et pourquoi ne pas le dire ?

19 mai 2012

Moulins

Mon cher maître,

 

Il a bien fallu que je parte. Je vous avais suivi parce que j'ai cru en vous. Je voyais devant moi s'ouvrir les chemins de l'abondance et du bien-être. Puis j'ai d'abord souri à vos premiers écarts. J'y ai vu le signe de la faiblesse qui accompagne souvent les plus grandes destinées. Je me suis pris à vous aimer davantage, à vouloir vous servir encore mieux. J'avais envie que votre quête aboutisse, que vos combats aient un sens.

Plus les autres doutaient de vous et de votre monde et plus j'ai eu envie d'y croire. Je renoncais peu à peu à mes rêves, comprenant que le destin de Pancho n'était pas le bonheur terrestre. J'acceptai d'être le grotesque, le faire-valoir. Peu m'importait. Peu importe quand on sert un vrai maître. Puis ce fut de plus en plus difficile d'y croire et surtout d'expliquer au monde, de négocier avec les créanciers, de convaincre les fournisseurs. J'ai engagé le peu que je possédais, le "moins peu" que m'ont confié mes proches, et je me suis moi-même gagé pour que vous parveniez à Dulcinée.

Je ne voyais pas les moulins mais je vous croyais quand vous les racontiez. Et le temps passait. Le monde était moins monde. Le rêve était plus rêve. Je croyais même nécessaire les privations que vous vous imposiez et que vous m'imposiez à moi-même.

C'est devenu plus dur. Le monde vous fuyait de plus en plus. Bientôt je fus le seul à vos côtés. Etrange duo que le notre. La grandeur, le rêve et ce petit bonhomme sale et bien trop gros malgré les privations.

Mais si je vous quitte aujourd'hui mon maître, ce n'est pas aujourd'hui pour cela. Ce n'est pas pour votre recherche deséspéree mais simplement parce que ce matin j'ai vu sur votre visage ce que je redoutais le plus : vous doutiez de vous-même. Et si vous doutez de vous comment puis-je y croire ?

Je pars reprendre des forces. Rechercher ma vie antérieure. Vous m'avez enrichi de vos rêves et plus rien pour moi ne sera jamais comme avant et de cela jamais je ne pourrais vous remercier assez. Je reste à votre disposition, prêt à répondre à votre appel quand à nouveau vous serez vous. Mais je le sais et vous le saurez bien assez tôt : quand le fou devient sage, il faut renoncer à croire en lui.

Mais maintenant, chaque soir, en regardant le ciel j'y verrai les mondes merveilleux que vous m'avez fait connaître.

 

Votre serviteur,

 

Sancho

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13 mai 2012

Le mois de mai...

...avançait doucement. Le soleil tardait à venir à son rendez-vous. C'était partout l'incertitude. Son travail avançait. Les choses prenaient forme et quelques murs oubliés (un simple débarras) se transformaient sous ses mains en un bureau, en un refuge. Et puis il y avait eu cette pause. La médiocrité à la place de... la médiocrité. Médiocrité d'une fausse gauche contre la médiocrité d'une fausse droite. Les gouvernants reprenaient leurs places... et les bouffons s'essayaient à de nouveaux noms, à de nouveaux visages. Il eut pu en sourire si ce n'était pas si grave. Lui, il voulait des hommes qui gouvernent avec des idées, avec des volontés, avec des générosités. Il ne voulait pas entendre parler de  droits, de  peurs, de groupes de pensées qui s'imposent, de  refus de voir. Il voulait que la justice soit celle à laquelle il croyait, celle qui se rappelle des petits, des humbles, des modestes, des silencieux. Il ne croyait pas aux rodomontades de ces Tartarins de trois sous qui bien à l'abri de leurs confortables prébendes, se disent parler au nom du peuple. Il ne craignait rien plus que l'hypocrisie de ces gens élevés pour le pouvoir qui naviguaient toujours dans le sens du vent. Alors il rejoignait ses amis, les petits, les sans-grades, les grognards, les dévoués. Il savait que ces petits de l'âme étaient partout que ce n'était pas la fortune, ni la naissance, ni l'appartenance à une classe qui décidaient de ça, mais plutôt  le choix de la vie, le choix qu'on fait d'aimer son prochain, qu'il fut grand ou petit, qu'il fut ou nom d'une classe mais bien simplement parce qu'il était son prochain. Il n'aimait pas ces matadors, qui partaient au "combat" en roulant des épaules et qui se jouaient de ce peuplle qu'ils disaient servir. Il aimait encore moins les hommes qui montaient les uns contre les autres. Son parti n'existait pas...sa foi, oui.

Alors quand on lui reprochait son silence, il regardait sur son bureau les mots qui étaient là. Parmi eux, certains en ce moment étaient trop dépités. Ils étaient des mots parmi les plus beaux mais on les avait tant grimés, on les avait si souvent travestis pendant ces dernières semaines, qu'ils avaient l'air triste des vieux ârtistes de cabarets, qui savaient qu'ils faisaient rire, parfois rêver mais que passé la porte on les oubliait à leurs tistes destins. Ils étaient les mots qui faisaient rêver les hommes. Ils étaient les meilleurs pour les berner. Il haissait les menteurs professionnels, les Don Juan de pacotille, les "rouleurs de mécaniques", les suborneurs qui se servaient ainsi de ses meilleurs amis. Il était content de voir qu'ils étaient revenus, même blessés, même meurtris, sur sa table de travail. Ils voulaient qu'on les rendit à leur vrai usage. Ils voulaient servir les hommes et non pas servir à les tromper. Ils venaient vers lui comme vers d'autres pour demander de l'aide, pour demander de servir. "Servir", peut-être le plus beau mot qui ne fut jamais inventé.

