et pourquoi ne pas le dire ?

22 mars 2017

Morne jour

Hier, était bien morne. Un ciel qui restait bas et gris, comme si le printemps se reprochait à lui même d'être apparu trop vite. Sur la route le téléphone sonne : La mort d'une amie, depuis longtemps malade, trop longtemps sûrement. L'annonce retransmise, partagée avec d'autres amis.

Dans ce premier moment où l'Espérance n'a pas encore rejoint la peine pour la dépasser et la transcender, on a besoin de sentir l'amitié, la présence, l'existence des autres. 

Le matin qui se prolonge, qui tarde à se terminer. Les obligations qui empêchent de rejoindre un instant notre ami dans la peine.
Et enfin, la force solide de l'ami, tout à coup exposé à ce manque, cette solitude nouvelle. Juste être là avec lui, présent, un instant, écouter, parler, dans un curieux mélange de temps où le présent, le passé et le futur ne savent plus très bien où se trouve leur vraie place. Ils vont se remettre en ordre, c'est sûr. On saura mieux demain distinguer, ce qui fut, ce qui est et ce qui sera peut-être. Le chagrin, rude d'abord, s'adoucira. L'Espérance et la Foi remettront de l'ordre dans cette apparente confusion. La liaison se fera par l'Amour pour qui le temps ne compte pas.
On partage mal la peine de ses amis comme on partage mal la souffrance. C'est un des mystères de notre état. Il reste la présence, parfois très lointaine, et le travail de l'esprit et la force de la prière.
Et puis il y aura demain, après-demain peut-être, la force de la vie qui reste, les enfants, les petits-enfants, ce besoin d'accompagner ces vies qui se construisent. Il y aura de nouveaux rires. Une longue attente, de longs échanges secrets.
Une discrète escapade dans le monde heureusement éphémère de la tristesse.
Déjà aujourd'hui le ciel s'annonce à nouveau lumineux. Alors je pense à elle, cette amie si discrète, qui aujourd'hui sait bien mieux que nous ce qu'il en est vraiment de toutes ces réalités. Et je vous prie ,Mon Dieu, aussi vite qu'il vous plaira et que vous écoutez les prières, de lui faire vite sa place et qu'elle puisse à son tour protéger ceux qu'elle aima et qu'elle aime.
Et toi, ami lecteur, comme moi témoin de ce monde qui passe, je te souhaite une bonne journée.

Posté par nic153 à 08:16 - Commentaires [2] - Permalien [#]


20 mars 2017

Lundi matin

Juste parce que c'est un lundi matin ordinaire, je me suis levé encore plus tôt que d'habitude. Je le suis dit une fois de plus que c'était trop tôt, pas raisonnable, mais il y avait en moi comme un petit diablotin (ou un petit ange) qui me disait :"Vas-y !"

