et pourquoi ne pas le dire ?

22 janvier 2017

Maman, je m'ennuie....

Le petit garçon est là, assis sur une chaise près de sa maman qui repasse.
C'est un petit garçon sage, peureux même, qui ne trouve pas trop sa place dans les jeux des autres.
Il réfléchit beaucoup. Sa tête est tellement pleine de pensees et de rêves qu'il ne sait jamais très bien où il est. Il se réveille à l'aube. Il erre dans la maison déserte en attendant les premiers petits déjeuners.
Il est casse-pieds. " Maman, il nous embête et nous empêche de jouer." Il est maladroit et gauche...parce que gaucher. Il voudrait être chevalier mais il n'a pas d'épée, archer mais il n'arrive pas à décocher de flèche avec son arc de noisetier.
Il a peur qu'on l'oublie,de ne pas être aimé, qu'on le laisse à la sortie de l'école.
Il lit une fois la poésie. Il s'en souvient....mais pourquoi diantre n'est il pas plus attentif.
Il promet. Il déçoit. Il est triste. Il fera mieux. Il sera sérieux. Il n'oubliera pas d'écrire ses devoirs.
Promis il ne rongera plus ses ongles. Il courra plus vite. Il ne sera plus essoufflé. Il tiendra sa place, juste sa place.
Mais là, il s'ennuie.
- "Joue!"
- "À quoi ? "
- "Je ne sais pas. Aux soldats.Au garage. Aux billes."
Le petit garçon s'en va. Il revient après quelques minutes à peine.
- "Maman, je m'ennuie encore."

........

Histoire de l'enfance, pas si lointaine que ça.
L'homme assis dans son fauteuil au coin du feu à terminé sa sieste.
Il fait froid.
.....
Il ne sait pas ce qu'il va faire jusqu'à ce soir.

- "Ami lecteur, je m'ennuie."
- "Écris et laisse nous à nos affaires."
- "Écris quoi ?"
- "Je ne sais pas. Ce qui te passe par la tête."

Et pourquoi ne pas l'écrire ?
Bonne soirée, mon ami.

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21 janvier 2017

Amance

Demain, il neigera peut-être chez nous.

Demain, ELLE, guérira peut-être d'un mauvais coup de froid qui la gêne beaucoup.

Demain, je continuerai à envoyer les quelques voeux qui sont encore en retard.
Demain, au delà des mers, la leçon de français sera prétexte à rendez-vous entre une Grand-Ma et ses petits enfants.
Demain, j'avancerai un peu plus dans le livre commencé aujourd'hui qui parle du "silence" qui manque tant à notre monde.
Demain, envers et contre tous, dans la capitale de mon pays, des hommes et des femmes marcheront envers et contre tous pour défendre la Vie, avec une majuscule, la vie depuis la première seconde de la conception jusqu'à la dernière minute de l'agonie. Je n'y serai pas mais crois bien, mon ami,  que je le regrette.
Demain deux frères, mes fils, passeront une journée ensemble, ce qui arrive trop peu car ils sont devenus des hommes et le travail les sépare souvent.

....
Mais, aujourd'hui, quand je pense à demain, une jolie image se présente à mes yeux. Une jolie petite fille d'à peu près un an. Elle vit à l'autre bout du monde. Elle a commencé sa vie dans un orphelinat. Et depuis quelque jours elle a, de nouveau, une maman et un papa. Ils rêvaient d'un enfant. Ils ignoraient qu'elle aurait ce joli petit visage souriant. Ils ont attendu....Que ça a du paraître long !
Mais depuis quelques jours ils ont dans les bras la récompense de leur attente, de leur patience, de leur prière, en ce petit visage souriant.
Elle se prénomme Amance. J'ignorais ce prénom. Mais son analogie avec le mot amour me semble du meilleur aloi.
Depuis quelques jours on peut voir sur le blog de leur parents, les premiers gestes d'amours échangés d'une charmante petite-fille et de ses parents.
Dans quelques jours ils seront en France et j'espère que nous pourront bientôt à notre tour les rencontrer ensemble.
Sachez mes jeunes amis, que nous pensons en ce moment beaucoup à vous trois et à tous ceux autour de vous qui partagent avec vous ce bonheur.
Sache, petite Amance, que tu as déjà trouvé ta place dans notre coeur et dans nos prière.
Alors, petite Amance, je te charge en cette année qui commence si bien, d´embrasser tes parents et tous  ceux qui vous entourent.

bon dimanche mes amis.

