et pourquoi ne pas le dire ?

11 décembre 2019

La petite gare de Loriol

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...est devenue un restaurant. Le train n’y passe plus depuis longtemps mais il a été judicieusement remplacé par une piste cyclable, et ça et là, quelques gares ou maisons de gardes-barrières ont été transformées en cafés ou restaurant.
C’est là que nous nous retrouvons. Une date prévue depuis assez longtemps.
« Nous » c’est un groupe d’amis, de ces amitiés dont on se souvient même plus quand elles commencèrent mais dont on espère que seule la mort pourra y mettre fin.
Nous avons sensiblement les mêmes âges, et dans notre vie à peu près le même mélange de loisirs forcés et d’activité désirée.
Nous n’avons pas les mêmes joies, ni les mêmes tracas, mais on les partage depuis si longtemps que ce sont devenus ...les nôtres.
On se retrouve, plusieurs fois par an, pour déjeuner ensemble sans autre bonne raison que le plaisir d’être ensemble. On y parle de tout, bruyamment souvent, on y parle aussi de  petits riens...ce qui est finalement à peu près la même chose. 
On y va pour déjeuner, deux heures, comme lorsqu’on travaillait. Notre temps est ainsi limité sans pourtant qu’aucune obligation ne nous appelle vraiment ailleurs.
Hier, on parla beaucoup de ma « mésaventure ». On m’en plaignit. On en rit. On s’en moqua. L’auteur de ce qu’on peut appeler « une injustice » dut entendre de loin siffler ses oreilles.
Heureusement les autres sujets sont plus importants. Ils reprirent vite leurs places : la santé de l’un, la maison d’un autre, les travaux, les petits-enfants, le vin de cette année, la pluie et les inondations...que sais-je encore ?
Alors vint l’heure de se quitter. J’avais l’impression d’avoir l’âge que j’avais lorsque je les ai connus. Leurs rires résonnèrent  longtemps après dans ma voiture sur le chemin du retour.
Depuis cette mauvaise « surprise », mon blog a connu une recrudescence impressionnante de visites et nombre d’amis connus ou inconnus ont partagé avec moi cette mésaventure.
Il n’en faut pas beaucoup plus pour retrouver ma sérénité et réfléchir plus sereinement à une suite.
Et toi aussi ami lecteur, tu m’as souvent apporté un réconfort dont je veux par ces mots te remercier.
Merci d’être fidèle. 
Ici il pleut, comme si un sort malicieux était jeté sur ces travaux qui ( pour quelques mois  seulement j’espère) ne seront plus les miens mais que je garde fortement accrochés dans mon cœur.
Bonne soirée à toi mon ami...et à demain.

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10 décembre 2019

Et hop ! Viré....

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Tu as participé, ami lecteur, depuis assez longtemps à mes allers-retours  "d’humeur municipale". Comment on passe de l’enthousiasme, au scepticisme, du scepticisme au questionnement, du questionnement de la déception, de la déception au partage, du partage à la menace reçue, de la menace reçue à la sanction exécutée...
Voilà ! depuis hier matin, je n’ai plus de mandats municipaux. Je me retrouve simple conseiller.
Je pourrais faire le fanfaron et dire que ça ne me touche pas. Ce serait faux. Je suis plutôt triste. Triste de perdre ce sentiment de rendre service. Triste de ne plus avoir ces contacts avec les entreprises de travaux. Triste de ne plus rencontrer les habitants dans le cadre de ces tâches.  Triste surtout de cette chape de plomb et de silence que pas un de mes amis conseillers municipaux n’est venu rompre.
Le contact quotidien avec le personnel de la mairie va me manquer aussi. Il s’était établi une certaine forme de sympathie réciproque entre eux et moi que j’appréciais particulièrement.
Bon ! C’est dit. Mais je n’aime pas rester longtemps (tu le sais bien ami lecteur), sur de la déception et de la tristesse. 
Je vais utiliser une partie du temps ainsi récupéré à aider à reprendre le contrôle de la mairie et à la renouveler. Mais ça c’est de la politique et ça ne t'intéresse pas (je te comprends). Je vais créer pour cela un autre blog.
Et il me restera du temps pour partager avec toi ces mille autres « petites » occupations qui viennent pimenter la vie des hommes.
Mais il paraît que lorsqu’on est amputé d’un membre, il continue de faire souffrir. Je crois qu’on parle de « membre fantôme ». Je vais être pendant quelques mois soumis au syndrome de la « mairie fantôme » ;-)
C’est vrai que ce matin, où le vent souffle fort, je m’en suis d’abord réjoui, car ce vent fait reculer les Sorgues beaucoup plus rapidement et très vite les travaux pourront se remettre en route. Tant mieux ! 
Je crois que je vais me couvrir chaudement et aller partager mes états d’âme avec la nature environnante.
Mais j’ai trop besoin de continuer à écrire sur ces pages. Je reviendrai vite.
Et qui sait ? En mars prochain le résultat des élections changera peut-être la donne et je viendrai alors paisiblement rejouer mon rôle de conseiller et retrouver mes chantier.
Je ne sais. Nul ne sait. Dieu le sait.
Bonne journée à toi aussi, ami lecteur.

