et pourquoi ne pas le dire ?

29 août 2016

Et pendant que j'écris....

...en attendant qu'un petit enfançon se réveille, guettant le moindre bruit dans la maison qui dort, le monde du travail vibre autour de moi.

Toi, tu viens de repartir après cette pause de vacances, courageuse de quitter ce petit monde que tu aimes et qui t'aime. Mon fils aîné termine une longue garde où il aura croisé un peu ou beaucoup de cette misère du monde qui souffre, qui doute, qui pleure. Le second au pays de l'or noir aura passé 12 longues heures sous une chaleur de plomb à réparer des plateformes de forage. Ma fille aînée s'apprête aussi à une grosse journée de travail d'infirmière à moins qu'elle ne soit déjà  partie. Mon gendre creuse le sol dans une capitale trop riche qui cherche ce qu'elle peut faire de trop d'argent. Ici, nous ne sommes plus que deux adultes, la maman du petit enfançon qui essaye de regagner quelques heures de sommeil données dans la nuit à son enfant, ...et moi. Trois autres petits anges dorment encore après un long week end de cousins et d'amis retrouvés, riche en émotions, en jeux, en rencontre.  
Aujourd'hui ma journée à moi commencera plus tard, quand la maison sera "lancée".
Les vacances se terminent pour beaucoup et la ville s'agite aussi. Dans quelques jours la rentrée scolaire marquera cette reprise de l'automne. Peu à peu les politiques aussi s'agitent qui dans quelques mois vont s'affronter. Notre pays est confus, malaisé à conduire, il s'agite en tous sens et manque tellement d'un guide sûr. 
La Provence est très douce à la fin de l'été. Les jours sont encore très chauds mais les nuits sont longues qui aident au repos. Et le soir à l'heure où tout se tait et où seules les cloches viennent de temps en temps troubler ce silence, un petit air frais agite les feuilles des arbres.
Je crois que c'est le souffle des anges qui veillent sur nous chacun à leur manière et qui viennent dire à ce monde qui s'agitent souvent avec trop de désordre : " N'ayez pas peur ! Si vous, vous ignorez le sens de cette agitation, nous, nous la connaissons. Faites, chacun de vous, ce que vous avez à faire, aimez, croyez...c'est ainsi que le monde vit."
À mon tour, ami lecteur, de te souhaiter ce bonheur simple de tous les jours, fait de remerciement, de louange et d'espoir...et de travail quotidien.

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25 août 2016

Remède...

Je crois que ça s'appelle "un petit coup de blues". Le soir arrive. Il a fait chaud, très chaud. La journée se termine, une journée sans trop d'éclat, une journée entre deux, une journée de fin de vacances. Il ne s'est rien passé d:extraordinaire : une paire de volets peints, un jardin remis à neuf, un passage à la piscine, l'attente des enfants à la nuit, un préau fini dans une école, un passage à la mairie. Finalement plutôt des bonnes choses mais rien qui sorte de l'ordinaire, qui donne un peu d'éclat. Un bouquin à lire intéressant mais plutôt ardu qui demande plus d'attention que je ne peux lui en donner.

