et pourquoi ne pas le dire ?

19 février 2017

Arrêt sur image...

C'est un spectacle renouvelé chaque jour. Calé confortablement dans le coin gauche du canapé, les yeux tournés vers la porte-fenêtre à petits carreaux, j'aperçois le soleil qui éclaire peu à peu la façade et le flanc de la maison voisine. C'est une très haute maison ancienne de trois étages car j'habite au coeur de mon village, dans l'enceinte même des remparts où autrefois vivaient un grand nombre d'habitants et d'animaux.

Le ciel est d'abord noir, puis gris. Il s'éclaircit ensuite rapidement et le premier rayon éclaire le faîte du toit voisin. La lumière s'intensifie, les rayons du soleil semblent pâlir et on distingue peu à peu le contour des nuages d'abord gris puis plus clairs et le bleu du ciel peu à peu remplace le gris alentour.
Un peu à la façon d'un projecteur les rayons descendent ensuite éclairer le mur qui me sépare du voisin, puis le toit de tôle de mon hangar et enfin l'intérieur de cet espace ouvert où il fait bon s'attarder l'été.
Aujourd'hui, dimanche clôture une semaine paisible et calme. L'annonce du printemps donne envie de sortir marcher. C'est un bonheur que de sortir de chez soi et, dès le portail franchi, d'avoir un univers à explorer.
Les vieilles rues, le trou dans la muraille qui permet de longer la rivière qui servait autrefois de limite au village. La passerelle de fer et le long chemin qui mène au vieux prieuré fortifié en haut de la colline.
C'est le seul relief de mon village de plaine avec le clocher du village et un peu plus loin le clocher laïc du beffroi qui s'essaye à lui ressembler, sans jamais y parvenir. Les deux ont l'air anciens. Les deux sont plutôt récents. Des ambitions de grandeur dans une fin de dix-neuvième siècle qui avait encore ses illusions de gloire.
Ce printemps qu'on devine donne aussi des envies de jardin. Deux matins cette semaine pour construire les cabanes de bois qui viendront jalonner nos jardins familiaux. Le bonheur du travail partagé. Il y en aura neuf qui partagerons les parcelles et quatre aux angles. Du bois de coffrage, encore frais où la sève tache les doigts et les outils.
L'ensemble ne manque pas d'allure, de cette allure modeste des œuvres ordinaires du quotidien.
Autour de nous on entendait bien un peu les vanités du monde, des hommes qui se battent à coup de mensonges pour un pouvoir dont ils feront certainement un usage médiocre. Mais ....c'était comme estompé au travers d'un filtre.
La nature qui se réveille, les premiers bourgeons, les paysans qui travaillent dans les champs, la terre qu'on retourne, le sourire de ceux qu'on croise, la rivière qui serpente à travers bois et champs. (D'ailleurs on s'est aventuré dans un chemin qu'on croyait fermé et qui s'est révélé plein de nouvelles vues sur cette rivière dans ses parties les plus sauvages.) : un vrai sentiment de communion avec l'espace qui nous entoure.
Et ce matin de dimanche paisible semble promettre une de ces journées qui laissent une profonde impression de bien-être.
Bien-sûr que tout ne va pas bien. Bien sûr que dans ce monde trop de questions restent en suspens, trop de comportements outragent l'équilibre du monde.
Il n'en reste pas moins ce doux sentiment de bonheur que j'aimerais partager avec toi mon ami lecteur.
Bon dimanche !

