et pourquoi ne pas le dire ?

06 décembre 2016

Lettre a l'Enfant de la crèche.

Cher Enfant-Jésus,

C'est à vous que j'écris en direct. Non, que je ne veuille en aucune manière vexer le Père Noël : il est bien nécessaire que d'autres que vous veillent dans l'ombre aux petits bonheurs des plus petits. Je ne vois pas comment, en Votre Nom on pourrait s'en insurger d'une quelconque manière.
Je vous écris à l'approche de votre anniversaire pour vous remercier. Vous remercier bien sûr de votre venue dans notre monde et de ses belles conséquences. Mais aujourd'hui plus particulièrement de la joie de Noël et de cette faculté qu'a cet anniversaire de transformer nos cœurs en cœurs d'enfants. Déjà, après-demain dans la belle ville de Lyon que j'aime et où vit notre aînée on honorera Votre Maman par des milliers de luminaires sur les façades des maisons. Ici, chez nous, dans notre petit village nous ferons de même et quelques petits lumignons viendront modestement nous mettre sous Sa Protection.
Hier, nous sommes allés à Marseille, au marché aux santons, chercher quelqu'unes de ces petites merveilles qui font partie pour nous des charmes de notre belle Provence. Chaque année notre crèche s'enrichit d'une ou de plusieurs de ces petites figurines. La crèche c'est vraiment Dieu parmi nous, dans nos familles, dans nos villages, comme figés dans un temps incertain où la Paix semblait prête à venir s'installer.
Il y a autour de nous, l'attente patiente de ces jours où nous sommes réunis. Pas tous....et c'est dommage mais chacun a ses devoirs et il est parfois difficile de les conjuguer. Notre petit couple au pays des rois mages et ses petits enfants sages seront rejoints par d'autres neveux mais j'attends déjà avec impatience le résultat des découvertes du matin de Noël où les enfants ignorent par quel enchantement dans la crèche qu'ils avaient quitté, Votre berceau qui était vide est maintenant garni d'un beau petit poupon. Quant à notre marin-médecin, il fêtera Noël en mer avec d'autres soldats qui seront loin de nous pour veiller de loin sur notre pays menacé. Mais lui aussi sera dans notre cœur. Merci à ces soldats.
Nos deux autres enfants seront avec nous et viendront partager notre bonheur. Le rassemblement, le repas, la messe qu'on attend, le matin du réveil, les cadeaux qu'on déballe.
Tout ca m'enchante à l'avance et moi aussi j'attends ces jours avec impatience. Bien sûr que notre monde est agité. Bien sûr que des fous menacent notre paix, nos maisons et nos vies. Bien sûr que par le monde d'autres vivront des Noël douloureux et Vous savez bien que nous les porterons dans nos prières. Mais comme les petits santons de la crèche, ces petits saints joyeux de notre humble quotidien, nous voulons fêter dans la joie ce bel anniversaire.
Encore une fois merci mon Enfant-Dieu et promis nous aussi, nous essaierons d'êtres sages...comme des enfants.
Et toi, mon ami, mon lecteur en attendant ce jour que ton aujourd'hui sous beau beau.