Une impression de faire du sur-place. Une invitation à sortir qui n'aboutit pas. Une invitation au voyage qui n'aboutit pas non plus.
Que faire dans ce cas ? Se renfrogner , morose ? Broyer du noir en écoutant une musique adaptée ? Partir se promener ? 
Rien de tout ça ne me semble adapté. Alors je vais fermer les yeux, oublier ce qui m'entoure, m'imprégner de ce que j'aime. Fermer les yeux en prenant garde que le sommeil ne me gagne. Laisser le vide et le silence s'installer. Et là, dans les bruits du village de la journée qui se termine 
Aller dans le hangar secret caché au fond des bois. Déjà les oies s'agitent qui veulent prendre leur envol. Les ailes du char se remplissent peu à peu de l'air chaud du soir d'été.
On s'approche de la clairière. Je prends les rênes. L'ami, tu peux si tu le veux monter derrière moi, il y a de la place.
Très vite le char monte. Le clocher n'est plus qu'un point. Derrière moi les Alpilles. Le char passe dans le corridor entre le plateau de Vaucluse et le Luberon. Il se dirige vers le Ventoux qui l'entraîne de toute sa hauteur. On passe au dessus de tous ces endroits qu'on aime, connus ou inconnus. Là, une belle abbaye entourer de lavande, ici une humble ferme, ailleurs un aiguier. 
La lune n'est pas pleine mais sa lueur suffit à nous éclairer. Plus le char monte, plus le cœur s'allège. Et toi qui me suis, sens-tu le vent du haut, du beau, du bien. Quelques lueurs dans les villages ou dans les fermes isolées indiquent que nous ne sommes pas seuls à aimer ces soirs de presque septembre où l'air est plus frais qu'en juillet.
Le voyage dans le rêve continue comme à plaisir. 
Mais soudain, là-bas sur la route, une voiture que je reconnais. Ce sont "eux" qui reviennent pour une dernière semaine. La maison à nouveau va se remplir de voix d'enfants. La cabane et la tour vont s'animer de princesses et de chevaliers.
Vite redescendre. Je dois être là à leur arrivée.
Je te quitte. Mon cœur est redevenu léger.
Alors, bonne nuit ! Merci de m'avoir accompagné dans ce voyage.

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24 août 2016

Confiture de figues...

Comme une pause dans les vacances. Il fait beau mais le vent a repris. On sent la fin d'août mais pas encore septembre. Temps de sérénité. La maison pour quelques jours est vide de petits-enfants mais les visites se succèdent qui la remplissent d'amis ou de familles et quelques heures durant elle se ranime joyeusement. A la mairie on sent la reprise. La rentrée est proche. Les premières réunions. Il y a bien cette tension sécuritaire qui rappelle qu'il y a peu de temps encore notre pays souffrait dans la chair de ses enfants. 

L'été lui même semble vouloir rester présent et si les jours sont encore très chaud les nuits apportent un peu de fraîcheur bienvenue. 
Et les amis reviennent. Il y avait samedi ce coup de fil de ces chers amis . Ils nous informent que leurs figuiers croulent sous les fruits et nous invitent à les cueillir. 
On se garde le dimanche pour le repos. On invite justement ces amis à partager un repas de famille.
Et ce n'est que mardi sous un soleil de plomb que se fait la cueillette.
On monte sur l'échelle dans le grand figuier qui ombre leur belle maison. Les figues éclatent de maturité. Sur le petit escabeau, à côté, un petit Marius s'essaye au même exercice. Il me raconte un peu sa vie, ses amis, ses jouets. Délicieux accompagnement, le temps passe vite...et je sais maintenant qu'il existe des pistolets-dinosaures qui crachent des bulles de savons ("mais non, Jacques, pas un dragon, un dinosaure ! "). Quelques heures. Les caisses se remplissent. Il reste encore assez de temps pour se raconter avec cette amie les vacances, les familles, les amis. 
Et de retour à la maison, c'est la belle casserole de cuivre qui se remplit à son tour et la cuisine encore dans l'ombre des volets mi-clos se remplit d'odeurs délicieuses.
Et ce matin, au petit-déjeuner, le dernier pot, celui qui n'était pas plein, vient s'étaler sur des tartines délicieuses. 
L'été n'est pas fini. Demain à nouveau la maison verra revenir les petits-enfants pour une dernière semaine. Vendredi, il y aura une cousinade et nous serons nombreux. Il faut se mettre aux préparatifs. Et puis ce sera l'été qui se prolonge chez nous encore un mois ou deux.
L'été, le blog prend lui aussi un peu ses vacances. Le rythme est plus lent, les sujets plus légers. Et pourtant, ami lecteur, tu restes fidèle et je t'en remercie.
Bonne journée. 

 

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16 août 2016

Fêtes,visites....Balthazar et Timothée.

Samedi rassemblait autour de nos enfants quatre autres petites familles : 5 ami(e)s de prépa rassemblés 15 ans après. Bonheur de la durée des amitiés, de la fidélité, des souvenirs mais surtout de la vie qui avance : travail, enfants, maisons.

