’octobre. La route depuis Cordoue nous a permis de longer la vallée du Guadalquivir et ses cultures prospères que nous sommes allés découvrir sur un de ces promontoires couronnés de forteresses qui rappellent le passé militaire de ces endroits. 

Nous arrivons dans la soirée.  Un appartement charmant dont la terrasse permet de contempler l’église voisine et une superbe frise de personnages grotesques qui soutiennent les corbeaux de la toiture. Notre conducteur mettra longtemps à trouver un parking et nous mettons ce temps à profit pour traîner dans les rues avoisinantes. C’est le moment où vivent les villes. La fin du travail et la fin de l’école. Le temps des « courses » du soir dans les nombreux magasins ouverts tard dans la soirée. Ce rythme de famille qui se retrouvent et de quartier qui vivent dans la rue le rappelle le rythme de mon enfance. L’Espagne (en tous cas l’Andalousie) semble avoir conservé cette vie de quartier et de village qu’on a hélas perdu chez nous. Beaucoup de petites boutiques, beaucoup de monde à l’intérieur. On parle fort et il y a une sorte de joie qui se dégage de ce moment. 

Les églises sont presque toutes ouvertes et éclairées. Je ne sais pas si c’est le cas tous les soirs car il semble que nous soyons en temps de procession. Des vierges trônent parées de leurs plus belles robes et de leurs plus beaux bijoux. C’est la semaine de la Vierge du Rosaire, une fête importante pour les espagnols qui se traduit par des processions. Nous l’ignorions mais ces baldaquins décorées et ces vierges portées en procession qui attendent maintenant dans les églises de retrouver leur place ont quelque chose de très émouvant qu’on ne saurait décrire simplement.

Lorsqu’on voyage en groupe tout le monde ne ressent pas les mêmes émotions et le temps nous est compté pour ces moments de dévotion. Mais l’émotion persiste au delà des trop courtes visites.

Je ne sais pas si l’Espagne est resté un grand pays catholique. Ce qui est certain c’est que la foi reste apparente et qu’il ne semble pas y avoir comme en France, une espèce de sacralisation de la laïcité qui tend à bannir l’expression religieuse. Notre pays manque peut-être de simplicité.

Autre image, autres émotions : bonheur des vacances. Parents et grand-parents de famille plutôt nombreuses nous n’avons que rarement le temps de vacances...pour nous, pour notre seul plaisir. C’est dire combien nous goûtons pleinement cette parenthèse andalouse.

Écrire et raconter ces moments est pour moi une façon de faire « durer le plaisir » et j’espère, ami lecteur, que je ne t’ennuie pas avec mes récits.

J’ai repris hier les activités de mairie. L’ambiance que j’y trouve y est plutôt morose en ces temps de préparation d’élection, temps de secrets, d’intrigues et de mystère où chacun s’épie et où le mensonge s’installe. Temps de désillusion aussi où les petites ambitions ou les intérêts personnels l’emportent sur l’intérêt collectif. Lorsque le mensonge s’installe et avec lui le secret très vite l’union d’une équipe devient rassemblement de complicités. Bref, j’ai aussi besoin d’écrire ces vacances pour garder intacte mon envie de servir jusqu’au bout de ce mandat.

Pardon de ces quelques lignes un peu moroses. Promis, je reprendrai demain le récit lumineux de ce temps de vacances où nous avons été comblés de belles et bonnes choses.

Bonne journée mon ami.

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14 octobre 2019

Andalousie

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Il est onze du soir dans la belle ville de Cadix. Dans les ruelles qui bordent le port la vie s’est assagie. On tarde à rentrer à l’hôtel. Et là, au pied de la cathédrale quelques terrasses de cafés sont encore éclairées où l’on parle fort et où l’on rit tout autant. Nos regards sont attirés par deux grandes tables voisines. Sur l’une d’entre elles des femmes échangent  joyeusement. Sur l’autre des hommes s’affairent à accorder toute une série de guitares ou d’instruments à cordes. On se prépare...de la contrebasse au yukulélé en passant par des banjos, des mandolines et d’autres instruments inconnus.