Alors l'homme il sortit de sa maison, fit quelques pas dans le village encore endormi. Derrière chaque porte fermée, derrière chaque volet clos, il y avait quelques uns des santons qu'il aimait à décrire et même ceux qu'il ne décrivait pas tant ils étaient anodins. Ils dormaient. ils rêvaient. Ils reposaient leur corps fatigués du travail du jour. Parfois, le sommeil ne leur servait qu'à oublier un moment de tristesse. Pour d'autres la griserie de l'amour troublait leur repos. Ils étaient là. Ils étaient vrais. Ce n'était pas des idées... mais des réalités. Chaque maison portait en elle les couches des civilisations qui s'étaient succédées à ce même endroit depuis plus de mille ans. Chaque génération avait ajouté sa marque, certains étaient nés là, d'autres venus d'ailleurs. Ça ne s'était pas passé sans heurt, sans violence. Certaines greffes n'avaient pas pris. Mais la sagesse des temps, la force de la terre en avait fait un peuple. Parfois des hommes étaient venus les agiter les uns contre les autres causant la mort et l'incertitude et le jugement...mais toujours, la vie était revenue...et le mistral avait chassé les mauvais rêves...et le soleil les avait réchauffé de ses chauds rayons.

Son choix serait toujours ce choix de protéger ces gens en s'appuyant sur les mots qu'il aimait tant et qui ne demandaient qu'à servir. Il rentra ensuite dans la maison, se sentit bien au creux de ses murs. Il se mit à sa table de travail.

Il pensa à tous ceux qu'il aimait, à ceux qu'il voulait servir. C'était terrible comme la liste s'allongeait chaque jour d'une vie. Il pensa aussi avec tendresse à ceux parmi eux qui lui faisaient la charité de le lire....et un dimanche matin de Mai, il se sentit heureux.

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07 mai 2012

Elections : quelques images

Une période d'agitation, pas trop longue, heureusement ! Des hommes et des femmes qui s'invectivent. Dans la sphère politique chacun guette l'autre quand il sent le changement. Le courtisan se place, le renégat cherche déjà comment justifier son changement de camp. Un seul meeting, des arguments d'épiciers, de comptables, des chiffres qu'on se renvoie, pitoyable politique sans idées et sans idéaux. On se bat pour des pourcentages.

Heureusement, il y a la dimension du village. Une première image : une petite vieille dame fraîche et pimpante s'avance vers le bureau. Toute bien coiffée, légèrement maquillée, vétue avec ces décalages de modes que permet le grand âge. Chacun la salue. Beaucoup la connaissent de son nom, ou mieux de son prénom. Il  est 9 heures du matin. Une heure creuse pour les bureaux de vote. Les plus occupés, qui voulaient ne pas perdre leur journée d'activités, étaient la dès 8 heures. Les autres viendronnt aux heures douces où on est sûr de tomber sur quelque ami, quelque occasion de discussion, quelque opportunité de bavardage. Je la suis dans la file qui mène aux urnes. Devant le bureau, l'homme lui dit quelque chose que je n'entends pas. Elle s'rrête, semble hésiter à le reconnaître et puis, (l'a t-elle vraiment reconnue ou veut-elle seulement ne pas le décevoir?) elle le regarde et l'embrasse. Et on entend une belle voix, douce, bien assurée encore, mais émue aussi, dire à cet homme dans la force de l'âge :"Mais bien sûr que je te reconnais. Tu ne m'en voudras pas mais, la dernière fois que je t'ai vu, tu étais encore adolescent.". L'homme est plus touché qu'il ne veut bien en avoir l'air. Et dans mon village de Provence où les accents chantent si bien sans les outrances que les étrangers se croient obligés de leur donner, tout le monde commente. L'homme en face de moi me dit : "Elle a quatre-vingt-treize ans. Elle lit encore sans lunettes.". Je vote à mon tour et je suis la femme à la sortie du bureau. Une autre rencontre. "Vous venez de voter." "Oh, tu sais répond-elle à l'homme qu'elle embrasse aussi. Depuis soixante dix ans, je vote.... alors !..."

Une jeunesse dans la guerre. Une enfance dans le souvenir des morts d'une autre guerre. Et puis tous ces évènements depuis. Des peurs. Des espoirs. Des angoisses même. Des déceptions souvent. Et cette douce sagesse de l'avance vers la mort en mesurant de mieux en mieux le vrai poids des choses...et des mots..et de la politique.

Et puis il y a le soir, le dépouillement. Ici au centre du village, chacun passe, souvent à pied ou à vélo, y faire un tour. Beaucoup se connaissent comme on connait ceux auprès de qui on a grandi. Je ne suis pas de ceux-là. Je me contente d'écouter, de voir, de savourer en restant à ma place, tout heureux du salut ou du petit mot qu'on m'adresse pour me monter qu'on sait aussi accueillir celui qu'on croise souvent, qu'on salue  et dont on se souvient du visage.

