et pourquoi ne pas le dire ?

07 juillet 2020

Le jour où j’ai changé le monde....

 

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Il faisait chaud dans cet appartement de la Plaine. Il était très tôt lorsqu’on sonna à l’entrée de mon immeuble. C’était encore la nuit. Mon beau-père attendait a la porte.  Nous n’avions pas le téléphone alors c’était chez lui que la clinique avait appelé. Il était vite venu me prévenir.
La cage d’escalier sentait la terre du marchand de plantes du rez-de-chaussée.
Il ne me fallut pas beaucoup de temps pour me préparer et m’habiller. Je voulais être à la hauteur de l’événement.
Le dernier soir avait été inquiétant lorsque le médecin nous avait prévenu des risques liés à ce type de naissance. La nuit avait été courte et inquiète. Je fonçais dans les rues de Marseille en même temps que le soleil commençait à se lever timidement.
J’arrivais à la clinique. La sage-femme avait compris que c’était le « moment », une curieuse notion dans la tête d’un homme jeune qui ne comprendra jamais ce qui se passe dans cette fusion intemporelle d’une femme et de son bébé.
Le monde des maternités ne m’était certes pas étranger et j’étais venu de nombreuses fois admirer, couché à côté de ma mère l’une de mes petites sœurs ou l’un de mes petits frères. Dans les familles très nombreuses, la maternité n’est plus un événement...elle reste toujours une grande joie.
Mais là, ce petit corps qui vivait dans ce petit ventre tout rond et qui avait obligé celle qui deviendrait « ELLE » dans ces lignes quelques années plus tard à rester allongée de longues semaines...j’en étais déjà en partie responsable.
Et puis il y eut ce temps de la souffrance qu’on ne peut pas partager. Il y eut ces visages inquiets et attentifs du personnel médical. Puis ce médecin accouru à la hâte me fit enfin comprendre combien tout ce monde était tendu. Il y avait aussi ce contrôle permanent d’une tension qui montait ...trop.
Il y eut ces bras serrés, ces marques d’ongles dans la chair, mes paroles maladroites qui ni ne rassuraient pas, ni ne calmaient la douleur...
J’avais voulu être présent. Il m’eut paru incongru de ne pas assister à ce moment merveilleux, mais, dans ce monde en majorité féminin, je me sentais un peu un étranger.
Et puis il y eut ce petit corps fripé qui sortait enfin  au grand jour, ces étranges couleurs de la naissance, ce long cordon nourricier qui semblait devenu inutile...et cette vie qui éclate au grand jour, et toutes les craintes qui s’enfuient bien vite pour laisser place au seul bonheur.
Il y eut ce bébé couché sur le ventre de sa maman et comme une explosion de bonheur.
J’avais déjà appris à aimer comme un fils, comme un frère, comme un ami, comme un amant, comme un mari...j’allais maintenant devoir apprendre à aimer comme un père.
Vous étiez, belle demoiselle, notre premier enfant, notre premier cadeau du Ciel... tu es, belle dame, restée dans mon cœur à cet endroit bien chaud prévu pour toi.
C’était il y a quelques années et c’était le même jour qu’aujourd’hui. Le décor a changé et c’est dans le calme matinal de ce village où nous avons vécu tous ensemble de très belles années que je veux te souhaiter un bon anniversaire...
Bonne anniversaire, ma grande fille chérie...

