et pourquoi ne pas le dire ?

19 août 2017

Le "passager"

L'homme qui est à côté de moi regarde la route en silence. C'est un homme de paix. C'est un homme de foi. C'est un homme d'Église.

L'homme qui est à côté de moi est un homme de silence, ce Silence avec une majuscule auquel il a consacré tout un ouvrage. C'est un "grand" de ce monde, de ces hommes que je n'ai pas coutume de côtoyer, de ceux qui toute leur vie ont fait la course... en tête. Beaucoup rêveraient de ces destins. Certains sont prêts à tout pour accéder à ces hautes charges. Et pourtant il en est comme lui qui sont incontestables et qui y parviennent presque malgré eux. Oh ! Il arrive qu'ils soient contestés à cause de la rigueur de leur message et du rappel incessant mais charitable des exigences d'un état.
Je n'aurais pas dû être là. J'étais invité au mariage que cet homme célébrait, trouvant le temps, dans un emploi du temps digne d'un chef d'état, d'honorer, par amitié, de sa présence une cérémonie familiale. Mon épouse n'était pas libre et j'étais donc seul. Il résidait dans une abbaye qui m'honore de son amitié. On pensa donc à moi pour le ramener à bon port.
Mes amis sont des gens délicats. On me demanda donc si ca me dérangeait. Je répondais que non, que j'étais honoré qu'on me fasse une telle confiance.
Le mariage avait lieu dans un de ces beaux villages du Luberon, si beaux qu'ils sont là proie des touristes mais pas au point de lui soustraire son âme.
Une belle chapelle, deux fiancés émus et émouvants qui scellent ainsi leur union "jusqu'à ce que la mort les sépare". Une magnifique traversée de ce plateau magnifique nous amène au lieu de la réception. Quelques conversations amicales plus tard et on me donne le signal du départ.
Je suis assez ému. Une longue heure de route. Envie de poser mille questions, de recueillir des confidences.
Je le préviens, lui, l'homme du silence, que je suis un grand bavard et qu'il n'hésite pas à me demander de me taire dès qu'il le désirera. Il sourit.
Une heure : l'envie de connaitre et de se faire connaitre, de partager ses doutes, d'entendre des certitudes.
Derrière, son secrétaire particulier écoute et participe assez peu. Un de ces hommes d'ombre et de service qui sont là pour faciliter la vie et rendre les choses possibles.
Je prends la route la plus longue. Je partage au passage un peu de l'histoire de ma région.
Je suis à côté d'un de ces hommes qui ont en partage le destin de l'église.
L'homme qui est à côté de moi, est africain dans ce Vatican si européen. Il est cardinal. Il est garant du message de l'Eglise.
Mais déjà nous sommes arrivés. Un moine nous accueille dans l'abbaye endormie. On se salue. Je reprends la route et retourne chez moi.
Comment te dire, ami qui me lit, et qui doit trouver mon texte bien décousu, tout ce qui a pu se passer en une heure dans mon coeur et dans mon âme ? Juste le sentiment, par le coup du hasard , d'avoir un court instant fréquenté un homme d'une autre dimension.
Dimanche je retourne à Marseille et c'est au pied de la Bonne Mère que je commencerai cette journée. J'y déposerai tout ce qui est trop lourd pour moi et si ton fardeau te pèse aussi, je veux bien en déposer un peu de ta part.

Posté par nic153 à 22:18 - Commentaires [2] - Permalien [#]


15 août 2017

Assomption 2017

image

La maison s'est vidée. Il ne reste que nous deux. Petit à petit l'ordre ordinaire de notre espace se met en place. La fête est encore dans le village. Hier soir, j'ai fait partie de ceux qui veillaient tard et attendaient sa fin. Depuis l'année dernière la fête peut être aussi occasion d'attentats. Hélas ! 