Autour des tables de dépuillement, il y a ceux que j'aime : les petites gens. Pas ceux qui clament à tort ou à travers qu'ils le sont...mais ceux qui le sont... vraiment. Assis à quatre par table, ils comptent religieusement les bulletins. Un rituel immuable. La conscience de faire quelque chose de très utile. Parfois, le goût des chiffres et des comptes n'est pas au rendez-vous et on a du mal à ne pas se tromper avec tous ces nombres. Pas un mot, pas un commentaire déplacé. Parfois seulement quelques sourires devant les bulletins sacrifiés, les "nuls" à plaisanterie, a dessin, a dessein transformés sachant leur destin de nullité obligée. Les résultats rassemblés on regroupe là les autres bureaux. On annonce le résultat. Chacun retourne à sa vie. Pas trop d'exclamations, ni de joie, ni de tristesse. Chacun connait ici depuis le temps la couleur politique de l'autre mais le respecte et le fréquente. Les seules éléctions qui ont ici une autre couleur, une autre vie sont les municipales...mias ce n'est pas aujourd'hui.

Ce mois d'avril qui s'est terminé en froidure et en pluie en a surpris plus d'un. Et il y a eu ces ponts, ces pauses imposées dans le travail. Ces chantiers hachés. Celui qui travaille pour lui et qu'on paie à la tâche n'aime pas trop ce mois de mai. Il y a heureusement les siens que l'on retrouve, le bonheur d'être ensemble. On commence à sentir l'été et les pluies ont fait exploser dans l'ordre, les tulipes, le lilas et maintenant les roses. Le soir s'installe pour longtemps.

Il y a eu aussi cette histoire écrite pour les deux princesses de l'autre côté des mers. Il a fallu du temps pour trouver le calme, l'idée, le courage et puis la chance d'une insomnie et l'histoire est venue et le bonheur d'un doux devoir accompli et de la certitude de bonheurs en retours. Il y a eu aussi ce premier gâteau réalisé. Un brownie aux amandes et aux cacahuètes. Je n'en avais jamais fait de ma vie. Un vrai bonheur que de savoir faire une nouvelle chose et de redevenir ainsi un petit garçon emerveillé de cette magie de la cuisine. Il y a enfin ce nouveau chantier qui commence et qui méritera à lui seul ses histoires. Retour dans une autre maison magique: promis je raconterai.

Et je sais mon cher blog que je n'ai pas été très fidèle. Il faudrait vraiment que je te mette plus en avant dans la liste de mes priorités, comme ce matin où je tarde à me mettre en route pour le travail. Ne m'en veuillez pas, mes amis, de ce trop long silence.J'ai aimé vos relances et parfois même vos inquiétudes. Je trouvais d'ailleurs un peu lent le rythme général des autres blogs amis. Trop de politique, pas assez de vie. Des décéptions parfois qui font que, sans rien dire, on attend assis au pieds de l'autre ce moment où on verra qu'il a trouvé en lui-même cette énergie qui l'aura ranimé. Mais tout se remet en place et l'envie d'écrire est là qui me revient.

Ami lecteur, il ne faut pas m'en vouloir. Je te remercie de ta fidélité et je te souhaite la meilleure des journées. Je pars  au travail...il faut vite te quitter. Je t'embrasse.

 

 

Posté par nic153 à 06:58 - Commentaires [14] - Rétroliens [0]
19 avril 2012

Mon cher Blog

Si tu savais comme j'aimerais passer plus de temps avec toi. Je n'y arrive pas. Je viens de terminer une grosse étape sur le chantier de la maison où vit mon amie la petite souris. Je ne l'ai même pas vue tant j'étais occupé. J'ai travaillé comme un forçat. Je voulais finir ce très grand salon où je me suis échiné sur les murs et sous  le plafond. Je dois te le dire (même si tu me trouve un peu orgueilleux)..mais j'étais très content du résultat. Et la "petite famille" qui attendait cette maison aussi. Cette semaine je me  suis octroyé quelques jours pour un chantier chez moi. Certes ma maison a de bien plus modestes proportions mais elle a aussi besoin de soins (tu sais ...les cordonniers qui sont si mal chaussés). Puis va revenir le temps de l'attente de nouveaux chantiers, quelques jours un peu plus difficiles, ce mélange de crainte et d'espoir dans la providence qui caractérise cet état un peu précaire qu'est le mien depuis quelques années. Mais un jour suit l'autre et si parfois le sommeil vient à manquer ce n'est jamais d'inquiétude.

Pourtant tu me manques, mon cher blog. En fait tu me manques et me manquent les regards et les mots de ceux qui me font le plaisir de me lire et parfois de déposer quelques mots. Tu me manques comme me manque le temps d'aller parcourir ces autres pages où parfois à mon tour je laisse une petite trace. J'ai maintenant quelques autres blogs amis qui me ravissent à chaque passage. J'aime vivre au rythme des textes et des humeurs de ces nouveaux amis. J'aime partager leurs joies ou compatir à leurs peines. Je suis triste lorsque je les sens las et joyeux quand je vois que leurs routes repartent vers de nouvelles aventures.

Il y aurait mille raisons pour t'expliquer mon absence et le peu de temps que j'arrive à passer avec toi. La première est cette injustice terrible qui fait qu'on donne la priorité aux affaires pénibles, voire aux importuns, au détriment de ceux qu'on aime. Il y a aussi ces deux gros tomes de ce livre de marine qui m'accompagne partout depuis plusieurs semaines. Je vis sur les mers, je traverses les océans, je découvre le monde de ces grands voiliers et moi, petit terrien modeste, je comprends mieux maintenant l'amour de mes deux fils pour ce monde merveilleux de la mer. Peut-être un jour partirai-je avec eux pour une croisière...J'en rêve.

Ce ne sont certes pas les élections qui ont lieu dans notre beau pays qui me détournent de toi. J'ai cette période en horreur et particulièrement cette fois-ci. Je rêve d'hommes politiques à l'image de ceux que j'aime : des gens de bien, n'hésitant pas à porter qualités et défauts mais ne se terrant pas dans cette horreur qu'est le mensonge, la forfaiture ou l'arrogance et la fanfaronnade. Tu le vois, je ne les aime guère alors qu'ils pourraient tant représenter.