Alors je me suis levé. J'ai passé en silence la porte de la chambre que j'ai refermée pour qu'elle n'entende pas les bruits de la maison qui se réveille... un tout petit peu. J'ai ouvert les volets et allumé les lampes au fur et à mesure que je traversais les piéces.
À chaque volet ouvert, en regardant le ciel, j'y découvrais un éclat un peu different.
Dans ma tête en même temps, les petits anges familiers de ceux que j'aime (ou que j'ai aimé) défilaient sans cesse en arrière plan dans la même confusion souvent joyeuse parfois un peu inquiète des pensées qui s'agitent en tous sens.
C'est dans cet état que je rejoins le salon, puis l'angle gauche du canapé, face à la cheminée éteinte. À droite et à gauche les deux portes-fenêtres me permettent en un coup d'œil de voir où en est le lever sur soleil. À gauche c'est une cour, seul me parvient une lumière un peu faible. À droite viendra, de l'orient, passant au travers du jardin ,d'abord un peu de lumière, puis les premiers rayons de soleil sur le toit et les murs du hangar.
Ces derniers jours ont été riches de nouvelles : beaucoup de bonnes, quelques-unes mauvaises qui créent l'inquiétude, le souci ou simplement l'attente patiente d'un mieux ou d'un meilleur.
Beaucoup de travail dans le jardin et la maison : le printemps revient. Il ne faut pas qu'il nous surprenne. Les arbres doivent être taillés et il a même fallu raccourcir le grand mûrier de Chine qui menaçait de se fendre. Il y a peu d'arbres dans mon jardin mais ils méritent notre affection par leur ombre si douce et leur présence apaisante. Et puis il y a ce petit carré potager qu'on démarre avec un ami à l'extérieur du village : une autre aventure.
Donc une semaine de "beaucoup de travail", émaillée de longues marches à deux, aux abords du village. Un hier calme : notre petite messe chez les moines. L'église pas trop remplie. Pas de touristes ni de vacanciers. Un déjeuner improvisé avec de bons amis, au soleil, dehors sous la vigne vierge où seules les ombres des branches tamisent un peu la lumière. Deux petits enfants délicieux, une jeune femme qui révise un concours dans le havre de paix qu'est la maison de ses parents. Le temps qui passe. On passe en revue ces derniers morceaux de temps. On s'informe des uns et des autres. Dans la procession des amis certains retrouvent une place car leur image est rafraîchie par l'échange ou parce qu'une joie ou une peine particulière les ramène au premier plan.
Ce matin joyeux, la semaine va reprendre. C'est une semaine où elle travaille. C'est une semaine que je partagerai entre mairie et maison, une semaine d'attente.
Je commencerai en allant suivre l'avancement d'un chantier, puis j'irai aider à la construction des cabanes et l'après-midi me reverra dans mon jardin.
En attendant, j'écris ces quelques lignes, et continue la revue de mes âmes familières.
Tiens ! Il fait jour. Les branches qui manquent au sommet de l'arbre m'ont dégagé la vue sur un nouveau morceau d'espace. Je te laisse, ami lecteur, il y a tant à faire.
Bonne semaine. Que Le Bon Dieu te garde en paix et en santé !

Posté par nic153 à 06:53 - Commentaires [2] - Permalien [#]

15 mars 2017

Le bruit ne fait pas de bien. Le bien ne fait pas de bruit.

Petite trêve, petit écart de ce monde qui bruisse de mille bruits dans une cacophonie douloureuse. Une campagne politique qui puise dans les décharges. Des journalistes qui répètent en boucle un mélange nauséabond où un peu de vrai côtoie beaucoup de faux. Des politiques qui pensent d'abord au "faire-savoir" avant même que de s'occuper du "savoir-faire" ou du "faire". Un monde où la voix du bistrotier compte plus que le travail des ouvriers.

Alors je reprends mon paisible récit de ces gens étonnants qui veulent "vivre en paix le reste de leur âge"
Le soir de cette belle promenade, comme un vendredi par mois, quelques amis se retrouvent autour de la belle cheminée d'une bastide. On parle politique ce soir, mais d'un politique hors du temps, ou plutôt d'un autre temps. On écoute raconter Thomas More, donné aux politiques pour saint patron. Mais qui s'en soucie aujourd'hui ?
Notre ami raconte l'histoire de cet homme aux multiples talents qui sut conquérir les grands de son temps sans perdre son âme, qui sut perdre sa vie plutôt que d'abandonner son âme au temps. Un homme d'esprit, de sagesse, d'amour familial, de don à son pays, d'humour aussi. On se laisse conquérir par l'exposé qui ravive des pages d'histoire oubliées et cette envie d'être utile. Le récit , la prière qui suit, le repas amical qui conclut la soirée. Les langues vont bon train dans ce monde d'amis qui n'a pas oublié qu'il vivait en Provence où il n'est pas besoin d'être né pour aimer la parole.
Une nuit paisible permet le repos du corps et de l'esprit. Il faut se lever tôt. Le matin est consacré à construire des cabanes ( j'en parlerai dans un autre billet).
Un déjeuner léger et on part vers la mer qui en ce moment est encore assez déserte.
Une route assez longue :Arles d'abord , la belle ville est silencieuse à l'heure du repas. Puis Les Saintes Marie. Une longue, très longue marche sur la plage qui n'en finit pas d'être belle. Très vite peu de monde et juste l'infini pour vision. Et ce silence, ce vrai silence qui repose , seulement dérangé par les paroles qu'on échange et le bruit feutré des rares promeneurs croisés.
Au bout, car il y a un bout à toute chose, on fera demi-tour et on revient par cette digue-à-la-mer qui sépare la Camargue de la plage. Un chemin entre deux eaux. On pénètre un peu dans les terres et là, face au soleil couchant, c'est le spectacle de ces marais qui nous attire.
C'est le soir, l'heure où le paysage s'estompe peu à peu et où les oiseaux regagnent leur repos. Nous sommes presque seuls et les oiseaux peu dérangés sont nombreux. Dans la pénombre on distingue mal la couleur des flamants roses sauf quand parfois ils s'envolent et viennent se faire balayer le dessous des ailes par ce soleil si bas.
Il faudra bien ensuite ce thé pris en silence au coeur de ce beau village avant que le café ne ferme pour déguster tout ce "beau".
Mais le temps passe, ami, et le devoir m'appelle. Je dois te laisser.
Bonne journée.