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05 juillet 2020

Matin d’été comtadin

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Il n’y a rien de plus délicieux qu’un matin d’été dans mon petit village. 
Il fait encore frais mais nous savons bien que l’après-midi sera très chaud...trop chaud peut-être. Avec ces temps de « précautions » nous n’avons pas encore choisi où nous irions à la messe. Les consignes de « distanciation » (encore un de ces horribles mots liés à cette crise) ont quelque chose de pathétique et de ridicule à la fois dans un endroit où l’on prie un Homme-Dieu qui par amour des hommes souffrit  une terrible Passion.
Hier, nous étions à un mariage dans la Drôme Provençale, dans une très belle église que je regrette de n’avoir pas eu le temps de visiter.
J’étais déjà venu dans cet église pour un enterrement. Je dois dire qu’elle est magnifique et comme elle est de la même veine et de la même époque que l’église de mon village j’en cherchais les analogies. J’y retournerai pour la regarder plus en détail.
Une belle cérémonie avec une très belle chorale. Un petit couple radieux. Un cocktail dans un très bel hôtel particulier en plein cœur de la ville. De beaux bâtiments qui dispensent une ombre bienfaisante aidés en cela par des arbres centenaires. On oublie le temps. Nous dégustâmes la fin de la soirée tranquillement chez nous goûtant tranquillement la paix du village seulement troublée par les bruits joyeux d’un repas de fête dans le voisinage.
Lorsque le soleil me réveilla ce matin (aidé par un petit chat impatient) je sentis immédiatement ce petit vent léger qui rend le temps si agréable.
J’ouvrais portes et fenêtres pour que la fraîcheur du matin s’installe dans la maison. De midi jusqu’au soir nous nous la garderons dans l’ombre, les volets en « cabane » pour espérer la préserver un peu plus fraîche.
Dans mon village de plaine, les pierres et l’asphalte accumulent la chaleur et, lorsque nous revenons des campagnes à l’entour, l’impression de chaleur est très vite perceptiblE et accablante. Seuls ces petits vents du matin adoucissent alors cette chaleur qui devient trop vite caniculaire.
J’étais assis, lisant un des livres reçus pour mon anniversaire. Un livre sur Hong -Kong des années 60 aux allures prophétiques. Un anniversaire délicieux fêté lundi avec notre fils, venu nous rejoindre pour quelques jours (son propre anniversaire était une semaine plus tôt). Quelques cadeaux bien choisis par des êtres qui vous aiment, beaucoup d’attentions affectueuses...un vrai moment de bonheur.
Il faut bien des moments comme ceux-ci pour compenser la tristesse que j’ai de voir prolonger le mandat de notre maire. Il faut dire que ces quelques années de « conseiller » ont fait grandir encore l’amour que j’ai pour mon village. Je crois qu’il me faudra un peu de temps pour considérer tout cela avec un peu moins de passion.
Un autre anniversaire surprise, d’une amie cette fois, nous fit passer une autre soirée de fête avec de bons amis dans une belle maison au pied du Ventoux.
Nous bougerons peu durant ces vacances un peu particulières où nous ne verrons pas nos enfants lointains. Peut-être aurons nous quelques passages et l’espoir de voir se réaliser enfin l’achat de notre « extension » nous donnera une occupation bienvenue.
En attendant nous sommes un peu « en attente » de temps meilleurs, de plus de joies extérieures, de retour à cette situation normale qui nous permettra de nous retrouver tous.
Désolé, ami lecteur, de t’imposer un peu de morosité quand il fait si beau et si doux dans un si bel endroit. Je me trouve bien ingrat et un peu ridicule.
Vite se replonger dans la vie quotidienne et ses charmes si nombreux.
Je te souhaite un très bon dimanche.

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01 juillet 2020

Premier mariage d’ « après-crise »

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On s’était demandé longtemps si ce serait possible, si les fameuses « mesures de précaution » permettraient oui ou non que ce mariage se tienne. Une grosse inquiétude pour les parents et les mariés.
Heureusement tout put se dérouler comme prévu. 
Comme l’église, avec ses contraintes de distances, ne permettrait pas d’accueillir autant de participants, il fut décidé que la messe serait en plein air.
Nous retrouvâmes ainsi cette belle propriété au bas de ce beau Ventoux qui domine le Comtat de sa masse imposante. Un endroit qui a vu de nombreux mariages et qui s’embellit à chacun d’entre eux.
Deux très grandes tentes avaient été dressées pour accueillir les participants à la messe et ce cadre bucolique donnait à chaque partie de la cérémonie et à chaque mot du prêtre une saveur particulière.
Deux tout jeunes mariés, beaux et souriants de cette joie particulière aux jours de mariage.
Lui avait été ,il y a quelques années, un objet d’inquiétude pour tous ses proches. Une de ces maladies qui frappent avec violence et parfois sans sursis...Tout était rentré dans l’ordre mais c’est toujours avec une reconnaissance particulière que l’on assiste à de telles conclusions.
De l’endroit où je me tenais pendant la cérémonie je pouvais voir sur le côté, dans le lointain ce Ventoux en tenue d’été lorsque son sommet blanc de soleil semble encore couvert de neige tellement il est clair. Je le voyais au travers des branche d’un arbre majestueux avec un éclairage merveilleux qui me fit regretter de ne pas être peintre.
Une belle messe. Un beau sermon.
Un long cocktail suivit qui nous permit de retrouver tant d’amis chers que n’avions parfois pas revus depuis longtemps. 
Nous avons depuis si longtemps « repiqué » nos racines dans cette région que maintenant cette terre fait partie intégrante de nous. Je retrouvais des amis que je connais parfois depuis mes années de classes préparatoires et ELLE depuis l’enfance. Nous avons connu leurs parents, leurs grands-parents parfois et vu grandir leurs enfants et leurs petits enfants. Nous avons partagé joies et peines, travaux et fêtes. 
Et c’est un grand bonheur chaque fois que nous nous retrouvons.
Le temps est passé. Chacun sait tellement des autres que ce n’est que le moment de l’affection et de l’amitié. On est loin des simples conventions mondaines.
Le repas suivit avec son lot de discours joyeux et de chants et ce temps prolongé des dernières discussions.
Nous partîmes tard dans la nuit pour retrouver notre maison, notre village.
Longue vie aux mariés et merci encore de retrouver ainsi ces moments de convivialité et de bonheur que cette trop longue crise nous avait presque fait oublier.