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05 décembre 2016

L'approche de Noël : enfance

Est-ce c'est parce que c'est lundi ? Est-ce parce qu'approche à grands pas la date de Noël ? Est-ce tout simplement parce que l'âge à parfois d'étranges délicatesses qui ramènent au devant de l'âme ses souvenirs les plus charmants ? Je l'ignore mais ce matin une belle histoire vient hanter ma mémoire.
J'étais adolescent, pas un adolescent rebelle envers ses parents ni l'ordre établi mais simplement un adolescent rêvassant, inconstant, partagé entre une grande envie de bien faire et un courage déliquescent.
Noël approchait. C'était dans ma famille une année de "vaches maigres". J'étais parmi les grands de cette grande tribu et pour ce Noël difficile je n'imaginais pas trop de cadeaux. "Peut-être pour les plus petits, me disais-je, certainement pas pour les grands. Je n'ai pas vu maman dans ces habituels préparatifs secrets qui précèdent cette belle fête."
Et le jour arriva. Cette année là le jour de Noël tombait en pleine semaine. Maman me proposa d'un air un peu complice de venir avec elle choisir quelques cadeaux de mes frères et soeurs. J'aimais cette complicité. Mais il était tard déjà et seul un magasin était encore ouvert dans la ville voisine. C'était presque l'heure de la fermeture mais les affaires avaient fort bien marché et le magasin était resté ouvert plus tard.
Maman commença à choisir un premier cadeau, puis un second, puis un autre et puis un autre encore, demandant parfois mon avis mais ayant bien ses idées en tête. On commença par les plus petits...c'était les plus faciles tant ils avaient donné d'idées en parcourant les catalogues de jouets. On remonta vers le plus grands. On arrivait à des objets souvent utilitaires plutôt qu'à des jeux.
Je regardais une belle lampe de chevet. Je la revois encore. C'était une bouteille de verre rouge avec l'indication d'une marque de whisky surmontée d'un globe blanc. On voyait ce genre de lampe dans les bars. J'aimais cet objet. Je le regardais en silence. Maman se tourna vers moi et me dit : " Qu'en penses-tu ? Tu ne crois pas que ça plairait à J.M (c'était le prénom de mon frère aîné) ? ". J'éprouvais dans l'instant une très grande tristesse. Mais le bonheur possible de mon grand frère l'emporta sur la convoitise et je répondais que oui. On l'emporta ainsi,qu'un grand nombre d'autres choses dans la voiture. J'étais un peu amer. J'avais l'impression que j'étais l'oublié et que maman dans son élan m'avait effacé de son attention.
J'aidais à l'emballage des cadeaux, fier d'être dans la confidence, triste de ne rien voir déjà prêt à mon nom.
Le soir arriva. La nuit suivit avec quelques angoisses. Et le matin venu nous descendîmes dans la grande salle à manger déballer nos cadeaux.
Je n'étais pas pressé. J'essayais de faire bonne figure, ne voulant pas par ma tristesse gâcher la joie des autres. Tout à coup j'entendis Maman dire : "Quel nom est écrit sur ce cadeau là ? " et j'entendis mon nom comme réponse. Je me précipitais. J'ouvrais une grande boîte en carton. A l'intérieur, LA lampe prévue ,soi-disant pour mon frère, entourée de papier de soie. Je compris le subterfuge et j'en avais les larmes aux yeux. Comment avais-je ainsi pu douter de Maman ? Elle avait fait ainsi avec plusieurs de ses aînés aux âges où on se trompe facilement dans leurs goûts : une douce surprise !
Cette histoire me revient ce matin et mon cœur se réchauffe.
Je revois ces fêtes, prodigues les années fastes, d'autres fois plus spartiates, et l'image de tous ceux qui étaient là. Les traits ne sont plus très précis. Certains ont disparu emportant avec eux des morceaux de l'histoire. Et si le bonheur des ces fêtes qui approchent remplit mon cœur, je dois dire que vous me manquez, témoins aimés de mon enfance.
Bonne semaine ami lecteur.

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03 décembre 2016

Farandole d'images.

Puisqu'il fait un peu froid....
Il faut vite que je trouve quelques images, quelques pensées, quelques sourires qui me ramènent un peu de chaleur. L'esprit vagabonde. Il y a bien l'image du feu mais je ne l'ai pas encore allumé ce matin : trop de choses à faire. Alors l'image du soleil...mais la nuit est encore bien profonde et du canapé je ne vois pas les étoiles. L'image du lit bien chaud que j'ai quitté bien avant l'aube...mais justement, je l'ai quitté et j'ai froid.
Alors je sors mon joker, les images qui fonctionnent toujours des quatre petits anges du pays des rois mages.
A l'heure qu'il est vous vous levez à peine. Il y a deux heures de décalage de jour entre vous et nous. C'est samedi qui est pour vous l'équivalent de notre dimanche. Dans ce pays musulman on n'est pas bien aimable avec les autres religions alors vous irez ce matin au catéchisme puis à la messe dans ce grand bâtiment sans croix à l'écart de la ville. Vous y retrouverez des amis, de ces enfants de tous pays dont les parents travaillent bien loin de chez eux. Il y a bien du monde dans votre paroisse, des autres coins de la terre pourtant ronde, mais il y a une messe spécialement pour les francais. Un des rares moments où tout le monde parle votre langue. Une messe très jeune, beaucoup d'enfants. 