Posté par nic153 à 08:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 mars 2017

Retard d'écriture : le petit moine

Il y a trop longtemps que je n'ai pas écrit et ma mémoire s'est remplie de souvenirs en quelques jours. Il va me falloir plusieurs billets pour en arriver à bout.

Il y a d'abord ce vendredi. Tu pars te promener avec des amis sans autre envie que de profiter de leur présence et de ce beau pays qui entoure le pied du Ventoux.
Le rendez-vous est dans une belle maison d'amis. Une ancienne ferme. Un endroit si beau que depuis toujours les hommes semblent y avoir vécu. De la vigne, des oliviers, des cerisiers : inutile de te parler alors de l'explosion de fleurs en ce début de printemps. On sort par une belle allée de platanes encore jeunes mais plein de promesses d'ombrages. Très vite on s'engage dans les chênes puis les pins. Le chemin grimpe un peu, juste assez pour donner l'impression de l'effort, pas trop pour que les conversations puissent se continuer. Le bonheur de la marche, le plaisir de retrouver ses amis régulièrement dans de beaux endroits. À chaque trouée de végétation le spectacle qu'on voit est magnifique, étincelant sous le soleil,
On tourne assez largement autour d'un village que j'aime, perché sur un éperon, dominé par un magnifique château et qui abrite à l'écart du bruit ce monastère dont il m'arrive parfois de vous parler.
On marche. On se perd un peu ...sans que ce ne soit plus grave que ça. On finit par arriver à l'heure du déjeuner dans une petite clairière. Un coin de forêt nettoyé pour faire place à un champ d'oliviers. Le soleil de mars est encore assez doux pour déjeuner sans crainte au soleil. On est bien. Si on s'écoutait on resterait là pour une sieste.
On redescend dans le silence. Le long du chemin on se fait rattraper par ce qui n'est d'abord qu'une grande ombre, puis l'ombre diminue, et nous double nous faisant au passage un petit geste amical. C'est un grand moine, un peu âgé. Il porte une grande robe de tissu bleu comme les jeans, délavée par un long usage. Il se trouve que je connais cet homme, depuis très longtemps. C'était bien avant qu'il ne rentre ici. Il était déjà très grand, un peu plus droit peut-être. Nous avions pendant trois jours traversé la Beauce sous la pluie dans un long et difficile pèlerinage. Pendant trois jours en silence, il avait porté sans rien dire une lourde bannière. Il était curieusement vêtu d'un costume de ville, une cravate serrée autour du coup et un imperméable, comme si, en toutes conditions il était toujours habillé de la même façon. Il parlait peu mais quelques phrases m'avaient permis de savoir qu'il vivait à Nice, avec une mère un peu âgée.
A la porte de la cathédrale, il avait remis sa bannière pour ne pas être présent dans le choeur mais pour rester dans l'ombre. Impressionnant de discrétion.
Quelques années plus tard, il venait frapper à la porte du monastère pour demander à y entrer. Si les moines ouvrent facilement leur porte au pèlerin, au retraitant, ils sont plus exigeants envers celui qui veut passer avec eux le reste de ces jours. Leur vie est dure et exigeante et ils veulent autant que possible écarter les "fausses vocations" et les déceptions qu'elles entraînent. Ils lui refusèrent plusieurs fois l'entrée, mais son obstination paya. Il devint un jour, un de ces petits frères qui vivent dans le service et l'humilité.
Un corps noueux comme un pied de vigne, un visage buriné par la vie. Il nous double à grands pas. Quelques centaines de mètres plus bas, les premiers d'entre nous tout à coup se taisent en le doublant. Puis toute notre joyeuse colonne fait silence. L'homme est là courbé, silencieux, face à un des ces petits sanctuaires parsemé par ses frères dans la campagne. Celui-ci honore Saint Joseph. "ite ad joseph" ("Va vers Joseph"). Cet instant de silence et de prière contient tout le secret de la vie de cette homme, deux humilités partagées. Comme si elles étaient encore trop grandes pour chacun d'eux. L'humble moine, l'humble Saint.
Quelques mètres plus loin à l'orée du village une petite chapelle domine le cimetière et fait face au château. C'est magnifique. On redescend dans un vallon ou une petite retenue d'eau vient donner sa fraîcheur à une belle ferme. On remonte. Là ce ne sont plus les chênes mais de grands pins. Un peu plus tard en contrebas, la ferme du départ retrouvée, un verre d'eau fraîche et un café à l'ombre d'un marronnier.
La journée s'achève et le souvenir de cet ami, de ce moine silencieux demeure.
Il ne le saura jamais car il ne lira pas ces lignes mais, ce matin, dans ma prière maladroite, je pense à lui particulièrement, je l'associe à mes plus chers.
Je vous y associe aussi, amis lecteurs. Le soleil se lève de plus en plus tôt et appelle à l'action plutôt qu'à l'écriture.
Bonne journée.