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30 juin 2020

Et maintenant ?

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Mon cher Antoine,

Tu me demandes dans ton message si je suis triste...et ce que je vais faire maintenant.  
Et bien oui, je suis triste. J’ai mis en oeuvre tous les moyens dont je disposais pour éviter le renouvellement d’un maire que je trouve indigne de sa charge. J’ai beaucoup travaillé à ça. J’ai étudié des dossiers en profondeur, j’ai parlé, j’ai écrit, j’ai distribué des milliers de tracts, j’ai rencontré de nouveaux amis, j’ai rejoint une liste qui me semblait pouvoir gagner, j’ai même subi quelques humiliations et quelques attaques venant parfois de certains de mes amis d’autrefois. 
Ça n’a pas suffit. Ni mes efforts, ni surtout ceux de mes co-listiers, n’ont permis de changer la donne. C’était un peu le combat du pot de terre contre le pot de fer et ni notre énergie, ni notre imagination n’ont su vaincre un gros appareil de communication partisane. Mais quand on perd...on perd.  Et même si on s’aperçoit que les dés étaient  pipés il faut savoir porter le poids de son échec.
J’ai eu le bonheur de rencontrer une équipe nouvelle, animée par des idéaux, dotée d’un vrai courage et de nombreux autres talents. Des femmes et des hommes nouveaux, aux idées politiques parfois assez écartées des miennes, mais animés de la même envie de rendre à notre village, son âme ...de village. Un endroit où l’on vivrait mieux ensemble dans le respect de chacun.
La page est tournée...
Tu me demandes ce que je vais faire. Rien de bien nouveau en fait. Ce que je te raconte chaque jour sur mon blog : Vivre.. le plus souvent heureux, parfois un peu triste quand mes amis sont touchés par la maladie, la mort ou la disgrâce. Je continuerai de rendre ma maison plus belle, de cultiver mon jardin, de parcourir mon village en tous sens. Je saluerai au passage ces employés municipaux que j’ai appris à connaître et à aimer. Je les regarderai faire...maintenant de loin. Et il y a aussi tous ces autres passants que je croise. Ce passage de six ans à la mairie m’a permis d’en connaître un grand nombre.
Mon village est toujours aussi aimable. J’aurai juste un peu plus de temps.
Parfois je prendrai mon petit bateau et j’irai sur les Sorgues suivre le fil de l’eau et le poser dans des coins interdits aux simples marcheurs.
Et dans ce temps nouveau qui m’est accordé je pousserai mes routes un peu plus loin, dans ce Comtat Venaissin et cette Provence dont je suis devenu amoureux.
Parfois seul, souvent avec ELLE, je continuerai à contempler ce trésor qui nous est donné.
Dans ma tête, continueront de circuler dans une farandole invisibles aux autres tous ces visages que j’aime. 
Je profiterai aussi de ce temps pour mettre en œuvre un travail d’écriture un peu plus sérieux. C’est peut-être le moment.
Ou pour aller sur le chemin de quelque grand pèlerinage.
Je resterai également attentif à ce qui se passe autour de moi.
Voilà tu sais tout. Je te raconterai bientôt les deux belles fêtes qui ont entouré ce dimanche un peu triste. Samedi,  un mariage dans un cadre merveilleux et hier un anniversaire fêté en famille en ressentant la douce chaleur de la présence de tant d’amis.
Mais là, le soir tombe. C’est l’heure d’arroser mon jardin.
Alors je te souhaite une bonne soirée...et à très bientôt.

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26 juin 2020

Où il est encore questions de « cadole » et ....d’élections.