Et à notre approche, comme par enchantement, sortent les premières notes, ...puis des voix. Tour à tour un chanteur ou un instrument semble prendre à témoin l’ensemble du groupe et à chaque adresse succède une belle réponse. Je ne comprends pas l’espagnol mais on devine que l’on parle de pays, de terre, d’amour, de vin et de récolte. Autour de nous, d’autres passants  se sont arrêtés qui reprennent les chants que chacun semble connaître. En même temps les serveurs dressent la table pour un repas. On échange quelques mots entre deux couplets. Suffisamment pour que le groupe comprenne qu’on est français et nous entonne une merveilleuse Marseillaise que nous reprenons à l’unisson.

On rit en tentant maladroitement de se comprendre.

Une femme vient de se lever de la « table des femmes » et rejoint le groupe. Elle murmure quelques mots à l’oreille du contrebassiste et un nouveau morceau démarre qu’elle rythme avec les castagnettes et les mouvements de son corps.

On comprend que c’est un groupe d’amis qui se retrouvent là tous les ans et que le lendemain ils se rassembleront avec d’autres pour une sorte de festival.

On écrit quelques mots sur leur livre d’or.

Puis le serveur du doigt indique discrètement qu’il faut se taire pour ne pas déranger les voisins et remplit les assiettes. C’est l’heure du repas. Une autre forme de bonheur.

Le moment pour nous de continuer en silence nos promenade nocturne sous le charme de ce moment.

L’Andalousie est un pays plein de délicatesse où les habitants sont charmants. Si j’ai choisi cet instant c’est qu’il illustre bien ces moments magiques que nous avons vécu. Quatre couples d’amis en vacances.

J’avais un ami guitariste qui parlait de l’Espagne avec beaucoup d’affection. Je me demandais pourquoi et j’ai compris ce soir là tout ce qui avait pu le séduire.

Et moi, qui crois au Ciel, j’ai senti là comme un clin d’œil, comme un souffle de vent, comme un rappel, comme s’il me murmurait à l’oreille.

« Maintenant mon ami, tu comprends... »

Je suis revenu. J’ai retrouvé le village que j’aime et ma maison aussi. J’ai encore quelques cartes postales dans mon cœur et comme je dessine trop mal, j’essaierai de les raconter.

Bonne semaine, ami qui me lit. Je suis content aussi de te retrouver.

 

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03 octobre 2019

« Le pessimisme est affaire d'humeur, l'optimisme est affaire de volonté. » Blaise Pascal.

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J’ai toujours trouvé curieux que Pascal, si habile en mathématique, ne dise pas plutôt que l’optimisme était « statistique ». Car il y a tant de choses qui se passent BIEN que celles qui dysfonctionnent font figure de « parent pauvre » à côté.

Les matins où j’ai l’humeur maussade c’est le remède que j’utilise pour lutter contre une mauvaise mélancolie. Je fais l’inventaire de tout ce qui se passe bien dans le monde, miracle permanent. Je regarde cette nature qui m’entoure et m’émerveille de toutes ces lois que nous entrevoyons à peine qui commandent à l’ordre naturel des choses. Je regarde CELLE qui dort à côté de moi et m’émerveille de cette aventure qui dure depuis si longtemps.

C’est vrai qu’il y a tellement de choses qui vont bien et qui sont merveilleuses que l’optimisme est pour moi...statistique. Et lorsque je démarre une entreprise ou que, plus modestement, j’aide à son démarrage. J’ai coutume de dire « Faites d’abord tout, comme si tout allait bien se passer.... ».

Il paraît que le philosophe Alain aurait plus tard écrit à peu près la même chose que Pascal en ajoutant « Tout homme qui se laisse aller est triste. ». Tu ne m’en voudras pas, ami lecteur, mais j’ai quand même une nette préférence pour Pascal et il parla en premier.

Il faut bien constater cependant que c’est l’homme et son incommensurable orgueil auquel s’ajoute une vrai dose de stupidité qui vient troubler le jeu.