Je n'arrive même pas à boucler une histoire depuis longtemps promise à deux petites princesses de l'au-delà des mers. Heureusement la fatigue du travail me donne un sommeil lourd, court mais lourd. Court il me permet la nuit de passer quand même un peu de temps sur les pages que j'aime. Lourd il me donne de récupérer des forces pour les jours qui se suivent.

Et puis ce temps ! Un vrai moi d'Avril, plein d'incertitudes. Des pluies qui doivent venir bien à point pour nos amies paysans qu'on disait menacés par la sécheresse. Un jour on se prend à rêver de soleil, et on remet le jardin dans son habit d'été. Le lendemain, le mistral ou la pluie nous font renoncer et nous retrancher dans nos maisons.

Ne crains rien je n'ai pas non plus envie de me plaindre et lorsque je met le nez dehors pour une traversée de village ou de marché, je retrouve tous ces caractères que j'aime, ceux qui deviendront mes santons. je vois ce Ventoux qui se dresse fier et qui sera peut-être le lieu d'un de mes futurs chantiers (j'aimerais !). Je vois l'été qui se profile et avec lui son cortège de fêtes et de visites. J'ai fait quelques petites tentatives de potager et je crois que ça va aussi me faire découvrir de nouveaux bonheurs.

Et puis je te le promet, je reviendrai passer du temps avec toi, le plus vite possible, dès qu'un moment comme celui que je vis à l'instant me laissera quelques minutes pour déposer quelques lignes. Tu les trouveras certainement confuses mais comme tu es mon ami tu sauras bien me le pardonner et plutôt voir le plaisir que nous avons à passer quelques lignes ensemble.

Je te laisse. Je t'embrasse et je te chage de transmettre à tous ceux qui par ton intermédiaire sont devenus mes amis toute mon amitié, mon affection et mon bonheur de te partager avec eux.

A très bientôt,

 

Jacques

 

 

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09 avril 2012

Et que faire de ce temps ?

De ce temps reçu en excès, la nuit. Tout à coup la nuit qui s'arrête, le sommeil qui part dans laisser de trace de fatigue mais simplement un peu plus de temps. Du temps de la nuit, du temps de la lecture, du temps de l'écriture, du temps de la pensée. Bien sûr, il y aura ce coup de pompe après le déjeuner, une brutale envie de dormir mais si courte et si facile à combattre. On se dira demain : "il faut te coucher plus tard !" . On le fera mais on se réveillera aussi tôt. rien ni fait, ni la fatigue, ni l'action. On se devrait d'en profiter de faire les milles choses en attentes parce qu'on les fuit. Souvent ces choses on pourrait aussi les faire la nuit. Mais si on se lève sans essayer de se rendormir pour éviter que le sommeil volé ne se transforme en mauvais rêves, on n'en a pas pour autant plus envie de ces choses qu'on n'aime pas faire.

On se lève, on papillonne entre quelques pages lues et quelques lignes écrites. Dès que l'heure le permet on se permet un petit déjeuner très tôt dans le matin. On se construit la journée qui va venir dans la maison encore endormie. Un emploi du temps qu'on ne respecte jamais, parce qu'on ne sait pas mesurer le temps, parce que (même s'il arrive qu'on peste) on aime aussi se mettre dans le temps de l'autre et dans ses choix et ses occupations. On savoure cette étrange paresse qui consite à ne pas dormir pendant que les autres dorment. Parfois au hasard des pages d'un livre un peu plus ardu, le sommeil réapparait comme un voleur et on se retrouve un peu plus tard endormi sur la page, et le corps refroidi nous rappelle à la sagesse.

Il arrive alors que l'on remonte vers le lit pour quelques heures ou quelques minutes mais le plus souvent le vrai matin est déjà là qui nous rappelle à la vie, la vraie, l'active, celle où on fait, où on ne rêve plus.

Les animaux le savent qui restent chacun dans leur coin sans manifester encore leur présence. Au début ils brisaient aussi le cours de leur sommeil mais ils ont vite compris que c'était assez imprévisible et que ce lever "trop tôt" n'était pas la vrai fin du sommeil, ni le vrai réveil de la maison mais une simple parenthèse, un rêve éveillé où les personnages de la vraie vie n'ont pas trop leur place.

Merci, mon Dieu, pour ce temps donné. Parfois, un peu plus courageux, je prends vraiment conscience de ce cadeau et je vous en retourne une petite partie en prière. Mais peut-ôn encore parler de prière quand la contemplation se mèle ainsi à l'agitation des joies et des plaisirs glanés dans le quotidien .Mais tiens ! ce matin, c'est dans l'écriture que revient le sommeil et je vais rejoindre le lit la tête encore pleine des ces lignes et atttendre dans le sommeil peut-être retrouvé le début du lundi de pâques, ce dimanche qui tombe en semaine.

Toutes les petites ombres magiques de ceux que j'aime, qu'ils soient loin ou qu'il dorment sous mon toit en ce temps béni de retrouvailles, vont à nouveau s'agiter doucement dans la nuit pour le plus grand bonheur.

Bonne journée !