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En fait il s’agit d’un puit. Un des ces puits couverts qui donnait de l’eau aux paysans autrefois dans ce pays de coteaux et de lumière qu’est le Beaujolais. Je préfère le nom de « Cadole » car j’aime ces noms particuliers aux choses,différents dans chaque région.
Je t’ai déjà ami lecteur parle de cette cadole effondrée dans le jardin de ma fille. J’avais commencé, il y a quelques mois à la  remettre en place....puis il y a eu cette longue période où le monde s’est arrêté de vivre.
J’avais besoin de changer d’air, de voir enfin ma fille, de dépenser mon énergie à faire œuvre utile et d’utiliser enfin cette « sueur de mon front » économisée pendant plus de trois mois. J’avais commencé à renforcer cet ouvrage, j’y retournai pour avancer mon travail et bientôt il ne me restera plus que les derniers détails : mettre en place la lourde pierre sur laquelle les seaux et la chaîne ont marqué leur empreinte au cours du temps, refaire une porte de bois pour laisser l’ombre regagner l’endroit (et éviter de tomber dans l’onde 😉). Puis je finirai la couverture du toit par une chaux qui protégera des infiltrations et je ferai les joint des pierres pour éviter à la végétation de refaire le même travail de sape. 
A la base de la cadole, ELLE, a redessiné les sols, chassé les mauvaises herbes et travaillé le jardin. Bientôt les voisins reprendront en belles pierres les murs de soutènement qui s’appuient sur la cadole. Et ce beau terrain, exposé en plein sud, deviendra un beau jardin.
La période d’isolement m’a permis aussi de travailler chez moi et j’ai terminé un lourd mur de belles pierres qui viendra donner du rythme à mon petit jardin.
De retour ici, les exigences électorales m’ont fait sillonner à vélo notre belle campagne pour distribuer les derniers tracts d’une campagne pour le moins insolite. Exercice curieux que ce travail de facteur bénévole qui porte son lot de récompense : un temps chaud, un gros effort, mais à chaque détour du chemin un éclairage nouveau, quelques prunes glanées en chemin, un chant d’oiseau...bref le bonheur de la nature a portée de main.
Ce matin j’avais décidé le repos mais mon potager m’a pris un peu de temps, quelques courses aussi...bref il a fallu attendre l’après-midi pour écrire à nouveau après un long silence. Deux messages, un pour le dernier tour des élections, l’autre pour le bonheur d’écrire...tout simplement.
Dimanche soir je saurai à nouveau de quoi seront faites mes prochaines journées : reprendre mon rôle dans une mairie renouvelée...ou renoncer à ces chers travaux...et à la politique locale. J’aurais alors plus de temps pour écrire et peut être celui de mettre en projet des choses plus importantes.
Et dans cet après-midi de « repos », je pense particulièrement à mes amis qui se battent avec courage contre la maladie. C’est le plus dur de l’âge que de voir trop souvent ses bons amis exposés à des combats si difficiles. Quelle que soit leur foi, quel que soit leur courage, je sais que c’est très difficile.
La seule chose que je peux faire est d’ordre spirituel : prier pour eux, espérer avec eux, penser à eux...Mais je dois dire que ma médiocrité dans ces exercices me fait penser que je ne leur suis pas d’un grand secours. Heureusement face à cette médiocrité il y a cette chose sans mesure,à laquelle je crois beaucoup, qu’on appelle Miséricorde Divine.
Alors je te demande, ami lecteur, qui que tu sois, croyant ou non de partager avec moi cet élan de bienveillance et de les prendre sous ta protection.
Je te souhaite une bonne fin de journée, un bon week-end aussi.

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14 juin 2020

Monsieur Jean Raspail est mort....

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Le temps n’existe pas...et c’est tant mieux. Ainsi ma petite vie a été éclairée par quelques personnages pour qui le temps, ni d’ailleurs l’espace n’ont aucune importance. Dans l’héritage que nous transmirent nos parents il y avait ce goût des rêves impossibles et des destins insolites qui souvent n’ont aucun couronnement sur terre mais qui vivent bien plus longtemps que les célébrités éphémères qui font les titres des journaux.

Réels ou imaginaires, ils sont tellement nos compagnons de route qu’ils résistent très bien au temps qui voudrait gouverner toute chose.

Jean Raspail est pour moi de ceux-là. J’eus la chance de le découvrir assez tôt, par le prêt d’un livre prophétique. Puis, plus je  lisais cet auteur, plus j’aimais cet univers et plus j’admirais cet homme et sa remarquable écriture.

J’eus un jour la chance de les rencontrer, lui et sa femme, à cette époque bénie où ils avaient établi leurs quartiers d’été en Provence. Nous avions dîné ensemble dans notre village chez deux amis qui, comme nous, redonnaient vie à une maison pleine de rêves. Cet ami est parti plus tôt que lui et j’imagine qu’il existe quelque part dans « l’ailleurs » un endroit où ils vont se retrouver avec d’ailleurs beaucoup de ceux que j’ai aimé.

Autour de moi, je sais beaucoup de gens qui sont en peine. Une peine atténuée pour beaucoup par cette Espérance dans une Miséricorde qui va bien au-delà du temps. 