Je recommencerai ce soir cette sorte de veille. Ce sera le dernier soir quand les forains commencent à démonter leurs attractions et que le lendemain matin la place est à nouveau vide....comme s'il ne s'était rien passé. C'est intéressant aussi de voir cet envers du décor, les policiers qui veillent,les pompiers qui sont prêts,  les bagarres évitées, les musiciens qui s'offrent de courtes pauses entre deux chansons.
Je suis rentré très tard ou plutot très tôt et ce matin le réveil fut un peu difficile. C'était pourtant la messe de Celle autour de qui le village autrefois organisait cette fête : la Sainte Vierge. Mais notre pays a oublié sa bienfaitrice et nous étions peu nombreux ce matin. 
A la fin le prêtre nous entraina au cimetière pour bénir un petit caveau qu'il a voulu offrir à ses prédécesseurs oubliés dans le temps. Une modeste tombe au carré des indigents abrite maintenant ceux qui avaient été les témoins de plusieurs générations d'habitants : ils les avaient bénis, baptisés, mariés, enterrés. Ils avaient été leurs confidents, leurs amis, leurs confesseurs. Mais l'histoire est cruelle qui oublie ainsi ses bienfaiteurs. Ce matin l'oubli est un peu réparé. 
En revenant j'ai voulu à ma modeste manière honorer cette Dame exceptionnelle qui enfanta un Enfant-Dieu.
J'ai photographié sa statue abritée dans une niche en plein milieu du mur sud de ma maison. C'est une statue modeste réalisée en de nombreux exemplaires par d'humbles religieuses. 
La niche n'existait pas, c'était un simple trou de pierres. Nous l'avons installée, posée sur quelques carreaux de terre cuite pour qu'on la voit bien. A ses côtés une mini-ruche de terre sèche abrite quelques abeilles-maçonnes. On n'a pas osé l'enlever. Les laissant profiter aussi de cette douce protection. Devant, deux petites bougies,de temps en temps, viennent le soir s'éclairer pour l'honorer de manière un peu particulière.
Elle est là, reine posée sur un trône, son fils sur ses genoux tient le monde dans ses mains. Elle a pourtant cette allure délicieuse de jeune fille empreinte d'un grand secret.
J'ai déposé cette photo sur ces réseaux sociaux qui sont la forme moderne d'expression pour dire ce que l'on aime, ce que l'on pense aussi. Je veux lui dire ainsi que je l'aime, humblement, que je lui suis tellement reconnaissant de son rôle, humble et puissant de protectrice, de confidente, d'amie...bref de Mère.
Demain j'irai aider mon fils aîné qui remet à neuf son appartement avant de le louer et de repartir loin, trop loin pour nous, une affectation au bout de la terre, au Sud du Sud.
Un bon moment à passer ensemble avant un départ proche maintenant.
Et toi mon ami, si tu le peux, partage avec moi cette humble prière, si tu ne le peux pas, aies au moins une pensée pour tout le bien qu'au cours des siècles elle a généré.
Bonne semaine !

Posté par nic153 à 18:14 - Commentaires [1] - Permalien [#]

12 août 2017

Il arrive parfois les soirs d'été...

...Quand la maison est pleine, que le temps est beau, que c'est le temps des vacances...comme un petit coup de blues.

Comme si trop de bonheur portait en lui sa propre menace,
Comme si l'esprit se refusait à croire à tant de chance.
On s'assied alors dans le coin le plus reculé de la maison ou du jardin.
On évite d'être vu. On ferme les yeux ou bien on fixe intensément quelque point éloigné.
On fait une courte prière d'intention, pas construite : " je laisse mon esprit entre vos mains..."
Et on attend parfois longtemps, parfois seulement quelques minutes.
Il arrive que l'on s'endorme pendant l'attente. 
On laisse l'esprit, ou même parfois l'Esprit, se livrer au jeu de l'estimation des bonheurs et des craintes. On n'intervient pas avec sa propre raison. A ce stade-là l'intelligence est sans effet...hélas! 
Le temps passe. Le temps le plus souvent remet lui-même les idées en place.
Parfois une contraction surprise de l'âme  peut faire monter l'angoisse et il arrive aussi que des larmes se présentent.
Il faut le temps ...qu'il faut.
Parfois le monde alentour s'inquiète de votre disparition et vient troubler cet isolement.
Vite retrouver alors une sérénité apparente. 
Il faudra retrouver ce temps de paix à moins que la vie ordinaire ne l'efface.
Parfois la pause n'est pas suffisante et le mal-être s'installe un peu plus longtemps.
Surtout pas le reproche :" Ça ne va pas, tu as l'air triste !".
On ne doit pas avoir l'air triste lorsqu'on est un père, un grand-père, un mari, un ami car la tristesse assombrit autour d'elle.
"Non. Juste un peu de migraine, ou de fatigue, ou de froid ou de n'importe quel'autre excuse." Il arrive cependant  qu'on ne vous croie pas.
Pourquoi je t'écris ça ce soir ami lecteur ? Parce qu'il existe pour moi une autre façon d'apaiser ce trouble inutile et amer...c'est de l'écrire en quelques phrases.
Un peu de vieux whisky par dessus et c'est promis...demain ma plume sera de nouveau plus légère.
Bonne nuit.
....