 

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18 janvier 2017

Mon cher petit Gaspard,

Tu es un beau petit garçon que je vois très souvent apparaître sur mon écran. Une belle image lumineuse comme nimbée d'un halo de lumière. Tu es un trésor. Un trésor de grâces. Tu vis au sein d'une famille généreuse qui veut bien partager ce trésor avec le monde.
Nous sommes nombreux à vivre au rythme de tes nouvelles. Ta présence est pour nous une grande grâce. Oh ! Nous aimerions tant, par la force de nos prières, par le soutien de nos pensées, prendre sur nous un peu de tes souffrances , porter pour eux un peu de leurs angoisses.
Au contraire, ce qu'ils partagent généreusement avec nous c'est la force de leur Espérance.
Tu es bien plus que ta propre souffrance, petit homme, tu partages avec ces autres malades de tous âges cet indicible mystère de la souffrance innocente.
Peut-on aider, nous, les "biens-portants" ou les "mieux-portants" ? Peut-on partager la souffrance ? Je ne sais. Nul ne sait. Dieu le sait.
Mais si nous le pouvons, personne ne peut le dire. Nous regardons à chaque fois ta belle petite image, celle d'un petit enfant, qui attend avant l'heure le passage vers un monde meilleur.
Pas plus que pour aucun d'entre nous, on est capable de dire le jour et l'heure. Personne ne le saura jamais. On suit avec admiration toute ta famille qui est là, près de toi, qui t'accompagne.
S'ils ont choisi pour toi ce beau prénom de Roi Mage, c'est peut-être qu'ils sentaient que tu porterais pour tous les beaux trésors d'une humanité qui s'agenouille à nouveau devant un petit lit d'enfant.
Il faut que tu leur fasses comprendre qu'on les aime comme on t'aime, du plus profond de nos cœurs.
Un jour, peut-être proche, peut -être encore lointain, c'est toi qui les aideras. Ils en auront besoin. On en aura tous besoin car ta présence vacillante va nous manquer un jour, terriblement.
Mais Dieu qui est bien plus que nous, peut-aussi faire différemment. Un miracle ? Comment ne pas l'espérer ? Mais ce miracle, n'est-ce pas, déjà rassemblée derrière tes parents et tes frères et soeurs, la grande famille de ceux qui t'aiment, sans te connaitre autrement que par ta souffrance et cette lumière qui vient de toi.
Quelques jours seulement après le bonheur de Noël, un petit enfant incarne l'espoir.
Je t'embrasse. Je pense à toi. J'essaie, malhabile à cet exercice, de prier pour toi.
Au revoir Gaspard.

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17 janvier 2017

Week-end

Vendredi la promenade avait tenu ses promesses, un bon moment passé avec des amis, la fatigue du corps, la bonne odeur de la nature, la majestueuse présence des "Dentelles". Le soir, les amis retrouvés, la petite "conférence", les joyeuses conversations autour de la table. 