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09 décembre 2019

Famille réunie

 

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Il suffit d’un enfant de passage, ami lecteur, pour que le moindre week-end ait des allures de vacances.
Dans ces cas là, tu te lèves comme d’habitude avant l’aube. Tu contemples le ciel et tu te réjouis qu’il soit clair.
Et tu décides de profiter de ces petits bonheurs qui remplissent les journées. 
Commençons par le premier :
- Sortir du frigo une plaquette de beurre salé, un pot de gelée de coing, un autre de gelée de citre (Je crois qu’ELLE fait les meilleurs du monde )
  • faire chauffer de l’eau,
  • Griller trois tartines de ce pain délicieux qui porte le doux nom de « Joséphine ». (d’ailleurs il faudra que je demande pourquoi..)
  • Goûter les gelées à la cuillère (petite avance de bonheur interdite quand je ne suis pas seul...alors j’en profite)
  • Étaler le beurre sur les tartines et le regarder fondre...doucement
  • Déposer la gelée :  une tartine de gelée de coings, une autre de gelée de citre, une troisième à moitié de chacune d’elle.
  • Tremper légèrement chaque tartine dans un bol de « ricoré » additionnée d’un peu de lait.
  • Prendre le temps de déguster chaque bouchée.
Vient le second bonheur :
  • Attendre le lever du jour et ratisser les dernières feuilles d’automne, plus pour le plaisir de ce mélange de fraicheur et de soleil que pour le travail lui-même.
  • Et maintenant faisons la longue liste de ceux qui suivirent...
Ensuite il faut allumer le feu pour que la maison sente le bon feu de bois dès le réveil de ceux qu’on aime; avoir un long échange téléphonique avec ses enfants du bout du monde : Pour eux c’est déjà le soir et ils ont un long week-end à raconter.
La fin de matinée est consacrée à la messe. Y apprendre que des « barbares » ont mis le feu à une école et regretter qu’on ait pas été associés aux travaux de nettoyage ( Bon, tant pis !, ce n’est pas comme si je connaissais cette école comme ma poche pour y avoir suivi près d’un an de travaux ;-) 
Retrouver là son frère et sa belle-sœur et une de leurs pensionnaires (car ils s’occupent dans la plus grande discrétion de personnes en difficulté ). Décider d’un apéritif. Se retrouver sur la terrasse, sous un délicieux soleil. Boire un muscat de ces quelques vignes qui furent celles de SA famille il n’y a pas si longtemps que ça. Manger la tapenade faite avec nos olives et un petit morceau de caillette achetée au marché la veille. Laisser notre fils raconter à ses oncles et tantes sa nouvelle vie qu’il ne connaissent pas encore.
Après leur départ, déjeuner à trois, toujours sous le soleil, avant de retourner prendre le café auprès du feu qui ronronne.
Puis raccompagner à Avignon notre fils ( maudites grèves qui l’obligent à rentrer en bla-bla-car au lieu du train, qui nous font perdre plusieurs heures de sa présence...sans oublier l’inconfort pour lui ...et l’argent perdu.) Se réjouir de son humour et de sa capacité à passer au dessus de ces petites contrariétés.
Profiter d’être dans cette belle ville, pour s’y promener. AVIGNON est maintenant presque déserte de voitures. On la traverse à pied en toute sécurité pour son plus grand bonheur et on redécouvre des bâtiments magnifique qu’on ne voyait plus.
Prendre un thé dans un endroit délicieux, visiter les marchés de noël et choisir quelques cadeaux et encore quelques santons.
Revenir doucement chez soi. Oublier que c’est dimanche soir, qu’à l’exception de moi tout le monde travaille le lendemain.
Et voilà, ami lecteur, une nouvelle semaine qui commence.
Qui sait ce qu’elle réserve ;-)
Tu le sauras parmi les premiers. Je crois que je n’ai jamais pris autant de plaisir à écrire...ou que je n’en ai jamais eu autant besoin.
Bonne semaine à toi !
 