Posté par nic153 à 20:24 - Commentaires [2] - Permalien [#]

11 août 2017

Fête foraine

Depuis mardi le village s'agite. Les forains s'installent les uns après les autres et mettent en place leurs lourdes installations. Bruits de marteaux, de ferrailles, essais de sonorisation, c'est la fête votive et son accompagnement bruyant et populaire de manèges et de stands de toutes natures.

Cette année le beffroi est tout neuf et sort d'une grande remise en état. L'horloge qui s'était tue pendant les travaux sonne à nouveau les heures et les demies. La vie reprend. Le village est entouré de barrières. On y circule avec difficulté mais pour le coup personne ne se plaint  : une sorte de trêve festive. Dès ce soir on verra les passant se croiser en riant et en parlant fort. Ils dépenseront de petites fortunes aux diverses attractions. Oh ! ce n'est pas Disneyland. Certains manèges sont les mêmes depuis des dizaines d'années mais il reste certaines attractions sans âge : des boîtes de conserves qu'on effondre, des œufs qu'on brise avec des boules de pétanques, des cerceaux qui doivent se poser sur des bouteilles. On ne gagne presque jamais ...ou des cadeaux sans valeur mais personne n'en garde rancune....Ce sont les vacances 
Et si l'on est pas riche on aime à savoir qu'on l'est assez pour dépenser...un peu trop.
Cette année encore on craint les menaces et on sera vigilant. La police est nombreuse qui déambulera parmi les passants, croisant au passage amis et connaissances. 
J'aime ce côté "bon-enfant". 
Les bruits du monde sont terribles en ce moment. Deux fous internationaux s'entredéchirent et se menacent des pires châtiments. Le reste du monde semble ne pas s'en soucier. Encore moins en ce moment mon village. Qu'en penser ? Je ne saurai le dire. Après tout s'inquiéter ne diminuera pas ce danger. Notre pays patine dans ses propres errements politiques. Tant pis on attendra sagement septembre pour les choses sérieuses.
Aujourd'hui j'ai préparé des cibles de tir à l'arc pour un concours qui n'aura peut être pas lieu faute de temps. J'ai fait la plus belle récolte de mon jardin. D'ailleurs Il faut que je replante pour l'automne et  l'hiver. A midi j'ai déjeuné avec Elle, petite pause à deux dans une période où on a trop peu de temps en tête à tête. 
 J'ai ensuite pris le café avec une amie dans un autre très beau village, un "café-bavardage" charmant  dans une belle maison "de ville" aux plafonds hauts et aux grands espaces aux pieds de beaux remparts.
Demain la maison se vide en partie. On sera triste de se quitter. Quelques jours encore et la maison sera vide et  aura pris son rythme d'hiver mais les murs résonneront encore longtemps du bruit des rires et des chants.
Mais ce soir est encore festif. Un spectacle mené par une petite troupe entre cabane et tour a connu un vif succès. Le repas sera joyeux et bruyant. On prolongera tard dans la nuit discussions et confidences et un vieil alcool viendra à point réchauffer âmes et corps.
A 21 heure la fête démarrera  avec ses bruits...mais je vous l'ai déjà dit.
Je te laisse ami lecteur. Bonne soirée.

Posté par nic153 à 20:46 - Commentaires [2] - Permalien [#]

10 août 2017

Paul et Timothée

Deux noms de l'ancienne église. Deux amis epistolaires. Mais cet après-midi ce sont juste deux autres personnages, deux petits cousins qui vont rester sous la garde bienveillante d'un grand-père.