J’aurais aimé être à son enterrement où certainement seront beaucoup de ceux que j’aime ou que j’admire (et le plus souvent les deux à la fois). J’y croiserai certainement toutes ces ombres lumineuses qui accompagnent les grands écrivains. Invisibles, mais bien présents, seront autour de lui tous ceux qu’il a fait vivre ou revivre un jour. Mais il y aura aussi, discrètement tous ceux qui veulent et savent rester dans cet anonymat des humbles et qui suivront discrètement. C’est avec eux que j’aimerais être.

Ce matin, j’irai à la messe à un endroit qu’il a bien connu et aimé. J’y croiserai certains qui l’ont croisé, de ces sujets de Patagonie aux titres si bien choisis, héritiers comme beaucoup d’entre nous d’une petite parcelle de ce monde qui ne disparaîtra jamais. Et si le monde  d’aujourd’hui nous apparaît bien terne et notre présents plus barbare qu’il ne le fut jamais, ce sont des plumes comme la sienne à qui il est donné de perpétuer l’héritage de notre civilisation.

Un jour je mourrai à mon tour et dans mon petit heritage que je laisserai il y aura ces quelques livres qui éclairèrent mes pas. Nous partageons, ELLE et moi, la même admiration pour cet homme et je suis sans crainte que nos enfants, à leur manière, perpétueront cet amour du beau et du vrai.

Au revoir, Monsieur, allez rejoindre ceux grâce a qui il y a encore des princes et des princesses, de belles dames et de preux chevaliers, où les paysans ne sont pas devenus des agriculteurs, où règne sans retenue cet esprit d’enfance qui permet au monde de résister aux plus grandes crises...surtout au crises d’identité.

Et toi, ami lecteur, si tu ne connais pas encore l’univers de Monsieur Jean, je t’invite à t’y plonger sans attendre.

Bon dimanche.

 

« La Patagonie, c’est ailleurs, c’est autre chose, c’est un coin d’âme caché, un coin de coeur inexprimé. Ce peut-être un rêve, un regret, un pied de nez. Ce peut-être un refuge secret, une seconde patrie pour les mauvais jours, un sourire, une insolence. Un jeu aussi. Un refus de conformité. Sous le sceptre brisé de Sa Majesté, il existe mille raisons de prêter hommage, et c’est ainsi qu’il y a plus de Patagons qu’on ne croit, et tant d’autres qui s’ignorent encore. » Jean Raspail (1995)

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09 juin 2020

Un matin paresseux...