 

 

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07 avril 2012

Samedi de Pâques

C'est très tôt dans la nuit qu'il s'était réveillé pour la première fois. Un curieux réveil : la journée, fatigante, avait cependant été une journée particulière. Il avait conservé cette douce habitude du jeûne du Vendredi Saint. Une habitude conservée de l'enfance et renforcée par une foi qui lui semblait parfois étrange mais qui s'affirmait chaque année davantage. Il faudra qu'il en parle un jour de ce mouvement, de cet élan. Mais ce billet aujourd'hui s'imposait plus par ce réveil revenu à quatre heures et qui serait le dernier : il savait qu'il ne se rendormirait pas. Trois jours qui rassembleraient presque tous ses enfants autour d'eux. Trois jours rythmés par de belles cérémonies parfois un peu mystérieuses pour certains.

Trois jours charnières dans ce triple cycle annuel : le cycle des hommes et de l'année civile qui jouait beaucoup plus quand son travail était dans l'entreprise : des budgets, des comptes, des hypothèses, des résultats. Puis le cycle des enfants et de l'école, des petites et des grandes vacances, de septembre à juillet : Un cycle qu'il aimait bien : de la nature qui s'endort à la nature qui éclate. Et puis enfin cette année religieuse qu'il avait peu connue dans sa petite enfance, qu'il avait découvert plutôt au début de l'adolescence, puis reperdue, puis retrouvée avec délices, avec amour au son des orgues (ceux qui aiment partager masculins singuliers et féminins pluriels comprendront). Année ryhmée par Noël et ses joies enfantines et Pâques et ce mélange subtil de tristesse et de joie qui convenait aussi très fort à une explosion de sentiments opposés qui faisaient vivre le coeur à un ryhme qu'il aimait.

Trois jours où le travail serait présent encore mais pour soi, pour sa maison, pour les siens pour donner un sens et un rythme à la vie familiale. Trois jours où la joie et le bonheur des retrouvailles donneraient des sons et des couleurs bien particulières à une nature entre pluie et soleil, trois jours et des amis auss. Et trois jours qui commencent dans l'écriture et le bonheur de partager quelques émotions et quelques mots.

Il est dans le bonheur d'écrire et de lire des temps bien inégaux. Le temps où tout semble facile, où les idées jaillissent et où les mots viennent très vite leur donner une image, une couleur, une saveur. Le temps où l'idée est rare, ou plutôt fuyante, où le mot ne veut pas venir lui donner de nom, où on s'astreint besogneux à une sorte de routine, où on se dit qu'il le faut, qu'écrire est nécessaire, comme dormir ou respirer. C'était plutôt le cas en ce moment. C'est peut-être ce rythme qui donne encore plus de saveur aux phrases qui se succèdent, aux sentiments qui s'échangent.

On commencera donc ces trois jours par un peu d'écriture dans la maison qui dort encore; Puis la lecture en attendant que la maison prenne vie. Puis le petit déjeuner des autres animera le matin qui commence. Et les tâches s'enchaîneront. A nouveau le repos. Mille choses prévues ou surtout imprévues dans lesquels amis lecteurs vous avez toute votre place.

Terminer en vous souhaitant à tous une grande fête de Pâques. Si vous partagez cette croyance vous le comprendrez mieux et si vous ne la partagez pas je suis sûr que vous aimerez tout simplement la douceur de ce temps. Que ces trois jours soient pour vous de bonheur et de paix et de repos aussi.

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03 avril 2012

Du temps, des petits riens....

Du temps perdu ou du temps donné. Une grosse heure due à une bêtise. Un tuyau oublié. Un bassin vidé qu'il faut remplir vite, avant toute chose. Une grosse heure de retard dans des travaux urgents mais ne rien pouvoir faire de plus... qu'attendre. Pas le temps de mettre autre chose en oeuvre.

Alors une heure gagnée pour l'écriture. Mais une heure imprévue sans trame, sans scénario, sans histoire. Une heure sans petite souris maligne pour me souffler à l'oreille. Une heure où les doigts, sur le clavier, se mettent en écriture automatique et où on laisse les mots prendre le contrôle. De quoi va-t-on parler ? Du temps qui passe et qui grisaille, promesse de pluie pour des paysans impatients de voir reverdir les prairies et arroser les champs ? De cette heure du matin trop tôt qui ne plaît pas trop à l'homme qui se lève très tôt et pour qui le jour vient trop tard ? Du temps qui court et qui passe trop vite sans qu'on le voit bien filer, dans cette ronde infernale où les heures se remplissent de travail, et de travail ...et de travail ? De ces petites déceptions qui peuplent trop souvent le quotidien ? Ou de ces grandes joies qu'il faut apprendre à découvrir, puis à cerner, puis à étreindre avec passion ? Parler des cloches du clocher de mon village qui viennent de sonner l'angélus du matin et qui sont surprises de me voir à cette heure ailleurs qu'au travail ? Parler de ce temps imprévu comme celui de l'élève malade qui reste à la maison entre fièvre et récompense ? Que faire quand tout autour de soi s'agite de façon ordinaire et que le hasard bouleverse ce "foutu" emploi du temps qui vous contraignait encore il y a quelques minutes. Prendre cette heure pour lire ? Impossible, c'est fait. La tête est pleine des lectures ordinaires du soir et du matin. Il ne faut pas en changer le rythme ? Prendre le temps pour rêver ? Impossible aussi :il faut surveiller de temps en temps le bassin qui se remplit et rester attentif ? Prendre le temps pour imaginer comment rattrapper ce temps perdu ? Non ! tant pis, on en fera son deuil une fois pour toute. On se dira que c'est du temps que le Bon Dieu nous a donné pour mettre un peu de soleil sur cette journée sombre ou pour nous faire comprendre qu'elles sont bien illusoires toutes ces priorités. Un petit incident et tout l'édifice s'écroule...et c'est tant mieux. Et le temps qui passe qu'on mesurait en mois, puis en années et qu'on mesure aujourd'hui en dizaines. On change d'aune avec le temps qui passe. On agrandit les sabliers.