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16 février 2017

Escapade lyonnaise

Un réveil anticipé

Saint Valentin

Un réveil amoureux
Un petit chevalier dont c'est aussi la fête
Une voiture qu'on charge
Un départ au petit matin
Tiens c'est déjà la ville
Un gros crapaud tapi au bord du Rhône nous regarde arriver
Confluences
La vieille ville interdite aux autos
Les escaliers de pierre du vieil hôtel particulier
Une belle femme nous attend
C'est notre fille
Un déjeuner, une sieste
On marche dans la ville
Soif de magasins, de monde, de bruit
Un autre très bel escalier de pierre
Un autre bel appartement, très vaste cette fois
Un cadeau qu'on dépose
Quatre charmants petits enfants
On marche à nouveau dans la ville
Autres magasins, autres mondes, autres bruits
Un nouvel appartement encore
Le nid douillet d'un petit couple
Un tout petit bébé, tout neuf, très beau
Champagne, sourire, sagesse d'un bébé nouveau
A nouveau le vieil escalier qui colimaçonne
Une attente, un repas, on parle
Le confortable canapé du salon
Cette nuit on dort en ville
Les bruits de la rue
Les passants éméchés qui remontent le vieil escalier sans fin
Le matin, la ville en semaine
Repos parmi ceux qui s'agitent
Pâtisseries, vieilles rues, vieilles pierres
Une jolie filleule rousse, un petit chat gris qui cabriole
Petit café en bord de Saône
Le petit escalier qui colimaçonne toujours
Repas, sourires, dessert, valise
On quitte notre belle et grande fille
Un petit écart hors de ville
Une petite sœur qu'on retrouve
Un thé, une nièce, des petits neveux
Un d'entre eux guéri...Erwan
Merci mon Dieu !
C'est déjà le retour
La route dans la nuit
La maison retrouvée
Et la nuit, et le matin et l'écriture,
Et le rythme retrouvé..

Bonne journée, ami lecteur

 

 

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12 février 2017

Dîner en ville

Les jours qui rallongent donnent à l'hiver une autre connotation. Le froid de temps en temps pointe un peu le bout de son nez, le vent aussi fait quelques démonstrations de violence mais on n'y croit plus vraiment. On se sent appelé au jardin, aux travaux extérieurs. 

Un samedi paisible. Une porte de remise qu'on répare : Quelques mètres d'espace supplémentaire gagnés. Les gestes du travail manuel reviennent. On reprend les outils. Un autre bon signe.
Le soir s'annonce. On arrête. Un petit feu de cheminée pour quelques heures et puis on se prépare.
Après ce petit goût de cinéma et de ville d'avant-hier, j'avais envie d'y retourner. On est bien dans notre village mais ,de temps en temps, retrouver l'ambiance d'une ville surtout quand elle est belle, riche et chargée d'histoire est un exercice agréable.
Avignon renferme des merveilles et c'est un bonheur d'y aller.
Nos amis possèdent une maison à l'intérieur des remparts. Une belle maison de ville. On y pénètre par une belle entrée qui donne sur l'escalier, puis on arrive dans un charmant salon délicatement meublé et plein de belles choses. Il sépare d'un délicieux petit jardin qui donne en été la fraîcheur qui convient dans notre Provence. Au fond de ce jardin, une sorte de préau éclairé où on aperçoit de jolies statues.
Une maison de belle pierres blondes. Le charme discret d'une maison de ville. Au fond du salon, la salle à manger qui se prolonge d'une belle bibliothèque ou un escalier privé permet de rejoindre plus intimement l'étage.
J'aime cette maison. Il y a longtemps que nous en connaissons les propriétaires. Nous nous y retrouvons souvent avec des amis pour des soirées où nous partageons nos réflexions et nos lectures.
On a pris plaisir à se préparer. On sait quels amis on va retrouver. C'est donc sans surprise et avec plaisir qu'on les retrouve. Ce sont de ces amis qu'on voit assez régulièrement pour avoir l'impression de les connaitre mais pourtant chaque occasion de les revoir nous en fait découvrir de nouvelles facettes.
L'apéritif est servi au salon : un petit vin pétillant du Jura plein de ressources. Déjà la conversation s'installe. Puis on passe dans la salle à manger où la table est dressée élégante et raffinée. Car au plaisir de ce que contiendront l'assiette et le verre s'ajoute ce plaisir du beau, du fin, du léger, de l'élégant.
Un "bénédicité" ramène parmi nous un semblant de silence. On ne le dit pas toujours mais, lorsqu'on sait que tous autour de la table sont prêts à le partager, c'est un rappel discret à rendre grâce à Celui à qui on doit tout ces bonheurs.
Bien sûr que tout est bon , de l'entrée au dessert. Un mélange de bonne cuisine et de connaissance des endroits de la ville où on trouve de bons produits.
Les conversations vont bon train. On rit beaucoup. Mais parfois le rappel d'un ami souffrant ou triste ramène un instant de silence.
Il en est ainsi de la vie où les moments de joie, d'émotion, de rires ou de tristesse emplissent nos journées de ces émotions nécessaires à l'action.
Je ne dirai pas qu'on ne médit pas un peu de quelques-uns. Il faut dire que cette belle ville, à l'image de notre pays, est gérée par des gens qui ne l'aiment pas et qui semblent n'être là que pour en profiter. Une sorte de gâchis en résulte qui peine ceux qui l'aiment.
Il faut dire que pour ces amis que nous aimons beaucoup, les remparts qui entourent la ville sont véritablement une sorte de frontières. On rit beaucoup entre nous de ces deux mondes si différents de l'intra-muros et de ce qui est au-delà de cette frontière, qui reste la Provence mais qui n'est plus vraiment "leur ville".
Tout est délicieux. On quitte la table pour rejoindre le salon et continuer nos échanges.
Et quand l'un d'entre nous découvre l'heure, elle est déjà tardive et c'est le moment de quitter nos amis.
Tu vois, ami lecteur, nos plaisirs sont à la fois simples et raffinés. De bons moments partagés qui rendent la vie tellement plus douce.
Bon dimanche.