 

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07 décembre 2019

Lumières....et ombres.

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Il y avait ce matin un message en attente , une photo d’une petite carte adorable : quatre petits enfants espiègles qui demandaient pardon à leur maman de n’avoir pas été sages. 
Une belle écriture, un beau dessin plein de cœurs, une déclaration d’amour à leur maman...et une promesse de sagesse.
Comment faire davantage fondre le cœur d’un grand-père ?
Suivaient des photos d'une escapade en van et d'une pêche à la ligne dans un pays où les poissons doivent nager à l'envers...à l'autre bout de la terre.
Il y avait aussi des vidéos et des photos de cette belle fête des Lumières de Lyon. Les monuments de la ville qui s’éclairent dans une symphonie de couleurs. Nous y sommes souvent allés sans jamais être déçus de ces surprises.
Et bien sûr ce soleil qui fait  baisser le niveau de nos Sorgues et ramène le sourire chez ceux qu’elles ont menacé de trop près.
Il aussi la lumière de la présence d’un enfant, même s'il est adulte, et d’un projet de maison.
J’oubliai, bien sûr, la lumière du feu qui brûle dans la cheminée en préparant le repas du soir. 
Ma belle Provence a vocation à réfléchir toutes les lumières et recueillir les bonheurs qui les accompagnent.
Mais il y a parfois aussi des ombres.
Ce matin l’ombre était dans le regard d’un homme qui menaçait l’auteur de ces lignes parce qu’il était mécontent de ce qu’il écrivait.
Curieux... de menacer pour un écrit. Encore plus curieux de s’approprier des mots, de se sentir désigné.
Ah ! Le goût du pouvoir ! Il fait parfois faire des choses bien surprenantes.
Mais une menace reste une menace tant qu’elle n’est pas suivi d’effets.
Tu dois te demander, ami lecteur, ce que signifient ces mots un peu mystérieux. A vrai dire je ne sais pas très bien non plus ce qui se cache ainsi derrière une menace. Sera-t-elle ou non suivie d’effets ?
Je te convie, mon ami,  à suivre ce suspens.....
 
Mais vite, d’un geste, chassons l’ombre et retournons à la lumière de ce week-end ensoleillé.
Bon week-end donc mon ami.

