et pourquoi ne pas le dire ?

20 mai 2019

Pépites : le discours de Sabine

DD1A9400-D23C-4250-B385-91C7611EA033

 

Avancer en âge c’est savoir de plus en plus de choses et accepter d’en comprendre de moins en moins. C’est aussi  cheminer, sans trop savoir comment, ni même souvent pourquoi, sur des chemins parfois difficiles. 

Heureusement que pour éviter notre découragement et nous aider à suivre la bonne route, Le Bon Dieu dispose ça et là, non pas des petits cailloux blancs, mais de véritables petites pépites d’or.

Ce week-end fut un riche gisement :  Un vendredi qui nous ramène à la maison l’aînée de nos filles, fut notre première récompense. Un samedi matin resté suffisamment clair pour remettre en état un jardin un peu oublié, puis un passage au marché. Et nous nous dirigeons vers cette belle et grande église du pied du Ventoux qui nous attend pour un mariage.

Un mariage c’est déjà une très belle fête. Lorsqu’il se passe dans un si bel endroit c’est un plaisir supplémentaire. La proximité de lieu et de cœur ajoute au bonheur car nous savons que l’occasion va rassembler autour de ce jeune couple de nombreux amis et que ce sera l’occasion de belles retrouvailles.

Les mariés sont rayonnants. Le prêtre les honore d’un merveilleux sermon qui nous fait voir, voletant au-dessus de nos têtes, mille anges gardiens qui s’agitent autour de ce bel événement. La chorale est merveilleuse. L’assistance partage assez largement la même foi qui fait  profondément participer à la fête.

L’endroit qui nous accueille pour la réception est un bel endroit qui d’année en année s’améliore et s’embellit pour notre plus grand bonheur et qui permet de rassembler ces grandes maisonnées réunies  pour ces grandes occasions.

La pluie a bien voulu attendre la fin de la cérémonie, les photos de la sortie de l’église, et le départ des mariés dans une très belle voiture...décapotable.

Lorsque la pluie éclate tout le monde est déjà rassemblé pour la fête et une grande tente berbère contiendra heureusement tout ce monde. Nous sommes très nombreux (plusieurs centaines) mais nous savons déjà que nous aurons plaisir à être entourés de ceux qui nous seront désignés comme voisins.

Et les pépites s’accumulent dans nos mains et nos cœurs.

Tout le monde a voulu être de la fête. Les jeunes et les moins jeunes. Beaucoup ont bravé le temps. Certains ont peut être oubliés leurs maladies et leur soucis l’espace d’un instant. Un vrai bonheur que d’être là.

Et le repas commence par les traditionnelles séries de discours. Les parents du marié ont traversé la France. Ils commenceront en premier ces moments de tendresse qui vont se succéder.

Mais la plus grosse pépite recueillie ce jour-là fut certainement le discours de la maman de la marié. Notre amie s’avance, élégante et discrète à la fois. Un discours bref ou en quelques phrases nous revivons ensemble presque trente ans d’amitié. Un magnifique portrait de sa fille.  Une tendre évocation de tout ce temps passé. Un rappel délicieux des liens merveilleux, de famille, d’amitié, de tendresse et de proximité. Ou ...comment on se sent englobé en quelques mots dans un élan d’amour où chacun des présents  retrouve, à sa manière, sa part.

Un texte merveilleux que j’aurais plaisir à relire ou à re-entendre. Comment en si peu de mots faire passer tant d’émotion, un concentré de ces années passées, un rappel délicat des meilleurs moments ?

C’est une des grâces spéciales attachées à ces événements. Les autres discours se succéderont et j’avoue humblement que j’y fus moins attentif. 

La fête qui continue nous permettra très tard de rencontrer quelques autres de nos amis que les plans de table avaient tenus loin de nous. Quelques danses nous rappellent que nous n’avons pas perdu l’envie de nous amuser.

Le temps est aujourd’hui encore gris mais il rayonne de cet éclat particulier qu’est peut être le souvenir de cette grosse pépite parmi d’autres plus petites qui ont fait briller notre week-end.

Bonne semaine à tous et merci encore chers amis pour ce moment de bonheur partagé.

 

 

 

 

 

Posté par nic153 à 09:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]


17 mai 2019

Si vis pacem para bellum

3CB68229-F554-4CE7-B050-F68E9C79D966

 (Si tu veux la paix, prépare la guerre.)