Le monde d’abord, qui semble plus instable que jamais, où les plus grands pays sont gérés par des puissants bien inquiétants; mon pays ensuite où tous les équilibres patiemment ajoutés par l’histoire sont en train d’exploser, où trop de lois tuent la Loi, où le jeu des puissants est de diviser pour régner ou faire régner les factions les plus habiles. On appelle ça des « Lobbies »...mais seul le nom est nouveau.

Même à l’échelle de mon village : vouloir à tout prix séduire quelques groupes d’électeurs amène à des actions confuses et dangereuses. Ici une explosion de promesses et de travaux menés à la hâte sont en train de fragiliser un équilibre qui se mettait en place.

Hier j’ai enterré un ami. Il y avait beaucoup de monde, venu de partout. Ce qui aurait pu être triste est devenu une belle raison d’espérance. Et l’inhumation dans ce petit cimetière au pied du Ventoux où j’ai déjà quelques autres amis en place, au soleil couchant, fut un moment de rare beauté.

Cet ami fit partie de ceux qui toute leur vie, sans faiblir, humblement persistèrent à défendre le Bien, le Beau et le Vrai. Ces trois qualités indispensables à l’harmonie. 

Aucune de ces qualités ne peut s’épanouir sans les deux autres. Ainsi tu comprendras peut-être mieux ami lecteur pourquoi la Vérité me tient tant à cœur et que je crains le mensonge encore plus s’il est public et que beaucoup par confort feignent de l’ignorer.

En quittant son épouse affaiblie par plusieurs années de soins patients, je lui disais : « Maintenant, il faudrait peut-être songer à vous et vous reposer. » Elle me répondît : « Et pourquoi ? Alors que bien au contraire j’ai davantage de temps...et il y a tant à faire. »

C’est ce que je me dis ce matin. Surtout ne pas baisser les bras même si l’horizon semble obscur et se concentrer sur le sillon qui avance dans une terre trop lourde mais qui est promesse de récolte.

Il fait très beau aujourd’hui. Le matin un peu plus frais d’automne n’empêchera pas la chaleur du jour. La terre est humide et le potager continue de donner quelques légumes et en prépare déjà pour l’hiver et le printemps. J’ai acheté hier quelques bulbes de fleurs pour attirer les abeilles sur mon jardin. 

Cet après-midi je surveillerai les travaux d’un centre aéré qui s’agrandit pour le bien être des petits enfants de la commune. C’est ça mon sillon. J’espère juste que les manœuvres des hommes ne m’en priveront pas.

Et si c’était le cas, j’aurai beaucoup à faire dans une maison qui va s’agrandir...une autre forme de sillon.

Voilà, ami lecteur. Je te souhaite une bonne et optimiste journée.

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30 septembre 2019

Heureux les humbles !

 

 

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Mon cher H..

Il y mille personnes qui parleront mieux de toi que moi-même. Mais j’ai quand même envie de t’écrire quelques mots. Car, bien avant d’être mon ami, tu fis partie des hommes qui m’impressionnaient et qui me servirent de modèle.

Du père de famille nombreuse que je croisais parfois à la messe avec cette famille d’allure parfois un peu sévère, à celui que je rencontrais à l’aube, aux lavabos, les matins de pèlerinage dans la fraîcheur humide de la Beauce, tu m'impressionnais beaucoup.

J’étais un jeune père de famille « débutant » d’ une famille très nombreuse de frères et sœurs ...mais sans aucun de ces cousins qui permettent de faire la transition entre  sa propre génération et ses parents que l’on juge parfois un peu sévèrement.

Toi tu étais de ceux entre ces deux âges, à la fois impressionnant mais quand même accessible qui peuvent alors servir de « modèles »

Puis le temps est passé et je t’ai approché davantage. Tu avais eu l’idée de monter une chorale d’hommes, un endroit plutôt magique où l’on s’exerçait aux chants dans un environnement complètement « politiquement incorrect » où chaque séance de chant était suivie d’un long repas. De bons moments. 