Dimanche,  c'était amis d'enfance, parrains et marraines. D'autres bonheurs, d'autres vies qui se croisent. 
Hier on accueillait d'autres cousins et c'était l'occasion d'en faire venir d'autres. Un joyeux rassemblement. Une maison qu'on montre, qu'on fait partager. Des neveux qui ne connaissaient pas la maison, d'autres que l'on voit plus souvent et qui partagent notre village.
Il y eut aussi trois passages à la fête foraine  pour trois petits enfants trop fiers de leurs trophées et de leur courage. 
Au milieu de tout cette agitation, deux petits bébés tous neufs prennent à leur tour connaissance de ce monde : deux bébés à peu près du même âge: un grand, costaud, chevelu :  Balthazar et notre petit Timothée. Savoir ce que sera l'avenir de ces deux petits hommes... J'aime savoir des enfants dans notre maison, de la vie qui commence, qui se construit. J'aime à penser à leur vie qui démarre et qui prendra son envol quand la notre déclinera doucement. Un doux renouvellement : le sens de la vie éphémère et merveilleuse. Une course de relais guidée de quelque part dans le Ciel sans qu'on en perçoive toujours le sens.
 Chaque pierre, ici, à vu passer tant de monde dans notre village sans âge. La maison s'était tue depuis longtemps quand nous l'avons reprise et le vieil atelier du charron est devenu maintenant ce lieu de rassemblement. Petit espace qui nous rassemble.
Ce matin la fête votive est terminée. J'irai ce matin constater qu'en quelques heures tout s'est vidé. Les employés municipaux seront passés et la fête ne sera plus qu'un souvenir...ou qu'un projet. Chacun d'entre nous reprendra sa place dans sa vie.
Trois sur quatre de nos enfants sont repartis de la maison. Encore un ou deux semaines et le rythme des vacances sera un bon souvenir de plus. 
Ce sera autre chose, le rythme plus lent de la maison qu'on prépare, qu'on répare et qu'on embellit. Le temps pour nous des soirées d'automne et d'hiver, le temps de la lecture et de la réflexion, des tâches plus ordinaires. Pour Elle le travail qui reprend aussi, pour moi d'autres projets à construire. 
Ce matin chacun dort, comme pour reprendre des forces, savourer encore quelques moments.
C'est parfois dur la vie. Elle a ses exigences. Elle a parfois aussi de vraies incohérence qui poussent à l'interrogation. D'autres matin comme celui que je suis en train de vivre, semble y régner une grande harmonie. 
Mais déjà les cloches de l'angelus qui sonnent à l'église m'invitent à cesser d'écrire pour aller faire des choses plutôt que les écrire. 
Alors, ami lecteur, bonne journée à toi aussi.

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13 août 2016

Silence.....

Le soir mon village est en ce moment bruyant des éclats de la fête votive. Hélas ! On ne parle plus guère de la Sainte Vierge, Reine de la fête qui sera honorée lundi. Mais la fête foraine s'est installée, bien en place. J'en parlerai un autre jour. 