Il s'était dit : "Profitons de l'aubaine. Goûtons un peu de paix. Les enfants et petits-enfants partent en promenade. Ils s'en vont visiter un château-musée. Je vais profiter de ce calme, prendre un livre, en jetant de temps en temps un coup d'œil à ces deux petits enfants sages."
Si on ajoute que ce château-musée appartint à ce marquis qu'on se plaît à dire aujourd'hui "divin" pour lequel ce grand-père a développé une véritable aversion. 
La scène se passe d'abord dans un salon dans l'ombre des volets mi-clos qui préserve d'un soleil très chaud, ensuite sur une terrasse ombragée.
Deux petits enfants. L'un est blond et vécut jusque-là au pays des rois mages. Son papa vient de rentrer en France pour les rejoindre. Le second plus foncé est un petit breton qui vient profiter de notre beau soleil. L'un a juste un peu plus d'un an. Le second un peu plus de deux. Les deux sont si mignons qu'on dirait de ces enfants de catalogue. 
Les mamans s'éclipsent. En analysant leurs sourires notre homme aurait compris qu'elles ne crurent pas un seul instant à cette paix imaginaire. Un verre d'eau, une compote, un paquet de biscuits serviront de goûter que l'homme embarrassé distribue à chacun son tour. Première épreuve réussie avec un certain succès. 
Il dépose quelques jeux sur le sol, les deux enfants au milieu et s'installe sur le canapé pour écrire sur sa tablette.
A peu près dix minutes plus tard, ils sont trois sur le canapé. L'un tient un étrange discours, l'autre fait un gros câlin. 
Nouvel essai en participant aux jeux. Quelques puzzles, quelques personnages, quelques petits livres. Succès restreint. A L'un d'eux s'échappe à l'autre bout de la maison tandis que le premier essaie avec obstination de s'emparer de la tablette, puis du téléphone, puis de l'ordinateur.
On rattrape le premier. On calme le second. On essaie de négocier sans succès à coup de biscuits un calme relatif. 
" Et si j'essayai de leur raconter une histoire ?" Échec complet. C'est vrai qu'ils sont un peu petits. Alors suit un petit jeu de mains où il est question d'une fourmi qui pique des mains et qui connaît, je dois le reconnaître, un certain succès. Je le renouvelle, une fois, une autre, encore. J'ai l'impression que j'y passe tout mon temps. 
Mais le temps coule et entre les deux petits garçons semble se dessiner une certaine complicité. 
Je ne vais pas, ami lecteur, t'imposer davantage le récit de cette petite aventure. J'avais eu un matin plutot doux et agréable, à l'odeur légère et un peu citronnée, je comptais sur un après-midi de lecture. Ce ne fut pas le cas? Juste un retour en arrière où je me retrouvais un instant dans le rôle de père.... Finalement pas désagréable.
Demain sera un autre jour. Le doux temps des vacances se prolonge dans cette Provence où le temps est redevenu d'une chaleur supportable. 
La maison se vide et se remplit. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes :  le mien. 
Bonne journée à toi ami lecteur. On m'appelle pour un apéritif que je n'ai pas du tout envie d'esquiver. 
Merci de me lire. 

Posté par nic153 à 19:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]


07 août 2017

Bruits

J'entends une tourterelle qui roucoule cachée sous un toit. Le "bip-bip" du camion poubelle qui recule dans le village. Quelques oiseaux encore un peu timides. De temps en temps une auto qui traverse les petites rues du centre endormi. Un de ceux qui travaillent tôt pour notre bien-être. 

Il fait plus frais en ce matin d'après-mistral. Un petit enfancon est passé très vite dans les bras de sa maman. La maitresse de maison, la seule qui aujourd'hui travaille à l'extérieur, se prépare à partir en grand silence.
Dans la cour de derrière, sous les grandes bâches d'ombrage, trois petits garçons et une petite fille dorment de ce beau sommeil des enfants. Ils ont mis la tête sous leurs draps pour ne pas être gênés par le soleil matinal.
De temps en temps de l'une ou l'autre des chambres un de ces petits gémissements qui précèdent le réveil des enfants.
Tout mouvement que je fais est un accroc dans cette harmonie silencieuse : le volet qui s'ouvre en grinçant malgré mes gestes précautionneux, le déplacement dans la cour pour aller chercher du pain, la bouilloire qui frémit, le bruit retenu d'une cuillère contre un bol. Ce silence est si précieux qu'on ne veut surtout pas le fragiliser.
Ne pas ouvrir encore le lave-vaisselle. Se garder de ranger celle de la veille. Attendre que la multiplication des bruits signifie une sorte de réveil autorisé, accepté par tous.
Il y a toujours un ou deux trainards qui préfèreront  attendre le dernier moment, le petit déjeuner qu'on s'apprête à retirer de la table, pour déjeuner dans un silence retrouvé et bénéficier d'un peu de solitude.
Quand Elle sera partie depuis quelque temps déjà, que tout ce petit monde sera en place je m'éclipserai pour aller soigner un peu mon jardin. Je reviendrai plus tard. Tout sera en place mais il n'est pas impossible que quelques parents s'attardent encore autour de la table du petit déjeuner : on a tant à se dire ! Dans les maisons de vacances les enfants qui se retrouvent donnent à la vie commune  un autre rythme de vie que celui de leur enfance. 
Les petits-enfants se soucient moins d'eux et leurs jeux sont plus libres. On entend à nouveau parler de projets, de maisons, d'école, dans un autre langage que celui qui est devenu le notre. 
On prend le petit déjeuner dehors. Bientôt les premiers se baigneront tandis que d'autres organiseront la cabane ou la tour. Les jeux de société sortent des armoires. On veillera à ne pas perdre quelque élément pour pouvoir faire durer ces instruments de bonheur.
Ce silence me permet d'écrire tandis que se déplaçant sur les fesses un petit bébé souriant vient annoncer à sa manière que ce calme est terminé. 
Aussi mon ami je te laisse et te souhaite une bonne journée. 