 

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10 février 2017

Et les mistrals gagnants

Il en est des enfants comme des livres. On les aime comme ils sont. Certains sont écornés, des pages manquent à d'autres et ceux qui sont les plus abîmés sont parfois ceux qu'on aime le plus.

"Et les mistrals gagnants" raconte cinq histoires de ces enfants là, de leurs familles, de leurs soignants. Cinq enfants écornés, écorchés, fatigués par des traitements douloureux. Cinq enfants qui étudient, qui jouent, qui se soignent et qui racontent et parfois même, la caméra oubliée, qui se racontent. Ils parlent d'eux, de leurs jeux, de leurs bonheurs, de leurs amitiés.
On ne dira jamais assez le bien dont les réseaux sociaux sont parfois à l'origine.
Au début, une jeune femme raconte dans un livre sa propre expérience de maman confrontée à ces enfances différentes. Le livre connaît un grand succès, étonnant dans notre monde où on est prêt à tout pour cacher ces souffrances.
Puis vient l'idée d'un film. En l'absence d'argent, une souscription permet de donner corps à ce projet. Des milliers de petits, d'humbles, d'anonymes ont permis que sorte cette merveille.
Et la caméra, sans jamais être indiscrète, parcourt ce monde douloureux et merveilleux à la fois. Parfois elle se pose, ou peut-être se repose, sur un insecte, sur une fleur, sur le ciel, sur le toit d'une église. Tout est beau, tout est là.
Et puis il y a cette grandeur des enfants d'abord, de leurs familles, de leurs soignants. Tous ces gens qui participent à ce grand mystère de souffrance, d'amour, parfois de guérison.
Parfois on sent bien au contraire la proximité d'une mort un peu trop prévisible, un peu trop tôt fixée.
Après c'est tout le mystère d'une soirée qui compte. Le repas avalé à la hâte. La voiture qu'on dépose le long des remparts de la vieille ville. La muraille qu'on traverse à pied. La marche dans la belle ville papale pas encore endormie qui laisse voir ses beautés dans la pénombre. La salle de cinéma insolite dans un vieil hôtel particulier que je ne connaissais pas encore, au coeur de la cité. Les amis rencontrés. Le film qui s'installe.
L'émotion qui prend corps. Le coeur qui s'attendrit.
On sort un peu groggys. Des visages, des émotions, des paroles d'enfants qui s'inscrivent avec force dans la mémoire.
Ami qui me lit et dont je sais la bonté et la bienveillance, empresse-toi d'aller voir ce film. Ce genre de film ne reste pas longtemps à l'écran
Ça s'appelle : "Et les mistrals gagnants"
Merci à Ambre, Charles, Imad, Camille, Tugdual. Merci à leurs familles. Merci madame qui avez fait ce beau film.
Bonne journée.

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07 février 2017

Cher petit chevalier....