Une pause : le bassin n'est pas rempli et le puit ne s'est pas encore complètement vidé. On arrivera peut-être à remplir le bassin sans que le puit ne s'assèche et on gagnera un peu de temps alors. Il ne faudra pas attendre que le puit à nouveau se rengorge et laisse venir l'eau de la nappe. S'emerveiller de la générosité de cette nature qui nous donne l'eau ainsi sans compter. Juste de temps en temps elle nous fait patienter un peu pour nous montrer qu'elle n'est pas un droit... mais un don.

Un bruit : le chat a profité d'un moment d'inattention pour forcer la porte et pénétrer dans la maison qui lui est, de coutume, interdite le jour. Il va se cacher. Je ne le trouverai pas. Il aura volé une journée au chaud. Le chien, moins malin, ou plus docile, restera dehors seul sans sompagnon à attendre le soir le retour de ses maîtres. La vie va. La vie avance, au grè de ce que nous croyons maîtriser...et surtout de ce que nous ne contrôlons pas. La vie s'avance, le temps passe. Vite la tête se remplit de ceux qu'on aime. Ils sont près. Ils sont loin. Ils sont au travail. Ou, de l'autre côté de la mer, ils dorment encore dans la nuit. On pense à eux tous. On en réunira quelques uns pour le week-end de Pâques. On aimerait que soient toujours réunis tous ceux que l'on aime...On sait que c'est folie, que ce n'est pas possible, qu'il faut le manque pour mieux sentir la présence.

Une autre pause : le débit baisse et le bassin est presque à nouveau rempli. Pourvu que le flot demeure ! On commence à ranger ses affaires. On va fermer l'écran sur le clavier. On va reprendre ses clés, fermer la maison et repartir.

Et l'heure est finie et le temps redonné aux tâches. Merci pour cette pause qui un matin maussade a remis de l'ordre dans ma tête, dans mon coeur...et dans mes priorités.

Bonne journée à vous tous. Lecteurs de mes petits riens qui me comblez souvent de si gentils échos.

L'horloge sonne la demie. Un seul coup. Et l'homme repart au travail....

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02 avril 2012

Dommage

Cette année j'avais vraiment envie de faire partie du jury du livre inter. Une sorte de pause à l'été d'un dimanche parisien pour le plaisir de lire....Mais ma lettre n'a pas été retenue. Tant pis, elle me servira ce soir où j'ai trop peu de temps à un petit partage avec mes amis du blog.

La voici :

 

"Lundi x mars,

La lettre est arrivée. « Monsieur, vous avez été retenu pour faire partie du jury du Livre Inter… » . Suivent des dates à retenir, des explications et des modalités pratiques.

Et l’homme ordinaire que je suis se demande pourquoi il a été choisi.

D’abord son âge, il pensait qu’à bientôt soixante ans, son avis n’intéressait plus personne.  Puis sa famille : plus très en vogue d’être resté marié à une même femme et d’avoir quatre enfants, sans rupture, sans reconstruction.

Son métier : il n’est même pas vraiment défini. Après avoir connu de meilleurs jours comme informaticien puis dans le monde des bureaux et des cols blancs, il est devenu sans « vrai » métier, homme toutes mains, artisan de fortune, travaillant le plus souvent à remettre en état de belles maisons anciennes. Le monde de la précarité, de l’inquiétude mais aussi de la liberté.

Sa formation peut-être ? Mais non, après des études scientifiques, il s’est spécialisé dans les statistiques puis dans l’informatique. Rien de bien littéraire dans tout cela. C’est vrai qu’il aimait beaucoup les lettres et qu’il y prenait du plaisir. Mais après tout il n’avait qu’à bien s’orienter.

Peut-être est-il alors un de ces hommes qui lisent tous les romans qui sortent et qui connaît la vie de tous les écrivains ? Non ce n’est pas le cas. C’est un lecteur, somme toute, ordinaire.

Il passe du temps à la lecture, mais il aimerait en avoir encore davantage. Il connut des temps meilleurs où il pouvait en dévorer un par jour, où il lisait en voyageant, en marchant, presque en dormant.

A-t-il une très grande culture ? Est-il capable de citer les plus grands, de réciter des pages, de les classer dans l’ordre ? Encore moins. Lire est resté un plaisir. Il lit sans méthode, sans règle, sans organisation. Parfois même il oublie et il lui faut parfois défiler plusieurs pages d’un livre pour s’apercevoir qu’il les a déjà rencontrées. Il attend de toutes ces pages qu’elles lui façonnent le jugement, mais en douceur sans en prendre conscience.

Et s’il était une sorte de converti, un homme venu à la lecture d’un monde où personne ne lit ? Non plus. Aussi loin qu’il puisse remonter le temps, il a toujours trouvé autour de lui des hommes et des femmes qui avaient le goût des livres. Enfant, ses parents lisaient. Adulte,  on lit encore beaucoup autour de lui et ses enfants aussi connaissent le plaisir des pages que l’on tourne et de l’histoire qui se construit.

Alors il vit peut-être dans un de ces endroits d’où rien ne semble pouvoir sortir de bon et la lecture est pour lui une sorte d’échappatoire ? Pas davantage. Il vite dans un des ces beaux paysages de Provence, dans un village de plaine entouré de remparts, et inondé par des rivières où tout semble prospérer depuis toujours. Parfois, peut-être un froid très dur ou un mistral très fort … Mais non, car ils apportent avec eux de si beaux cieux qu’on a bien du mal à les condamner.