Posté par nic153 à 08:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 mars 2017

Treize

Une photo en noir et blanc circule depuis quelques jours les réseaux sociaux : une photo en noir et blanc, intemporelle. Devant la grille d'un parloir de couvent, ils sont douze frères et soeurs. L'un d'eux porte un vêtement religieux. Dernière la grille on aperçoit le vêtement noir d'une autre religieuse et un magnifique sourire qui éclaire ce fond de scène. Cinq filles et huit garcons. 

Toi qui me lit, mon ami, tu n'imagines pas comme il est rare de voir de telles photos. Car le temps est le temps ...et les rassembler tous n'a pas dû être de tout repos.

Treize, cinq filles et huit garcons. Une famille symétrique à la mienne avec juste le décalage d'une génération. Je regarde sur mon frigo une photo en couleurs, la dernière où nous figurons tous auprès de nos parents déjà âgés. Cinq garçons et huit filles, ou plutôt cinq hommes et huit femmes. Il y avait bien eu une quatorzième et on aime à s'en souvenir mais elle était repartie avant qu'on ne puisse la connaitre...sans prendre le temps de s'arrêter. Les parents ont l'air tous petits, le temps semblait commencer à les effacer. C'était peu de temps avant qu'ils ne passent dans un autre monde.
Derrière chacun d'entre nous apparaissaient déjà comme en ombre les joyeuses ribambelles d'enfants et de petits-enfants.
" Treize ! Mais comment est-ce possible ?" Et Maman répondait avec son beau sourire. "Vous savez, ce n'est pas très difficile. Il suffit d'en avoir d'abord un et un second et un troisième et ainsi jusqu'à treize."
En vérité, je ne me souviens pas si elle a vraiment dit ça un jour. Mais qu'importe, je veux le croire. Je veux me rappeler son sourire, l'air protecteur de Papa. Aujourd'hui on les dirait insensés, voire coupables. "Comment donc pouvez-vous imaginer d'en élever un si grand nombre ?"
Ce serait probablement vrai, s'il n'avait fallu compter que sur ses propres forces pour le pain et l'amour quotidien. Mais nous le savons bien (et je sais que nous le partageons avec cette autre famille plus jeune) : Il y a surtout la Providence qui nous comble nos besoins de pain quotidien...et de tout le reste.
J'étais le numéro 3, de cette fratrie. Le numéro 1 est allé rejoindre le numéro 14 et ses parents. Les rangs se sont éclaircis et s'éclairciront encore. C'est la vie. C'est notre seule certitude. Je serai toujours le numéro 3 des "trois grands".
D'aucun parleront peut-être un jour des difficultés du quotidien, de certaines angoisses qu'ils ont dû parfois avoir. Je ne veux me souvenir que des rires, du bruit, du désordre, des jeux, des bonheurs partagés.
Dans ma petite (mais déjà un peu longue ) histoire d'homme je porte avec fierté ce numéro 3. Je n'en suis aucunement responsable mais j'aime être associé à cette famille un peu hors-norme qui continue de grandir en nombre (et peut-être) en sagesse.
Et je veux remercier ces amis qui en postant cette photo ont fait renaître dans mon coeur une grande bouffée de souvenirs heureux.
Longue vie à cette belle famille. Et puis bravo.
Bonne journée, ami lecteur.