Pourquoi, en regardant cette émouvante prise d’armes d’adieu à ces deux soldats morts en Afrique, c’est cette phrase latine qui me vient en mémoire ? Peut-être parce que ces cérémonies magnifiques deviennent trop fréquentes pour célébrer ceux qui meurent au loin pour préserver la paix. Triste occasion qui nous rappelle que des hommes s’aguerrissent et s’entraînent sans cesse pour maintenir la paix dans leur pays et mettre leur science de la guerre au service de leurs frères.

Curieuse guerre ou les ennemis frappèrent d’abord ceux qu’ils jugeaient coupables de les attaquer au cœur de leur croyance, puis il frappèrent des innocents, chez nous et dans leurs terres de conquête d’Afrique où la misère rend leur progression plus facile. Aujourd’hui nos soldats sont présents là-bas qui leur rendent les choses bien plus difficiles et ce sont eux qui sont leurs cibles.

La belle cour des Invalides est maintenant trop souvent le théâtre de ces belles fraternités entre les armées et la Nation.

Étrange pays qui refuse de donner à son armée les moyens de ses engagements. Étrange président dont le discours magnifique d’hier a du mal à faire oublier qu’il chassa le chef de nos armées simplement parce qu’il refusait qu’on amputât l’armée d’une partie nécessaire de ses budgets.

La France est un pays ambivalent où règne souvent côte à côte un antimilitarisme de cabarets ...et un recours au militaire dès que « les choses vont mal ». Et s’il est facile de vilipender le militaire (ou le policier d’ailleurs) on se souvient de sa présence lorsque le malheur survient.

En contemplant cette cour des invalides et cette très émouvante cérémonie, je pensai à mon père qui se maria dans la belle église Saint Louis qui flanque cette cour. C’était peu de temps après cette guerre qui lui avait mangé cinq belles années de sa vie. C’était après avoir perdu bon nombre de ses amis au combat. La guerre était à peine finie que les gouvernements d’alors commençaient déjà à rogner les budgets militaires. Ces hommes qui comme lui servaient alors sous les drapeaux avaient connu les horreurs d’une guerre sur LEUR terre espéraient préserver cette paix qu’ils avaient espéré longtemps.

Et je pensai à mon fils qui sert aujourd’hui sous le même uniforme et dont ceux qui meurent en ces jours sont les frères d’armes. Il est médecin militaire comme celui qui fut le précédent invité posthume de cette belle cour des Invalides.

Ami lecteur, regarde tous ces militaires rassemblés dans ces cérémonies. Regarde comme leurs poitrines sont décorées de médailles. Car il n’y a plus que des soldats « de métier » et il y a tant de zones de combats que chacun de ces petits rubans indique leur passage à l’un de ces endroits.

Ils ne sont jamais en repos, ni sur les territoires extérieurs où ils combattent au loin pour nous protéger au plus près, ni sur notre territoire où ils arpentent humblement nos rues pour lutter contre une menace plus sournoise, plus diffuse. Ils restent le dernier espoir de nos politiques souvent lâches où le danger grandit sans qu’on ait le courage de les combattre et où grandissent des zones d’insurrection.

Je pensai aussi à tous ces militaires qui servent la France pour des raisons qui semblent liées à leur nature même, à leurs gènes peut-être. L’armée est un savant mélange de familles de tradition militaire et de vocations qui naissent et qui viennent enrichir ce vivier de soldats.

Je n’aime pas trop ce gouvernement, ni même ce président car je ne reconnais pas en eux l’empreinte d’un destin national mais bien plus une savante alchimie de calculs politiques, de raisonnements économiques, et de navigation à l’aveugle guidés par seulement par les sondages.

Je me trompe peut-être. Pourtant ce discours était très  beau. Pourtant ce discours était très grand. Pourtant ce discours portait vraiment en lui les valeurs que j’aime voir honorer.

Puisse l’image de ces combattants courageux inspirer nos gouvernants et nos compatriotes et retisser ces nécessaires liens d’honneur, de fidélité, de courage qui nous manquent cruellement.

On ne rend pas assez souvent hommage à ces combattants et demain, la paix revenue, ils retourneront dans l’ombre. Puisse ce petit message participer à les honorer.

Et que ceux, qui gardent avec moi, le souvenir d’une France, qui fut et qui est fille aînée de l’Eglise ajoutent à ces hommages leurs modestes prières.

Merci ami lecteur d’avoir partagé avec moi ce moment.

Posté par nic153 à 00:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 mai 2019

Les lapins de Pâques ...

F9F6BB72-2134-4DF6-9F6E-B79638CB6B17

 

C’est une comédie musicale, montée par une troupe de comédiens ambulants navigant depuis leur naissance de pays en pays à travers le monde.

