et pourquoi ne pas le dire ?

19 mai 2020

Maguelone...

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Ma chère Maguelone,

J’ai appris que tu nous avais quitté hier pour un autre monde, certainement plus lumineux et plus simple... pour toi, comme pour nous. Lorsque j’ai appris la nouvelle hier j’ai réalisé que nous nous connaissions, toi et moi, depuis plus de 40 ans. 
Oh ! Nous nous connaissions peu. Juste comme on connais les proches de nos amis les plus chers. Ce sont comme les fils d’un gigantesque écheveau. On les tire les uns après les autres et ils viennent s’ajouter à ce magnifique tissage d’une vie d’homme. Ils sont tellement nombreux qu’on ne peut pas les tirer jusqu’au bout. On aperçoit donc de courts moments de leurs propres vies. On les croise surtout dans les moments de joies ou de peine ...et de fêtes aussi. Ils sont un nom, un moment, le partage d’un moment de vie, une intention de prière. On sait qu’ils éclairent la vie de ceux qu’on aime et qu’ils participent indirectement à la notre.
Beaucoup de membres de ta famille sont comme ça pour nous. Certains sont déjà partis avant toi et tu vas les rejoindre. Je pense surtout en ce moment à ta sœur et à ta maman. 
Ton départ va être comme tous les départs de ce monde un mélange de peine et de joie. La peine de te voir partir de ce monde et de laisser une place vide auprès de ceux pour qui tu comptes tant. La Joie de te savoir partir pour un monde mille fois meilleur qui te révélera les réponses à toutes les questions que tu as pu te poser.
Il est bien présomptueux celui qui croit comprendre comment fonctionne le cœur et la tête des autres hommes. Et encore plus avec des êtres comme toi avec qui la communication est plus difficile. Et, quand on ne comprend pas, le mieux est d’aimer sans chercher à savoir et recevoir comme un cadeau tes joies, tes humeurs, tes sourires.
Tu as connu beaucoup d’amour autour de toi et tu en as donné beaucoup. Je n’ose pas dire « en retour » car l’amour ça se donne toujours sans idée de contrepartie.
Tu vas rejoindre ce couple lumineux qui a passé sa vie à essayer de comprendre, au delà d’une simple anomalie chromosomique, comment s’organisait votre vie.
Tu vas rejoindre ce Pape que tu aimais tant et que tu avais rencontré et qui fêtait au Ciel les 100 ans de son arrivée sur la terre. Tu vas rejoindre beaucoup d’autres êtres que tu as aimés dont je ne connais même pas l’existence.
Tu pars dans la lumière quand ceux qui t’aiment connaissent de grosses épreuves, comme si tu avais senti nécessaire d’aller à ton tour les aider dans un endroit où tes prières seront certainement encore plus fécondes.
Tu pars à un moment où pour des gens comme moi il ne sera pas possible de t’accompagner, ni raisonnable d’exposer de quelque façon que ce soit, des amis fragilisés à un virus dont on ne connaît pas encore le fonctionnement mais qui en ce moment met notre monde en ébullition. Tu vas changer de place dans nos prières. Tu vas passer de ceux pour qui on demandait de l’aide et de la force, à ceux à que l’on appelle au secours dans les moments difficiles.
Nous ne pourrons  donc pas entourer toute ta famille que nous aimons si fort. Ton papa, tes frères et sœurs et tous les autres.
Alors la première prière que je te fais et de venir  suppléer à notre absence auprès d’eux et, au moment où tu le désireras, de venir mettre dans leur cœur cette douce chaleur de l’amitié qu’on aime ressentir quand on est dans la peine.
Voilà ma chère Maguelonne ma première demande. Je te quitte avec le souvenir d’un être de mystère et de lumière. Je t’embrasse.
Chaque jour qui passe nous rapproche de ce moment où nous saurons à notre tour de quoi est fait ce nouveau monde que tu es en train de découvrir.
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Tu as juste pris un peu d'avance sur nous.
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À Dieu.