Posté par nic153 à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


05 mars 2017

A mes amis....malades...

Mes chers ami(e)s,

Il y a dans la vie .....les amis, les amis d'amis, et les amis d'amis d'amis. Ils sont nécessaires à la vie,au bonheur,  à l'équilibre. On partage avec eux mille choses : beaucoup de bonheurs, quelques soucis, quelques tracas.
Parmi toutes ces misères il en est une qu'on a du mal à traiter, c'est la maladie.
A ce moment donné où la maladie s'approche, elle entraîne avec elle une longue suite d'absences, de soins, de fatigues. On voit moins ces amis quand c'est le moment où on aimerait être le plus souvent possible avec eux.
N'étant pas leurs soignants, notre présence serait le plus souvent indélicate, inefficace ou simplement inopportune.

Alors il nous reste cette merveilleuse chose qu'on appelle la prière. Elle commence doucement par l'apparition du visage de celle, de celui ou de ceux qui souffrent ou parfois simplement s'inquiètent. On se souvient d'eux. On aime à se les rappeler au mieux de leur forme, entourés de ceux qu'ils aiment. On inscrit cette image au plus profond de son coeur, de son esprit, des deux parfois.
Et vient le moment de la demande mais on sait que Dieu sait ....déjà. Peu importe ! Il faut qu'on lui demande :"Donnez-lui mon Dieu la paix, le repos, une pause dans ses souffrances, la fin de ses inquiétudes. Donnez-lui ce qu'il ou elle demande. J'ajoute ma voix à la sienne, ma prière aux siennes."
Mais, bien sûr , on ne sait pas mesurer la souffrance. Même ceux qui l'ont vécue n'en sont pas capables. La souffrance comme l'amour est une expérience impossible à transmettre, à partager.
 On s'aperçoit que cette incapacité de partage, ce mal à décharger l'autre de son fardeau, devient pour soi-même une source de peine, une participation (modeste) à sa douleur.
Alors ces mots s'ajoutent à la prière : "Mon Dieu, donnez-lui la joie et l'espérance."
Les plus aptes à prier ont certainement d'autres moyens plus solides et peut-être plus efficaces. Voici le mien, mes amis. Je vous l'offre humblement.
Je vous dis que je ne vous oublie pas. Vous êtes très importants pour nous en ce moment. Vous êtes un peu nombreux, trop nombreux sûrement. Mais rassurez-vous il y a de la place pour vous tous dans nos prières.
Je vous demande en retour juste un peu d'indulgence. Nous ne sommes pas malades mais nous avons à souffrir en nos âmes bien d'autres misères. Je sais que votre prière est souvent plus efficace que la nôtre car elle est plus humble et probablement plus sincère. Alors à votre tour emportez nous avec vous dans cet élan vers Dieu.
La boucle est bouclée. Vous restez dans nos cœurs. Nous restons dans les vôtres.
Je vous embrasse. Bon dimanche.

 

ps : je m'aperçois que c'est l'heure de matînes dans un monastère que j'aime. Alors cette prière malhabile je l'associe à celle beaucoup plus belle en train de se chanter là-bas (là-haut ?, peut-être. Sûrement )

Posté par nic153 à 03:37 - Commentaires [1] - Permalien [#]

04 mars 2017

Le petit homme en rose : Réunion de crise.