La compagnie compte une danseuse, une gymnaste, un boxeur et un tout-petit qui n’a pas encore d’activités à l’exception de la crèche.

On sent que tout est prêt, qu’il y a eu un grand travail préliminaire. Les chorégraphies sont au point. Les chants sont répétées pendant les quelques heures précédant le spectacle et il y a encore plein de choses à terminer : la création des tickets, d’entrée, la surprise qui récompensera les spectateurs de leur participation...et l’affiche...bien sûr.

Heureusement la scène est prête en permanence. Entre la tour et la cabane une petite esplanade permet la production de spectacles. Deux doubles rideaux permettent selon le besoin de s’ouvrir sur un vrai spectacle...celui du haut dissimule la scène et les artiste;  celui du bas permet à des montreurs de marionnettes de se dissimuler.

On sollicite « grand-père » pour mettre en place les rideaux que l’on sort d’un coffre. On sort les sièges des spectateurs. Mais il n’est pas autorisé à assister aux ultimes répétions.

Bien sûr, il y a un léger différé. Pâques s’est déroulé. Dans la maison des autres grands-parents avec qui on partage volontiers ce trésor que sont nos petits-enfants. Je t’invite, ami lecteur, à admirer l’affiche.

Les places sont payantes...le prix n’est pas exorbitant mais permettra l’achat de quelques friandises. Et la surprise ce sont quelques pièces en chocolats fabriquées par les artistes eux-mêmes.

Voilà comment par la grâce des talents de ces petits artistes, un séjour d’une dizaine de jours démarre. Dix jours de bonheurs partagés, de promenades, de surprise, de petits bonheurs accrochés en ribambelles.

Dieu vit que cela était bon. Et il y eut un soir et il y eut un matin.

Bonne journée ami lecteur.

Posté par nic153 à 21:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Petites nouvelles d’en-France,

8CC56167-74E9-4875-A02B-0001338314DE

 

Tu me demandes, cher Eulophène, quelques nouvelles de moi et de ce beau pays. Je vais tenter d’y répondre en commençant par moi...parce que c’est le plus facile.

Je vais bien. Toujours installé dans ce beau village de Provence (qui n’est pas sans souci..hélas !), je vis une retraite paisible avec des enfants au bout du monde et des petits-enfants qu’on espérait voir se rapprocher et qui s’éloignent encore plus de nous (sur la mappemonde...mais pas dans nos cœurs ). Ils partent dans un pays qu’on dit magnifique et que nous commençons déjà à aimer avant même de le connaître.

La vie se déroule au rythme d’un temps incertain dans un printemps qui nous a surpris par ses égarements, un jardin qui a besoin de soins, une maison que je cherche à agrandir, une participation à la vie municipale qui me donne quelques joies et beaucoup d’inquiétudes en ce moment.

Nous avons passé la journée d’hier à Marseille auprès d’un frère et de sa femme dans un des ces endroits que la grande ville cache avec jalousie. De ces lieux paisibles dans une ville qui fourmille et bruisse à l’entour. Une arrivée matinale, une promenade sur les quais avec un « mistral de folie », un passage dans une boulangerie plusieurs fois centenaire, une messe dans la vielle abbaye fortifiée qui depuis presque deux milles ans domine le port, un sermon « pastoral » par un prêtre aux accents de Pagnol, un bon repas, une longue promenade  le long d’un ancien canal qui surveille la ville au loin, la rencontre impromptue d’une charmante famille de neveux...bref de très bons moments.

Je ne travaille plus, mais ELLE oui, ce qui me donne un sentiment de culpabilité quand mes journées ne sont pas « actives ». J’ai l’impression de vivre à ses crochets, même si je jouis d’une retraite tout à fait légitime.

J’y reviendrai plus longuement dans une prochaine lettre. 

Quant à mon beau pays c’est plus compliqué. Depuis près de six mois nous sommes confrontés à une étrange crise. Au début ce fut une sorte d’explosion d’exaspération sur devant des mesures surprenantes et douloureuses qui pèsent sur le quotidien des plus petits. Mais le mouvement a duré avec son lot de manifestations,  de dégradations, de mauvaise gestion de cette crise.

Et si je devais te le résumer aujourd’hui je dirais que c’est un mouvement de « gens qui ne savent pas, ou plus, ce qu’ils veulent face à des gouvernants qui ne savent pas qui ils sont ni où ils veulent mener le pays. »

Le tout dans une gêne permanente qui pèse sur la  vie quotidienne, une dégradation des relations entre les hommes et un « dèsamour » de plus en plus grands des français pour la vie politique.