Je ne sais ensuite ce que vous ferez. Votre papa, très courageux, travaille cet après-midi. Dans ce pays on travaille dur aussi. Peut-être irez vous rejoindre des amis, peut-être rentrerez vous directement à la maison.
Je vois vos charmants visages : toi Tim, le dernier arrivé, souriant et jovial. Une demie année que tu as rejoint cette terre...si tu as dejà quelques dents, tu n'as guère de cheveux, un peu comme ton grand père qui t'écrit. Et puis Val, un peu plus grand, le malin, le rigolo. La tour construite pour toi cet été attend ton retour. Elle a besoin que tu inventes dans ta jolie petite frimousse cent histoires de preux chevaliers qui protègent des princesses et combattent des dragons. Encore plus grande il y a Tita, peut-être la plus mystérieuse. J'aime te voir par moment dans un silence que toi seule comprend construire un monde qu'on ignore et que toi seul maîtrise. Pourtant bien complice des tes frères et soeurs tu aimes à t'écarter parfois et jouer seule. J'aime ton mystère aussi. Et puis ma Capu, notre aînée, une grande fille sage et raisonnable qui nous rejoindra peut être sur Skype pour faire ,au-delà des mers, quelques exercices de français avec sa Grand-Ma. Votre école est anglaise alors il faut bien compléter un peu ce français que l'on parle. J'aime vous entendre au loin toutes les deux, vous avez l'une pour l'autre cette part de mystères et de secrets qui appartiennent à l'essence même des femmes. Il y a dans la petite cour, derrière la maison, des fleurs que nous avions plantées en l'honneur de ton prénom. Elles n'avaient pas fleuri. Nous les avions plantées trop tard mais depuis la fin de l'été elles ont tissé une longue traîne de feuilles annonciatrices de belles floraisons.
Votre maman aussi travaille. De chaque côté de la mer, elle et sa grande sœur, bataillent pour faire naître un beau projet d'entreprise. C'est dur....mais elles sont courageuses et Dieu qui aime le courage trouvera bien le moyen de les aider.
Ca y est. Je n'ai plus froid. Il a suffi de votre passage. Je sais que maintenant que la farandole est lancée, je ne vais plus vraiment la maitriser. Les images de la nuit où parfois s'insinuent regrets, tristesse et amertume vont s'en aller bien loin.
Je vous vois tous mes enfants, mes parents, mes neveux, mes frères et soeurs, mes amis et nombreux autres, parfois justes saisis au hasard d'un regard. Et dans ce monde où tant de choses sont fausses, où règne souvent le mensonge, vous êtes vérité.
Alors Vous, mon Dieu qui êtes La Vérité, qui savez le secret de mon âme, voyez dans cette danse joyeuse le cri de mon cœur. Et si, dans Votre bonté, vous vouliez bien la recevoir comme prière, ca m'éviterait de vous dire avec des paroles maladroites ce que mon cœur veut vous dire avec les belles images qu'il voit.
Et puis si Vous pouviez, accueillir avec toute Votre tendresse, tous ceux que j'aime sans les connaitre...même ceux qui ne m'aiment pas, mes ennemis puisqu'il y en a peut-être.
Et vous merci, mes quatre petits anges, vous me donnez ce matin ce petit surcroît de force nécessaire. Je vous aime.

et toi, lecteur mon ami, bonne journée.

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01 décembre 2016

Charles...de Foucauld, mon ami

J'ai un ami. Il s'appelle Charles et il est bienheureux. C'est aujourd'hui l'anniversaire de sa mort. Il y a juste cent ans.
Veux-tu que je te raconte comment est née cette amitié ? Elle remonte au temps béni de la fin de l'adolescence. Je passais seul des vacances chez ma grand-mère. J'étais un enfant plutôt indocile, assez mauvais élève car trop irrégulier. Un de ces élèves qui répondent aux professeurs, qui cherchent mille moyens de se distraire d'un monde scolaire dans lequel ils ne se sentent pas très bien. Je dormais dans l'ancienne chambre de mon père. Un mobilier de bois sombre des années 30, un lit dans un cosy-corner ( je crois que c'est ainsi qu'on appelait alors ce meuble qui servait aussi de table de nuit et de bibliothèque ). Il y avait donc des livres à portée de main. Trois livres bleus reliés de cuir noir et un beau livre rouge qui trônait au milieu.
J'aimais lire. Je les relus souvent. Ce livre rouge m'attirait : c'était l'histoire de Charles de Foucauld racontée par René Bazin. J'étais, je vous disais, à la fin de l'adolescence. Je rêvais d'être officier. Je rêvais de désert. L'histoire de cet homme d'abord indocile, puis aventurier, et enfin mystique me séduit tout de suite.
Et puis la vie passa. Un peu plus tard, en retraite je ne sais où, je passais une heure d'adoration dans une église vide. Je sais très mal prier. Je trouvais un ensemble de feuillets d'un belle écriture. Je ne savais pas d'où ils venaient. C'étaient des méditations de cet homme. J'y trouvai là un langage qui me prit immédiatement au cœur. Je devins sans qu'il le sache l'ami de cet homme.
Comme je suis un mauvais ami, pas très fidèle, il m'arrivait souvent de ne pas penser à lui.
Il s'est rappelé à moi, il y a peu de temps. Un groupe de prière et d'amitié auquel je participe, cherchait des petites présentations sur la vie des saints au travers de leurs œuvres.
L'image de ce petit homme en fin de vie, maigre et fragile au fond de son désert, ce regard si bon, me revint tout de suite en mémoire et je le proposai.
J'ai repris alors quelques livres de lui. Tout est lumineux. Tout me séduit dans cette histoire, y compris son apparent échec de son vivant et son rayonnement depuis sa mort.
Il me revient souvent en pensée. Il conditionne souvent mes décisions. Il me permet souvent de supporter les cent petites contrariétés du quotidien. Il me donne envie d'être mieux, de réussir. Bref c'est un bon ami, de ceux qui restent au delà du temps et qu'il n'est pas nécessaire d'avoir connu de son vivant.
Et si ce matin, je te raconte ça, c'est juste parce que ce matin encore son image s'impose et que j'aimerais te donner envie de le connaitre.
Peut être tout simplement parce que, pour être aussi fidèle, cher lecteur, tu dois être un peu ...mon ami.
Bonne journée