Il advint pendant ces temps heureux que j’eus quelques difficultés professionnelles et c’est dans ces moments difficiles que j’ai appris à te connaître. Tu fus de ces amis qu’on découvre aux pires moments, quand on en a vraiment besoin.

Derrière la belle image de l’ancien officier que tu étais, je découvris un homme d’une grande tendresse mais sans aucune mièvrerie. Nous eûmes l’occasion de travailler ensemble à des travaux souvent durs physiquement. Tu étais à la fois le client et l’ami et, bien que plus doué que moi dans beaucoup de domaines, tu voulais toujours prendre la part la plus modeste, celle de l’apprenti.

Je découvris alors une partie de ta famille, de ton histoire, de tes origines et je crois que je gagnais une amitié qui me fut précieuse et qui le restera longtemps.

Cette chorale si « atypique » que tu avais créé et qui dure encore fut un endroit précieux pour nombre d’entre nous. Heureuse initiative dont tu ne voulus jamais tirer aucune vanité.

Tu étais comme moi d’une famille nombreuse mais bien plus ancienne que la mienne et aux mille ramifications. J’appris à ton contact à mieux comprendre ces fonctionnements.

Puis il y eu cette maladie longue et pénible. Je me demande souvent si cette difficile période ne te fut donnée pour gagner un peu de temps à la porte du Ciel.

Et puis tu t’es effacé discrètement le même jour qu’un président de la République qui ferait diversion et te permettrait de t’en aller dans une humilité que tu portais au plus haut point...mais avec quelle élégance !

Aujourd’hui tu vas laisser une grosse place vide mais nombreux sont ceux de tes amis qui ne s’inquiètent pas trop pour ton « au-delà ».

Pourtant le temps de s’habituer à cette place vide sera difficile pour les tiens. Je pense surtout à ton épouse. Alors en toute amitié je te propose, si tu en es d’accord, que la place que tu tenais dans nos prières nous la consacrions pour un temps à ceux à qui tu vas manquer le plus ...ta famille.

Il ne me reste plus qu’à te dire un « au revoir » avec toute mon amitié.

 

Jacques

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20 septembre 2019

Mon village

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Mon cher village,

Tu dors encore. C’est vendredi. Un petit matin sans bruit. Pas un de ces petits matins où les camions ramassent à l’aube les poubelles. Pas , non plus, de bruits de cloche depuis qu’un habitant aigri les a fait taire la nuit alors qu’elles sonnaient les heures depuis des siècles. Et on a accepté pour ne pas perdre cette denrée précieuse qu’on appelle ...un électeur. 

Juste le bruit des rares autos qui demeurent dans la nuit et qui emportent un à un les travailleurs vers leurs destinations.

Ma rue est fermée. On refait le réseau d’eau potable. Le village tout entier se rénove et je m’enorgueillis de jouer mon petit rôle dans cette belle partition.

Une opération prévue sur plusieurs années. La première est en route. La seconde suivra après les élections si.....la prochaine équipe décide de continuer.

Que sera-t-elle, cette équipe ?

Le maire a dit qu’il démissionnerait à la fin du mandat mais n’organise aucune équipe de remplacement. Je crains qu’il n’ait menti. On murmure qu’il y aura plusieurs autres listes mais aucune n’est encore déclarée.

Alors je me dis qu’il est fort probable que je doive laisser ce projet au milieu du chemin laissant en même temps de côté cette impression que j’avais de faire (à ma petite mesure) avancer les choses.

Il me reste six mois qui permettront de « livrer » le cœur de mon village rénové, dégagé de sa gangue de voitures entourant l’église, recouvert de beaux dallages calcaires, agrémenté de nombreux arbres et plantes, parsemé de chaises et de bancs où les passants pourront s’asseoir.

J’aurais, le temps d’un mandat, accompli cet engagement que je souhaitais et que j’aurais pensé plus long...mais qui sait ce que réserve l’avenir ? Et tout ce beau rêve politique a commencé à se fissurer pour moi quand j’ai compris qu’il était bâti sur le sable du mensonge quand je le croyais établi sur de solides fondements.