Dans ce contexte nous allons devoir voter dans quinze jours pour élire un parlement ...européen. Cette belle initiative de paix et d’entraide entre peuples voisins et trop longtemps ennemis est devenue un lourd appareil bureaucratique et réglementaire qui vient se superposer aux autres.

Trente-quatre listes pour une élection dont on sait déjà qu’elle intéresse à peine un électeur sur deux et peut-être encore moins dans le contexte actuel.

Si on écarte les partis qui veulent être élus pour détruire l’appareil qui les aurait accueillis, les obsédés de telle ou telle cause qui n’a rien à voir avec la politique qui voient en ces élections  une tribune d’expression « bon marché », ceux dont la préoccupation est de faire vivre à coup de subventions les appareils politiques qui les nourrissent et que sais-je encore...il n’y a plus que les quelques partis « habituels » auxquels plus personnes ne croit.

La plupart de ces grands partis ont mis en tête de liste des inconnus, un peu comme ont sacrifie un animal pour faire traverser un troupeau dans une rivière infestée de piranhas... Ils sont le plus souvent très jeunes : ce qui  traduit bien une volonté d’être présents si jamais il y a un gâteau à partager mais sans prendre de risque individuel.

Tout cela est bien triste. J’avoue qu’un de ces candidats tient un discours dont le contenu philosophique et éthique me plait bien et est assez proche des valeurs que je défends. Mais « chat échaudé craint l’eau froide » et ce candidat appartient à un parti dont le précédent représentant se prévalait d’une belle intégrité qui s’avéra cacher bien des failles. Et tout se termina dans un douloureux fiasco.

Car s’il est une chose que je déteste par dessus tout, c’est le mensonge public et politique. Je préfère que les loups soient des loups plutôt qu’ils se déguisent en brebis.

Bref, comme plus de 50 millions de mes compatriotes, je ne sais pas encore pour qui je vais voter. Ce que je sais déjà c’est que ce sera un vote du « moins mauvais » et sans aucun enthousiasme.

Tu vois, mon cher Eulophène, la démocratie a aussi ses limites.

Mais je t’écrirai plus tard pour te donner plus de nouvelles. Je ne dois pas tarder à « me bouger ». Il y a encore tant de choses à faire.

Je te remercie de me donner des nouvelles de ceux que nous avons laissé « Là-bas »..

Je t’embrasse.

 

Jacques 

 

 

Posté par nic153 à 09:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 mai 2019

Le Ciel

CA3F3BF8-2073-470C-887B-472701D18FDA

Je me suis réveillé ce matin en plein milieu d’un rêve. L’aîné de mes petits-fils me demandait pourquoi j’avais tant envie d’aller un jour au Ciel... et comment faire pour y aller.

Je ne savais pas trop quoi répondre. Je ne trouve jamais de réponse aux questions pertinentes. Il faut d’ailleurs souvent que je les fasse répéter car je ne les ai entendues qu’à moitié.

Je ne voulais surtout pas m’en tirer par une pirouette, car rien n’est plus important que la question d’un petit enfant ....même si elle revient sans cesse.

Comme je m’étais réveillé, il avait disparu. Je me dis que ce devait être un signe, une sorte d’avertissement que me donnait justement ce Ciel. Il était important que j’ai une réponse à cette question...s’il la posait un jour.

Je me levai, préoccupé. 

C’était encore l’aube. Il faisait gris. On ne distinguait encore rien dans le ciel (le « petit » ciel, celui avec une minuscule, juste au dessus de nous). Je pris le temps de déjeuner puis m’installais sur mon canapé avec ma tablette sur les genoux.

...

Si j’ai envie d’aller au Ciel, un jour (assez tard si Dieu le permet), c’est parce que beaucoup de gens que j’aime m’ont dit que c’était important. Et comme ils avaient très envie d’y aller, je me dis que le Bon Dieu, qui justement est Bon, a du leur réserver une petite place ou au moins les mettre en file d’attente. Donc si j’y vais j’attendrai certainement avec eux dans cette longue théorie  et c’est déjà un bonheur que d’attendre avec ceux qu’on aime.

C’est aussi parce que c’est un endroit dont parle si bien l’Homme-Dieu, ou le Dieu-Fait-Homme, qui fit tant de merveilles qu’on serait bien sots de n’aller pas le suivre à l’endroit où il vit le plus souvent.