Cette nuit,  les bruits de la fête, les jeux olympiques et une longue randonnée de nos petitous ont mené tout le monde au lit....tard dans la nuit.
La maison encore endormie à cette heure m'a donnée beaucoup plus de temps que d'habitude. Un livre à terminer et puis la tête qui se vide. Le silence et la contemplation des lieux et des objets du quotidien. Lentement le silence passe de l'extérieur à l'intérieur. Un apaisement de l'esprit. Un moment propice à la prière.... mais ce matin ce n'est pas elle qui s'installe mais plutôt une longue réflexion ou passé, présent et futur se conjuguent en oubliant chacun sa place. Dieu, je n'en doute pas, est certainement derrière tout ça, car on y retrouve pêle-mêle l'action de grâces, la louange et la demande mélangées de façon étrange. 
Mais ce matin, ça ne va pas jusqu'à la prière, ça s'arrête à la méditation. 
Longtemps j'ai redouté ce temps du silence prolongé. Enfant,  j'étais craintif et les bruits de la maison, perçus au travers du silence de la maison quand je me réveillais avant le jour, m'effrayaient. Plus tard je percevais le silence, les rêveries en désordre, comme une menace à la concentration et un appel à la mélancolie qu'on me disait redoutables.
Le temps de l'action est venue, et celui du repos nécessaire. Ainsi silence et méditation ont trouvé une place dans les pauses, dans les siestes, dans les attentes et ont retrouvé du fruit.
C'est souvent de ce mélange que je nourris les quelques petits billets. 
Je n'ai jamais manqué de temps. Il suffit pour cela de ne pas faire tout ce que l'on nous dit nécessaire (et qui l'est hélas parfois). J'ai manqué des choses. J'en ai laissé d'autres inachevées et j'ai probablement raté de belles occasions....mais je n'ai jamais manqué de temps pour ce silence et cette méditation.
Ce matin je contemple mes petits trésors : ma maison, mon jardin, mes livres et quelques objets que j'aime. Je sais que des êtres chers dorment dans ma maison. Je sais que d'autres veillent sur moi et sur les miens d'un autre monde bienveillant. Ma pensée tourne. Je savoure ce moment de paix. Tout se met en place. Et si, j'ai peu dormi comme à l'ordinaire, ce temps vient bien qui prolonge la nuit et remplace les rêves agités du matin en autant de pensées qui se construisent.
Aujourd'hui à nouveau la maison va se remplir d'amis et d'enfants. J'ai remis en état la remorque qu'on accroche au vélo et j'irai montrer à mes petits un nouvel endroits où nagent en paix de gros poissons et dans la fin de l'après-midi nous irons peut-être faire quelques tours de manège. 
Pendant que j'écrivais ces mots, le dernier des petits-enfants est descendu, accompagné de sa maman. Il avait faim. Il contemple maintenant dans son petit siège cet homme qu'il sait bienveillant bouger les doigts sur une étrange tablette. Visiblement ça le fait sourire.
Alors mon ami lecteur, il faut que je te laisse.
Bonne journée ! 

 

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10 août 2016

Roger s'en est allé.

Roger, c'est mon voisin. C'est l'ancien boulanger. Roger a passé sa vie dans la boulangerie de ses parents au bout de ma rue. Vendredi dernier Roger est mort comme il a vécu, en douceur, dans la maison de retraite où il avait fini par accepter d'aller. 

Roger était mon voisin. Mais Roger était surtout mon ami. Un petit homme discret, effacé, plié à angle droit, ne voyant presque plus rien et n'entendant plus grand chose. Roger est parti à la maison de retraite quand, en plus de ses soucis, il n'arriva plus à marcher. 
On dit de lui dans le village qu'il n'a jamais fâché personne, ni dit du mal de quelqu'un. Roger était un très bon élève. Enfant à tour de rôle c'était lui, ou Gaston l''ancien maire qui était le premier de sa classe. Lorsque Gaston est mort, il y a quelques semaines, ça a été très dur pour lui, comme une sorte de déclic. 
Roger aimait lire. Il se souvenait de tout. Il savait tout de la vie de ceux qu'il aimait, les parcours de nos enfants, le nom de nos petits enfants, les âges, les endroits, les études. J'aimais prendre l'apéritif chez lui sur la table de sa salle à manger et parler avec lui, toujours timide. Il me montrait le vieux four éteint. Il me parlait de son ancien métier.
Lorsque nous arrivâmes  dans le village, je fis sa connaissance en déchargeant une remorque de bois. Je vis arriver ce petit homme, qui avait l'air si fragile, me proposer ses services. C'est ainsi qu'il entra dans notre vie.
J'aimais bien Roger. Ce matin malgré les vacances et son peu de famille il y avait quand même du monde dans l'église. Ses voisins, ses amis, les anciens. Roger avait 90 ans. Le prêtre, très âgé aussi sut dire les bons mots, ceux qui apaisent et le petit cercueil de bois est reparti, pas bien lourd sur les épaules des employés des pompes funèbres. Une petite liste de ses qualités écrite par ses amis en guise d'éloge funèbre. Il n'aurait pas aimé plus.
Roger n'allait pas à l'église. J'ignore pourquoi. Mais devant un tel monument de douceur et de gentillesse quel pourrait être le Dieu qui lui refuse l'entrée de son paradis. Chaque jour où il a pu marcher Roger partait au cimetière entretenir la tombe des siens. Tout ça en douceur, en silence.
Alors ce matin, en l'accompagnant une dernière fois, j'avais du mal à contenir mon émotion.
Adieu Roger. Je ne me fais pas d'inquiétude pour vous. Il paraît qu'il est une vertu qui élève qui s'appelle humilité. Alors bonne route....et merci de veiller sur vos anciens voisins. 
Deux enterrements à deux jours d'intervalle : une jeune fille tout en lumière et un vieux monsieur qui se plaisait dans l'ombre. " il y a plusieurs demeures dans la maison du Père."
J'avoue avoir envie de passer un peu à des épisodes plus joyeux.
Bonne journée à toi, ami lecteur. 