Mais « à chaque jour suffit sa peine! ». Il reste six mois pour terminer la première partie d’un bel ouvrage. Mais aujourd’hui c’est repos et demain nous rejoindrons à Paris notre fils qui nous fera connaître ses nouveaux quartiers et cette ville qu’il apprend à connaître.

Aujourd’hui j’irai à mon jardin dépenser mon énergie et préparer l’hiver d’abord et bientôt le printemps. Aujourd’hui j’irai chercher les clés de cette maison que nous allons acquérir en famille, un projet partagé avec nos enfants. Ce matin j’aurais écris un billet et pense à mes lecteurs, et ce soir après une journée que j’espère bien occupée, je La retrouverai pour une semaine partagée. Ensemble nous travaillerons à ce projet d’agrandissement.

J’aurai aussi goûté chaque heure de ce jour qui passe. Et ce soir avant de dormir nous remercierons par une prière Celui qui est la source de tout cela. Sans bien savoir qui Il est vraiment ni surtout comprendre comment Il fonctionne... 

Alors bonne journée...mon cher village.

 

Jacques 

Et toi, ami lecteur, bien plus important que tu ne le penses. Pardonne dans ce billet que je viens de relire les quelques phrases un peu amères. Mais c’est aussi ça un ami : quelqu’un qui sait prendre le bon et laisser l’amer de côté.

Alors bonne journée et que Dieu te garde !  

 

 

 

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15 septembre 2019

Billet en prose

 

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Levé de bon matin, préparé, habillé, je m’installe au salon.

J’ouvre les volets. Le jour se lève à peine. Hier le jour est passé rapidement.

Le matin à remettre un peu d’ordre dans les choses, à soigner le jardin, à nettoyer la piscine, à aller au marché. Bref faire ces petits actes qui remplissent la vie d’un homme ordinaire.

Pendant ce temps, ELLE, s’affaire de la même manière à la maison.

Midi est une pause qui nous permet de partager les bonheurs rencontrés depuis le matin, les messages des enfants, des amis, l’évocation de nombreuses autres choses. Nos assiettes sont pleines de légumes du jardin et le marché nous a livré le reste dans cette ambiance joyeuse, bruyante et colorée d’un marché de Provence.

Hier était jour de fête dans mon village. Une fête du patrimoine anticipée (d’ailleurs pourquoi ? Il faudra que je demande). Le matin des enfants d’etaient rassemblés devant le beffroi pour une chasse au trésor. En fin d’après midi l’église était ouverte, joliment éclairée et s’offrait à la visite. 

Sous un petit chapiteau, je pouvais moi-même expliquer aux curieux ce que seraient les travaux du cœur de mon village. Les plans, les matériaux, les objets et les accessoires.

Une troupe de comédiens faisait de son côté visiter le village sous la forme de petites saynètes qui expliquait son histoire de façon drôle et instructive à la fois.

Un petit orchestre jouait sur la place. Des camions-restaurants s’installaient pour proposer aux passants de dîner.

Puis vint l’heure du spectacle. Le public s’installa sur le pont et regardait le mur Nord de l’église. L’obscurité se fit et sur le mur des images retraçaient la vie de notre belle église et les principales histoires qui s’y déroulèrent.c’était joliment raconté, assez simplement, et tout ça convenait ma foi assez bien à ce que nous sommes : un grand village.

Un petit feu d’artifice clôtura le tout. C’était bien.

Pendant ce temps, à la maison, une amie nous avait rejoint pour le week-end et pendant que je m’activais sur la place, ELLE, était à la maison et échangeait avec cette amie de ces nouvelles qu’on se dit quand on a La sentiment de ne pas s’être assez vu dans les mois précédents.

Et là je suis au salon. J’ai pris un livre en attendant que la maison se réveille. Seul le chat vient de temps en temps voir si je suis prêt à le nourrir et ronronne à cette idée.