J’ai trop envie, lorsque ce sera mon heure, de voir les paralytiques marcher, les sourds entendre et les aveugles voir, et plus spécialement pour moi, les maladroits devenir habiles, les chauves voir leur cheveux repousser, les gauchers écrire de la main droite sans tacher leurs cahiers d’écolier, (et encore plein d’autres choses ). Connaître aussi ce bandit qui a gagné le Ciel juste au dernier moment, par un sincère repentir, parce qu’il avait compris que son voisin de Croix n’était pas quelqu’un d’ordinaire.

Et je me dis que cet Homme-Dieu capable de pardonner aux plus grands pécheurs doit être aussi capable de s’occuper de ceux qui pensent, comme moi, être des pécheurs « ordinaires ». 

J’ai aussi envie d’y aller parce que j’imagine le sourire de bonheur que doivent avoir ceux qui arrivent là. On dit d’ailleurs un sourire « béat ».

Puis j’y rencontrerai certainement mes santons, tous ces gens qui se croient petits et sans intérêt que je croise en marchant dans les rues de mon village. 

J’imagine aussi qu’il y a là-haut beaucoup de monde, car je crois très fort que la Miséricorde est la plus belle invention de Dieu.

Mais aussi parce que dans ce « monde » merveilleux, qui justement n’est pas le monde, on doit en une seconde pouvoir répondre aux questions pertinentes des enfants.

.... finalement ça ne va pas être facile de répondre s’il me pose la question !

Alors s’il le fait en jour, je crois que je le regarderai tendrement. Je lui dirai que s’il me le demande c’est qu’il doit certainement en avoir envie aussi comme j’en avais sûrement déjà envie à son âge. C’est déjà un peu la réponse.

Si je dois dire... comment. Je lui répondrai qu’il faut être sage...comme les enfants. Mais surtout pas comme les adultes qui prétendent l’être mais au contraire comme ceux que l’on dit un peu fous, ou que la société trouve trop fragiles, ceux qui font des barrages de pierres sur les rivières ou construisent des châteaux de sable avec leurs petits enfants.

Mais maintenant j’ai plein de choses inutiles et vaines à faire jusqu’à ce soir. Il faut donc que je te quitte, ami lecteur, pour m’empresser à cette inutilité.

La première est d’aller au jardin...la seconde de mettre un peu de chaud sur les traces de sable que les dernières pluies ont déposé sur la couche de chaux toute neuve de la « cour de derrière ». Et plein d’autres encore...

Alors je t’embrasse. 

Bonne journée.

Posté par nic153 à 08:32 - Commentaires [2] - Permalien [#]


06 mai 2019

La Princesse Aurore...

318A0ECB-7DD1-4593-9A00-F21066CEFCB7

On dit qu’il y a bien longtemps elle fut plongée par jalousie et méchanceté  dans un profond sommeil dont elle ne sortit que par le baiser d’un prince charmant.

La Princesse Aurore dont je parle est un petit bébé charmant dont je fis la connaissance il y a une semaine. Une jolie petite fille pleine de grâces et de charmes dont  on me dit que « dans l’état des connaissances actuelles », elle aurait toute sa vie un problème de surdité. Il se trouve qu’elle porte ce joli prénom de naissance du monde.

J’écoutais sa maman me parler avec tendresse de ce petit bébé tout neuf et de ce souci récemment découvert.

Et je découvrais samedi, comme un cadeau, un joli petit film où la petite Princesse découvrait avec ravissement la voix de ses parents.

Un monde qui s’ouvrait à elle, un doux babillage qui répond à la voix de parents attendris.

Alors j’ai pensé aux nouveaux « princes charmants » qui transforment le monde en maîtrisant qui des sciences, qui des techniques et des savoir-faire. Ce sont des ingénieurs, des artisans, des ouvriers, des médecins.

J’étais content de voir ainsi mise à l’honneur la longue patience des hommes à transformer le monde qui les entoure.

Trop souvent, hélas, le progrès ne sert que la folie des hommes et conduit aux pires usages. Mais là, je voyais illustrée la parole : « Les aveugles verront et les sourds entendront... ». Je suis encore sous le charme.

Certes tout n’est pas gagné et cette petite princesse aura certainement longtemps ce problème à gérer. Ses parents, son entourage devront certainement se battre pour lui donner une vie plus aisée, moins « différente ».

J’avais vécu il y a déjà longtemps le même  phenomene ayant connu mon père , à la cinquantaine passée et grâce à une opération nouvelle à l’epoque, migrant du monde du silence vers celui des sons ce dont il profita longtemps. Je me souviens de cet émerveillement.

Cette homme était SON arrière-grand-père...

Je me souviens de ses paroles ...avant : « Le monde plaint les aveugles mais le plus souvent rit des sourds... » . Je me rappelle de ce changement et de son bonheur. 