 

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Rassemblement familial.....

Chère Mère, cher Père,

Il faut me pardonner : dans le mouvement incessant des vacances je ne trouve pas le temps d'écrire.
Je voulais parler depuis quelques jours de ce rassemblement qui vous était dédié mais tout s'enchaîne sans  m'en laisser le temps.
Aujourd'hui la maison s'est vidée pour quelques heures. Lundi nous enterrions une jeune fille. Dans quelques heures un vieux voisin, un des santons de mon village que j'aimais bien. Alors aujourd'hui je veux prendre le temps de raconter ces quelques jours de joie familiale pour mettre un peu de lumière dans la journée. J'en ai besoin.
Je  pense que vous êtes déjà au courant de ce rassemblement familial. On dit qu'à l'endroit où vous êtes on peut tout savoir mais,comme j'ignore de quelle façon, je préfère vous raconter ces quelques jours de bonheurs.
 L'idée et puis le lieu étaient  venus de notre fille exilée au Qatar (très vite reprise par les autres membres de votre "tribu") trop privée de ces cousins qu'elle aime très fort.
Puis vos deux filles ont décidé de mettre en oeuvre toutes leurs ressources d'organisation pour faire de  ce beau projet une réalité.
La réunion était à votre honneur. Vous n'êtes pas restés assez longtemps sur cette terre pour nous permettre de fêter vos noces d'or ou plus encore. Alors on avait décidé de le faire "par contumace". Quand je dis "on", je m'associe bien à tort une organisation que vous devez essentiellement aux femmes de votre "tribu".
Unies comme les deux doigts de la main, l'une blonde autant que l'autre est brune ce furent elles qui furent les principales instigatrices et animatrices de ces quelques jours familiaux. Les impulsions familiales viennent souvent des femmes. 
La maison pour nous accueillir fut trouvée assez vite : un gîte de groupe, en Auvergne, un peu sommaire capable d'accueillir 36 personnes. . La maison en haut du village faisait face à la belle église romane dont le clocher, chaque quart d'heure, ponctuait nos activités. 
17 adultes, 19 enfants : pas un ne manquait à l'appel. Si le gîte était fort sommaire, les ressources de chacun semblaient illimitées. Le samedi chacun s'était mis en route. Des quatre coins de France. On se donnait les positions dans l'exaltation joyeuse des retrouvailles. On avait prévu les jeux, les visites, les repas sans trop les mettre en ordre pour laisser aussi le temps décider à notre place. Il ne fit jamais vraiment mauvais pendant ces cinq jours. Le nombre limitait tout ce qui était un peu coûteux mais les promenades, le lac voisin, les spectacles improvisés des enfants. Il y eut de magnifiques photos, des déguisements, ces tee-shirt marqués à nos noms où nous nous étions numérotés dans l'ordre d'arrivée sur terre
Le dimanche, dans la fort belle église où un très vieux prêtre officiait, vous fîtes partie des intentions de priere. Vos enfants et petits-enfants aiment à se retrouver. Ils sont devenus des adultes mais ils ont plaisir à se rappeler les vacances qu'ils passaient chez vous dans les chambre de bonnes du vieil appartement marseillais. Leurs pères travaillaient le plus souvent assez loin. Leurs mères étaient trop contentes de retrouver les lieux de leur enfance. La plage des "bains militaires" étai l'endroit où ils passaient une bonne partie de leurs journées.tous les endroits pour enfants des environs de Marseille furent aussi visités. Vous les aimiez. Vous les gâtiez. C'est un juste retour qu'ils se souviennent de vous avec beaucoup de tendresse. 
Votre "petite famille" s'est bien agrandie en deux générations. Vous auriez eu plaisir à être là. 
On se sépara au bout de 5 jours. Chacun retourna qui à d'autres vacances, qui a son travail. Un joyeux moment. La vie est ainsi faite de ces joies simples qui viennent éclairer le temps. De tels rassemblements sont rares. C'était le premier. Il restera dans nos mémoires, dans celles de vos petits-enfants et arrières petits-enfants.
Ainsi va la vie des gens simples que nous sommes. Des petits bonheurs, de la peine aussi, dans des décors que nous aimons.
Je voulais vous raconter mais je sais que je ne vous apprends rien à l'endroit où vous êtes mais c'était aussi pour exprimer ma reconnaissance. 
Je voulais aussi remercier chacun de ceux qui par leur présence ont rendu ce rassemblement possible.
Je vous embrasse. Un jour on se retrouvera. Je vous raconterai alors avec plus de détails.
Votre gendre,
Jacques