 

Posté par nic153 à 07:59 - Commentaires [2] - Permalien [#]

06 août 2017

Pluie et grand-mères,

...Ou "Comment rendre le monde plus agréable"

Hier, un tout petit nuage dans un ciel bleu de rêve était venu nous confirmer qu'un peu de pluie allait enfin venir. Un peu de pluie d'aubaine qui viendrait arroser les jardins et relever un peu le niveau des rivières. Une toute petite parenthèse de fraîcheur dans cette période de canicule.
Au petit matin, elle était là. J'étais un peu inquiet parce qu'aucun des dispositifs anti-pluie qui me permet d'éviter les catastrophes au second étage (bâches et seaux) n'avait été mis en place.
Heureusement la pluie a été timide et n'a pas franchi le seuil des barrières ordinaires, mais cette fraîcheur à réveillé la maison plus tôt que de coutume  et déjà le petit déjeuner s'est mis en place. 
Les vacances se déroulent comme des vacances. Les jeux et occupations de la maison alternent avec des activités un peu moins banales mais la canicule écorne parfois l'enthousiasme qui rend pénible toute autre activité que la piscine.
Nous attendons pour ce soir une nombreuse famille de neveux mais c'était sans compter qu'une autre arrive hier, un peu à l'improviste,  que nous avons gardé pour 24 heures : une sorte de répétition générale. 
Je dois avouer être impressionné par le dispositif qui se met en place dans ces moments sous la direction d'une sorte de régisseur général qu'est la maitresse de maison.
L'un passe l'aspirateur, un autre nettoie les vitres, un troisième prépare de quoi coucher ce petit monde. Il revient à l'auteur de ces lignes un tout petit rôle : gérer les extérieurs, jardin, cabanes et hangar. Et s'il n'a dans ce dispositif absolument pas voix au chapitre, il s'en console en voyant l'efficacité qui se dégage de tout cela.
De temps en temps un "je-ne-peux-pas-tout-faire" lancé d'une voix un peu forte rappelle avec efficacité quun peu d'aide serait bienvenu.
En effet, on est bien loin de la comtesse de Ségur ou des autres univers de vacances familiales qui ont bercé notre enfance. Ici, point de châteaux, encore moins de jardiniers, de cuisinières et de bonnes qu'on appelle au secours à la moindre occasion. Au contraire chacun prend à son tour l'un de ces rôles domestiques avec plus ou moins de bonne volonté. 
Chaque maisonnée a ses propres coutumes. Ici c'est un planning qui ressemble à celui d'une usine ; ailleurs chaque famille prend une journée en charge ; d'autres fois encore on dit que l'anarchie sera la seule règle...avec comme corollaire un certain nombre d'échanges houleux.
Mais au-dessus de toutes ces organisations, une sorte d'esprit du foyer incarné par la grand-mère (on peut remplacer par mamie, mamet, grand-ma, grand-maman, mémé et que sais-je encore tant l'imagination à remplacé les habitudes régionales..). C'est elle qui détient ce pouvoir ...et qui gère le lot de contraintes qui s'y rattachent.
Ici, je dois dire qu'elle est assez exemplaire et qu'elle mènerait avec talent de bien plus grandes entreprises. Si j'ajoute qu'elle sait aussi raconter une histoire à celui qui est triste, jouer à n'importe quel jeu de société, trouver le petit bricolage qui occupera celui ou celle qui "s'ennuie" je n'aurai pas encore terminé la liste.
Le monde est ainsi fait. Chaque sexe ne partage pas à part égale les responsabilités. C'est un état de fait qu'on peut déplorer. Je n'aurai pas l'hypocrisie de le faire. Le rôle de grand-père fabricant de cabanes ou de tours de chevaliers, pourvoyeur d'arcs et de boucliers, professeur-jardinier, et parfois complice de quelques désobéissances me convient mieux. Et il me laisse le temps d'écrire ma petite histoire pendant que le petit déjeuner se déroule sous le hangar où l'on parle justement ...d'organisation tout en faisant manger le petit monde.
C'est vrai qu'on est loin des rôles de prince charmant, de chevalier, et pour Elle de princesse au bois dormant. C'est juste la fin de l'histoire, l'après "et ils eurent beaucoup d'enfants". Il nous reste toute l'année pour ne pas perdre (ou retrouver) ces rôles et garder l'un pour l'autre cet innocence et cet attrait qui ,eux ,n'ont pas d'âge malgré les ans, mais on besoin de calme ...et de temps.
La pluie a rafraîchi la terre et les nuits seront peut -être plus faciles. Pas besoin d'aller arroser le jardin en ce jour où la messe nous occupe la matinée. Tout semble normal. Je dois absolument trouver comment fabriquer une arbalète si je ne veux pas décevoir ce petit monde.
Alors mon ami, je te laisse en te souhaitant un bon dimanche.
 