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Hier, ta maman et ton papa nous avaient avertis que tu rejoindrais ta dernière demeure sur terre à 15 h30 exactement. Ils nous avaient demandé de nous associer à leur prière. Pour matérialiser cette communion de prière, une bougie brûlait. Cette bougie je leur ai envoyé en photo mais je veux prendre un peu de temps pour te détailler tout ce monde qui y figure.

Un petit coin de cheminée, jaunie par les feux de bois d'un hiver un peu rude. Tout en haut un petit angelot est comme suspendu dans les airs. Il est peut être aujourd'hui un de tes nouveaux amis. Deux images de la Sainte Vierge. l'une en couleur et l'autre en noir et blanc. Pourquoi deux ? Parce que Notre "petite maman du ciel" est si belle qu'on aime à la voir de plusieurs façons. Sur le côté une petite figure de Sainte Jehanne d'Arc. Un petit soldat qui fut comme toi un petit chevalier. Derrière la bougie, Saint Joseph artisan (on ne le voit pas très bien. Il aime à rester dans l'ombre). Sur le côté Sainte Claudine, une femme qui aima tant les enfants qu'elle leur consacre sa vie. Elle aimait à dire cette phrase : "Que le Bon Dieu est bon !". Enfin dominant la scène, le Christ sur sa belle croix de cuivre accompagné d'un rameau d'olivier.

Ils sont là, rassemblés, la Sainte Famille et quelques amis. Bien sûr, aujourd'hui tu connais bien mieux que nous la nature et la profondeur des liens qui les unissent entre eux et avec le reste de l'humanité.

Ce furent tes amis et tes protecteurs, le modèle de ta famille et de toutes les familles du monde. Le mystère de l'incarnation, la petite route de l'humilité qui mène droit au Ciel et la souffrance offerte pour le bien des hommes.

Toi, petit chevalier, tu as resumé par ton court passage parmi nous tout cela, la beauté, l'humilité, la souffrance offerte. Tu es arrivé dans les derniers mois qui précèdent la naissance du Sauveur du monde. Tu es reparti au moment de Sa présentation au temple.

Nous aussi nous avons eu deux princesses et deux chevaliers qui sont devenus des femmes et des hommes. À leur tour ils ont engendré deux autres princesses et deux autres chevaliers. Dans ma prière de ce matin, je te demande de veiller sur eux, sur nous aussi, comme tu pourras désormais le faire pour ta famille et pour toutes les autres familles.

..et puisque Sainte Jehanne est auprès de toi demande-lui de bien veiller sur notre pays qui ne va pas très bien.

Je me demande pourquoi on continue de leur demander toutes ces choses. Ils savent bien qu'on en a grand besoin. Peut-être tout simplement parce que ce Christ, aujourd'hui sur cette croix de cuivre, nous a demandé de le faire. C'est tout. Pas plus compliqué que ça.

Je te quitte, petit chevalier, c'est le dernier message que je t'adresse sur ce blog. c'est là première fois que j'y dépose une image. Mais ta petite famille courageuse mérite bien cette exception. S'il arrive qu'ils me lisent qu'ils sachent que nous les embrassons et que nos petites prières accompagnent les leurs et celles de leurs amis.

Bon Ciel, petit chevalier !

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06 février 2017

États d'esprits ou états d'âme.