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09 août 2016

Mathilde

Le mistral s'est arrêté pour la journée, comme pour faire une pause. Le paysage de Venasque est toujours magnifique. La grande église accrochée à la colline nous est familière.  Les parkings sont pleins : il y aura beaucoup de monde. Nous sommes arrivés tôt. Nous trouvons de la place. Nous reconnaissons beaucoup de monde. 

Nous ne te connaissions pas du tout. Nous savions ton existence, ton engagement à Misericordia au Chili, ton retour prévu. Nous ne te connaissions pas mais tu nous étais familière comme le sont nos neveux, les amis de nos enfants ou les enfants de nos amis. Sur le livret la photo souriante d'une jeune femme en pleine vie.
Et puis est arrivé ce message terrible annonçant ta mort. Loin à l'autre bout du monde, au  Pérou. Un accident de car. Deux de tes amies blessées aussi. 
La cérémonie commence où nous allons apprendre à mieux te connaitre. Les tiens ont voulu qu'elle soit à ton image, pleine de vie et colorée. Chacun est venu vêtu de couleurs d'été, comme pour un mariage, ou un grand rassemblement familial. De nombreux jeunes gens, des petits enfants. 
Autour de l'autel de nombreux prêtres sont là pour t'accompagner. Quelques témoignages, la lecture de quelques unes de tes lettres nous font entrevoir des qualités inconnues, une vocation, un élan, un appel. Comme si cette mort inattendue en était la réponse et que Celui que tu aimais tant avait fait appel à toi le plus tôt possible.
La messe se termine. On t'accompagne à pied au cimetière. Un petit cimetière accroché au flanc de la colline. La vue est magnifique sur toute la Provence. Une dernière prière, un dernier chant, ta famille rassemblée devant la tombe.
On redescend chez tes parents, dans cette maison où il y a encore très peu de temps on célébrait un mariage. Un repas qui rassemble la famille et les amis. 
Voilà chère Mathilde comment on a appris à te connaitre et à t'aimer. La façon dont maintenant tu vas agir pour tous ceux que tu aimes, on ne la connaît pas encore. On sait que ce sera nécessaire pour tous ceux que tu laisses.
Que doit-on te dire maintenant ? "Bon Paradis" ? Je ne sais. Nul ne sait. Dieu le sait.
Aujourd'hui le mistral a repris. Il fera un peu plus frais. 

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07 août 2016

Bienvenue Timothée

C'était toi, hier, le roi de la fête. Du haut de tes quelques semaines tu occupais sans le savoir l'esprit de tous ceux qui étaient rassemblés. Vous êtes arrivés jeudi pour le plus grand bonheur de la maison et de ceux qui l'habitent. Vous c'est à dire tes parents, tes frères et soeurs....et toi, petit homme ! 