Ils sont là ce samedi matin, rassemblés en silence dans l'arrière salle du club qui leur tient lieu de PC en ce jour.

C'est la règle : Chaque fois changer d'endroit, venir séparément, le plus discrètement possible. Le mieux est de prendre un taxi qui les déposera dans la petite cour de derrière et qui s'en ira; payer en liquide, de sa poche ; ne pas demander de reçu; prendre le ton d'un homme ordinaire et non pas celui de ceux qui sont habitués à être obéi sans même donner d'ordre.
Ils sont arrivés un à un, le visage grave de ceux qui sont soumis à une situation qui les dépasse.
Qui les a rassemblés ici et pourquoi eux ? Chacun l'ignore. Nul ne sait non plus d'où viennent les directives. Chacun de ceux qui est là sait au moins deux choses : C'est son intérêt d'être là. Il en retirera quelque avantage qu'il ignore encore. S'il n'y était pas il verrait ressortir des dossiers bien embarrassants et il en serait fini de son confort, de ses avantages et de son équilibre, parfois de sa vie.
Pas un n'est en retard. Le timing : Une heure d'analyse. Une heure de réflexion. Quarante minutes de propositions et vingt minutes pour rédiger les instructions. Il est huit heures. A onze heures tout sera fini. Chacun repartira seul à pied sans que personne ne soit surpris de le croiser en ville.
Une enveloppe de Kraft au milieu de la table contient une seule feuille, deux dés, et une autre enveloppe plus petite.
D'un côté l'analyse, de l'autre côté les objectifs.
Ils sont onze. Trois pour "les médias", trois pour "la justice", trois pour "la finance", deux pour "l'exécutif".
On lance les dés. 5 et 3. Huit : C'est au numéro "7" de lire. Il a reçu la veille l'heure, l'endroit et le numéro.
Il ouvre l'enveloppe et commence la lecture. C'est le numéro 5 (le complément à 12) qui fera le compte rendu.
D'abord un rappel des dernières consignes. En face les résultats obtenus. Aucun commentaire. Aucune explication. Juste la froideur des chiffres. Ceux qui n'ont pas réussi le savent et n'ignorent pas que cela ne doit pas se produire trop longtemps.
C'est une partie où tous les coups sont permis, mais il ne faut pas se faire prendre.
Aujourd'hui les mines sont grises. "Il" aurait dû renoncer dans la semaine. "Il", c'est le candidat dont "Ils" ne veulent surtout pas.
- "Il" ne sort pas de leurs écoles.
- "Il" est un besogneux de la politique. "Il" vient de la province. Sous ses airs patelins de notaires de famille, "Ils" ne l'ont pas vu prendre de l'importance. Ne se méfiant pas de lui, "Ils" ne l'ont pas vu grandir, construire son programme, recueillir et organiser un appui populaire. "Ils" ne se sont pas méfié de ses petites réunions . "C'est un second rôle, un second couteau." Disaient-ils.
- Et lorsqu'"Il" s'est présenté à la primaire, "Ils"'se sont dit qu'il ne ferait pas long feu et que ça donnerait une impression d'alternance.
"Ils" avaient tout organisé. Le jeu des faux sondages. (Les vrais ils les gardaient pour eux). Le défilé des articles de journaux. Les portraits de chacun d'eux exposés dans la presse. Il y avait sept candidats. Il fallait donner l'impression d'un échantillon complet. Presque tous  leur étaient redevables.

Les sondages les surprenaient mais "Ils" pensaient si bien avoir la situation en mains qu' "Ils" pensaient qu'il y avait un biais, une donnée qui leur manquait : le vote du peuple.
Aujourd'hui "ils" sont plus méfiants.
Le numéro 7 lit l'analyse . 5 minutes. Ensuite chacun d'entre eux a 5 minutes pour son apport personnel. Chacun parle dans l'ordre des numéros reçus.
Le numéro 7 lit les objectifs à atteindre.
Une heure de réflexion silencieuse
Quarante minutes de réflexion et chacun d'eux doit présenter ses trois cibles et les moyens de les atteindre. Chacun d'eux est maître de son domaine.
Le numéro 5 rédige la liste des cibles. Ils déposera l'enveloppe a un endroit connu de lui seul dont l'adresse figure dans une petite enveloppe contenue dans la première.
Les hommes se séparent et repartent aussi discrètement qu'ils sont venus.
Dans le taxi qui le ramène, numéro 3 est inquiet. Malgré le matraquage journalistique, l'acharnement des juges, les prises de position du pouvoir en place, les désertions, les alliances, les alternatives, "Il" baisse vraiment trop peu dans les sondages. Et s'"Il" ne renonçait pas ?