C'est calme le petit matin. C'est silencieux. C'est paisible. Le monde qui s'éveille. De temps en temps un bruit. Seul à seul, corps et âme. Un corps qui renâcle parfois et qui râle silencieusement contre ce réveil, venu trop tôt, quelque vieille douleur qui s'est réveillée, juste assez pour vous faire souffrir un peu et vous tirer du lit. Une âme qui se demande pourquoi on l'a réveillé si tôt quand elle est si peu capable de bien utiliser ce temps et ce silence donné. Il est des hommes dont l'esprit ne sait pas trouver le repos et s'agite sans cesse. Il ne sont pas capables de vraie contemplation, de cette observation paisible et silencieuse des grâces reçues. Je suis hélas de ceux-là. Mon esprit s'agite et vagabonde et tout ce temps qui pourrait être offert se perd dans les élucubrations errantes d'un esprit brouillon.
Il y a eu le temps de l'enfance, d'un petit garçon qui avait un peu de mal à trouver sa place." Où le monde va-t-il me laisser s'installer ? ".On n'a pas fini de se poser la question qu'on a déjà terminé la période dite adulte. On a travaillé. On a fondé une famille. On a construit une maison. Tout s'est passé si vite. Mille bonheurs ont frappé à la porte. Mille soucis ont obligé à se tenir droit, à faire front, à renoncer, à chuter, à se relever.
Et puis il y a ce sentiment, non pas d'être une marionnette tenue par des fils invisibles et soumis aux caprices de son créateur mais, bien au contraire, d'être comme un petit enfant malhabile qui essaie de tenir debout, que beaucoup de choses menacent et qui est protégé par un Être qu'il ne voit pas et dont il ne sent la présence que par les effets bienveillants.
Qui m'a dit un jour que cet Être était mon Dieu, qu'il veillait sur moi comme un père ? Je l'ignore. Je ne m'en souviens pas. L'un de ceux qui m'accompagnèrent sur le chemin ? Mon père ? Ma mère ? L'un de mes éducateurs ? Tous certainement.
C'est un Dieu qu'il est long de connaitre. C'est même impossible. C'est déjà si difficile de connaitre les simples humains que l'on aime.
Il y a eu ce temps où on se croit indispensable, pour nourrir les siens, pour faire un peu avancer le monde. Aujourd'hui c'est un temps étrange ou presque tout est reçu, où comme un riche rentier le temps m'est donné à ma guise.
C'est un sentiment étrange qui nait de tout cela. Il n'y a plus cet aiguillon. Heureusement mille tâches attendent. C'est pour celles-ci que je vais te laisser, ami lecteur.
Ces dernières semaines ont été riches en émotions. Mon blog s'est un peu affolé. Certains messages ont connu un retentissement inattendu. Il faut que je laisse le silence reprendre un peu sa place.
Bonne journée.

 

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05 février 2017

Dimanche : deux petites têtes blondes.

Les bruits de la semaine se sont estompés. Peut-être simplement que je n'ai pas eu envie de les entendre. Samedi fut mitigé : le matin, une pluie incessante et un ciel qui écrasait de gris notre belle Provence. Dès midi le soleil revint et tout s'anima de nouveau. Chaque objet semblait souligné d'un reflet de vernis encore humide.

J'avoue qu'au lieu de passer un après-midi dehors à profiter de tout cela, j'ai regardé du rugby à la télévision. Je le confesse : j'aime ce sport. J'ai plaisir à voir ce défi aux engagements forts et aux enjeux modestes que l'argent n'a pas encore trop corrompu. Je sens au fond de mon corps des picotements de plaisirs, de vieilles sensations oubliées, comme si c'était moi qui, des dizaines d'années plus tard, avait rechaussé des crampons. Hier c'était vraiment très beau.

Ce matin on nous annonce le même scénario de temps qu'hier mais le ciel était trop sombre à mon lever pour que je puisse le vérifier. Pour l'instant il reste sec et fera peut-être mentir les previsionnistes.
Il faut dire qu'en ce moment il y a chez moi deux véritables raisons de bonheur. Deux petites blondinettes de deux et trois ans séjournent chez nous avec leur grand-maman.
Vous déposez deux petites brosses à dents sur un lavabo. Vous ramassez quelques jouets qui revivent. Vous entendez les bruits espiègles qui précèdent le lever des enfants ou qui indiquent le fin de leur sieste. Vous sortez les jouets. Vous ouvrez la cabane. La maison revit et chante à nouveau. C'est le miracle de l'enfance. Elles ont peut-être un peu peur de ce vieil oncle. Enfant,  je craignais les adultes.
Loin, de l'autre côté de la mer, nous parviennent aussi d'autres images et d'autres sons. Juste la vie, juste l'enfance.
Plus près de nous, on enterrait ce matin ce petit Gaspard dont je vous ai parlé. Pour ceux qui l'ignorent, les messes d'enterrement d'enfants sont assez particulières. Tout est blanc. Tout est lumière. On accompagne à leur dernière demeure de petites âmes qui n'ont connu que le temps de l'innocence. Il n'empêche que c'est dur et qu'ils ont pris leur place en peu de temps. On avait allumé une lumière à l'heure de la messe, comme le demandaient ses parents.
Alors vous comprendrez qu'aujourd'hui le monde se résume aux deux principaux commandements. L'amour de Dieu qu'on honorera ce matin tous ensemble à la messe, et l'amour du prochain.
Alors foin des bruits du monde, de la politique, du travail ou de l'argent !
On rendra ces soir leurs parents à ces deux petites filles. Ils seront tous ravis de se revoir. On cueillera ça et là , au passage, quelques bruits ou quelques images d'autres bonheurs. 
Le soir venu, dimanche soir oblige, on se repliera un peu dans notre cocon. Demain sera un autre jour.
Alors mon ami, je vais te laisser. Je dois me préparer ...et filer acheter quelques croissants...
Bon dimanche.