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06 décembre 2019

Soleil

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La météo annonce 11 jours de beau temps. De quoi faire descendre le niveau des rivières et de l’eau qui s’est installée doucement dans de nombreux endroits. Car si notre territoire a connu dans le passé de larges inondations, ce fut toujours de façon plutôt lente. Une eau qui monte doucement et inexorablement mais qui repart tout aussi doucement. Il arrive même que, les nappes étant saturées, elle reste très longtemps. Rares sont chez nous ceux qui connaissent bien les mécanismes de ces inondations, d’autant plus que l’urbanisation et les usages de l’eau par les agriculteurs ont bien changé dans les dernières décennies. Nous avons la chance d'en avoir un à la mairie et il est sage de savoir l'écouter.
Mais 11 jours de beau temps c’est surtout l’espoir que les chantiers arrêtés repartent. C’est toujours pénible de perdre du temps et de voir se désorganiser des plannings déjà très tendus.
Mais le temps est là qui s’impose en maître sans qu’on n’y puisse rien changer.
Déjà le soleil paraît au-dessus des hauts murs qui font face à ma maison. Quelques jours de douceur à consommer avec sagesse.
Aujourd’hui ce sera « pause » : profiter du passage de notre fils. Partager un peu de sa vie bien plus active que la notre. Apprendre à mieux connaître son univers si loin du notre.
Pendant ce temps pour nos autres enfants (et nos petits-enfants - :-))) c’est déjà le soir au bout du monde. Le week-end commence pour nos exilés. C’est bien compliqué de se rencontrer, même par écrans interposés, quand le soir de l’un est le matin de l’autre, quand l’hiver de l’autre est l’été de l’un.
Peut être verrai-je (dans cette petite fenêtre qu’est une tablette) les paysages d’été du bout du monde, les promenades dans le van « hors d’âge » de mes néo-zélandais ou bien les échappées en surf, ou en randonnées de nos australiens.
En France notre « parisien » du moment est là et notre « beaujolaise » ne manquera certainement pas de se manifester.
C’est avec bonheur que j’ai vu arriver ce soleil. J’avais trop besoin de repos et de calme après ces jours trop remplis et souvent de choses bien éprouvantes pour le sommeil et le calme.
Ce sera donc jour de repos, de petites choses, de ces riens qui d’ordinaire composent ma vie. Un jour de bricolage et de jardin, d’échange et de lecture.
Installer une porte, réparer un placard, prendre le thé.
Demain sera plus difficile, non que j’ai à accomplir des choses extraordinaires mais parce que beaucoup de choses qui m’étaient  légères avant deviennent très lourdes dans leur nouveau contexte. 
Je sais que j’ai un jour d’avance sur le week-end et pour toi ami lecteur qui travaille, ou qui est contraint à l’inaction par la grève, je suis certainement en avance. Je t’en demande pardon et j’espère que demain le calme sera revenu.
Bonne journée....et bon week-end (si je ne réécris pas demain ;-))

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05 décembre 2019

Exemplaires...

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Le 4 décembre c’est la Sainte Barbe, une sainte qui me faisait sourire lorsque j’étais enfant et que j’imaginais semblable à ces « femmes à barbes » des foires. Mon père était un ancien officier d’artillerie et cette fête avait pour lui un sens particulier. Plus tard dans mon entreprise, le monde des carriers, de la pierre, des agrégats, des tirs de mines, des artificiers, on l’honorait aussi. Et ce n’est que bien plus tard, en arrivant à la mairie, que j’appris que c’était aussi la patronne des pompiers. 
Souvenir amusant, attendri. On ne dira jamais assez comme les souvenirs d’enfance remplissent une grande partie de nos souvenirs.
Joyeux,  je partis sur mon premier chantier du matin. Un chantier modeste, technique, de ces chantiers qui ne font jamais la « une » des magazines municipaux. Il s’agit simplement de mettre « aux normes handicapées », l’ensemble des établissements publics. Presque tout le monde l’ignore et presque personne n’en parle mais, depuis des années, ce travail est entrepris qui mobilise de gros budgets et pas mal d’énergie.
Rendre le monde plus facile à ces femmes et ces hommes pour qui la vie est plus compliquée que pour nous.
Suivre les chantiers est un exercice passionnant. J’y retrouve des gestes d’artisans que j’ai autrefois appliqué  moi-même et ce monde du travail qui manque toujours un peu lorsqu’on est à la retraite.
J’étais d’autant plus joyeux que le soir même notre fils aîné venait passer quelques jours à la maison.
......
Lorsque je rentrais pour déjeuner, j’appris que le pilote de l’aviation civile mort en service au début de la semaine était le gendre d’un couple d’amis.
Je ne le connaissais pas personnellement mais comment ne pas se sentir touché lorsque la mort frappe si près.
Ces accidents nous rappellent aussi ce qu’il y a de grand dans notre pays dans ces hommes qui vont jusqu’au sacrifice de leur vie pour accomplir ces missions.
Au delà de la tristesse, ces exemples, comme ceux des militaires qui meurent en mission, font prendre conscience qu’au delà du pessimisme et des craintes de notre société, il existe une relève du courage, de l’honneur et de toutes ces belles phrases que l’on peut lire sur leurs drapeaux.
La plupart des vies sont des vies simples et les tâches que chacun d’entre nous accomplit sont souvent bien modestes. Et c’est normal. Mais il existe aussi des hommes qui accomplissent des actes héroïques et d’autres qui leur donnent les moyens de les accomplir.
Une grande fierté. Un grand sentiment de reconnaissance.
Mais je dois te laisser, ami lecteur. L’agitation politique des derniers mois d’un mandat politique signifie aussi la multiplication des chantiers menés, parfois trop vite,  pour faire des lignes supplémentaires sur des bilans.
J’ai donc en ce moment beaucoup de travail que les conditions météo rendent un peu plus difficiles. Mais c’est aussi un bon moyen d’oublier un contexte bien sinistre.
C’est donc sur une note de fierté, de joie, d’espoir et de travail que je pars.
Bonne journée à toi !
https://www.francetvinfo.fr/meteo/inondations/vaucluse-le-temoignage-bouleversant-d-un-homme-sauve-des-inondations-par-les-trois-secouristes-decedes_3729427.html