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13 mai 2020

Jardins

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Hier, un temps magnifique donnait à la Provence ses belles couleurs de printemps. J’avais programmé des travaux un peu lourds dans ma parcelle de jardins potagers familiaux. Les derniers travaux un peu lourds, car ensuite le travail est plus de l’entretien et de l’agrément (sauf pour la parcelle pédagogique où il reste encore beaucoup à faire ).
Le matin, je continuais la redécouverte de ce monde extérieur dont nous fûmes cruellement privés ces deux derniers mois : malgré des déluges de consignes diverses le déconfinement se met en place dans une vraie pagaille qui nous rappelle le caractère premier de notre pays...le désordre. La fréquentation des magasins est presque normale et si on oublie les masques que portent la plupart des gens, on retrouve les mêmes ambiances et la même affluence. 
Au jardin je fus longtemps seul puis la fin de l’après midi vit arriver quelques groupes de petites familles et quelques autres solitaires. Cette crise a eu du bon qu’elle a donné à beaucoup l’envie de revenir à des valeurs plus authentiques et les dernières parcelles ont trouvé preneurs, généralement des familles jeunes.
Ainsi j’ai pour voisins un jeune couple et deux petits enfants : Jason et Abigaëlle. J’avoue que je suis content de ces petits voisins (même si j’ai du renoncer à l’étalement de mes légumes dans ce jardin déserté 😉). Mes petits-enfants sont loin et nous risquons d’en être privés longtemps et voir ces enfants jouer a quelque chose de rafraîchissant.
Il m’a donc fallu, à la hâte, recomposer une partie de mon jardin que j’utilisais à stocker des la terre et du fumier. Un gros travail, fatigant, mais rapidement, a mesure que  le corps s’échauffait je retrouvais  cette sensation délicieuse que tout fonctionnait à peu près bien.
Depuis l’adolescence où je découvris les bonheurs des gros efforts physiques j’ai toujours le même sentiment à la reprise de l’exercice. Le corps engourdi retrouve vite son élan, son envie de fonctionner. Il s’échauffe et très vite s’installe une sorte d’enivrement de l’effort. Bon, c’est sûr ! Il faut maintenant plus de temps pour récupérer de la fatigue et quelques douleurs rappellent pendant quelques jours (quelques semaines😉), toutes les petites blessures, les petits accidents.
J’avoue qu’aujourd’hui ou j’avais prévu quelques travaux de maçonnerie j’ai vu d’un bon œil arriver la pluie.
On sent partout cette vie de revenir à une vie normale...en mieux et j’avoue que c’est avec bonheur que j’assiste à tout ce mouvement.
Nous ne savons pas grand chose de demain. Nous pensons qu’il sera difficile pour beaucoup sur le plan économique. Déjà les politiques s’activent. On recommence à parler de ces élections interrompues en cours de route qui laissent notre village dans un curieux intérims dont je reparlerai bientôt sur mon autre blog.
Mais l’essentiel est la, dans cette vie qui reprend. Cette crise a eu de bon qu’elle a retissé certains liens familiaux et amicaux que le temps et l’éloignement relâchent peu à peu. Une envie d’aimer davantage ceux qu’on a parfois un peu oublié.
Pour ma part le début du confinement me donna beaucoup envie d’écrire. La fin fut plus difficile, une impression de redites et de rabâchages m’a laissé assez souvent devant une page blanche.
J’écris en scrutant le ciel. Il reste gris. Je vais orienter la journée vers des travaux plus « intellectuels que physiques ». J’ai redécouvert la « radio intelligente » pendant cette période et l’écoute d’émissions enregistrées remplace parfois le silence de mon atelier. Ce qui le permet de cumuler le bonheur du « faire » avec celui de « réfléchir en écoutant ». Le temps passe vite. Le processus d’achat de notre « agrandissement«  se remet également en place...et c’est tant mieux. De nouvelles tâches à faire. De nouvelles pages à écrire.
Bonne journée, ami lecteur. Bonne reprise.

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12 mai 2020

La guerre d’avant...