Est-il un spécialiste des romans et donc un bon juge ? Il lit de tout, au hasard, un peu comme ça vient. Des livres anciens, lus et relus, amis depuis toujours. D’autres conseillés par des amis ou par des gens qu’il aime. Puis ceux qu’il découvre au hasard des librairies parcourant quelques pages et tombant amoureux, ou simplement curieux. Pas seulement des romans mais beaucoup d’autres choses. Quand la première page est ouverte il sait qu’il ira jusqu’au bout. Très vite parfois. Ailleurs il lui faudra plus de temps. Il fermera le livre, le rouvrira, le fermera à nouveau. Plusieurs seront en attente mais il sait qu’il les finira : une sorte d’addiction, de la première à la dernière ligne. Il lira même le prix et les indications de l’imprimeur. Le mot écrit le fascine et il ne peut plus s’en détacher.

Il faudrait ajouter des choses un peu plus diffuses. La lecture est venue tôt. Dans une famille très nombreuse c’était pour lui une façon de s’isoler, de se fabriquer son espace, sa vie, sa solitude. Plus tard pensionnaire, le livre lui permettait de découvrir d’autres lieux, d’autres mondes, de s’échapper d’un espace trop petit. Puis le goût est resté. Le livre à l’école l’attirait plus que toute autre chose au détriment souvent d’activités plus nécessaires. Mais jamais ça ne l’empêcha de vivre, d’avoir d’autres activités, de fonder une famille…bref tout simplement de vivre.

Et puis le livre n’est pas le seul média qui l’intéresse. La radio l’accompagne beaucoup dans le repos, sur la route et  lorsque son travail n’est pas trop bruyant.  Il regarde aussi la télévision si la fatigue et  le sommeil n’ont pas raison de lui. Il aime beaucoup le cinéma qui reste pour lui un endroit magique qui a gardé pour lui toute sa saveur et tout son attrait. Il lit peu de journaux et de magazines. Il aime que la ligne ne soit pas trop liée à l’époque et à l’agitation du temps. Il a besoin qu’on prenne du temps pour lui expliquer l’idée.

Et saura-t-il participer à un jury ? Il pense que oui. Il peut parler des livres qu’il aime, les défendre. Il veut comprendre ceux qu’il n’a pas aimés. Il aime mesurer, juger, partager, écouter. Il aime parler mais sait aussi se taire et écouter. Il a gardé d’une enfance autour d’une grande table, le goût des échanges, des amitiés, des controverses. Il croit qu’il est plutôt discipliné et qu’il saura aussi s’astreindre à un planning, à une organisation.

Et France-Inter ?  Il écoute beaucoup cette radio. Même certaines émissions qui l’exaspèrent  mais qui gardent un vrai goût de radio. Il lui reproche de nombreux égarements mais, par un curieux mouvement, il y revient toujours.

J’ai maintenant terminé cette lettre. J’espère que vous la recevrez à temps et que le premier paragraphe deviendra réalité. Je vous souhaite un bon jury et de bons livres et j’attends avec impatience votre réponse."

PS :(à ceux qui liront ce petit message) ... du mal à trouver du temps et pourtant une envie d'écrire qui me démange. Je trouve heureusement encore le temps de vous lire. Et en plus ça se calme !Je vous souhaite une très bonne nuit.

Posté par nic153 à 21:39 - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
26 mars 2012

Et le soir...

...le corps est fatigué, l'esprit aussi. De quel droit le travail prend-il les plus belles heures du jour ? Les plus beaux jours de la vie ? Alors on rentre. On s'assied. On prend le temps de prendre le temps. On laisse les pensées trop sombres se déposer. On secoue la tête. On agite le beau, le bon, le doux.

Ils étaient deux. Un petit couple de merles. Monsieur Merle et Madame Merlette. Ils regardaient cet être étrange qui appuyait de tout son corps sur un outil bizarre et l'enfonçait en terre. Puis il relevait l'outil chargé de terre et d'herbe et recommençait. A chaque pelletée, c'était un trésor de vers et de larves qui se présentait à leurs yeux émerveillés. Ils en parlaient entre eux dans un langage que l'être ne comprenait pas encore (il faut un peu de temps et beaucoup d'amitié pour comprendre le langage des autres espèces animales). De temps en temps l'homme, car c'en était un, s'arrêtait de bêcher, se servait un grand verre d'eau, se donnait un peu de repos avant de reprendre. Pendant ce temps, les deux petits merles s'en donnaient à coeur joie et c'était un va et vient incessant entre un nid invisible et cette terre en mouvement. Puis la nuit vint. L'homme prit son repos. Puis à nouveau le jour. L'homme avait changé d'outil et maintenant émiettait la terre et chaque motte livrait à son tour son trésor caché de vers et d'insectes. Décidément un week-end de folie et de ripailles pour la famille Merle.

L'image revenait et se mettait en place et ce qui, il a quelques minutes encore, n'était que travail, redevenait plaisir, utilité. Vite  ! Repasser à une autre idée, à une autre douce image. Un coup de fil. on parle  avec leur maman de deux petites princesses aux Amériques. La plus grande qui se démène entre trois langues, qui compte en anglais, parle à se petite soeur en espagnol et ne veut que le français avec ses parents. La plus grande qui demande des nouvelles de son ami l'écurueil à un écrivain en panne d'inspiration(mais qui promet qu'il rattrapera le retard !). La plus petite qui ne dit rien, qui n'est qu'yeux bleus, que sourire. Et puis un fils, très grand, peut-être presque trop, qui raconte à son tour un week-end de régates, de cousins, de mer, de Bretagne. Un échange entre hommes. Encore un concours à préparer pour les jours qui viennent. Puis des histoires de thèse, de chiffres, de tableaux, de travail. Encore un bon moment. Le bonheur qui s'organise.