Un samedi bien occupé à son tour.
Puis il y a eu la journée d'hier au bord de la mer. La belle route qui traverse la Provence et la mer qui apparaît, au loin d'abord, et qui se rapproche. Il y a eu beaucoup de vent. Le ciel est bien dégagé. On se retrouve au coeur de la vieille ville, derrière le port. On, c'est nous et notre fils aîné, notre marin-médecin. Il revient d'une longue période de mer qui s'est ajoutée à d'autres longues périodes de mer. Seuls les Toulonnais qui viennent à la messe à la cathédrale pleine et le marché voisin donnent un peu d'animation au centre ville. Mais ailleurs jusqu'à midi, Toulon semble dormir encore.
Une messe de centre ville. Une population bigarrée.
On ne dit pas assez qu'aujourd'hui dans les grandes villes les églises sont le dernier endroit ou se côtoient joyeusement toutes les origines et toutes les conditions.
On découvre ensuite l'appartement de notre fils, un havre entre deux navigations, et très vite on va marcher d'abord le long de la mer, découvrir de ces endroits qu'on ne peut connaitre qu'à pied, manger au bord de l'eau. C'est seulement après ce déjeuner qu'on rencontrera vraiment ceux qui sortent pour profiter d'une belle journée de soleil. L'après midi on continue cette visite un peu plus au large. On ira jusqu'à Sanary visiter un joli port, une église repeinte de fresques modernes aux allures byzantines, un petit chemin escarpé d'escalier qui monte vers une charmante petite chapelle qui surveille la baie et qui ressens par un long escalier.
On rentre dans le silence du soir. On ouvre la radio pour n'entendre que le bavardage pesant des politiques qui débattent. On éteint. Elle, conduit et je m'endors un peu avant l'arrivée.
Un peu comme autrefois les enfants :"Papa, Maman, c'est encore loin ?". Et les petits corps endormis qu'on sort avec précaution de la voiture pour les étendre sur leurs lits.
J'ai un peu honte de cette demie heure où j'ai profité de ne pas conduire.
On retrouve la maison, froide, on n'allume pas le feu, c'est trop tard.
Car il y a aussi, et je crains pour toujours, ce blues des dimanches soirs.
Hier le silence et le froid avaient éteint jusqu'à ma plume. L'activité de la journée d'hier ont ranimé tout ça. Il fait encore très froid. Mais le ciel dégagé à cette heure est promesse d'une de ces belles lumières. On dit que le mauvais temps, le vrai, l'austère règne partout ailleurs. Je compatis, crois-le bien, ami lecteur de ces endroits mais je ne me sens pas le droit de ne pas te dire ce beau ciel nettoyé par le mistral.
Bonne journée, mon ami.
Que Dieu te garde.

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16 janvier 2017

Silence

Silence de la maison qui dort. Juste les bruits estompés du village qui se réveille. De temps en temps la cloche de l'église ou du beffroi.Curieusement un passage bruyant d'étourneaux et un corbeau qui semble lui répondre. Une longue nuit a permis le repos après un long et agréable week-end. Pas envie ce matin d'entendre d'autres bruits que ceux-là. Pas envie non plus de lire. Juste le silence qui s'installe. Immobile dans là canapé. La tête juste remplie des douces présences de ceux qu'on aime. Ils défilent de plus en plus présents. Habiller cette présence de douces pensées et de prières. Laisser le coeur se remplir.

La journée sera bien occupée mais en ce moment je n'ai pas envie d'y penser. J'ai juste envie de goûter ce calme. Encore un peu de temps.
Il faudra bien dans un moment revenir au mouvement, au bruit....mais pas encore.
Et puisqu'il faut conclure avant de se taire à nouveau, prends mon ami lecteur ta part de ce silence.
Bonne journée, je repars.