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L’une des particularités de notre pays, c’est de savoir avec talent préparer la guerre .... « d’avant ». 
En 1870, Napoleon III vantait les fortifications qui entouraient notre capitale; En 1914 nos beaux uniformes colorés allaient nous permettre d’affronter n’importe quel ennemi ; en 1939 nous avions raison d’être fiers de notre belle Ligne Maginot.
On sait ce que ça nous a coûté.
Entre temps c’est le règne de la nonchalance mêlée d’une assez grande auto-satisfaction et de la recherche par chacun de ses petits avantages....Bref la politique ordinaire.
 C’est un peu le problème de notre pays : nous commençons généralement par ...perdre les guerres. Heureusement notre pays a le sens de la « débrouille », une belle imagination, une grande inventivité et le don d’apitoyer les plus grandes puissances sur notre sort...alors nous finissons par relever la tête.
À la fin, on juge et on condamne quelques coupables, souvent pas les bons, et on repart dans ce cycle irrémédiable.
Il en est de même aujourd’hui. Nous avons été pris de court par un virus inconnu. Nous avons eu des pertes et le pays a été immobilisé. Alors, maintenant qu’il est parti nous sortons tout un arsenal de mesures dont on se doute bien qu’elles ne serviront ...à rien.
Pendant la crise, les « politiques » disparaissent, attendant de savoir dans quel sens va tourner le vent. Mais dès l’avant-dernier-jour ils ressortent la tête et nous expliquent comment ils vont nous sauver du danger ...qui vient de se passer.
Mon père (volontaire à 19 ans en 1939 et qui eut un vrai et beau parcours de soldat et de résistant ) disait toujours, avec un peu d’ironie, que les français étaient tous des résistants mais que la plupart d’entre eux avait résisté pendant cinq ans ...à l’envie de combattre. 
Il en est de même aujourd’hui : Chacun y va de son plan, de sa solution, de son remède miracle.  Il s’ajoute un phénomène bien propre à notre époque : il faut « faire le buzz », se faire connaître par les médias.
Ce long préambule parce que, tout content d’être « déconfiné », je suis parti, hier, me promener longtemps. Je voulais vous retrouver. Vous...les « gens », mes contemporains,mes concitoyens, mes compatriotes....mes amis. Je voulais revoir vos visages, toucher vos mains, sentir vos odeurs.
Hélas j’ai voyagé dans des villes encore fantômes ou des femmes et des hommes masqués, ne me montraient que leurs yeux. La crainte est encore présente. Chacun y va de ses consignes, de ses commandes de masques, de ses stocks de gel, de ses précautions...souvent accompagnés de la perte de cette liberté qui nous est pourtant si chère.
Dans un pays où nombre de mes concitoyens répugnent encore à s’administrer des vaccins pour lutter contre des maladies connues, on cherche à préparer celui d’un mal nouveau...que peu prendront la précaution de s’administrer.
Notre monde est devenu trop petit. On le traverse beaucoup trop vite et tout voyage indéfiniment. Tous ces mouvements facilitent la circulation...même des mauvaises choses.
Alors, quand il s’agirait de se poser la question de savoir si cette folie consommatrice est bien nécessaire, et s’il ne serait pas plus raisonnable de renoncer à faire de la rentabilité la règle d’or de l’humanité, on met un masque et on croit qu’on va s’en tirer sans autre dommage.
Et bien non, ami lecteur, ce dont j’ai envie ce n’est pas de cela. J’ai envie de voyager mais rarement et pour de vraies raisons. J’ai envie de savoir qu’il existe dans le monde des peuples qui vivent différemment de nous. J’ai envie de retrouver des gestes oubliés de mes grands-parents, de sentir à nouveau le goût des fruits et des légumes, de boire de bons vins, de découvrir le monde peu à peu par cercles concentriques.
Mais je n’ai pas envie, pour rien, ou pour se donner bonne conscience de te voir avec un masque qui modifie ta voix, met de la buée sur tes lunettes et me prive de ton sourire.
La pluie d’hier a heureusement fait place ce matin à un soleil éclatant. J’ai plein de choses à faire. Et une fois que j’aurais terminé cette « complainte » mais surtout que je t’aurais souhaité tout le bien que j’espère pour toi, je filerai vers des choses plus essentielles.
Alors bonne journée, ami lecteur !

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10 mai 2020

Demain sera un autre jour...

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Il y a quelque chose de délicieux dans l’attente ...lorsqu’on approche de sa fin. Une sorte d’exaltation qui vient du plus profond de notre être. L’idée qu’on va revoir, ou simplement... pouvoir revoir, ceux qu’on aime est très douce à porter. 
Ces visages que nous avons parfois aperçu sur des écrans, parfois entendus au téléphone, ou encore plus souvent portés dans nos pensées ou nos prières, redeviennent de l’ordre du possible.
Pour certains c’est hélas encore partie remise mais que le mouvement renaisse fait revivre l’espoir.
Pourtant ce fut un dimanche sombre et austère. Une pluie de septembre est venue remplacer un soleil provençal de mai, comme si le ciel aussi était à son tour malade.
Après deux mois de télétravail, ELLE, reprend demain le chemin de son cabinet. Dans des conditions peu confortables, derrière des guichets et des masques, devant vivre les autres comme une menace et être elle-même un danger potentiel pour eux. 
Comme c’était bon ces journées passées ensemble, cette proximité totale que nous n’avions jamais connu si longtemps à deux. Le temps aussi de parler, de s’apercevoir ensemble combien ceux qu’on aime nous manquaient. Le temps de parler d’un «après» encore plus authentique, plus près de notre terre et de nos cieux, plus détachés d’un monde artificiel.
L’été est encore plein d’ombres. Nous craignons de ne pas pouvoir revoir nos expatriés du bout du monde. La maison aussi a bénéficié de ce temps imprévu, volé au rythme ordinaire. Nous avons pris le temps de la bichonner encore davantage. Nous avons imaginé de nouvelles façons d’y vivre lorsqu’elle se remplira à nouveau.
Notre maison aussi est une attente, l’attente de ceux qui viendront nous y rejoindre. Elle a bien rempli sa mission de cocon généreux.
Pendant un mois, notre jardin potager nous a été interdit puis nous avons pu y aller quelques heures par semaine lui apporter les soins qu’il attendait de nous. J’ai maintenant de nouveaux voisins de parcelle...une petite famille avec deux enfants qui découvre le jardinage. Le bonheur de partager un voisinage.
Il nous faudra encore du temps pour revenir à l’équilibre mais nous sentons l’air du large.
D’aucuns disent que plus rien ne sera comme avant, qu’on tiendra mieux compte de notre environnement et de la planète qui nous accueille et que l’heure ne sera plus à cette sur-consommation maladive et délétère. Je crains que ce ne soit encore un rêve mais tout ce que nous pourrons faire dans ce sens sera déjà un mieux.
Et ce soir, en regardant la pluie tomber, malgré la séparation de demain, nous savons que nous entrons dans une autre tranche de notre vie...et c’est tant mieux.
Bien sûr, il y a eu des « profiteurs », de ceux qui se servent même du pire pour se mettre en avant ou rechercher leur avantage quand les autres se préoccupent seulement de l’intérêt commun. Ils l’ignorent mais ils portent dans leur mesquinerie les germes de leur malédictions.
Mais il y a eu surtout beaucoup d’élan, de volonté de préserver le bien commun et la santé commune, de compatir, d’applaudir, d’aider, d’aimer, de partager face à un ennemi commun invisible. Au contraire des guerres (et Dieu merci !) cet ennemi n’était ni un homme, ni un peuple, mais juste un virus invisible et ce mal ne nous a pas monté les uns contre les autres. Et bien que je sache que, dès demain, les petites rivalités reprendront, et qu’on cherchera des coupables ou dès boucs-émissaires, il ne faudra jamais oublier ce moment de fusion.
Et toi, ami lecteur, j’espère que tu n’as pas vu le mal frapper l’un des tiens. Si c’est le cas sache que je le porte inconnu et invisible dans les pensées et mes prières. Ainsi que toi, pour qui j’espère le meilleur pour aujourd’hui et pour demain.
Bon courage.
Je t’embrasse.