Chacun a pris ou retrouvé sa place dans la maison qui vous attendait. Le vendredi fut consacré aux derniers préparatifs car on serait nombreux de la fête. Chacun s'affairait. Tes frères et soeurs découvraient quelques surprises de leurs grand parents. La maison et le jardin vibraient de cette émotion nouvelle des grands rassemblements.
Puis arrivèrent tes futurs parrains et marraines, tes oncles et tantes, puis la famille de ton papa qui venait de loin, de ce "nord" de la France. 
Il faisait très chaud. Tu es habitué, toi qui es né au pays des rois mages. Et puis le vent se leva. Un mistral d'été qui dégagea le ciel et rafraîchit un peu. Toi, tu passais de bras en bras. Tout le monde t'admirait comme un petit roi. Tu répondais de tes yeux grands ouverts et parfois d'un sourire. On te comparait tour à tour à tous ceux à qui tu pouvais ressembler.
Et vint le samedi, le jour de ton baptême. 
11 h du matin. La place de l'église est inondée de soleil. Seuls quelques arbres mettent ça et là des tâches d'ombre bienveillante. Le prêtre est un ami de longue date. Il nous accueille avec tendresse dans la maison de Celui qui nous rassemble tous ce jour là.
C'est ton baptême. Un acte d'appartenance et de reconnaissance. Les mots du prêtre sont simples et beaux, comme les textes et les chants. Ses gestes, codifiés par les siècles, marquent chacun des étapes de ton baptême. L'eau, la lumière, le sel, l'huile prennent aujourd'hui pour toi un sens que tu ignorais.
Tu es petit. Tu as la sagesse innée des enfants. Tu sais. 
Certains prétendent parfois que cet acte d'amour et de reconnaissance à la fois échappe à ton entendement, qu'il faudrait que ce fut plus tard. Ils ignorent qu'en matière d'amour les "enfançons" comme toi en savent mille fois plus que nous. 
On ressort de l'église. Toi, le nouveau petit catholique, tu es toujours aussi mignon.
La grande table nous attend sous le vieux hangar rénové qui comprend mieux aujourd'hui pourquoi on a pris tant de soins à le remettre en état.
La belle vaisselle, l'argent, les belles nappes sont dressés pour la fête. Dans le grand plat cuit le riz. Les vins circulent et les propos s'allègent. Une courte prière introduit le repas et c'est bien nécessaire en ce jour de reconnaissance. On est nombreux. On est heureux. Tu réussis à toi tout seul ce miracle de l'instant.
La journée se déroule dans ce bonheur qu'on consomme. L'après midi,  les plus hardis et les plus jeunes se rafraîchissent à la piscine pendant que les autres parlent ou jouent à l'ombre.
Le soir vient. Un repas léger. Certains sont repartis. On entend dans le village Les échos d'un autre rassemblement. Le vent est retombé. Le ciel est plein d'étoiles. Tu dors dans ton petit berceau.
Puis vient l'heure où l'on se sépare. 
Merci petit garçon, merci petit Timothée, de ce jour de bonheur.

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03 août 2016

La maison retrouvée -

Nous l'avions laissée quelques jours pour d'autres bonheurs de vacances : un grand rassemblement familial, une pause chez des amis accueillants, un mariage familial. Nous ne l'avions pas laissée seule. Il fallait qu'elle remplisse aussi sa fonction d'accueil : une autre famille est venue remplacer la notre et se reposer à son tour autour d'un autre mariage. Nous avons été content de la retrouver, de nous retrouver comme chaque fois qu'on l'a quitté. Il va maintenant falloir plusieurs billets pour remercier à la hauteur des bonheurs que nous avons vécus.

Autour de nous hélas, des ombres noires s'installent sur notre pays. Des actes barbares qui s'ajoutent les uns aux autres et qui rendent presque insolents nos bonheurs quotidiens. La vie est ainsi faite de soleil et d'ombres. 
Nous serons partis peu de temps. Nous retrouvons avec bonheur les endroits que nous aimons, les milles tâches familières.
La fin de la semaine ramènera chez nous d'autres présences familiales, le baptême d'un petit-fils, la maison remplie...d'autres bonheurs.
Mon cher blog, je t'ai un peu délaissé ces jours-ci. Je suis content de te retrouver et mes quelques lecteurs. J'ai beaucoup de petites choses à raconter. J'ai envie de le faire. 
Bonne journée à tous.

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