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13 janvier 2017

Politique : lettre ouverte à Jean...de gauche

Mon cher Jean

Lorsque je suis rentré hier soir, j'ai reçu ton message. Tu me demandais d'écouter le premier débat des "primaires de la gauche" et de te dire ce que j'en pensais.
Je sortais des 'Voeux du maire" de mon village. On parlait politique, de la vraie, de la crèche, du beffroi, des écoles et de la maison de retraite, des travaux, de nos routes et de nos rivières, de la menace terroriste qui nous coûte de l'argent à chacune de nos manifestations et qui fait planer sur nous le lourd manteau de la peur. La politique des petits, des sans-grades, des "gens" de droite ou de gauche ou de rien qui vivent ensemble, petits et grands dans le souci d'un quotidien parfois difficile et souvent si riche dans son humilité.
Inutile de te dire que ce débat n'avait rien à voir. Pour résumer ce que je pense de ces gens je dirais :"Faut-il pleurer ? Faut-il en rire ? Font-ils envie ou bien pitié ?" Reprenant ces paroles d'un homme ...de gauche.
Sept bourgeois qui s'affrontent, en costume bien ajustés, bien taillés, bien "propres sur eux", qui proposent de choisir parmi eux celui qui va représenter les "gens de gauche".
Ils vivent depuis toujours de politique et s'ils ont des qualités, ils ne les ont pas acquises dans le monde du travail mais juste dans celui des professionnels de la politique. On a l'impression d'assister à la reprise par une mauvaise troupe et de mauvais acteurs...mais avec les mêmes journalistes et le même décor de ce qu'on a vécu il y a quelques semaines. Ceux-là se disent de gauche, les autres se pensaient de droite. Moi je dirai qu'ils sont les uns et les autres de "politique".
Aucun d'entre eux ne débat d'idées, d'idéaux, de vision pour leur pays, c'est à dire pour nous. Ils parlent de pourcentages, de stratégies, de pacte républicain,de laïcité, ....
Pour paraphraser une autre chanteuse : " Tu dis des mots, encore des mots, toujours les mêmes. Tu dis souvent, tu dis parfois n'importe quoi."
J'écoute avec patience et puis je pense à lui. Lui, mon grand-père, mon Jean-Baptiste dit "Jean", mon  autre "Jean de gauche".
Il était né pauvre. Il s'était enrichi ouvrier....(un peu, sa maison, son jardin). Il s'était battu pour acquérir quelques avantages. Il votait très à gauche, défilait, faisait grève. Il est mort, juste avant sa retraite, de plus de 50 ans de travail epuisant. Il croyait dans un monde où il n'y aurait moins de riches et où les pauvres seraient moins pauvres.
Mon cher Pépé, mon cher Jean, avec ta ceinture de ficelle qui tenait ton pantalon au jardin, de là-haut, tu dois rire lorsque tu les vois se livrer à cette immense pantalonnade.
Moi, j'ai écouté, avec patience, les paupières lourdes parfois.
Voilà mon autre cher Jean ce que j'en pense. Je vais ce matin partir marcher avec des amis. Il ne fait pas très beau. Mais nous irons marcher dans un très bel endroit. La nature sera belle. Nous aurons le Ventoux en vue. Nous nous arrêterons pour déjeuner. Il n'y a pas de raison que la journée ne soit pas riche.
J'espère que ma réponse ne t'a pas déçu et que tu me pardonneras de partager ta lettre avec mes autres amis que sont mes lecteurs.
Porte-toi bien.
Je t'embrasse. Bonne journée.

 

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11 janvier 2017

L'artiste

Une jolie petite carte est arrivée hier. Elle arrivait du pays des rois mages.