Posté par nic153 à 09:29 - Commentaires [3] - Permalien [#]

03 août 2017

Cirque

Savoir qui d'eux ou de nous furent le plus enchanté de cette journée au cirque ? Trois générations fascinées ou attendries par la subtile alchimie qui règne dans cet endroit surprenant. Quatre petits, leur mère et leur tante et deux grands-parents attendris.

C'est un ancien domaine délaissé, trop près de deux grandes routes qui ont eu un temps raison de son calme, et qui, grâce au cirque, à retrouvé une raison d'être.
Le cirque s'installe ici pour de longues périodes. Sous les frondaisons d'un parc jadis abandonné où les espèces importées il y très longtemps ont parfois retrouvé l'appel de leurs forêts d'origine et des allures de jungle en miniature.
Il y a un je-ne-sais-quoi d'insolite. Le parc n'est plus entretenu comme un parc et le château continue de se dégrader lentement. La vie qui l'habite aujourd'hui est une vie de saltimbanques plus faits pour vivre dans leurs caravanes confortables que sous les ors défraîchis des salons.
Mais le cirque est là, bien présent. Toutes les fonctions semblent concentrées entre les mains d'une nombreuse famille comme dans les petits cirques itinérants.
J'ai le souvenir d'avoir visité au États Unis le musée d'un de ces cirques gigantesques qui sillonnaient les voies de chemins de fer dans ce pays où tout est un peu trop grand. Une maquette représentait des centaines de personnes affairées dans cette ville mobile. C'était impressionnant.
Ici l'univers a une dimension plus abordable et rend possible sa propre intégration dans ce monde fascinant.
On arrive tôt le matin pour découvrir l'univers magique des répétitions. Du dressage, des clowns, des acrobates et des contorsionnistes. Un éléphant et de nombreux chevaux : un monde en douceur et en exigences.
On verra dresser un éléphant, entraîner les nombreux et beaux chevaux à ce qu'ils feront au spectacle. Le clown nous prendra à part dans un numéro où il choisira ses partenaires dans le public. Le funambule répète dans le parc et partout quelques jeunes acrobates s'exercent à ce qui sera peut être un jour leur métier. On peut même s'exercer avec quelques-uns de leurs appareils et le durer ainsi toute la  difficulté de cet art.
On sent que guichetiers, serveurs, assistants rêvent aussi de ce monde. On surprend la trapéziste embrasser le dompteur. On pique-niquera sur la grande pelouse du parc, sous les fils du funambule, sous un soleil de plomb. Tout semble écrit et dessiné comme dans les petits livres d'enfants. Une sorte de cirque simplifié pour notre apprentissage.
C'est en début d'après midi qu'aura lieu le spectacle dans le grand chapiteau installé au milieu du parc. Il fait terriblement chaud à cette heure-là malgré l'obscurité, l'ombrage des grandes toiles, et quelques gros ventilateurs qui tentent de nous rafraîchir.
Mais très vite nous sommes tous sous le charme. Une jolie contorsionniste qui fait avec son corps tout ce qu'elle veut, un magnifique numéro de chevaux, de jonglage et de tir à l'arc, une trapéziste, des clowns et encore des chevaux. Trois de nos quatre petitous dévorent du regard chaque artiste. On lit sur leurs visages la joie, parfois un peu d'inquiétude ou de peur, mais tout se termine dans le rire. 
On sent dans leurs têtes et dans leurs cœurs d'enfants s'articuler cet univers de rêve qui se crée au fil de la vie pour le plus grand bonheur.
Seul le dernier, bien trop petit, s'est endormi dans nos bras et son sommeil d'ange se soucie peu de tout ce joyeux brouhaha.
Un dernier tour de parc après le spectacle. On verra le dresseur de chevaux travailler dans le parc avec une pelle mécanique : l'envers du décor.
On visite le musée dans les seules pièces un peu préservées du château et c'est vite  le temps du départ et du retour.
Le lendemain notre petit chevalier s'exerce à planter ses flèches et sa hache de bois comme il l'a vu faire la veille. Et dans la tête des "grands" que nous sommes devenus la magie agit encore. On se sent un peu dresseur, clown ou acrobate...le temps d'un rêve.
C'est aussi ça les vacances, ce doux partages d'émotions familiales. On déguste sans états d'âme  ces bonheurs offerts dont on fait provision.
En Provence la chaleur semble s'être imposée et même les nuits sont trop chaudes en ce moment. Mais qui saurait se plaindre de trop d'abondance ? Il faut arroser un peu plus souvent le jardin qui donne sans compter en ce moment. Et c'est déjà le temps de planter pour l'automne et l'hiver. 
Ainsi vont les choses. Alors ami qui me lit malgré ma paresse à écrire en ce moment je te souhaite , toi aussi, de profiter au mieux de cette belle période.