On commence à parler de fin d’été. Les jours sont plus courts et les nuits plus longues. Les jardins aussi se préparent à l’hiver.

Cette année qui vient sera pour nous une année « charnière » : une maison à acquérir et à restaurer, probablement un changement dans mes activités de mairie, des enfants à aller voir très loin, et pour ELLE probablement des changements d’organisation dans son travail.

Tout ça c’est juste la vie qui passe et qui avance nous donnant peu de temps de repos et beaucoup à faire...et c’est tant mieux.

Mais tout ça nous ne le faisons jamais seuls. Nous sommes accompagnés. D’abord de ce Dieu pourtant plein de mystère qui nous dispense tous ces biens, mais parfois aussi des peines, sans qu’on comprenne bien pourquoi. Nous irons tout à l’heure lui faire notre visite hebdomadaire, dans ce « chez-Lui » qu’est cette belle église dont je parlais avant. 

Mais il y aussi ce monde peuplé de vous, nos amis, nos ombres familières, ceux que l’on aime et dont on se soucie. Ceux qui sont dans la joie, ceux qui sont dans la peine, ceux qui sont dans la presse, ceux qui sont dans l’oubli, ceux qui demeurent en santé et ceux qui sont dans la maladie. Ces derniers nous leur offrons plus qu’à d’autres pensées et prières.

Oui vous êtes nombreux, très nombreux, mais jamais assez à nous entourer de votre existence qui va bien au-delà du temps et de l’espace.

Seuls quelques-uns d’entre vous liront ces lignes. Qu’ils se fassent auprès des autres porteurs de ces pensées aimantes.

Alors, ami lecteur, tu dois te demander pourquoi ce titre « billet en prose ». Sache qu’avant de l’écrire j’ai écouté un beau poème. J’ai eu envie d’écrire ce billet en vers. Très vite je me suis découragé et suis revenu à mes petites phrases simples et parfois décousues. Il faut savoir se résoudre à faire seulement ce qu’on est capable de faire

Voilà. Tu sais tout. Je te souhaite un bon dimanche et je t’embrasse.

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14 septembre 2019

Petits-enfants du bout du monde....

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Je me suis couché en pensant à vous et réveillé en y pensant encore. C’est vraiment loin l’autre bout de la terre quand vos nuits sont nos jours et nos jours vos nuits. C’est encore plus loin quand on sait que l’on y conduit à gauche et que votre année scolaire connaît ses grandes vacances pendant notre hiver.

Vous allez rentrer à l’école en plein milieu d’année dans des écoles où l’on parle une autre langue que la nôtre. 

Ça fait beaucoup de choses pour vous. Aussi hier midi lorsque j’aperçus deux petites filles souriantes en pyjama sur le petit écran de mon téléphone j’étais trop content. Elles étaient drôles et avaient envie de rire. Elles me parlèrent de cette nouvelle maison qu’elles habiteraient dès aujourd’hui, des chambres qu’elles avaient choisi, de la salle de jeux, de l’atelier, de la chambre d’amis.

Elles riaient et faisaient des grimaces et mon cœur de grand-père vibrait de bonheur à chacun de leurs mots. Miracle de ces technologies qui rapprochent les hommes. S’il n’y avait que ça à retenir de notre monde ce serait déjà bien.

Bien sûr qu’il y a quelque chose de fou à être obligé de traverser le monde pour aller travailler. En même temps ce n’est pas facile de creuser des tunnels et il y a des savoir-faire si particuliers qu’on comprend bien qu’on déplace loin les ingénieurs qui les maîtrisent.

Nos petits-enfants maîtrisent des langues que nous anonnons à peine et nous obligent à des efforts parfois vains. J’aurais passé deux ans à apprendre le néerlandais et au moment où je commençais à le comprendre, voilà qu’ils changent de pays. Ces mots étrangers qui me sont devenus plus familiers m’accompagnent et d’ailleurs je continue à les fréquenter un peu. 

Là, il faudra s’appliquer à l’anglais et à comprendre ces nouveaux accents, à connaître l’histoire et la géographie d’un pays paraît-il si beau. Se mettre à conduire à gauche. Nouveaux défis, nouvelles envies.