Elle est partie il y a longtemps. Elle aurait dû arriver pour Noël mais plutôt que d'être confiée au Père Noël, qui l'aurait certainement livrée dans les délais, elle fut postée et vous savez que la poste....
Sur la première page une magnifique oeuvre d'art : un renne, un caribou peut-être, en perles de couleurs remarquablement assemblées par une petite main habile guidé par un cerveau déjà efficace.
Une inscription en lettres d'or "Joyeux Noël !"
A l'intérieur, en page double, toujours en lettres d'or, le dessin d'un couple. Lui est bien plus grand qu'elle et porte sur le crâne quelques cheveux rares noirs et dressés ( peut- être que l'artiste voulait ainsi montrer que le récipiendaire serait émerveillé. Bonne déduction, petit homme! ). Elle, est bien plus petite et porte de longs cheveux qui sont restés couleur d'or.
Au dessus en médaillon, la photo de quatre petits cœurs sagement rassemblés.
Enfin sur la dernière page, un personnage seul, peut-être l'auteur, comme nimbé d'une auréole. Pourtant on me dit parfois que c'est un garnement...ce que je ne crois pas, bien sûr.
Un vrai moment de bonheur. Il a fallu penser à tout, au papier, aux crayons, au temps, aux perles. Peut-être que deux grandes soeurs ajoutèrent leurs conseils à ceux de leur maman. Il a fallu l'enveloppe et la poste et le timbre et là encore le temps.
Le résultat est sûr. Un de ces petits bonheurs qu'on regarde et qu'on regarde encore sans jamais se lasser.
Alors je voulais dire à tous ceux qui permettent à de tels petits artistes de s'exprimer ainsi qu'on ne vous remerciera jamais assez. Et toi, petit homme qui devait s'impatienter du long temps que la carte mettait à arriver. Je veux te dire "Merci".
Si tu pouvais déjà savoir et comprendre le bonheur que c'est de recevoir de tels cadeaux.
C'est ça la vie. Je pense souvent à vous mesdames qui donnez votre temps à votre famille dans un bel élan d'humilité. Je pense à vous et je vous aime. Et cette société imbécile qui tente de vous donner mauvaise conscience, je la déteste.
Quant à toi, petit homme, et tous ceux qui t'entourent, il me tarde de vous voir au moins cet été, peut-être avant su Dieu nous prête vie et si est au rendez-vous, l'argent du voyage. Il me tarde de vous voir, de vous sentir, de vous écouter, de vous deviner, de vous raconter des histoires.
En attendant je vous souhaite une bonne journée bien commencée chez vous.
Et toi, lecteur patient, qui continue à me suivre malgré le temps et la médiocrité de mes inspirations, dis-toi qu'à ma manière je fais pour toi ce que mon petit garçon fait pour moi, à savoir occuper un peu de ton temps et de ta pensée.
Bonne journée.

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09 janvier 2017

Le corbeau et le renard

Derrière un écran, de ce côté de la mer, une mère-grand de contes de fées fait réciter des phrases et des leçons à une petite-fille.

De l'autre côté de la mer, de l'autre côté de l'écran une petite fille répète avec patience et fait ses exercices.
De temps en temps de ce côté de la mer, un père-grand (Tiens ! Il n'y a pas de père-grand dans les contes. Et pourquoi donc?) passe derrière sa femme et fait des grimaces dans le dos de sa femme pour faire sourire sa petite-fille complice.
La mère-grand fait semblant de ne pas voir, mais elle sait et elle sourit aussi.
Car c'est un peu ça la vie sur cette terre : les mamans et les mère-grands font grandir les enfants et les hommes, un peu bouffons, il faut le dire, tentent par tous les moyens de les extraire du sérieux de ce rôle.
Par le miracle de petits électrons qui voyagent très vite ....on ne sait pas trop comment.... et par la grâce de l'amour entre les êtres, on communique ainsi au delà des mers.
La petite fille a déjà eu une assez longue journée sous des températures impossibles, parfois une activité aussi, la danse ou le tennis. Mais si on ne complète pas un peu les leçons qu'elle reçoit dans son école anglaise, il lui manquera quelques notions de grammaire et de conjugaison de son propre langage quand elle reviendra dans son pays d'origine.
Il y a deux heures de décalage entre les deux côtés de la mer. C'est déjà la nuit dans ce pays lointain quand ici c'est encore l'après-midi.
C'est un délicieux échange que j'entends et à la fin vient la récompense. On apprend une fable. Ce sera "Le corbeau et le renard." Que la jolie petite fille récitera vers après vers dans son uniforme écossais qui dénote dans ce pays d'abbayas et de djellabas.
Rien de plus vif qu'un cerveau d'enfant. Rien de plus absorbant que ces mémoires toutes neuves. En quelques minutes la poésie est sue par coeur, on entend le dernier vers...et l'auteur "Jean de la Fontaine".
Voilà comment a des milliers de kilomètres de distance, quelques vers récités par une petite fille mettent dans le coeur de son grand-père une bien douce chaleur.
Oh ! Je ne te dis pas, mon ami, qu'il ne m'arrive pas de penser que ces enfants sont trop loin et que l'envie de les serrer dans les bras me possède.
Mais quand même, quelle chance que de pouvoir, au-delà des mers partager de si doux moments...tu ne crois pas ?
Bonne journée mon ami.