 

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04 février 2017

Et si on laissait le peuple décider. Lettre à monsieur Fillon.....

Monsieur le premier ministre,

Je vous écris ce petit mot pour vous dire que le courage avec lequel vous réagissez depuis le début de cette sinistre campagne de dénigrement ....m'impressionne.
Je n'ai pas à juger les faits. Je n'en connais pas le détail. D'ailleurs je ne suis pas juge et personne ne me le demande. J'aurai bien sûr préféré qu'on ne puisse rien vous reprocher et que votre campagne puisse se dérouler comme prévue.
Votre démarche vous honorait : vous aviez pris le temps d'aller au devant des français pour les entendre et mieux... les écouter. Vous aviez construit un "vrai" programme solide et argumenté.
Ce programme devait certainement bien gêner le petit monde politico-journalistique qui gouverne notre pays depuis bien trop longtemps. Ils ont d'abord feint de vous ignorer. Puis ils ont minimisé votre importance.
Les sondages vous disaient perdant. Vous avez parlé. Vous avez séduit. Vous avez convaincu. Vous avez déclenché un véritable enthousiasme. Vous avez gagné la primaire, première étape.
En quelque jours vous avez regroupé autour de vous l'ensemble de votre parti, malgré bien des différences. Vous paraissiez alors suffisamment renforcé pour gagner le reste de l'élection.
Vous avez peut-être eu tort, à leurs yeux en tous cas, de leur montrer que vous n'étiez pas dupes du jeu journalistique et que vous n'étiez pas prêt à vous laisser humilier ni par eux par une quelconque humoriste. Pour vous le chef de l'état n'est ni un pitre, ni une girouette, ni un fantoche.
"Ils" ont commencé à chercher où pourrait être la faiblesse, la faille, l'angle d'attaque.
Celui qu'ils ont trouvé est tellement bas et faible qu'aucun homme politique, d'aucun parti que ce soit, ne vient le conforter.... tant il est évident que c'est une pratique commune (hélas, peut-être) chez les parlementaires que de rétribuer ses proches. Vous n'avez pas nié. Vous n'avez pas sorti quelque dossier qui puisse rétablir l'équilibre. Et vous aviez cessé bien avant beaucoup d'autres. Je ne serai pas "l'innocent de toute faute" capable de vous jeter la première pierre.
Vous avez juste défendu les vôtres, ne sacrifiant pas à la coutume établie de reporter la faute sur d'autres.
Vous avez continué de décliner votre programme, malgré les interjections et les lazzis télécommandés par vos adversaires, ou plutôt par vos ennemis.
Vous avez dit, et c'est l'évidence, que votre femme vous aidait dans votre vie quotidienne y compris dans votre fonction politique.Chaque être qui vit dans un couple "normal" sait comme il est vrai que chacun aide l'autre sans ambiguïté et sans contrepartie pour le meilleur et pour le pire.
C'est juste .....la vie. Vous avez dit devant tous que vous aimiez votre femme. Ça peut sembler presqu'un défi dans ce monde politique où chacun trompe sa chacune et réciproquement. Vous avez dit que vous attendiez le jugement des juges. C'est exactement ce que j'attendais d'un homme qui veut être président : qu'il accepte ce partage des pouvoirs parfois cruel et injuste.
Alors les meutes se sont déchaînés. Comme chacun d'eux se doute que la décision des juges ne vous condamnera pas, il fallait exciter le peuple et créer la vindicte publique. Mille fois par jour, à force d'insinuations, ils tentent d'imprimer de façon presque subliminale votre culpabilité . J'espère que le bon sens fera réagir nos concitoyens.
Puissiez-vous sortir renforcé de cet épisode , prêt à mener avec force et courage la suite du combat qui vous attend. Ils ne vous épargneront pas.
Je ne veux pas qu'on nous vole notre élection.
Je suis un petit, un sans-grade, un petit conseiller municipal dans une petite ville de province. Je vous ai écouté comme j'ai écouté les autres.Tout ce que vous avez dit depuis le début de la campagne montre que vous connaissez votre pays. Votre passé fait de vous le plus expérimenté de cette compétition.
Je ne dis pas que je voterai pour vous. Je ne le sais pas encore. Je veux pour l'instant que chacun puisse s'exprimer et faire valoir ses arguments. C'est commença que je conçois la démocratie.
S'il le faut je suis prêt pour cela a descendre dans la rue si c'est nécessaire. Je n'y suis descendu que très peu souvent et toujours pour des sujets graves : le respect de la vie, le mariage.
Mais je voulais vous dire que dans ce moment difficile, vous et votre épouse m'avez impressionné par la dignité de votre attitude.
Croyez monsieur le premier ministre à mes sentiments respectueux (Je ne vous connais pas assez pour être de vos amis mais ce serait pour moi un honneur).