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30 novembre 2016

Soleil

Il n'est pas encore là mais déjà on le devine. Du canapé du salon où je suis assis bien dans le coin, en face de la cheminée qui restera éteinte jusqu'à ce soir, je regarde la fenêtre. Elle donne sur le mûrier de Chine qui vient de perdre toutes ses feuilles. Derrière, le grand hangar est déjà à l'heure d'hiver. Un peu éteint, quelques chaises déjà rangées contre le mur. Son vieux toit de tôle traduit ses origines ouvrières de toît de l'atelier du charron. Il est un peu rouillé aussi. Derrière on aperçoit le grand mur de la maison voisine qui s'est vidée de son seul habitant, un vieux curé maintenant en maison de retraite. Les volets sont clos, la peinture s'écaille. Encore un peu plus loin les murs des arrières de maisons sont un peu tristes qui s'effritent.

Et puis, venant de l'est, un rayon de lumière, éclaire d'abord un petit peu le haut de ces grands murs. Déjà mon cœur reprend de ses couleurs. En même temps le gris du ciel s'éclaircit au profit de ce grand ciel bleu de Provence et peu à peu le soleil descend le long du mur.
L'homme s'était hier soir endormi un peu las. Une impression d'insatisfaction, d'impuissance à mener les choses dans l'harmonie. Petites trahisons, petites mesquineries, petits abandons, petites faiblesses, incompréhensions. Parfois le résultat qui n'est pas à mesure de l'effort et la fatigue qui se fait sentir dans tout le corps. Un pays qui décline. Un environnement plutôt hostile. Le sentiment que beaucoup se lassent déjà devant l'ampleur de la tâche.Un sommeil qui tarde un peu à venir et qui file trop vite.
Et puis il y a ce moment, ce spectacle du soleil qui descend sur le mur, qui donne sa couleur à tout le paysage. Aujourd'hui la journée ne sera pas trop physique. Peut être une heure ou deux pour mettre de l'ordre dans le grand mur de la ruine de mon jardin qui s'est effondré la semaine dernière. Du poids, des pierres, des gravats, de la fatigue et de l'effort qui font du bien et qui rendent au corps sa vraie place. Pour le reste ce seront plutôt des réunions où trop de temps se perd. Mais il paraît qu'il en faut aussi.
Mais le soleil lui ne s'en soucie guère. Il a décidé d'éclairer le mur et le cœur des hommes. Le grand mur s'éclaircit, ce qui semblait laideur est devenu " un charmant mur de vieilles pierres" et même la rouille du toit retrouve ses lettres de noblesse.
Et cette chaleur, et cette envie, qui peu à peu remonte dans tout le cœur.
Déjà sur le grand mur qui sert maintenant d'écran, les images de bonheurs apparaissent, images d'enfants, de parents, d'amis, de paysages, de rêves aussi.
Allez l'ami, remercie le soleil et file à ta tâche ! Elle..., est déjà partie à son travail. La journée doit être belle, et pleine et riche et digne de tous ces dons du ciel qui remplissent ta vie.
Et toi, ami lecteur qui peut être n'a pas la chance de notre d'œil de Provence, je t'en envoie ta part...pour qu'il éclaire aussi ta journée que je te souhaite pleines de petits bonheurs.

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29 novembre 2016

Elections et Wallerand.....

Parce que je suis simplement un homme ordinaire, ....
....un petit, un sans-grade, un de ceux qui ne passent jamais sur les plateaux de télévision, ni même qui sont interrogés dans les sondages...
Parce que la politique n'est pas et ne sera jamais ma vie,
Parce que je sais cependant que le choix des politiques qui nous gouvernent est important...