Il faudra encore un livre, et le repos, et le silence et la paix de la maison aux murs plusieurs fois centenaires. Et ce sera la paix.

Et je vous lirai sûrement. Et vous me lirez peut-être. Et je vous souhaiterai une bonne nuit et une bonne journée...demain.

Posté par nic153 à 21:43 - Commentaires [8] - Rétroliens [0]
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24 mars 2012

Retrouvailles

Mon cher blog,

 

Si tu savais comme j'ai trouvé long le temps depuis le jour de notre dernière rencontre. Un long temps de travail et de fatigue. courbé par l'effort et fatigué par de trop dures journées de travail. Une sorte de défi : j'étais parti pour remettre en état une belle chambre, au sud, dans une belle demeure. Une grange, devenue ferme en prenant son indépendance, puis se donnant des allure de bastide avec l'enrichissement de ses propriétaires. Deux magnifiques platanes légèrement décalés lui donnent de l'ombre aux beaux jours, lorsque le soleil de Provence est bien trop chaud. Entre les deux, une belle fontaine de pierre vient dispenser de la fraicheur et de l'humidité. L'eau de la fontaine retourne dans une sorte d'étang, un peu plus loin, aménagement un peu insolité mais qui donne au parc des allures de château. Une maison comme celles que j'aime. Des propriétaires à la hauteur : de l'allure, de la classe, un "je ne sais quoi d'anachronique", mélange de fortunes anciennes, de beaux noms, d'enfants nombreux et des rigueurs de la crise et de l'époque aussi. Il s'agit de redonner à la pièce ses couleurs d'avant, du temps de la modestie et de la discrétion de ces belles demeures : enlever les oripeaux qui recouvrent avec prétention les beaux murs de chaux et de plâtre, et retrouver sous une moquette "parisienne" le sol d'origine, puis recouvrir les murs de blanc et lustrer le vieux sol, s'il en est digne, ou le refaire, s'il a trop souffert. Un enjeu bien simple, mais c'était sans compter sur la qualité du travail des artisans qui m'ont précédé dans cette pièce. J'ignore s'ils avaient aimé ce qu'ils faisiaent alors...mais c'était bien fait. Les papiers furent bien durs à arracher des murs et emportaient avec eux des monceaux de plâtre, et, sous la moquette, une épaisse colle recouvrait un ciment compact comme jamais je n'en avait enlevé. Aucun outil possible : ils auraient ébranlé la maison. Uniquement les bras, les carreaux grattés les uns après les autres, plusieurs milliers, l'angoisse de découvrir qu'ils étaient  abîmés. Les bras lourds, les poumons pleins d'une poussière trop légère pour ne pas s'infilter et trop lourde pour respirer autrement qu'avec peine, des mais, des bras et des épaules meurtis le soir, un sommeil agité et difficile :Zola en plein 21ème siécle.

J'exagère à peine, un peu pour me faire pardonner de ne pas t'avoir donné de nouvelles, un peu aussi comme un enfant pour me faire plaindre et consoler parce que c'est si doux. Mais il est vrai que le soir, la fatigue m'emportait sans que je puisse faire quoi que ce soit d'agréable et le week-end qui sépara ces deux dures semaines ne me permit rien d'autre que l'odinaire travail d'un jardin qui s'impatientait.

J'osais à peine le soir parcourir quelques pages de blogs et le matin j'avais juste le temps de l'ordinaire. Même l'esprit, embrumé, refusait de laisser les mains aller jusqu'au clavier. j'assistais impuissant aux bonheurs des uns, aux tristesses des autres, aux doutes et aux inquiétudes aussi qui menacent parfois dans ces périodes où le temps changent et où l'assoupissement de l'hiver laisse place aux vrais signes du printemps.

Pendant ce temps, les haies verdissent très vite, les bourgeons accélèrent leur rythme, les premières feuilles apparaissent, le jardin explose et a besoin d'aide. Il est tout petit mon jardin mais il se donne des allures de grand quand il appelle aux soins.

Mais rassure-toi mon cher blog, le travail de cette semaine va redevenir plus normal, je te promets de m'occuper de toi, d'aller de temps en temps me poser sur une page, ou l'autre, d'écrire quelques lignes. En même temps, le soir, le travail fini, j'irai écouter mon jardin et lui donner de l'aide, et au petit matin fenêtres et volets ouverts j'écouterai avec émotion  mille cris d'oiseaux. On retrouvera le temps de se parler tous les deux, et même si le matin tarde une heure de plus, on trouvera encore plus de temps le soir. Je saurai me réjouir du bonheur des uns et j'essaierai d'apporter aux autres un peu de présence, un moment assis à côté d'eux.

Mais tu vois, à peine avec toi, mes doigts ne savent plus s'arrêter; Il faut pourtant repartir à des tâches plus douces et te promettre que je reviendrai vite, non sans t'avoir souhaité à toi et à tous ceux qui me font la charité de me lire, un très bon week-end sous un ciel si doux que partout la France doit ressembler à ma belle Provence.

A si j'oubliai, mon cher blog, je t'embrasse et te remercie d'avoir su attendre sans te plaindre d'un si long sllence.

Posté par nic153 à 08:00 - Commentaires [10] - Rétroliens [0]