J’apprécie chaque jour ce miracle quotidien de la vie qui fait que le plus souvent, pour chacun, ...tout fonctionne « normalement ».

J’ai parmi mes lectrices l’une d’entre elles qui, par sa profession, est confrontée à ses problèmes d’audition et qui relaie beaucoup de jolies choses à ce sujet.

Je pourrai dire que ce monde m’est ainsi  devenu un peu plus « familier ».

Alors je passe et je repasse en boucle cette petite séquence de découverte.

Je veux me réjouir de ce « progrès » et de ses artisans. Je pense à tous ses hommes qui , chacun a sa manière, en s’améliorant, en maîtrisant mieux les techniques et les savoirs de son domaine font avancer le monde.

J’oublie misères et débordements, exploitations et desordres  et je veux démarrer cette semaine sur ce « verre à moitié plein » qu’un babillage léger et une jolie petite fille m’ont rappelé.

Bien sûr, petite Aurore, tu resteras dans nos prières un peu particulières de ceux qu’on nomme par leur prénom pour attirer l’attention bienveillante d’un Dieu qui seul peut TOUT changer. Et puis un jour, j’espère, tu n’y seras plus qu’une anonyme une parmi « et tous ceux qu’on aime... ».

Que ceux qui parmi vous savent de quelle petite fille il s’agit se réjouissent avec moi pour elle. Pour les autres je leur demande de partager simplement avec moi cette reconnaissance et cette admiration à ceux qui font, par leurs talents, progresser le « bien-être » des gens.

Ami lecteur, je te souhaite une bonne semaine.

Petite Aurore, je t’embrasse très fort.

Posté par nic153 à 06:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 mai 2019

Un lendemain de premier mai....

6E9A66BE-85A8-4BEF-B2EB-9C686218BA2C

 

Ce n’est pas le moment de bouder ses bonheurs :  Une petite tribu de quatre enfants adorables et leur maman viennent de regagner leur pénates bataves.

Il y a encore ça et là des traces visibles de leur « occupation ». Cabane et tour ont repris du service. Les vélos sont de nouveau en état ainsi que la petite remorque du dernier. Ils ont été testés sur les routes à l’entour.

Et puis il y a eu plein de bonnes choses et de joyeux moments : le parc Spirou nous a fait vivre des sensations vertigineuses, les jeux de société sont ressortis de leurs boites, et l’atelier a vu un grand-père partager avec ses petits enfants l’art de bricoler en famille. On a même fait visiter à tout ce petit monde la mairie .

Et des rires. Et des éclats de voix. La vie.

Pendant ce temps une « grand-ma » gâtait sans ménagement tout ce petit monde.

Il n’a pas fait très beau. La piscine préparée un peu à l’avance n’a finalement pas eu son mot à dire. Tant pis. On attendra l’été.

Au milieu du séjour, l’homme qui écrit ses lignes quitta son bonheur familial pour en partager un autre, le mariage d’un neveu en Bresse. 

Le temps est passé vite mais les bonheurs se sont succédés. Plein de provisions pour les jours à venir.

Et même si l’image de mon pays est maussade. Même si notre président m’a donné pendant deux heures l’impression  de brasser du vent...mais avec, je dois dire, une certaine élégance. Même si les maux qui minent notre pays et notre terre sont toujours aussi présents. Même si l’avenir de mon village me semble un peu obscur. Même si je ne sais plus trop comment j’y participerai.

Et bien malgré tout ça, ce qui m’inquiète le plus en ce jour c’est que je ne trouve pas le temps entre deux ondées d’aller m’occuper de ma parcelle de jardin.

Comme quoi l’ « homo ordinarus » que je suis et que je veux continuer d’être a encore de beaux jours devant lui.

Voilà c’est dit, c’est écrit.

Bonne journée ami qui me lit pour mon plus grand bonheur.

Posté par nic153 à 21:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 avril 2019

Curieuse pluie....

CAD4A03F-5F4C-4C97-82DC-69137E478A77

..qui tombe avec régularité sur notre toit réparé. J’avoue cependant ne pas encore maîtriser l’ancienne appréhension des fuites qu’elle entraînait autrefois.

Je me suis levé en sursaut à l’aube lorsque je l’entendis tomber. Je crois qu’il me faudra quelques belles ondées encore pour vaincre cette inquiétude.

Il en est souvent ainsi dans ma vie. Je m’inquiète souvent de « supposés » risques, peut-être plus que des vrais dangers. Cette inquiétude peut devenir paralysante et empêcher de nombreuses actions. Il faut toute une vie pour en triompher.