Pardonne-moi, ami lecteur, mais qu'au moins cette mascarade politique serve à écrire un petit billet, c'est bien la moindre des choses. Non ?

 

 

 

Posté par nic153 à 08:15 - Commentaires [3] - Permalien [#]

03 mars 2017

Book day

Au pays des rois mages, trois petits enfants sages s'en vont à l'école.

La première est une petite fille sage de l'époque de ses grands-parents : la petite "Martine" de ses livres d'images et de paroles où la vie est si simple et se conforme si bien à toutes les situations.
La seconde est un charmant "Robin des bois", espiègle, futée et souriante. Prête à défendre la veuve et l'orphelin et à combattre les injustices.
Le troisième est un prince bleu. "Non ! Pas un prince charmant, juste un prince !". Comme si le mot 'charmant" lui enlevait quelque peu de son courage. Allez savoir pourquoi !
Le dernier est resté à la maison trop occupé à se maintenir assis, à inonder le monde de sourires et à "faire ses dents". Une vie rêvée en somme....;-)
Aujourd'hui c'est le Book Day, un jour consacré aux livres, à leurs héros, à leurs histoires, aux rêves qu'ils véhiculent et aux réalités qu'ils permettent d'entrevoir. C'est un peu le jour de mes amis de papiers que l'on transporte au bout du monde ou sous son oreiller.
Une belle idée de cette école anglaise de l'autre côté de la mer. J'aime à savoir mes petits-enfants vivant dans un monde où on lira encore.
Et leur maman ce soir rentrera les bras chargés de leurs nouveaux amis.
"Lisez ! Jouez ! Rêvez ! Petits-enfants d'or et de velours ....et le monde ne sera jamais complètement mauvais."
Je regarde le livre que j'ai déposé avent d'écrire ces quelques lignes. Un gros livre bien sérieux, bien lourd, qui raconte un morceau de l'histoire de mon pays, de la France, il y a plusieurs centaines d'années. Le récit est austère et parfois un peu compliqué. On y parle de guerres, de rois, de philosophes, de Fronde, de religion...c'est si loin et c'est pourtant si proche de ce qu'on vit en ce temps présent. Et malgré ça, il me transporte dans l'espace, le temps et l'action aussi sûrement qu'un bon roman.
Vive le "Book Day" ! Vivent les livres ! Vivent les petits-enfants que j'aime.
Et Dieu vit que cela était bon. Et il y eut un soir. Et il y eut un matin...ce fut un nouveau jour.
Merci lecteur qui me suit .....même dans mes délires.

Posté par nic153 à 08:29 - Commentaires [2] - Permalien [#]

02 mars 2017

Monument aux morts et politique

Dans mon village, le monument aux morts est au milieu du boulodrome. Une belle esplanade, à l'entrée de la ville. Dans les moments de doute il est de ces endroits où j'aime me ressourcer . Une longue liste de noms et de prénoms, d'hommes que rien ne prédestinait à ce sacrifice. Morts à des âges où il fait bon vivre. Des prénoms qui semblaient désuets dans mon enfance, des prénoms de grands pères que portent aujourd'hui, à nouveau, les jeunes enfants.