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03 mai 2020

Le 11 mai 2020

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Il y a eu le temps de l’inquiétude : « Mais quel est donc ce virus ? et qui sera touché par ses ravages ? ». Nous sommes dans cette période, celle de l’obéissance aveugle et parfois imbécile (qu’on accepte parce qu’il faut savoir « accuser le coup ») : Accepter des contraintes simples et rigoureuses dans l’espoir de ne pas diffuser une maladie difficile à traiter de façon convenable. 
Mais le danger a diminué. Les lits d’hôpital se vident. On parle aujourd’hui de « fin de confinement ». C’est bon. C’est acquis. On a compris le message : l’éloignement, les gestes barrières, les masques et les gants si nécessaires....et tout le tra-la-la.
Mais maintenant c’est fini. Homme libre dans un pays qui se veut libre aussi, je ne veux pas devenir l’instrument de technocrates parisiens qui me dicteront où je dois aller et qui je dois rencontrer. Je veux garder MA liberté, MA part de fantaisie, MON droit à l’intelligence...ou à la sottise. A partir du 11 mai j’irai où bon me semble quand bon me semble et le seul obstacle à ces mouvements sera ce que j’en déciderai ... et les menaces de punition.
Il y a un temps pour obéir et un temps pour vivre libre et ne pas se laisser dicter ses choix. Deux mois ont suffi à comprendre (sauf pour ceux qui ne veulent pas comprendre OU qui en sont incapables ). 
Mais on est en démocratie et la démocratie c’est justement une place où l’on accepte que la voix du derniers des sots ait autant de poids que celle du plus sage des sages. C’est le droit à la liberté d’agir dans un cadre de lois déjà fixées. Elles sont déjà trop nombreuses ces lois. Je ne veux pas qu’elles soient remplacées par des règlements obscurs, rédigés à la hâte dans le cadre des cabinets de brillants esprits ...qui manquent bien souvent de sens pratique.
C’est avec des concepts comme ça qu’on se trouve un jour privé des droits les plus élémentaires. Le droit de penser, de prier, d’agir et de réfléchir. Le droit d’embrasser, de toucher et même le droit de rire.
Je réclame avec simplicité mais avec force, le droit d’exercer simplement ma part de responsabilité.
Une page se tourne, sombre où la longue récitation des morts d’une maladie remplaçait le soir le récit des actions des hommes.
Cette crise nous a appris, et c’est tant mieux, qu’il fallait savoir laisser notre monde en repos, l’herbe repousser sur les chemins et les insectes butiner tranquille. J’espère que nos gouvernants en tireront les leçons et comprendront que cette course imbécile au profit et à la consommation peut être heureusement remplacée par un monde qui gère avec sagesse son environnement.
Mais au delà de tout ça, j’ai juste envie que chacun reste à sa place...et qu’on me foute la paix....à partir du 11 mai 2020.
C’est dimanche soir. Dans mon petit jardin confiné on entend peu de bruit. ELLE est en train de prendre soin de roses magnifiques suivie par une petite chatte curieuse. Le village se tait (mais c’est souvent le cas le dimanche après midi). 
Je n’ai pas fait grand chose aujourd’hui. J’avais envie de marquer que c’était dimanche. J’ai aperçu sur mon écran mes enfants de partout, de France, d’Australie et de Nouvelle-Zelande. Nous serons privés cet été des plus éloignés d’entre eux.  J’ai beaucoup lu, écouté, réfléchi. J’ai assisté à une messe sur écran en espérant que ce soit l’avant-dernière fois. Nous avons déjeuné dehors et parle de jardin, de légumes, de fleurs....et de gens. De vous... dans des « ailleurs » interdits qui nous manquez beaucoup et que nous embrassons très fort.
Bonne dernière semaine de confinement...