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08 janvier 2017

Enterrement

La mort qui souvent frappe avec surprise semblait cette fois-ci avoir préparé tout le monde. La mort tardait à venir comme pour laisser à l'homme qui devait partir le temps de se préparer et d'arriver dans l'Autre Monde dans les meilleures conditions.

L'homme qu'on enterrait ce matin était le père d'un ami. Je devrais plutôt dire était le grand-père, le beau-père et le père d'amis tant tous ceux qui étaient là, dont on ne connaissait pourtant que quelques uns, nous étaient familiers. Car on est toujours familiers avec ceux qu'on croise depuis de nombreuses années à l'occasion, de mariages, de baptêmes, de manifestations même...et d'enterrements aussi. La famille d'amis si anciens est toujours un peu la sienne.
Il est des morts qui surprennent, d'autres qui se préparent, je dirai presque avec application.
Cet homme qu'on enterrait allait avoir cent ans, un beau parcours sur cette terre, une belle vie d'officier, une belle vie de médecin.
C'est jour de marché dans la ville et on peine à trouver une place. On arrive un peu en retard. L'église est déjà pleine.
On trouve nos deux places et on découvre au passage que de nombreux amis sont là qui ont fait le même voyage pour être là, juste ...là, en ce jour.
Une nombreuse descendance mais, à cet âge-là, pas de contemporains : ils sont tous déjà partis pour un monde meilleur ou attendent, parfois avec impatience et souvent en souffrant, ce qui est parfois une délivrance et toujours un chemin vers d'autres qu'on a aimé avant.
Bien sûr qu'elle est là cette maudite tristesse qui fait rougir les yeux et mouille les mouchoirs. Mais ce qui semble prévaloir c'est une très grande espérance.
Le choeur est plein de prêtres et d'enfants de choeur. Dans la nef des religieuses assez nombreuses et d'ordres différents. L'homme non seulement croyait mais, comme le dira le prêtre : " il aimait Dieu et il aimait l'Eglise."
Cet homme disait aussi pour définir sa famille : "Chez nous, on est catholiques et on est travailleurs." Une belle et humble profession de foi comme je les aime de ceux qui tracent en silence un profond sillon d'amour et de labeur sur cette terre.
Ce sont ses petits-enfants qui portent le cercueil. Un arrière-petit-enfant, en tête, porte sur un coussin rouge deux décorations qui résument mieux qu'un long discours tout un passé de militaire.
Sept enfants, de nombreux petits et arrières-petits-enfants. On n'en fera pas le compte, il y en a beaucoup, en tous cas assez pour composer une belle famille.
A la sortie de l'église on se retrouve tous ensemble. Une école prêtée pour l'occasion. Ce sont ces petites religieuses qu'on voyait sur les bancs qui ont prêté leur réfectoire.
On déjeune. On boit. On parle. On sourit. On rit même. On évoque le mort mais aussi mille autres sujets. Car si la mort est là, présente, la vie l'est doublement. Là dans ce réfectoire où on se rappelle qu'on est bien vivants...et quelque part, ailleurs, dans un endroit qu'on ne découvrira que plus tard où notre ami doit être en ce moment en train de découvrir sa place.
Le repas terminé on repart. Le corps ne sera inhumé que plus tard. On n'ira pas au cimetière niché quelque part dans un beau village des Maures.
Dans la cour de l'école, les sept enfants rassemblés, posent pour une photo de famille. Émouvante image de cette tendresse qui reste entre frères et sœurs et qui se sent encore plus quand tout à coup on se retrouve au premier rang.
Il faudra bien les deux heures du voyage de retour pour mettre un peu d'ordre dans ses images et méditer les paroles du prêtre entendus au sermon.
Une belle journée froide et ensoleillée de début d'année.

 

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06 janvier 2017

Odeur de feu de bois

C'est une forte odeur de feu de bois qui m'a accueilli ce matin. Il faut dire qu'il fait froid en ce moment chez nous. Notre maison est inégalement chauffée et, les jours de grand froid, la cheminée prend davantage d'importance. Mais froid, en Provence, c'est également un fort mistral qui contrarie même le tirage de cette cheminée. Hier, elle refoulait et l'odeur de ce bon feu s'est répandue dans la maison. Ce matin il fait froid. Moins peut-être qu'hier et le vent semble s'être calmé. Le jour se lève et les branches du mûrier sont encore immobiles. 