Les Léon, les Gaston, les Gustave, les Elie, les Antonin aux grosses moustaches et aux pantalons de velours de mon enfance sont aujourd'hui des petits enfants joyeux.
Il s'est passé cent ans, trois républiques, deux guerres, le monument est là solide, les boulistes ont gardé les mêmes colères, les mêmes accents, les mêmes attitudes à la "Tartarin de Tarascon".
Alors ce n'est pas parce que les politiques cafouillent, trichent, mentent, volent, s'indignent, jouent au "Père la Vertu", font semblant de découvrir des pratiques mesquines, ni que les journalistes sortent des tiroirs des histoires qu'ils gardent en réserve  depuis longtemps, que je vais me rendre malade.
Je vais contenir ma colère, maitriser mes indignations, profiter du carême pour me rappeler mes propres misères, faire confiance à la sagesse populaire et au bon sens.
Je vais regarder ces petits enfants pas bien différents de ceux d'il y a cent ans. Je vais cultiver mon jardin, marcher dans la campagne, revoir en boucle les images de mes propres petits-enfants...et travailler, prendre de la peine, car c'est le fonds qui manque le moins (merci mon ami de La Fontaine )
J'irai bientôt porter mon bulletin dans une urne. Le reste ne dépend que très peu de moi....Un peu quand même : ça s'appelle la démocratie. Ca n'est pas si mal que çà.
Et en plus aujourd'hui, il fait beau en Provence !
Et en plus quelques amis me lisent et ça me réchauffe le coeur.
Que demander de plus ?
Merci, mon Dieu !

Posté par nic153 à 08:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 février 2017

Chère petite Azylis,

Je veux te remercier ce matin. Grâce à toi, j'ai entendu d'un prêtre les mots plein de sagesse et de consolation qu'on peut entendre, grâce à Dieu, de la bouche d'un de de ses serviteurs, à l'occasion de ton enterrement. 

Certes je te connais de mieux en mieux, chère petite Azylis. Chaque passage sur ma tablette me donne l'occasion de te connaitre un peu mieux. Ton histoire et celle de ta vie reviennent souvent dans nos conversations familiales. Et ces fameux réseaux sociaux, dont on dit souvent beaucoup de mal,  apportent aussi de très belles images, de très beaux exemples. Ton histoire est de celles-la.
Ta maman nous a permis par son travail d'en connaitre d'autres,de ces histoires, de ces vies,  d'en aimer d'autres. Il faut qu'elle sache qu'on la remercie de ça.
Tu as rejoint au Ciel d'autres petits enfants que j'ai aussi connu et rencontré de cette façon. Le dernier parti était ce petit Gaspard si touchant et si beau que maintenant tu dois bien connaitre.
Bien sûr il y en a beaucoup d'autres de ces petits enfants qui naissent, souffrent et meurent, ailleurs dans le silence. Vous êtes devenus d'une certaine façon leurs porte-paroles.
Je sais de plus en plus de choses sur toi. Par exemple, petit clin d'œil de ce matin, que nous sommes nés le même jour (à de nombreuses années d'intervalle ;-) : Un jour où l'on fête deux des piliers de cette Eglise qui parlait ce matin de la bouche de ce prêtre : Saint Pierre et Saint Paul. Un jour aussi où on ordonne les prêtres qui pourront à leur tour transmettre cette belle foi de votre famille.
Je sais ta maladie, ta souffrance, mais aussi et surtout tellement d'autres facettes de toi qui font que tu étais une enfant "comme les autres" qui souffrait, qui souriait, qui aimait.
Ce sermon entendu ce matin contenait, dans le résumé d'un épisode de la vie de la Sainte Famille, tous les sentiments qu'on peut avoir lorsque de petits enfants s'en vont à un moment qui ne semble jamais être le bon. L'angoisse, la colère peut-être, mais vite la confiance en Dieu.
Et la confiance et la sagesse donnée à ceux qui vous entourent, petits êtres de souffrance, et la générosité du partage, tout ça impressionne beaucoup tous les gens ordinaires que nous sommes et qui vivons, nous, juste à la lisière de ces histoires.
Sans être des tiens, on a appris à te connaitre, à parfois prier pour toi, et surtout à vous aimer, toi et les tiens.
Alors ce matin, qui ici, en Provence a des allures de matin de printemps, où tout appelle à l'Esperance, je veux te demander de bien protéger tes parents, tes frères, et tous ceux qui , chacun à leur place partagent avec eux, un peu la peine de ton départ, un peu le bonheur de tes avoir arrivée à cet endroit auquel tu étais destinée.
Je t'embrasse.

 

Posté par nic153 à 09:57 - Commentaires [1] - Permalien [#]