Être un petit garçon gauche et maladroit pèse sur toute une vie. Heureusement qu’il y a parfois la main qui aide, la mère qui console, le père qui accompagne, le maître qui conseille ou simplement la chance qui évite la catastrophe.

Dans ma vie quelques personnes ainsi bienveillantes ont réussi  l’exploit fantastique de faire admettre à ce petit homme balourd qu’il avait aussi son rôle à jouer. 

Enfant j’enviais les dèsinhibés capables de prendre tous les risques car ils se sentaient capables de tout. En tous cas je le crois jusqu’au jour où j’en vis quelques uns s’effondrer devant de vrais risques.

J’aurais aimé être « eux ». Parfois ce n’étaient que des mythes, des images fabriquées. Mais j’en ai aussi rencontres d’authentiques, de ces êtres à qui on fait confiance et qui le méritent et dont chacun s’accord à reconnaître la valeur. Aujourd’hui je mesure l’immense responsabilité de posséder ainsi tant de talents à faire fructifier. 

Le petit homme que j’étais dans mon enfance avait peur de tout : l’obscurité du parc en allant fermer le portail, le contact des vers de terre ou de tout autre animal inconnu, le mur du voisin à enjamber, l’eau, les professeurs, les autres....que sais-je encore ?

La vie d’un tel petit garçon est une succession de grands défis pour des choses qui paraissent à d’autres insignifiantes. Un long chemin où l’on avance à force de petites victoires insignifiantes.

Arrive à l’âge d’homme, il reste souvent l’appréhension devant toute situation nouvelle. Parfois la « crânerie » tient lieu d’excitant, ou bien la peur de décevoir. L’autodérision permet aussi de sortir de situations qui semblaient désespérées.

Mais je crois que le principal moteur est souvent l’envie de ne pas décevoir ceux que l’on aime et qui vous aiment. Un moteur d’autant plus puissant qu’il porte en corolaire l’indulgence et le pardon. 

La vie est alors une longue acquisition de la confiance, dans les hommes, dans le matériel, dans les procédures, dans le savoir.

S’ajoute à cela une immense reconnaissance, le sentiment d’obtenir des biens dont on était indignes. 

Je crois qu’un de ces jours j’écrirais un billet sur ce sentiment merveilleux de richesse qui un jour vous saisit et qui fait que vous ne vous sentirez plus jamais pauvre.

Mais si aujourd’hui est un très beau jour malgré la pluie c’est aussi parce que la maison s’est enrichie de nos deux filles et de nos quatre petits-enfants. Elle va vivre quelques jours rythmés par eux, par leurs jeux, leurs chamailleries, le bonheur de ce qui se passe ou même juste d’être là...ensemble.

Et quelque soit le temps il sera prétexte à des activités qui s’adaptent à lui. Mais ne boudons pas non plus le plaisir de cette pluie qui remplit nos nappes phréatiques et régénère la terre.

Bonne journée, mon ami lecteur.

 

Posté par nic153 à 08:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 avril 2019

Lundi de Pâques....paresseux

B2718B06-CE07-4EF7-B26E-5A73C7BB8110

J’ai toujours aimé ce jour de « cancre » où l’on n’a « pas école » sans qu’aucune raison ne le justifie vraiment. Un jour férié où (autrefois) l’ensemble des magasins étaient fermés. Pas un dimanche donc pas de messe. Pas un de ces jours fériés religieux, ces dimanches « qui tombent en semaine ». Pas non plus un de ces jours fériés exceptionnels qui correspondent le plus souvent à des commémorations d’événements historiques tristes ou joyeux mais donnant au jour une coloration particulière. 

Seuls échappent à ces règles le lundi de Pâques, ou le lundi de Pentecôte. Dimanches sans messe (ou sans mauvaise conscience de l’avoir ratée). Jours de vacances imprévus.

Lorsqu’on devient adulte à son tour, ce sont de ces jours où l’inaction généralisée sert de prétexte à une paresse bien contrôlée. On ne fait rien mais pas comme le samedi où la paresse s’accorde avec le malaise de n’avoir pas rempli certaines obligations de bricolage, voire de sport, ou plus généralement d’activité.

Non ! Le lundi de Pâques est un vrai jour de paresseux. Le seul depuis qu’un gouvernement de « droite » nous a volé le lundi de Pentecôte pour se donner des allures de générosité. On est toujours trahi par les siens. Il est toujours plus facile de dépouiller les catholiques que les autres d’un « avantage acquis ». Ils pratiquent le double avantage de tendre l’autre joue et de ne pas vouloir avoir l’air de réclamer dans un pays qui veut leur faire comprendre qu’il n’ont plus  le droit de cité, ni le privilège du nombre.