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27 avril 2020

Au revoir mon « Journal des kiwis confinés ».

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Là-bas c’est déjà le soir qui s’approche. Mais ce pays lointain (La Nouvelle-Zélande) aura été épargné par le maudit virus. Le pays a réagi très vite et retourne dès à présent vers une situation plus...normale. Dans une maison qui nous est chère on s’apprête à ce renouveau. Et c’est donc la fin annoncée du  « journal des kiwis confinés ».
Presque tous les jours de cette période bizarre, quatre charmants visages s’inscrivaient  dans un téléviseur taillé dans un vieux carton. Ils nous donnaient des nouvelles, des conseils, nous proposaient des défis et, dans quelques dizaines de familles de cousins et d’amis, ce journal était chaque jour attendu avec impatience.
Une très belle expérience certainement enrichissante pour ces petits enfants merveilleux. Une raison de plus d’admirer le talent et l’imagination de leurs parents.
En quelques semaines on a découvert un peu mieux toutes ces familles d’amis et de cousins parsemés à travers le monde. Ils sont nombreux à avoir joué le jeu des défis. Ils ont appris à se connaître et à se découvrir et l’on vit même un jour une autre famille de kiwis confinés prendre le relais d’un jour de ce journal. 
Première lueur d’espoir d’un retour à la normale d’une expérience qui nous aura beaucoup fait réfléchir et beaucoup parler. Quand chacun y allait de son avis ou de son remède-miracle nos petits kiwis tissaient tranquillement une toile d’amour au-dessus d’un monde si grand mais qui peut être si proche.
Être parents et grands-parents d’expatriés du bout du monde est une expérience très enrichissante qui nous fait découvrir des choses et des gens merveilleux mais, lorsqu’arrivent de tels événements on aimerait tellement être proches et pouvoir se serrer dans les bras.
Nous espérons, un peu inquiets quand même que cette menace de pandémie n’empêchera pas les familles de se retrouver lorsqu’en viendra le temps des l’été prochain.
Quand reviendra le temps des gens « en vrai »,  celui d’une vie normale où nous nous retrouverons le plus souvent possible, ce petit « journal des kiwis confinés » restera pour toujours dans nos cœurs. 
Kiwis confinés, on vous aime, on vous adore....vous nous manquez !
Que Celui qui veille sur nous bien au-delà des limites de notre belle terre, veille bellement sur vous et sur tous ceux qui de près ou de loin participèrent à cette belle aventure !
Je vous aime. Je vous embrasse très fort.
Et toi, ami lecteur, je t’invite à aller voir sur cette chaîne YouTube la liste de tous leurs exploits.
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https://youtu.be/gB65nIC5FOg
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22 avril 2020

Après un temps de silence...