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C’est un petit chat impatient qui m’a réveillé ce matin. Je dormais fort, la tête pleine de pensées et de rêves confondus dans le plus grand désordre. Je n’avais pas entendu son réveil mais il y avait au fond de moi, ce sentiment confus d’un moment bizarre.
Mon chat m’a réveillé. Il était temps. ELLE, dormait ou peut-être faisait semblant tant elle déteste ces réveils trop matinaux du travail. Je lui faisais signe et me levais sans tarder. 
Dans ces pensées confuses de la nuit de nombreux personnages étaient intervenus pour me construire des histoires aussi insolites qu’invraisemblables. Mais il était surtout question de vous, mes quatre petits-enfants du bout du monde. Ma grande Capu, ma danseuse, ma pianiste tellement sage et tellement « aînée » et responsable. Ma Tita, mon acrobate, imprévisible capable de s’isoler pour jouer seule pendant de longs moments, et ses impatiences au bonheur qui me rappellent beaucoup sa maman. Et puis mon Val, grand garçon qui ne doute de rien, qui rêve actuellement de Koh-Lantha. Oui, c’est décidé...il sera aventurier... Enfin, mon Tim, au regard espiègle et au caractère bien trempé dont d’aucuns trouvent qu’il évoque son grand-père maternel.
Le Ciel l’en préserve ! Je me souviens trop de ce petit garçon maladroit et impossible que je fus, trop difficile à supporter, toujours dans la lune ou ailleurs, toujours réveillé avant l’aube mais qui s’endormait dans son assiette. Il en aura fallu à tous ceux qui l’entouraient du temps et de la patience pour qu’il tienne à peu près sa place dans un monde qu’il ne comprendra jamais vraiment.
Mais il ne s’agit pas de moi mais bien de vous qui me manquez beaucoup et l’impossibilité de se voir cet été est une privation cruelle. Je veux beaucoup à la fois à ce maudit virus mais aussi à l’incapacité des hommes à faire des règles adaptées à des cas un peu hors du commun.
Ces expatriations sont d’une grande richesse. Vous partez au bout du monde découvrir d’autres horizons, travailler de façon souvent plus riches et plus responsables et découvrir d’autres civilisations. Et nous en profitons, nous qui venons vous visiter et profiter de votre science des langues et des pays où vous vivez.
Grâce à vous, nous découvrons le voyage, l’étranger et d’autres choses que notre vie ne nous avait pas permis de faire. Mais il y a aussi ce monde qui nous sépare et qui nous empêche de venir à l’envi vous embrasser un soir ou vous inviter à jardiner avec nous.
Vous nous manquez et tous les réseaux du monde ne pourront jamais l’empêcher.
Les êtres que nous aimons nous manquent tellement vite ! Ainsi depuis quarante que nous sommes mariés, à peine l’un de nous deux a-t-il passé la porte qu’il manque déjà à l’autre (enfin je le crois 😉). Alors que dire de vous dont les rencontres sont si espacées ?
Pourtant, on le sait bien que la vie sépare ceux qui s’aiment et que même dans les familles les plus unies le temps et la distance nous empêcheront un jour de nous voir.
Ainsi , j’ai le sentiment d’aimer toujours aussi fort les membres de ma très grande famille sans bien savoir ce que chacun devient.
Alors en construisant ce mur de pierre lourdes et belles que j’ai ramassé dans mon jardin, juste accolé à la cabane et à la tour, je pense à vous mes quatre du bout du monde. Je vous vois jouer. J’écoute vos discussions. Vous répétez un de ces spectacles d’été dont nous sommes le public...J’en appelle à vos anges gardiens pour qu’ils me racontent vos vies, vos amis, vos écoles, vos fêtes et vos activités.
De temps en temps cette pensée devient tellement présente qu’elle se transforme en prière. 
Qu’il est doux de vous aimer, petits-enfants du bout du monde. J’espère que bientôt des cousins viendront venir enrichir ce trésor mais dès que la première d’entre vous vint au monde j’étais déjà comblé.
Aussi je veux chaque jour remercier Dieu de tous ces cadeaux qu’il me donne et m’excuser aussi d’en être bien indigne. Mais ne boudons pas nos plaisirs et disons nous que la prochaine fois que je tiendrai dans mes bras l’un ou l’autre d’entre vous, mon cœur pourra à peine contenir toute ma joie.
Vous me manquez, enfants et petits-enfants,  Vous me manquez tous les êtres qui me sont chers. Mais en écrivant ces lignes je vois bien que vous êtes toujours là.
Et toi, ami lecteur, qui me fait la grâce de me lire, tu me manques aussi mais d’une autre manière car le plus souvent je ne connais même pas ton visage.
Tu me manques...et tu es là, mystère de l’inconscient.
Bonne journée !

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08 juin 2020

Un dimanche de fêtes des mères...