CJe ne peux que me réjouir que l'un des partis ait choisi parmi ses candidats celui qui me semblait le plus à même de mener son parti pour les élections.
D'ordinaire le choix du candidat revient à un petit nombre de partisans et est l'objet de toutes les tractations. Il faut surtout qu'il ait montré qu'il est le plus à même de maintenir au mieux un réseau d'avantages et de petits équilibres. Il faut qu'il maîtrise aussi la classe journalistique qui fait et qui défait les gouvernants. Il est ainsi au gré des titres des journaux et des sondages amené au plus haut poste. Qu'il soit à droite ou à gauche, cela n'a finalement pas beaucoup d'importance. Il suffit qu'il maintienne cet équilibre des bien-pensants du système.
Au premier tour de ces élections, celui qui aurait été le plus à même de représenter les idées fut éliminé...largement. Il s'en doutait mais il avait pu ramener sur le devant de la scène un certain nombre d'idées et de projets dont plus personne ne parlait.
Le second tour fut étonnant. Celui qui fut choisi n'était pas du tout le candidat de la "bonne pensée". Il déplaît aux journalistes. Il n'accepte pas d'être caricaturé. Il était banni par les sondages qui jusqu'au dernier jour ont minimisé son succès.
Bien sûr que cet homme a été le second d'un gouvernement qui n'a pas tenu toutes ses promesses. Bien sûr qu'il a été obligé de se soumettre à des engagements que je ne peux comprendre. Mais on a vu tellement pire !
Mais enfin ! Il semble plutôt honnête. Sa vie privée semble conforme à ce qu'il préconise. Il a assuré avec modestie, patience et fidélité un rôle de second. Il est donc bien initié au pouvoir. Il prononce des mots que l'on entendait plus d'exigence, de courage, de vérité.
Alors vous allez me dire : "et s'il mentait ? Après tout, n'est ce pas là le propre de tous les politiques." C'est possible, pour lui ....comme pour tous les autres.
Mais enfin, pourquoi ne pas me réjouir qu'au moins un des partis présente le meilleur de ses candidats ?
Dans six mois, ce sera le vote réel. J'aimerai tant que chacun des candidats soit le meilleur candidat de chaque groupe qui pourra concourir.
Alors, seulement, je ferai mon "vrai" choix.
Mais il y a sur terre des choses bien plus importantes. Ainsi j'ai eu la chance de faire hier la connaissance de Wallerand, un petit garçon de deux mois bien souriant. Un petit homme admiré par son papa trop fier de son petit homme et sa jolie maman. N'est ce pas finalement tellement plus important ? Dans cette immense famille qui est la mienne où deux parents, fils et fille uniques, ont donné naissance à 14 enfants, qui engendrèrent 83 petits-enfants , celui ci est le 124ème arrière petit enfant. Si je vous dis tout cela ce n'est pas uniquement parce que je suis très fier de cette histoire, mais parce que, malgré parfois des conditions difficiles, la vie est plus forte que tout et que ce ne sont certainement pas les politiques et leurs machinations qui changeront cela.

Bonne soirée.