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Quelques jours que je n’ai pas écrit. Les mots ne venaient pas. Ma plume  était devenue paresseuse, une sorte de ras-le-bol de ce confinement. Vous me manquez tous. Oui, vous .... « les gens.. ». Ceux que je connais et ceux que je ne connais pas. Ceux que j’aime et ceux qui ne m’aiment pas. En ce temps d’isolement qui semble ne pas avoir de limites on aurait le pouvoir de faire tout ce qui attend, tout ce qu’on ne fait pas d’ordinaire. Mais ce n’est pas le temps de « faire ». On nous demande surtout de ne rien faire, de ne pas bouger, de rester chez soi. On a peur de son voisin et on a surtout peur que nos voisins aient peur de nous. Porteurs peut-être inconscients d’un mal qui peut blesser les autres,  on ne peut plus se toucher, pas même se voir autrement que par le biais d’images virtuelles. « On » nous demande de ne pas « faire ». On voudrait que notre seule occupation soit d’"être"... et d’attendre...on ne sait d’ailleurs pas vraiment quoi.
Une reprise de l’épidémie ? Son arrêt peut-être?
Chaque soir à l’heure où d’ordinaire finit l’activité de la journée, j’écoute inquiet le discours d’un homme qui m’énonce, d’ailleurs avec beaucoup de pédagogi,  le peu qu’on apprend jour après jour de ce mal. L’homme m’est plutôt sympathique et semble honnête pour répondre aux questions. Il égrène le nombre des malades et des morts dans le monde entier puis dans notre pays. lugubre litanie.
Dans mon village, il n’y a pas un cas de maladie pourtant le maire « intérimaire » s’agite comme si de son action dépendait le sort du monde. Le virus tue peut-être mais il ne guérit pas du ridicule, ni de la prétention.
Il fait gris depuis 48 h sur notre belle Provence quand il fait beau sur le reste du pays... on attend toujours ce fameux pallier ...puis cette décroissance. Un grand nombre de morts, certains hôpitaux surchargés de ces nouveaux malades...les autres trop vides de gens qui n’osent plus aller se faire soigner.
On commence à sentir les inquiétudes de ceux qui ne gagneront rien et ne seront pas indemnisés. Ils redoutent l’arrivée de leurs charges et de leurs créanciers. On sait que ceux qui souffriront le plus sont les plus fragiles.
Partagé entre une profonde envie de révolte d’être privé de liberté parce que finalement on ne croit personne capable de prendre seul ses responsabilité face au transfert de ce virus, et une volonté d’être sage, de s’astreindre à ces réglementations parfois ridicules pour prendre ce passage comme une épreuve pour tester notre humilité (et là, je sais que j’ai beaucoup matière à progresser 😉).
Mes seules sorties de là semaines sont quelques trop courts passages à mon potager (un jardin « familial » partagé), pour essayer de ne pas le laisser mourrir et d’ajouter son improductivité au reste du malheur du monde.
Le « cancre » qui est en moi, rebelle a toutes les interdictions, à déjà trouvé mille manières de frauder...mais je ne le fais pas. On force ma nature 😉
Attention, je n’en veux pas à nos gouvernants. Je les trouve plutôt à la hauteur et assumant leur inexpérience. Je me régale aussi des trésors d’imagination et de créativité qui circulent sur les ondes. Je reçois presque chaque jour un petit bijou de tendresse dans un « journal des kiwis confinés » qui vient de mes petits enfants du bout du monde. Je le regarde avec tendresse et avec intérêt d’autant plus qu’ils ont réveillé autour d’eux des liens familiaux un peu éteints avec le temps.
Je continue à m’exercer aux langues maintenant que je suis vraiment sûr que ça ne servira à rien...j’aime cette gratuité comme celle qui me pousse à lire ou à relire quelques livres qu’on remet toujours à plus tard.
J’ai trouvé aussi à mettre en œuvre quelques planches de bois, quelques sacs de ciment pour améliorer un peu notre petite maison.
Dis-moi Jacques, billet de petit moral, non ? 
Peut être un peu mais surtout billet d’ennui de vous, billet de manque des autres. Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Et même si je ne le suis pas tout à fait (ELLE est là bien présente quoiqu’en télétravail ), je m'aperçois que la substance de ma vie...ce sont les autres.
Bref, si tu m’entends, petit coronavirus de m...., dégage ! Et laisse nous vivre mieux qu’avant. La leçon est comprise qu’on n’est peut-être plus obligé de se précipiter à faire des choses inutiles, voir nocives pour notre avenir. 
Donc tu t’en vas ! microscopique créature et tu nous laisses en paix et tu verras qu’on peut encore faire plein de choses délicieuses.
Et toi, ami lecteur, qui me fait la grâce de me lire et avec qui, finalement, nos relations restent les mêmes. Tu me manques beaucoup et j’en rage de savoir que toi aussi tu es privé des autres.
Je t’embrasse.
a bientôt...plus léger 😉😉

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12 avril 2020

Pâques...

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C’était un été de vacances. Je faisais visiter une abbaye pas très loin de chez moi. Une abbaye qui avait connu ses heures de notoriété et qui était tombée dans l’oubli de l’histoire. Les bâtiments conventuels avaient été vendus en biens nationaux et l’église abbatiale était devenue l’église paroissiale d’une petite ville. C’était juste après mon bac et je m’apprêtais à rentrer en prépa. Je n’étais pas très pratiquant à l’époque. 