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Dans ce monde d’ « après-crise » du Coronavirus, notre pays semble vivre comme « en sourdine ». Il n’est plus questions de fêtes qu’à mots couverts. Dans les restaurants où les magasins des serveurs masqués  vous délivrent leur produits avec une certaine forme de résignation et sans voir ces sourires qui sont l’écume de l’humanité.
Même  la fête des mères est passée très discrètement et si je me réjouis de ce calme commerçant, je regrette que ce fut si peu retentissant.
Le temps hésite entre soleil et pluie qui confirme cette morosité. Et, quand on aurait envie d’éclater de joie, les mesures d’après-crise laissent planer un parfum de résignation. Dans le village voisin du mien on signale un « cluster » (même le mot est inélégant!), c’est à dire que quelques ouvriers agricoles venus d’Espagne auraient apporté avec eux LE VIRUS et on en parle comme si chacun était en danger de mort.
Hie,  même à l’église, le prêtre voulait des paroissiens masqués. Je déteste cette surenchère quand il faudrait vite se remettre à vivre comme avant.
Samedi, je suis allé à l’enterrement de la maman d’amis très anciens et très chers. Une jolie petite vieille dame qu’à vrai dire j’ai peu connu. Mais les parents de nos amis sont des témoins d’un autre temps et portent en eux toute la délicatesse de cette transmission discrète et patiente des valeurs que nous avons reçues. 
Une famille nombreuse et aimée et pourtant une assemblée trop réduite par les mesures imposées ou imaginées.  Et ceux qui auraient dû et pu être là pour partager ce moment étaient absents.  Une très belle cérémonie dans une église accrochée au rocher d’un des plus beaux villages du Luberon.  Mourir un an avant d’avoir cent ans et quelques jours avant la fête des mères, comme pour rassembler sa famille autour de soi une dernière fois pour cette fête. Il y a là beaucoup de ce qui fait la délicatesse de ces mamans au rôle souvent trop modeste que furent les nôtres.
 Il y a longtemps que je n’avais pas pris le temps de marcher dans ce beau village, alors nous y retournâmes le lendemain pour déjeuner d’un repas de truffes, autre richesse de notre belle région. Il avait plu une bonne partie de la nuit et il faisait un peu frais mais le ciel s’était dégagé et le soleil du matin se réappropriait le paysage en dessinant avec finesse chaque détail. Un bon moment, heureusement interrompu parfois par les appels téléphoniques de nos enfants qui fêtaient leur maman.
Nous terminâmes l’après-midi par un passage dans mon petit jardin potager. ELLE y vient assez rarement et j’étais trop content de partager avec elle ce moment de soins à cette petite parcelle qui nous rend plus qu’au centuple nos gestes bienfaisants. C’est la quatrième année que je m’occupe de cette endroit et la terre autrefois sèche et argileuse est devenu une belle terre friable et prospère.  Nous avons cueillis nos premières courgettes et les derniers petits pois d’une série. Puis nous avons arraché quelques mauvaises herbes et pris soin de nos tomates qui commencent à donner.
Notre village est toujours endormi et si les chantiers reprennent c’est au ralenti. Nous sommes encore condamnés pour plusieurs années à voir son centre sens dessus-dessous pour n’avoir pas su prendre le temps de faire un chantier après l’autre.
Je crains que ça ne dure encore tout un mandat tant les gens semblent résignés à cette situation et peu préoccupés de changer les choses.
Mais qu’importe ! Nous avons repris notre campagne espérant ce sursaut et si notre équipe ne passe pas à ces élections j’espère que ceux qui la continueront (je crois que j’arrêterai alors  : trop d’efforts pour un village trop résigné) se donneront les moyens de redonner à notre ville cette âme qu’elle est en train de perdre pour satisfaire l’ego d’un seul.
Moi aussi, je reprends les chantiers dans ma maison, pouvant de nouveau acquérir les matériaux nécessaires et en attendant l’acte d’achat définitif de notre extension que  nous avons hâte de pouvoir rénover.
C’est pour ces raisons, ami lecteur, que je vais te laisser.
Passe une bonne journée. J’espère que personne autour de toi n’a trop souffert de cette période.
Bonne semaine, bon travail, bon courage !

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04 juin 2020

Pluie, jardin et liberté...

 

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Lorsqu’on cultive un petit morceau de terre, la pluie a des saveurs particulières. On la craint lorsqu’elle arrive en trombe, ravinant les terres ou les inondant. On l’aime lorsqu’elle arrive, comme ces dernières heures, en petite pluie fine et régulière dispensant sur les récoltes naissantes une humidité bienfaisante.
Dans cette période de retour progressif à la liberté, toute occasion de travailler à l’extérieur est vécue comme un vrai bonheur. Ce matin ce ne sera pas possible : ni le mur à maçonner, ni le jardin à travailler, ce que je n’aurais vu autrefois que comme une injustice est aujourd’hui largement compensé par cette manne humide et bienfaisante.
J’ai peu écrit ces derniers temps : une inspiration malaisée dans un climat de conseils et d’instructions souvent contradictoires et insatisfaisants. La vie reprend ses droits. 
Nous avons fait connaissance par le truchement de nos enfants D’un couple de nouveaux amis : des parents d’amis de nos enfants. Nous avons découvert à quelques kilomètres  de chez nous le cadre charmant d’une petite ferme joliment restaurée pour accueillir des familles et de nombreux petits-enfants. Une oasis de verdure bordée  d’un canal aux allures de rivière, un endroit paisible et apaisant.
Des gens très sympathiques, de ceux avec lesquelles les connections sont très rapides voire instantanées.
Un moment agréable, gage probablement d’autres rencontres dont celles de ceux qui sont les amis de nos enfants et de nos petits-enfants. 
Nous aimons beaucoup de maisons, de nombreux endroits ...et tellement de personnes mais ça reste un bonheur fort d’enrichir cette « collection » immatérielle. 
Nous sommes un peu dans une phase « entre-deux » : l’attente du prêt de notre maison-annexe et l’espérance d’aménagements, l’entre deux tours des élections qui décidera (ou non) d’un retour à une activité municipale, la sortie de cette crise qui nous privera cette année de la visite de nos enfants pour les vacances et de toutes les joies associées. 
Mais le monde tout entier est en ce moment « entre deux »...ce qui enlève un peu de sérénité et laisse planer sur nos têtes des ombres d’incertitudes.
J’ai repris également cet apprentissage laborieux des langues qui ne me serviront probablement jamais à rien...sinon à me faire ces nouveaux amis que sont les mots, les phrases et les ouvrages écrit dans des langues parfois tellement différentes.
Petit autodidacte incompétent je participe ainsi à cette mystérieuse recherche de l’origine des hommes et des civilisations et de ce mécanisme compliqué qui les fit parler en langues parfois si différentes. Je mourrais sans savoir mais dans ce domaine comme dans tellement d’autres l’apprentissage est souvent meilleur que le résultat.
Mais je dois te quitter ami lecteur. Je dois reprendre bientôt cette heure hebdomadaire de permanence et d’accueil dans l’église de mon village qui se rouvre, elle aussi, aux visiteurs.
Passe une très bonne journée...et à très bientôt.