 

Posté par nic153 à 08:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 juillet 2017

Juste un petit rappel de bonheurs divers...

Une journée très chaude

Un jardin qui produit en abondance

Un beau chantier qui se termine : un beffroi éclatant 
Un matin de bricolage 
Une marche de cabane réparée avec l'aide d'un petit homme
Il la peindra lui-même,  protégé d'une de mes vieilles chemises
Des flèches fabriquées pour l'arc
Le volet de la cabane réparé aussi
La sieste...
Dans l'après midi débarquent...
Une mamet, une maman, deux jeunes filles et trois petites filles
Puis un papet un peu plus tard
Et tout se petit monde s'agite dans la cabane, dans la tour, dans la piscine
On parle. On ne refait pas le monde mais on l'explique en partie
Et c'est déjà le soir...les saucisses cuisent
On répare une sandale cassée
On dîne sans format autour de la grande table ou sur la pelouse
C'est déjà l'heure du cinéma
Le cinéma en plein air, des sièges un peu moins confortables mais les étoiles pour plafond
L'endroit maintenant familier de cette cour d'école 
Un beau préau tout neuf est là qui en témoigne 
Nous, les grand-pères, on les accompagne
Une amie de mon ancien (très ancien) travail retrouvée dans la file d'attente
Content d'échanger avec elle. Rappel d'un autre temps avec cette jolie maman et ses deux enfants souriants. On parle aussi de vacances et d'Italie 
Finalement ils ( les grands-pères) restent pour le film
Un dessin animé, un rythme impressionnant, 
un petit homme sur les genoux qui rit très fort
Le nom d'un jeune ami dans le générique : on est fiers pour lui
Retour à la maison. Des enfants à moitié endormis.
Un dernier bain dans la piscine, sans bruit...il est minuit.
La maison qui s'endort
Vite sur l'écran quelques nouvelles d'une grande fille en vacances aussi
Montagne, balade, bowling, visites et rires..
Un marin qui revient aujourd'hui
Un autre qui travaille encore...à Paris sous la grisaille
On a bouclé le tour
Aller dormir à son tour 
....
C'est déjà le matin. Aujourd'hui un mariage au pied du Ventoux
Demain un autre beaucoup plus loin..de la route avec tout le monde
....
Le ciel toujours aussi bleu, le temps toujours aussi chaud.
...
Merci mon Dieu du temps qui court..
Et bonne journée à toi qui me lit...

 

Posté par nic153 à 08:24 - Commentaires [1] - Permalien [#]

25 juillet 2017

Une toute petite fille d'honneur...

... s'est échappée du cortège. Elle est arrivée la première à la chapelle de la Sainte Vierge. Sa petite couronne de fleurs sur la tête. Quelques petites  dents de lait en moins qui lui donnent un sourire charmeur, son petit bouquet à la main, elle semble fascinée par ces jeunes mariés qui offrent leur prière. Il faut dire qu'ils sont beaux ces mariés  de carte postale : lui dans son bel uniforme militaire, elle dans sa belle robe blanche. Ça ressemble un peu à ce qu'elle voit à la fin de ces livres de contes : la jolie princesse qui épouse le prince charmant. J'aimerais savoir ce qui se passe dans  sa petite tête. 