Or l’auteur de ces lignes est un vrai paresseux, ou en tous cas le fut longtemps dans son enfance. De ceux qui préfèrent la rêverie, et parfois même l’ennui, à l’action ou toute forme d’activité utile. 

Ce matin part bien dans cette direction. Quelques solides appuis. Un temps qui s’annonce ensoleillé. Quelques bons livres. Un réveil matinal qui permet de faire durer plus longtemps le plaisir de l’inutilité. Et la fin du carême qui permet de retrouver la bonne conscience de la gourmandise ordinaire. 

Oh ! Il y aura peut-être être quelques trahisons à cette fainéantise ordinaire : un peu d’entretien au jardin, un ou deux bricolages nécessaires, peut-être un peu de courrier...mais rien d’important, rien de grave.

il faudra aussi certainement accepter certains froncements de sourcils car ELLE est beaucoup plus « active » et ne voit pas toujours d’un très bon œil l’inaction de son mari .... mais on supporte tout par amour ...même le reproche de sa paresse ;-)

Mais toi, ami lecteur, tu es beaucoup plus vertueux que moi, ce dont je ne saurais te blâmer, et tu t’occupes peut-être à des fins plus utiles. 

Je te souhaite cependant un bon « lundi de Pâques ».

Profite de ceux qui te sont chers et jouis avec volupté de ce petit cadeau du ciel supplémentaire.

Je les embrasse aussi.

Posté par nic153 à 09:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 avril 2019

Matin de Pâques

77F6D420-DEC7-470E-8E66-556896799120

Lorsque le sabbat fut passé, Marie la Magdaléenne, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates afin d'aller l'embaumer. Et, le premier jour de la semaine, de grand matin, elles vinrent au sépulcre, le soleil venant de se lever. Elles se disaient entre elles : " Qui nous roulera la pierre de l'entrée du sépulcre? " Elles regardèrent et observèrent que la pierre avait été roulée de côté; or elle était fort grande. Entrant dans le sépulcre, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d'une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur....

J’ai 20 ans. C’est l’été. Pendant mes vacances, je fais visiter l’abbaye de Mozac en Auvergne. Quatre chapiteaux à l’entrée de l’église ont été redécouverts à l’occasion de travaux. Ils sont d’une facture parfaite. Chose rare, ils sont posés à un mètre du sol et on peut en admirer tous les détails.

Je les raconte mille fois. Celui des femmes au tombeau est d’une grande beauté. Chaque fois je redécouvre le tombeau ouvert, les soldats endormis, les femmes venus embaumer le corps, les anges qui leur racontent que celui qu’elles venaient embaumer est ressuscité.

Est-ce la beauté de cette œuvre qui imprima en moi cette certitude de la résurrection ? « Je ne sais. Nul ne sait. Dieu le sait. »

Ce que je sais c’est que chaque matin de Pâques, ce magnifique chapiteau défile devant mes yeux et une grande émotion me saisit, mêlée d’émerveillement et de reconnaissance.

Seule notre fille aînée nous a rejoint pour cette Pâques. Nous attendons mardi la seconde et ses enfants qui seront en vacances. Nos fils sont loin, à deux bouts du bout du monde, aux fins fonds de l’hémisphère sud.

Nous avons passé la veillée pascale dans un petit village au bord du Luberon. Un village de carte postale où se côtoient sur une même place vouée aux boules et à la promenade, l’église, le presbytère, la mairie et la poste.

Une charmante église entretenue avec passion par son curé et ses habitants. Une belle cérémonie à la fois solennelle et modeste. On bénit, le feu, le cierge, l’eau,. On prie pour tous le monde de l’Eglise jusqu’à ceux qui ont sont le plus éloignés. 

Synthèse d’une religion ouverte à tous...et pourtant si mal aimée. On a appris depuis une série d’attentats au Sri Lanka. Devant ces déchaînements de haine depuis toujours la réponse des chrétiens est de tendre l’autre joue et de reconstruire.

Mais que cette peine qui nous étreint ne nous fasse pas oublier l’immense Espérance qui surgit de cette résurrection.

Alors en ce jour de Pâques et malgré la tristesse de ces annonces, je veux partager avec toi cher lecteur cette immense Espérance.

Bon week-end de Pâques.

 

Posté par nic153 à 18:46 - Commentaires [1] - Permalien [#]