Ici notre vie a bien repris son rythme. Le temps fraîchit mais les heures chaudes de la journée restent chaudes. Mon jardin délivre encore quelques légumes et je le prépare à l’hiver et aux premiers légumes de printemps.

Dans mon village les travaux se succèdent et c’est un bonheur pour moi de voir des années de préparation se concrétiser. Déjà la place de l’église a vu disparaître un îlot de maisons qui la défiguraient et dans quelques mois l’église trouvera sa place au milieu d’un jolie place où la pierre aura remplacé le vilain macadam et où les arbres remplaceront les autos.

J’espère que le prochain mandat sera celui de la restauration de cette belle dame qui a bien souffert du temps. J’aimerais être l’un des artisans du renouveau de mon village et de son retour en beauté.

Après c’est une autre histoire car il y a entre-temps les élections.

Mais la fin des vacances ce sont aussi nos amis que l’on retrouve avec bonheur. Les cercles 

La vie de grands-parents a deux vitesses. L’été nous rend à nos enfants mais le reste de l’année reste plein de saveurs.

Notre époque est telle que pour les plus vaillant d’entre nous il y a quelques années où le temps nous est comme donné et nous y pouvons faire mille affaires sans se soucier qu’elles soient rentables...mais juste utiles ou agréables.

Grand bonheur que je partage avec quelques uns de mes lecteurs.

Voilà. Je voulais écrire ce matin avant toute autre chose. Maintenant je dois justement vaquer à ce quotidien.

La maison dort encore. ELLE a repris le travail et se repose encore d’une semaine fatigante. Notre petite chatte est venue me mendier quelques nourriture mais est bien vite repartie se reposer auprès de son amie endormie.

La journée promet d’être belle.

Bonne journée ami lecteur.

 

 

 

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11 septembre 2019

Au pied du Ventoux, entre Dentelles de Montmirail et Graveyron

C’était un deuxième dimanche de septembre, après un été si chaud que chacun attendait encore avec impatience un peu de cette pluie qui fait revivre les sources et gonfler les raisins.

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Un soleil éclatant, un ciel d’un bleu magnifique nettoyé par un mistral encore léger.

Une belle occasion de se revoir entre amis après ces vacances où famille et amis de passage remplissent heureusement nos maisons mais laissent aux « indigènes » que nous sommes peu d’occasion de nous voir.

C’est justement pour cela que quelques uns avaient pensé l’année dernière à ce rallye pédestre organisé dans ce petit coin de paradis au pied du Ventoux et des dentelles de Montmirail, autour de Beaumes de Venise.

Une journée de marche et de jeux, une occasion de mieux se connaître, de partager ensemble ces paysages merveilleux en découvrant vignes, bois et garrigues.

Au milieu de notre parcours nous découvrons une magnifique chapelle rebâtie pierre à pierre avec passion par des amateurs passionnés. Une chapelle du sixième siècle souvent détruite qui attendait depuis longtemps cette dernière reconstruction.

Partis le matin d’une belle maison nous nous retrouvions le soir pour la messe dans une autre maison, elle aussi très belle.

Quelques amis nous rejoignent pour dîner, l’occasion encore d’échanger avec d’autres moins connus.

Une journée de bonheurs partagés comme notre région sait si souvent nous en offrir. Une journée offerte par nos amis « organisateurs » qui n’ont ménagé ni leur peine...ni leur imagination. 

Deux belles maisons, deux charmantes hôtesses qui ont veillé à chaque détail pour les rendre encore plus accueillantes.

Une heureuse tradition qui naît et qui j’espère perdurera pour notre plus grand bonheur.

Voilà juste la raison de ce petit mot qui va venir se ranger avec les autres dans ce petit endroit qu’est ce blog ou s’écrivent jour après jour les bonheurs nombreux d’une vie...ordinaire.

Merci donc à tous ces amis, de leurs talents, de leur présence...et de leur amitié.

Bonne journée.