MrJacques. Blogueur amoureux de la liberté de son pays.

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03 février 2017

Lettre à Gaspard...au Ciel

Mon cher petit Gaspard,
Il y a peu de temps je t'écrivais pour te dire combien tu étais devenu important pour beaucoup d'entre nous. Et, hier matin,  j'ai appris qu'entre Ciel et Terre tu avais fait un choix définitif... Celui du Ciel.
Alors comme beaucoup de monde, je pense à toi , qui a terminé ce pèlerinage sur terre, très difficile, si court et si riche.
Je pense à tes parents et à tes frères et sœurs qui devront vivre maintenant sans toi. Avec une grande générosité ils ont bien voulu partager avec nous leurs souffrances et leurs espoirs et je compte sur toi pour les faire comprendre combien on leur en est reconnaissants.
Lorsque tu arriveras dans cet endroit où le bonheur est éternel, tu seras peut-être surpris du nombre d'enfants que tu y retrouveras.
Dans ceux que tu rencontreras d'eux d'entre eux me sont particulièrement chers : une petite sœur qui arriva sur terre pour en repartir aussitôt; une petite filleule qui séjourna un peu plus longtemps. Je me souviens de ces deux petits corps portés en terre comme si c'était aujourd'hui.
Mais, au-delà des larmes,  ce que je ressens aujourd'hui c'est leur présence si récurrente dans mon coeur et dans mes pensées. Combien de fois, les invoquant parfois, mais le plus souvent de leur propre initiative j'ai senti tout l'effet de leur veille et de leur protection.
Vous tous, petits enfants, qui passez si vite sur la terre sans avoir le temps d'en prendre les noirceurs, vous êtes pour nous au Ciel une réserve éternelle de bienfaits.
On dit beaucoup de mal, parfois avec raison, de ces réseaux immatériels qui tissent aujourd'hui entre les hommes des liens qui autrefois eussent été bien improbables.
Ils ont pourtant, dans leurs effets bénéfiques, celui de permettre parfois d'entrer sans indélicatesse dans la souffrance d'autrui. Ils donnent un sens nouveau aux mots compassion, ou sympathie.
Alors je veux te dire à toi, petit Gaspard, mais aussi à tes parents, à tes frères et sœurs et à l'immense communauté de ceux qui t'ont aimé et qui continueront de le faire, combien tu as été et tu es précieux pour nous.
Au delà même de ta propre souffrance et de cette offrande silencieuse de ta vie, tu es les millions d'autres petits enfants qui passent d'un monde à l'autre de façon si rapide, si imprévue, si incompréhensible.
Alors de tout mon coeur, je t'embrasse, toi et les tiens et tous ceux que tu incarnes. Veille sur eux. Veille sur nous.