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19 mai 2020

Maguelone...

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Ma chère Maguelone,

J’ai appris que tu nous avais quitté hier pour un autre monde, certainement plus lumineux et plus simple... pour toi, comme pour nous. Lorsque j’ai appris la nouvelle hier j’ai réalisé que nous nous connaissions, toi et moi, depuis plus de 40 ans. 
Oh ! Nous nous connaissions peu. Juste comme on connais les proches de nos amis les plus chers. Ce sont comme les fils d’un gigantesque écheveau. On les tire les uns après les autres et ils viennent s’ajouter à ce magnifique tissage d’une vie d’homme. Ils sont tellement nombreux qu’on ne peut pas les tirer jusqu’au bout. On aperçoit donc de courts moments de leurs propres vies. On les croise surtout dans les moments de joies ou de peine ...et de fêtes aussi. Ils sont un nom, un moment, le partage d’un moment de vie, une intention de prière. On sait qu’ils éclairent la vie de ceux qu’on aime et qu’ils participent indirectement à la notre.
Beaucoup de membres de ta famille sont comme ça pour nous. Certains sont déjà partis avant toi et tu vas les rejoindre. Je pense surtout en ce moment à ta sœur et à ta maman. 
Ton départ va être comme tous les départs de ce monde un mélange de peine et de joie. La peine de te voir partir de ce monde et de laisser une place vide auprès de ceux pour qui tu comptes tant. La Joie de te savoir partir pour un monde mille fois meilleur qui te révélera les réponses à toutes les questions que tu as pu te poser.
Il est bien présomptueux celui qui croit comprendre comment fonctionne le cœur et la tête des autres hommes. Et encore plus avec des êtres comme toi avec qui la communication est plus difficile. Et, quand on ne comprend pas, le mieux est d’aimer sans chercher à savoir et recevoir comme un cadeau tes joies, tes humeurs, tes sourires.
Tu as connu beaucoup d’amour autour de toi et tu en as donné beaucoup. Je n’ose pas dire « en retour » car l’amour ça se donne toujours sans idée de contrepartie.
Tu vas rejoindre ce couple lumineux qui a passé sa vie à essayer de comprendre, au delà d’une simple anomalie chromosomique, comment s’organisait votre vie.
Tu vas rejoindre ce Pape que tu aimais tant et que tu avais rencontré et qui fêtait au Ciel les 100 ans de son arrivée sur la terre. Tu vas rejoindre beaucoup d’autres êtres que tu as aimés dont je ne connais même pas l’existence.
Tu pars dans la lumière quand ceux qui t’aiment connaissent de grosses épreuves, comme si tu avais senti nécessaire d’aller à ton tour les aider dans un endroit où tes prières seront certainement encore plus fécondes.
Tu pars à un moment où pour des gens comme moi il ne sera pas possible de t’accompagner, ni raisonnable d’exposer de quelque façon que ce soit, des amis fragilisés à un virus dont on ne connaît pas encore le fonctionnement mais qui en ce moment met notre monde en ébullition. Tu vas changer de place dans nos prières. Tu vas passer de ceux pour qui on demandait de l’aide et de la force, à ceux à que l’on appelle au secours dans les moments difficiles.
Nous ne pourrons  donc pas entourer toute ta famille que nous aimons si fort. Ton papa, tes frères et sœurs et tous les autres.
Alors la première prière que je te fais et de venir  suppléer à notre absence auprès d’eux et, au moment où tu le désireras, de venir mettre dans leur cœur cette douce chaleur de l’amitié qu’on aime ressentir quand on est dans la peine.
Voilà ma chère Maguelonne ma première demande. Je te quitte avec le souvenir d’un être de mystère et de lumière. Je t’embrasse.
Chaque jour qui passe nous rapproche de ce moment où nous saurons à notre tour de quoi est fait ce nouveau monde que tu es en train de découvrir.
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Tu as juste pris un peu d'avance sur nous.
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À Dieu.

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