Je passais donc huit heures par jour dans cette église entre des visites, un peu d’entretien et la découverte de deux choses qui prendront beaucoup d’importance dans ma vie : l’art Roman et la règle de Saint Benoit. 
Je découvris ces deux choses importantes dans la fraîcheur des murs de cette église. 
Il faut dire qu’elle possède de merveilleux chapiteaux romans, soit ornementaux soit racontant des scènes bibliques. Le chœur de cette église s’était effondré au moyen âge,  une série de chapiteaux intacts avaient été enfouis puis retrouvés tardivement. Ces chapiteaux étaient alors visibles au fond de l’église à hauteur d’homme et on pouvait découvrir avec précision toute la beauté de ces sculptures.
Ce long préambule pour en arriver à Pâques, parce que c’est justement l’un de ces chapiteaux qui me fit pénétrer un peu plus l’importance de cet événement. Tout l’évangile de Saint Marc qui raconte le matin de Pâques. Les soldats endormis, le tombeau ouvert, les femmes qui venaient embaumer le corps, l’ange qui leur annonce la résurrection. On ne saura probablement jamais qui est le sculpteur génial qui cisela ce chapiteau. Mais il avait tout compris et tout su faire passer dans son œuvre.
Et c’est ainsi qu’un jeune homme découvrit en quelques semaines la beauté et la profondeur de la Résurrection.
Je sais que pour ceux de mes lecteurs qui n’ont pas la foi, ce genre d’écrit reste un peu mystérieux et difficile à partager. Mais j’aimerais, le jour de Pâques, en cette période étrange de confinement, quand nous sommes privés de célébrer ces solennités dans nos églises, leur faire comprendre combien ce mystère est important dans nos vies.
Et si ça ne fait pas de chrétiens des gens meilleurs  que les autres ils ont ce sentiment d’avoir reçu ce jour-là un don d’une valeur inestimable.
Cette semaine Sainte a été un peu plus silencieuse qu’à l’ordinaire. Moins besoin d’écrire, plus le besoin de partager ce temps en famille malgré l’éloignement. Je reprendrai demain l’écriture pour profiter du temps qui nous est donné pour essayer de raconter tout ce qu’il y a de merveilleux et de mystérieux dans le monde et dans les personnes qui nous entourent. 
En attendant, ami lecteur, je te souhaite une bonne fête de Pâques et une suite de confinement. Prends soi de toi et de ceux qui t’entourent.
Je t’embrasse.

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07 avril 2020

Rétrécir son horizon...

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C’est un curieux exercice auquel nous devons nous livrer ces temps-ci : apprendre à rétrécir son horizon, à regarder ce qui est à notre portée, à découvrir les richesses que nous avons à portée de mains ou de regards.
Ma maison est au cœur d’un village qui compte encore beaucoup de ses remparts et cela dans une plaine alluviale...donc plate. Je n’ai aucun horizon (mais rassure-toi 😉😊 c’est quand même un gisement de bonheurs).Quel que soit l’endroit où se dirige mon regard, je ne vois que les murs, souvent très haut, d’autres maisons. En Provence les maisons sont largement ouvertes au Sud et presque aveugles au nord. Les toits sont souvent d’une seule pente. Les murs au Nord sont donc très élevés, aveugles et décorés de tuyaux, éléments de climatisation, et autres accessoires utiles mais fort laids. 
Heureusement ce matin le ciel d’un bleu d’azur, balayé par un vent léger ne compte pas un seul nuage et le soleil justement balaie tout cet ensemble de murs pour leurs donner de belles couleurs.
J’ai un jardin que je croyais petit parce qu’entouré de ces murs il lui est difficile de donner place à beaucoup de végétation. C’est un sorte de clairière d’anciennes maisons détruites avec le temps. La terre n’y est que très peu végétale mais depuis que nous y sommes nous avons réussi à y installer un peu de végétation : un olivier, un mûrier de Chine, un lilas, un bouquet de lauriers roses, un laurier « sauce », de beaux rosiers, un peu de vigne courent le long des murs, un peu de pelouse et quelques jolies fleurs se relaient pour Donner à tour de rôle de la verdure ou de jolies couleurs.
Il y a tellement peu de place pour y faire pousser quelque chose que j’ai obtenu le droit de cultiver une parcelles d’un jardin collectif à l’extérieur du village. Mais ,confinement oblige, je n’y ai plus accès, pas plus que je ne peux profiter de la belle nature environnante qui me tient lieu de parc pour m’y promener à loisirs.
Ce matin, j’ai marché longtemps dans cet espace que je trouvais petit. J’essayais d’y faire le parcours le plus long possible. Je m’aperçus que souvent c’était impossible puisque conçu plus comme un décor que comme un terrain de promenade. J’y fis des tours un peu comme un prisonnier dans la cour d’une prison. 
J’eus alors l’étrange satisfaction de découvrir qu’en le parcourant de cette manière il était beaucoup plus grand que je ne le pensais. Je trouvai le moyen d’y faire plusieurs parcours différents et me dis que j’allais profiter du temps donné (par ce f...virus de m...) pour lui redonner une autre signification. Redevenir un enfant, lorsque l’univers physique qui nous est imposé n’empêche pas un seul instant de se construire des domaines imaginaires illimités et d’y vivre mille aventures.
Privé de ma parcelle de culture j’envisage même de remplacer quelques parcelles de ma maigre pelouse par une production potagère en attendant que la crise cesse.  Ça devrait d’ailleurs faire du bien à la terre. 
Le temps de confinement inspire de curieuses pensées. En cette Semaine Sainte, très importante pour nous, ce temps donné nous permet aussi  de vivre différemment ces événements, moins troublés par les bruits du monde, comme dégagés des distractions et recentrés sur l’essentiel.
Et tout cela est très bon.
J’espère ami lecteur, qu’il en est de même pour toi, que le poids de ce quotidien confiné n’est pas trop douloureux pour toi et qu’aucun de tes proches ne souffre trop de cette période. Et ce bonheur qu’il m’est donné d’apercevoir je veux le partager avec toi.
Je t’embrasse. Prends soin de toi.