Hier fut jour de repos. Immobiles ou presque dans notre grande maison. J'ai commencé à envoyer nos voeux, ce petit exercice annuel, au demeurant très agréable qui me fait passer en revue mon carnet d'adresse et passer en revue l'ensemble de mes amis et de la famille.
Dieu merci ! la liste est longue. Mais cette revue nous rappelle ceux qui ne sont plus là, ceux qu'on a perdu de vue, ou pire, dont on a perdu l'amitié. Le temps, les circonstances, rapprochent ou écartent ceux qu'on aime. L'usure de l'amitié, de l'affection, de l'amour à quelque chose de douloureux. On essaye de se le cacher mais de telles occasions font revenir à la surface une amertume un peu douloureuse.
Même sa famille, ses frères et soeurs, qui ont été les compagnons des débuts de vie, parfois s'écartent tellement de notre route qu'on ne les reconnaît plus qu'à peine et qu'on ignore parfois jusqu'au prénom de leurs enfants ou petits-enfants.
Je n'aime pas cette impression, à tel point que j'envoie parfois encore nos voeux à d'aucuns qui nous auront fait comprendre la distance qui maintenant nous sépare.
Peu importent ces états d'âmes.
Autour de nous la trêve de Noël est terminée. La vie se remet en branle. Bientôt des élections nous feront choisir ceux qui nous gouvernerons. C'est la première fois qu'il me semble avoir autant le temps de l'analyse à froid, à la fois de ce que j'attends et de ce que ces gens proposent. Je n'aurai pas cette fois, l'excuse de la précipitation.
C'est étrange : Ça donne un sens nouveau à mon vote.
Oh ! je n'ai pas un seul instant le sentiment que mon avis soit indispensable, ni que mon vote soit si important. Mais cependant cette démarche est une des rares illustrations où l'humilité à toute sa valeur : le jour d'un vote, ma petite voix de petit citoyen anonyme aura autant d'importance que celle du plus puissant de mon propre pays. C'est assez exaltant.
Je n'ai pas beaucoup d'affection pour la république. J'aurais assez aimé vivre en monarchie où il y a un caractère sacré dans le gouvernement du peuple, surtout dans notre pays où, dit-on, nos rois avaient été en quelque sorte été choisis par Dieu.
L'idée d'avoir à la tête de son pays une personne qu'on puisse aimer et à qui l'on puisse tenir par un lien plus fort que le simple choix lors d'un vote me plairait assez.
J'ai en plus en horreur l'idée même de révolution où haine et violence tiennent lieu de cartes de visite.
Mais ne rêvons pas. Rassure-toi, ami lecteur, je ne rêve pas plus d'un passé révolu, que je ne méprise ce système qui aujourd'hui est le notre.
J'essaie d'écouter tous les avis. Entre ceux qui me sont sympathiques et qui partagent beaucoup de choses avec moi, et ceux qui me sont antipathiques et qui ont à jamais la haine de ce que je pense et que je vis, il y a un large choix.
Certains me sont sympathiques qui pensent différemment de moi et d'autre antipathiques qui disent partager mes idées. Il y a le poids de l'histoire, du mensonge, des meneurs d'opinion, de la compétence réelle pour ceux qui ont un passé de pouvoir, imaginée pour les autres.
Alors j'ai décidé de prendre le temps. Je vais tenter d'écouter tous ceux que je pourrais et peut-être même, sur un blog different, partager mes états d'âme et écouter les avis de ceux qui me feront l'honneur de leur opinion.
Je n'aime pas la dialectique où tout est permis pour convaincre l'autre mais j'aime assez échanger paisiblement des arguments avec d'autres qui les expriment avec douceur et patience. Ce sera le sens de cette démarche.
Maintenant le temps presse et je vais continuer à envoyer mes voeux. Je te quitte mon ami, passe une bonne journée.

 

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