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22 novembre 2016

Elections et rugby

Mon cher Antoine,

Tu me demandes mon avis sur les élections primaires, s'il faut voter et pour qui. Et je ne reçois ta lettre qu'aujourd'hui. C'est un peu tard.
Ça me touche profondément de sentir chez toi une telle confiance mais j'avoue être très embarrassé pour te répondre.
On votait ce dimanche pour élire le candidat d'un parti qui n'avait pas réussi à choisir tout seul le sien. Un parti politique c'est un ensemble d'hommes et de femmes qui décident qu'ils n'ont pas besoin qu'on les choisisse pour représenter une opinion. Ils se retrouvent ensemble et décident que c'est eux qui représenteront l'opinion. Ils ne sont généralement pas très nombreux. Un certain nombre d'entre eux tirent des avantages et des revenus de cette appartenance en se faisant élire ça et là au nom de ce parti. Les plus habiles d'entre eux, où les plus patients, accèdent à des charges qui leur permettent de vivre de ce métier de politique.
Dimanche dernier on votait donc pour désigner( à la place de ces partis incapables de le faire sans se déchirer) qui serait candidat aux plus hautes fonctions de l'état :  Une sorte de premier tour avant le premier tour des vrais élections.
Les candidats, à l'exception d'un seul, avaient de près ou de loin participé au même gouvernement. L'un en avait été le chef, un autre le second. Autant dire que leurs idées étaient peu différentes. Tout ça, tu me diras,  n'est guère enthousiasmant. Et il y a cinq ans les français leur  avaient signifié leur désaveu. Ils donnèrent congé à ce gouvernement..pour en choisir un pire ! 
J'étais cependant prêt à me prêter au jeu, après avoir écouté l'ensemble des candidats. L'un d'entre eux, le moins impliqué dans le système, disait des choses assez proches de ce que je pouvais penser sur de nombreux sujets essentiels. J'étais sûr qu'il ne serait pas élu mais j'avais envie de lui dire ma sympathie.
Mais tu vois ,cet été on a  fêté mon anniversaire et mon cadeau était.... une place pour un match de rugby à Paris....avec mes deux fils. Un moment de partage familial que je n'aurais pour rien au monde laissé passer. Et comme on ne pouvait voter ni loin de chez soi, ni par procuration...tant pis le jeu se passerait sans moi.
J'ai donc passé ce week-end à Paris avec, hélas, un seul de mes fils car l'autre (au contraire de la plupart de ces politiques ) servait son pays et son drapeau quelque part dans un endroit lointain. 
Un week-end riche en affection, en ballades dans cette belle capitale, en pubs et en restaurants, en musée aussi . Un match de grande envergure où notre équipe a perdu mais avec élégance comme on sait le faire dans ce sport. Paris est une ville qui s'embellit depuis que je la connais. Le rugby est le sport que j'aime le plus au monde et passer un week-end avec son fils ça n'a pas de prix. Je n'ai donc pas regretté un instant d'être là.
Revenons aux élections : Il ne reste aujourd'hui plus que deux candidats. Il y a une grande probabilité pour que l'un d'entre eux soit notre président. J'irai donc dimanche prochain utiliser cette carte. Ça ne conditionne en aucun cas ce que je ferai lors des élections réelles, mais puisqu'on m'accorde de parler....pourquoi me taire ? 
Je t'invite à faire de même. Considère chacun de ceux qui se présentent sans t'en laisser compter par qui que ce soit. Analyse leurs vies publiques et ce que tu sais de leurs vies privées. Choisi seul ,en conscience, sans calcul , celui qui te semble le mieux ....ou le moins pire. Reste indulgent car cette charge de président est une lourde charge qui, par une étrange alchimie, transforme toujours celui qui la porte. Ne hurle pas avec les loups et ne cours pas à la curée avec ceux qui se gaussent de la déchéance de ceux qu'ils avaient adoré. C'est tout le conseil que je te donne.
Mais surtout porte-toi bien, veille à faire grandir ta famille dans la paix et fais ce que tu dois faire en conscience. 
Je t'embrasse toi et ta tribu.
Ton "vieil" ami.

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14 novembre 2016

Prière : Demain....

...dans une chambre d'hôpital une petite maman sera opérée. On ira chercher en elle les racines d'un mal profond et essayer de les extraire. Ce mal s'est inséré dans son corps on ne sait pas comment. Profitant d'une fatigue, d'un moment d'inattention peut-être. Il faut dire que c'est lourd, les journées de ces mamans.

Dieu merci ! aujourd'hui on sait que la médecine a beaucoup progressé dans ce domaine, que c'est la guérison qui est la règle. Il n'en reste pas moins qu'on est inquiets, sachant les attentes, les angoisses, les fatigues et les difficultés du quotidien.
Car cette petite maman a huit enfants, une bien grande famille, qui attend aussi. Ils savent ce qu'ils savent. Ils comprennent ce qu'ils comprennent mais dans le cœur d'un enfant on ressent toujours le "cequinevapas" chez ces parents.
Alors on ne sait pas quoi dire. On ne veut pas entrer avec maladresse dans ce jeu fragile. On reste un peu à l'écart. On inscrit juste dans son cœur le visage de celle qu'on a connu bébé, puis jeune fille, puis jeune mariée, et maman..."multiple". On la serre en esprit très fort contre son cœur. On espère  et on attend avec toute cette petite famille. 
Et Dieu, qui êtes père et qui savez ce qui est bon pour nous, on vous demande du fond du cœur et avec insistance de faire que tout ca se passe bien, que toute cette petite famille, passe avec succès cette épreuve.
On est-ce qu'on est...mais on est une grande famille, alors que toutes ces petites prières qui montent vers vous dans le même sens, surtout celles des tout-petits (on sait bien qu'un Père ne peut pas résister aux appels des tout-petits) attirent votre attention.
Voilà ce que je voulais dire, ce lundi matin d'automne qui commence à ressembler à l'hiver. Il paraît que ce soir, la lune sera brillante, éclatante même, comme on ne l'a encore jamais vue. Alors vous tous qui ce soir, regarderez cette lune, comme moi demandez cette guérison, et si, vous ne croyez pas en mon Dieu, mêlez à tout ce que vous aurez dans votre tête comme pensées et espérances, l'image de cette petite maman.
Et vous tous qui me lisez et qui participez à cette inquiétude, je vous embrasse, comme on embrasse ses amis ou les membres de sa famille...et je vous remercie.
bonne journée et bonne semaine !