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06 avril 2020

Réflexions en mode confiné.

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Assis dans mon salon, au cœur de mon village pourtant trop silencieux, je réfléchis à cette étrange paralysie du monde. Tout s’est arrêté, partout où presque. J’avais le souvenir, adolescent, d’une France qui s’était arrêtée en mai 68. Nous vivions à quelques dizaines de kilomètres de Paris dans une belle propriété à la campagne. Ce printemps de grèves avait été pour une parenthèse de vacances inattendues et de débrouillardise. Notre très grande famille vivait déjà un peu en autarcie. Maman mettait au monde l’avant dernier de mes petits frères et sœurs et notre principale préoccupation fut  de trouver l’essence pour que Papa et quelques chanceux d’entre nous puissent aller les voir à la clinique. Le reste du temps c’était juste ...le printemps, une atmosphère de pagaille généralisée et d’insoumission qui convenait parfaitement à nos caractères. 

L’époque était encore légère, les dernières années des 30 glorieuses et personne ne se souciait trop du lendemain. C’était un peu notre « guerre », nous qui avions entendu les récits des deux dernières guerres de nos parents et grands-parents. Les anecdotes qu’ils nous racontaient n’étaient souvent que les aspects joyeux de ces époques. Des aventures incroyables pour s’approvisionner, des trésors d’imagination déployés pour faire face aux pénuries, dans des ambiances de fraude, de secrets, de fous-rires. Papa, qui avait un joli passé de guerre, puis de résistance, puis à nouveau de guerre se taisait sur les moments douloureux (ses amis morts, ou capturés ou déportés et les horreurs des guerres) pour nous remonter surtout les bons souvenirs de camaraderie et souvent de cette belle insouciance des hommes qui risquent tout.
Ce que nous vivons aujourd’hui est exceptionnel et c’est certainement une période d’héroïsme pour certains d’entre nous. Mais pour nous qui sommes simplement prisonniers dans nos maisons, c’est juste la crainte d’un ennemi invisible mais connu qui menace notre espèce. On ne sait pas très bien, ni comment, ni où il peut frapper et nos défenses passives semblent bien dérisoires. On sait juste que pour l’instant il est plus fort que nous et que notre sauvegarde semble être dans l’immobilité.
C’est pesant d’assister en silence à la dégradation d’un système économique et peut-être politique, dont on sait qu’elle laissera bien plus de victimes que le virus lui-même. Et, dans un système injuste,  les plus faibles et les plus démunis seront les plus touchés. Ne pas partager physiquement ces instants avec ceux que l’on aime, ne pas pouvoir leur apporter de réconfort, les voir, les tenir dans les bras, partager leurs joies et leurs peines, a quelque chose de vraiment éprouvant.
Même notre Dieu, pour nous chrétiens, premier et dernier des refuges n’est pas accessible aux endroits où justement il prenait ses formes humaines ou matérielles : la Messe et nos églises et ça au moment le plus central de notre année liturgique.
Hier après midi, pour la première fois depuis le début du confinement, nous avions fait le choix d’un promenade d’une heure. Sous un soleil merveilleux dans une nature qui éclate de vie, se rendre jusqu’à mon jardin que je ne peux cultiver...car trop loin et voir ces parcelles qui se remplissent de mauvaises herbes en notre absence avait quelque chose d’irréel. Une heure de promenade et nous sommes revenus fatigués comme si nos corps s’étaient déjà rouillés par cet immobilisme imposé.
La semaine commence.  C’est une semaine où ELLE ne travaille pas. Au bout du monde, en Nouvelle-Zélande nos petits kiwis confinés tiennent sur Internet un bien charmant journal et ont accueillis deux couples de français en attente de retour au pays. Nous avons rejoint dimanche nos Australiens le temps d’un anniversaire « virtuel » et joyeux. Nos français vivent chacun à leur manière cette période dans l’action et l’imagination et un site familial accueille sur Internet tout ce qui peut se chanter ou se dire pour l’occasion. Nous continuons doucement à mettre de l’ordre dans l’atelier et le jardin mais souvent nous manquent les accessoires indispensable et il faut faire preuve d’imagination.
La lecture nous aide bien. On regarde beaucoup nos écrans et nos téléphones pallient un peu l’absence de proximité. Je crois qu’on n’a jamais pensé aussi souvent à ceux que nous aimons et à imaginer comment nous leur dirons...après.
Voilà mon ami. Rien d’extraordinaire...mais ces pages sont justement faites pour raconter cet ordinaire qui est celui de beaucoup d’entre nous et peut-être le tien.
Je te souhaite une bonne journée, de patience dans le confinement. Prends bien soin de toi et des tiens. Je t’embrasse derrière mon masque immatériel.

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