Les jeunes mariés, un peu émus, ont oublié le texte de leur prière et c'est le prêtre qui au passage récupère le livret de messe pour qu'ils puissent la réciter et leur avec un bon sourire.
C'est un peu l'image de ce mariage. Un grand sourire ....partagé entre les familles, les amis, les prêtres, les mariés.
L'église suffit à peine à contenir les invités. Les vieilles pierres, les belles statues dorées, les peintures qui décorent les petites chapelles, un beau sermon, de beaux chants, des engagements émus n'empêchent pas la lourde chaleur de juillet.
C'est un de ces mariages où on connaît beaucoup de monde et où on se devine des connivences avec ceux qu'on ne connaît pas.
Du côté  du marié, c'est l'élément "militaire" qui l'emporte. On y sent une tradition solidement implantée dans la famille. Tu sais l'attachement que j'ai pour cette institution qu'est  l'armée. J'y ai passé suffisamment de temps pour y découvrir de beaux caractères et pas assez pour sentir la mesquinerie du sort qui lui est réservé par les politiques. Ce ne sont pas ceux-ci qui feront diminuer l'estime que j'ai pour ces hommes.
Les parents de la mariée sont nos amis depuis longtemps déjà. Ils ont trouvé ici un bel endroit pour s'installer et y semblent si bien installés qu'on les croit là depuis toujours. 
On a partagé avec eux de nombreux bons moments. On a appris à les connaitre, à les apprécier, à voir grandir ensemble nos familles. 
Après cette belle cérémonie on se rend chez eux. Une maison qui domine la belle plaine du comtat Venaissin et qui semble tendre vers le Ventoux qui domine l'endroit de son ombre bienveillante. Un parking est installé au début du chemin. De l'eau nous y attend pour se rafraîchir et puis le chemin nous amène jusqu'à une série de restanques plantées d'oliviers qui flanquent la belle maison. 
La messe était tôt, le cocktail nous laissera suffisamment de temps pour retrouver tous les amis connus avant de passer à table. Il y a ceux qu'on s'attendait à retrouver là et ceux qu'on retrouve un peu par hasard.  
C'est le bonheur des " grandes familles" où l'on se plaît  à vivre sans souci des générations, des endroits, des niveaux de vie des uns et des autres. Elles sont un élément qui disparaît de notre paysage tant tout semble fait pour les détruire ou les ridiculiser.  Un vrai plaisir de partager ce même amour de la vie, ces enfants nombreux, ces vieillards qu'on cajole. 
Puis vient le repas, dans un grand hangar derrière la maison, un beau toit de Provence où l'on voit les tuiles de l'intérieur. Un beau toit, lourd et simple fait pour recevoir les lourdes pluies d'orages et endurer le mistral qui semble emporter tout. On dit que c'est le maître de maison qui le fit avec ses fils. Un beau travail, à l'ancienne, fait pour être là comme la maison, pour toujours, ou suffisamment de temps pour qu'on oublie son origine, qu'elle semble faire partie du paysage. 
C'est le tour des discours. Ce sont les pères qui commenceront. Deux beaux discours pleins d'émotions, d'humour et de tendresse. Suivront les discours des frères et soeurs, des cousins, des amis, que sais-je ? Toujours un peu plus difficiles à suivre pour ceux qui n'ont pas partagé ces instants.
Plusieurs inconnus à notre table qu'un seul repas suffira à rendre plus proches. On se partage nos histoires, nos familles et nos amitiés. Le rôle délicat des mariés et des parents qui circulent entre les tables. 
On partira tard dans la nuit, à l'heure où les plus jeunes occupent la piste de danse et où les plus anciens s'y risquent parfois...mais de plus courts moments. 
La descente vers le parking, la voiture retrouvée, le voyage du retour qui sert à partager, à commenter. La maison qu'on retrouve pleine d'enfants qui dorment ou qui s'éveillent le temps d'un rêve.
Une autre famille vient de naître qui viendra jouer sa partition dans ce beau concert.
On est heureux !
.....
Et toi mon ami qui me lit, je te souhaite la même chose.

Posté par nic153 à 17:54 - Commentaires [1] - Permalien [#]