 

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11 novembre 2016

Un petit déjeuner, un matin de 11 novembre...

Des images qui se mêlent. Les plus joyeuses d'abord : c'est l'anniversaire de mon gendre, un garçon charmant qui est exactement celui que je souhaitais pour ma fille, quelqu'un de bien, un bon mari et un bon père. J'en resterai là pour respecter sa pudeur et éviter toute flagornerie. Les images de cette petite famille et de mes autres enfants. Ceux-là fêtent un anniversaire. Un autre est en route pour rejoindre son bateau dans un pays lointain. La troisième se prépare à réorienter sa vie vers d'autres facettes de son beau métier d'infirmière et le dernier s'apprête à un nouveau chantier, dans une autre ville. C'est vrai qu'ils me manquent tous, mais leur souvenir est bien doux quand il se présente en mémoire. 

Le 11 novembre c'est aussi le jour de la Saint Martin, le souvenir de ces foires d'hivers de la fin de mon adolescence. Les bêtes accrochées le long des remparts, les paysans aux portefeuilles garnis, l'odeur de tout ce qui grille, marrons, saucisses, tripou....
D'autres souvenirs un  peu plus tristes : la grande guerre, Le souvenir de mes deux grands pères, l'un que je n'ai pas connu et dont on ne disait pas trop de bien chez nous mais qui passa plusieurs années dans les endroits les plus exposés des champs de bataille, le second qui vécut de la guerre surtout ses privations,  et plus tard, les images jaunies de son service militaire, et ma grand mère aussi pour qui ce fut l'occasion et qui devint infirmière. Un  pays marqué par la guerre et des êtres qui sortent en lumière. 
Je me souviens des 11 novembre de mon enfance, deux générations d'anciens combattants : ils sont nombreux derrière les drapeaux,nos pères et nos grand-pères. De l'horreur ...mais aussi du courage. Et cette paix qui dure chez nous depuis mon plus jeune âge.
J'ai allumé le feu dans la cheminée au milieu de la nuit à l'heure où le sommeil s'enfuit, il brûle encore. J'ai pris mon petit-déjeuner seul dans la nuit. La maison dort encore. Le jardin seul s'éclaire des premiers rayons d'un soleil timide. 
Mon esprit vagabonde. Les bruits du monde ont été bien étranges. L'étrange arrogance de nos politiques qui s'immiscent dans la politique d'un autre pays quand ils sont bien incapables de balayer devant leur porte. Les péroraisons des journalistes et des instituts de sondages. Tous se sont trompés mais ils ne se résignent ni au silence ni a l'humilité. S'ils se sont trompés qu'ils se taisent. S'ils ont menti pour faire aboutir leurs vues qu'ils soient maudits. Notre pays est trop donneur de leçons. Nous avons tant à faire de petites choses chez nous avant de nous mêler des affaires des autres.
Cette semaine sera la dernière semaine de l'aventure bien étrange d'hommes qui ont gouverné ensemble et qui expliquent chacun à leur tour qu'ils seraient bien meilleurs que celui qui fut leur chef. Pas très joli. Un seul échappe à cette règle : il dit des choses bien intéressantes mais je crains qu'il ne soit bien seul. Je ne suis pas concerné. Je ne suis pas l'homme d'un parti. Je voterai quand viendra mon tour.
Aujourd'hui dans mon village de Provence j'irai à la messe au souvenir de ces hommes de 14-18 où les drapeaux occupent le premier rang puis devant le monument aux morts écouter l'appel de leurs noms. Enfin, j'irai partager un apéritif avec ces quelques uns encore qui honorent ces moments devenus trop rares.
Et puis ce sera un de ces dimanches "qui tombent en semaine", jour de repos partagé, quelques travaux dans le jardin, un peu de bricolage, la lecture au coin du feu. J'écrirai aussi : quelques lettres, un peu plus peut être.
Et toi mon ami lecteur, où et qui que tu sois je te souhaite la plus douces des journées. 