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02 février 2017

Petites réflexions politiques....

On assiste en ce moment à une terrible guerre de chefs. Le pouvoir est diffus. Certains pensent que ce sont les politiques, d'autres les lobbys, certains les juges, d'autres encore les journalistes..qui gouvernent. Chacun des quatre partis, à sa manière, tente d'imposer son,ou ses, candidats.

Un jeu de "Je te tiens, tu me tiens....par la barbichette" ou le premier qui glissera et peut-être les suivants seront éliminés au profit d'un seul vainqueur.
Perdus dans leurs savants calculs chacun a oublié l'électeur et n'a pas un seul instant pensé qu'il ne serait pas à même de le manipuler.
Et là, deux fois, coup sur coup, par un mouvement qu'aucun des quatre meneurs n'arrive à contrôler , dans deux élections presque coup sur coup, deux tests "grandeur nature", l'électeur semble émettre des opinions différentes de celles qui étaient prévues.
Alors s'est installé un vrai malaise. On se pose la question suivante : "Et si, par ce jeu là, on revenait dans la spirale théorique où le peuple donne le pouvoir, le politique l'organise, les journalistes le commentent et les lobbys sont contraints par les lois ?"
Alors il faut immédiatement prouver au peuple qu'on peut en se coalisant casser ses décisions et renvoyer ses candidats.
Chacun utilise ses armes habituelles. On fabrique des sondages. On calomnie. On manipule l'opinion. On cherche des faux-témoins, des accusateurs, on donne des coups bas, on prends des otages.
Chacun sait que tout homme investi d'un pouvoir est tenté d'en faire profiter d'abord les siens, son plus proche entourage. Quiconque connaît le monde de la politique sait que celui qui tient les rênes distribue autour de lui. D'abord parce que ce sont des gens qu'il aime, ensuite parce qu'il pense (souvent à tort d'ailleurs) qu'ils lui seront reconnaissants ou simplement fidèles. C'est vrai partout. C'est juste la nature humaine.
Alors, pour n'avoir que ça à reprocher à un candidat, c'est que d'une certaine manière il doit être plutôt "vertueux",assez "honnête". Les mots n'on pas toujours les memes sens suivant les sphères où ils sont prononcés.
Je remarque d'ailleurs qu'à part quelques "laissés- pour-compte", de quelque parti que ce soit, aucun homme politique ne se joint aujourd'hui à la meute des accusateurs. Preuve que la pratique est pour le moins courante.
C'est étrange.
De toute façon que puis-je faire, moi, électeur sans presqu'aucun pouvoir ? Attendre le résultat de ce combat de "puissants".
Si l'homme accusé s'en sort, il en sortira renforcé, avec peut-être l'envie de rétablir quelques équilibres et la prise de conscience que certaines situations peuvent sembler bien injustes à ceux qui ont ....trop peu. Il aura pu ainsi montrer son courage et sa capacité de réaction. Il aura ainsi dû, sans le vouloir, mettre en avant celle qui peut devenir "la première dame de France".
S'il est vaincu, j'aurais de la peine pour lui et pour nous, car certaines des lignes de son programme ne manquent ni d'élégance, ni de courage, ni d'ambition, ni de morale. Il n'y aura alors aucun vrai gagnant dans ce combat de clan et l'instabilité qui en régnera est une menace pour notre pays.
Tout ça ne m'appartient qu'au niveau du bulletin de vote que dans quelques mois je déposerai dans une urne. Et c'est tant mieux.
Pardonne-moi, ami lecteur, si aujourd'hui je t'ai agacé par cette réflexion politico- philosophique. Ce matin j'irai à la salle des ventes où des choses qui ont eu du coût ne valent parfois presque plus rien...ou parfois l'inverse. Et cet après midi je m'essaierai à l'exercice de préparer la terre d'un jardin potager, petites choses qui toutes les deux, à leur manière, font réfléchir à toutes ces vanités.
Bon courage mon ami pour ta journée. Que Dieu, qui voit tout ca de si haut et qui seul sait jamais vraiment la valeur de nos actes, veille sur toi.

 

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