 

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01 septembre 2019

Mariage pluvieux...mariage heureux !

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Le Bon Dieu dont les hommes se souviennent trop rarement qu’il est « Dieu » mais encore moins souvent qu’il est « Bon » avait décidé ce samedi de rappeler sa présence. 

L’occasion était trop belle : on mariait en ce jour une jolie Sabine dans ces belles terres de vin qui furent autrefois papales. Or l’été avait été très chaud...et très sec. Chaud et sec, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les viticulteurs qui n’ont pas à multiplier les traitements pour protéger leurs vignes. Très chaud et très sec, c’est un peu plus délicat et beaucoup attendaient ici avec impatience cette dernière pluie de septembre qui ferait du bien au vin.

La pluie ne venait pas et l’on s’inquiétait un peu de ce manque sur ces terres pourtant habituées à la chaleur.

Alors le Bon Dieu décida d’appeler l’ange qui préside au destin des familles où l’on se souvient qu’ils existent.

Dieu dit à l’ange : «  J’ai pour la Maisonnée que tu protèges une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par laquelle ? ».

L’ange répondit : « La mauvaise. Autant commencer par là ! »

Alors Dieu lui dit. Je vais mettre un peu d’animation dans votre prochain mariage et ça risque d’être un peu difficile à gérer. Je ne t’en dirai pas plus. »

Et il s’exécuta. Il laissa se passer le temps de la messe où une assemblée recueillie assista le jeune couple dans ce bel engagement pour la vie. Une belle cérémonie, recueillie, un beau sermon. Le tout dans une église fraîchement restaurée. Une belle sortie de messe, des familles heureuses et joyeuses et les invités qui se pressent dans le beau domaine qui les accueille.

Chacun à son tour est heureux de féliciter les mariés. 

On fait honneur au buffet. 

Mais....le ciel pour s’obscurcit et chacun y va de son pronostic : « Il va pleuvoir. »; « certainement pas...ou alors seulement quelques gouttes ». 

Tous les pronostics le confirment qui ont décidé les mariés à recevoir tout le monde dehors ...en plein air..sans repli possible.

Puis viennent les premières gouttes. On se presse en souriant sous le grand marronnier dont l’ombre bienveillante était plutôt prévue pour protéger du soleil.

Pourtant la pluie s’intensifie et l’inquiétude commence à poindre. Et des trombes arrivent qui obligent les convives à se mettre à l’abri dans les hangars et les garages. Les tables sont mouillées. Le bel ordonnancement en prend un coup.

Mais c’est là que le miracle commence. Chaque membre de la famille qui nous reçoit et leurs amis se mettent en action pour dégager les espaces des outils et des machines où ils sont abrités. 

Bravant la pluie, le traiteur et son personnel suivent tant bien que mal les invités pour leur proposer ce qu’ils avaient prévu...dehors. Le temps passe vite ainsi dans une atmosphère familiale et amicale qui fait vite oublier la pluie.

Hélas ! nous devons partir assez tôt et nous ne saurons pas avant quelques jours la fin de ce moment historique.

« Mais, tu me racontes la mauvaise nouvelle tu ne m’as pas dit quelle était la bonne  ! ».

La bonne nouvelle c’est que cette pluie était là, sur cet endroit précis d’où viennent des vins parmi les meilleurs qui soient. Une pluie suffisamment forte et longue pour donner au vin son goût merveilleux.

La deuxième bonne nouvelle était que le Bon Dieu avait ainsi rappelé sa présence et le premier miracle de son fils qui avait changé l’eau...en vin.

Des noces de Cana aux noces de Châteauneuf-du-Pape, plus de 2000 ans de miracles qu’on ne sait plus assez voir.

Et nous retiendrons de ce moment une dernière image, celui du bel arc-en-ciel éclairant les vignes que nous eûmes sous les yeux en partant.

La sagesse populaire dit « qu’un mariage pluvieux est un mariage heureux. »

Gageons qu’il en sera ainsi de celui-ci.

Tous nos vœux de bonheur aux mariés !

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