 

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31 octobre 2016

Teintes et demies teintes en Lyonnais et Beaujolais

 

Ce vendredi avait donné une couleur morose à ce week end qui commençait. Le nécessaire examen de mes gouttières m'avait fait installer un échafaudage. J'avais réussi,non sans mal, à le monter. J'avais pu faire ainsi les travaux nécessaires et, le travail fini, j'avais entrepris de le démonter. Pressé par le soir qui tombait et l'envie d'en finir j'inversai deux étapes et l'échafaudage, encore à moitié monté, s'effondra ainsi que son contenu....c'est à dire moi. 
Une seconde de chute. Un cri.  On se réveille groggy mais apparemment intact. Enchevêtré dans un amoncellement de bois et de ferrailles. On se relève. On s'assied. ELLE, qui était là est venue au secours. Il suffit de la prise de conscience de ce qui vient de se passer et l'accidenté tourne de l'œil. Rien de bien grave à tout cela sinon l'impression qu'on vient d'être roué de coups, une jolie collection de douleurs....mais aussi , et surtout, le sentiment de s'être sorti avec beaucoup de chance, de ce qui aurait pu être bien pire. 
Les soins prodigués, le sentiment de partager une inquiétude et tout s'éclaire.  Pourquoi je te parle de cet épisode, ami lecteur ? Peut-être pour partager avec toi le sentiment très fort qu'au delà des malheurs qui surviennent...et dont certains viennent parfois de ta propre maladresse et de tes imperfections, il existe sur la terre et dans le Ciel un Être et des êtres qui t'aiment et veillent sur toi sans même que tu le soupçonnes. En tous cas, tu l'oublies trop souvent.
Ce doux mélange d'humain et de divin dans l'amour et ta propre conservation n'a pas de prix et est, somme toute, assez extraordinaire.
Samedi débute sous le soleil mais en montant vers Lyon la ville s'assombrit. Tant pis, il faut aimer les villes et les gens même quand tout autour d'eux s'assombrit.
La voiture neuve s'est bien comportée, notre fille aînée nous attend dans son appartement délicieux niché dans un ancien hôtel particulier du vieux Lyon.
 On vit là en  plein seizième siècle et on s'attend à tout moment voir surgir un cavalier en tenue, ou un marchand de drap sorti de son échoppe pour vérifier la couleur d'un tissu. 
Cet après- midi nous assistons à un mariage d'enfants d'amis. Un belle église nichée juste au pied du théâtre romain, sortie de 50 ans de sommeil et de poussière. Un jeune prêtre ami nous enchante d'un sermon à la fois profond..et espiègle. Une belle cérémonie, beaucoup de monde, de belles tenues, de beaux chapeaux et de beaux uniformes, déjà le temps est un peu moins gris.
La réception est en Beaujolais. On connaît l'endroit, un de ces châteaux bâti à coup de belles vendanges. On connaît peu de monde dans l'assemblée mais suffisamment pour que l'on ne s'y ennuie pas. La place à table fera le reste. Une soirée agréable, un repas délicieux et la nuit qui tombe une heure plus tôt et nous assure une heure de plus de sommeil. 
Dans le monde, parfois un peu désuet où je vis, les familles sont souvent nombreuses et les liens sont maintenus. On s'y marrie encore beaucoup et on est plutôt assidu à ces cérémonies. Au bout de dizaines d'années on a le sentiment de connaître énormément de monde et de partager de nombreuses vies. C'est parfois un peu étourdissant et grisant. 
Dimanche, l'heure promise nous rend en effet le matin plus facile. Un petit tour dans une des boulangeries de ce quartier animé tous les jours, un petit déjeuner délicieux, la messe dans une belle église où juste ce matin trois bébés sont baptisés. Une immersion complète, trois petits bébé nus et sages, plongés dans l'eau qui va les régénérer. Une belle image. Une assemblée très jeune et pleine d'enfants.
On tourne un peu dans Lyon pour trouver un petit restaurant et puis on part explorer un peu ce beaujolais entr'aperçu hier. Le temps est gris et couvert. Il ne permet pas de parcourir des yeux les beaux panoramas qu'on devrait voir de ces collines qu'on parcourt. Mais le reste est là : les vignes de rouges et d'ocres, les maisons de pierres dorées, les beaux villages, les vieux châteaux, les églises juchées sur des promontoires. On a du mal à s'en détacher. On rentre dans la nuit, dans la confusion des dimanches soirs urbains, des gens qui marchent vite pour rentrer chez eux, des autos qui ont l'air pressées d'aller on ne sait où.
On quitte Lyon et notre grande fille. Le chemin est utilisé pour faire ensemble l'analyse d'un week-end riche en émotions. Et la maison nous attend. La Provence retrouvée semble s'être rafraîchie. Demain...on fera peut être une flambée dans la cheminée.
Merci de ta lecture, ami et bonne semaine. 

 

Posté par nic153 à 07:02 - Commentaires [1] - Permalien [#]