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04 décembre 2019

Froid...et eaux..

Que d'eau ! Que d'eau (Mac-Mahon)  ;-)

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Après l’eau, le froid est apparu. Un froid , sans pluies :-)) est prévu pour les jours qui viennent. J’espère que ça permettra à l’eau de se retirer des berges de la Sorgue et à la partie des travaux du « coeurdeville »  bloqués de repartir.
Car l’eau nous a surpris. Elle a profité de l’espace libre laissé par nos excavations pour s’installer devant l’église dont on comprend alors mieux le nom de Notre-Dame du Lac.
Pendant longtemps l’eau s’installa partout où elle voulait.
Et puis ce fut le long travail des hommes qui, marécage après marécage, irriguèrent et canalisèrent cette masse imposante d’eau. Tout ça fut longtemps bien géré par les riverains et les agriculteurs.
Tu penses, ami lecteur, quand on ajoute l’eau qui irrigue... au soleil de notre Provence on n’est pas loin d’une terre «idéale».
Il est souvent arrivé au cours du temps que cette eau se répande au-delà des limites qu’on lui avait fixé. On peut imaginer qu’autrefois ces inondations porteuses de limons fertiles n’étaient pas vues d’un trop mauvais œil. Les canaux étaient certainement assez bien entretenus par les fermiers et les différents propriétaires de moulins.
Puis le temps a passé. Les riverains ne sont plus que rarement les paysans et il n’y a plus de moulins. Le bel ensemble de canaux, de fossés, de bassins, d’étangs s’est lentement dégradé.
Des maisons se sont construites à des endroits où les anciens savaient que l’eau pouvait venir. On a imperméabilisé des hectares de routes qui sont autant de digues. L’eau n’a plus trouvé ces endroits où elle attendait un peu avant de repartir.
Ce qui, autrefois, était un apport de limons est devenu un danger. Si, Dieu merci ! Dans notre territoire les inondations ont rarement fait des victimes, elles ont parfois dégradé terres et habitations de façon dramatique.
Matin et soir je surveille la jauge qui me dit si l’eau monte...ou descend.
Hier, j’ai profité d’une journée calme pour aller constater de plus près ses effets. Plus qu’innondées les terres sont gorgées d’eau et on ne sait pas pour combien de temps.
Alors,  l’annonce des beaux jours qui viennent est une bénédiction. 
J’aimerais vraiment que ce chantier avance, qu’au plus tôt on puisse voir un «coeurdeville » plus beau, plus harmonieux.
On a choisi pour réaliser ça des gens d’expérience qui ont montré qu’ils savaient embellir des endroits délaissés et les rendre attirants pour que la vie y revienne.
Et, comme ils sont parfois un peu « artistes » , ils sont assistés d’ingénieurs au savoir technique éprouvé. Si vous ajoutez à cela l’expérience et les années de connaissance  de nos services techniques vous avez un ensemble prêt à fabriquer de belles choses.
Ensuite il faut savoir intervenir.... juste à sa place, controler les dépenses pour veiller à ce que cet ensemble fonctionne bien, gérer parfois des conflits, s’accorder dans le temps, gérer les imprévus....comme celui de l’eau.
Souvent les habitants d’un village se désintéressent de la mise en œuvre de ces projets. Ils sont peu nombreux quand on les invite à des concertations. Ils sont parfois, et c’est normal, soucieux qu’on respecte leurs biens et qu’on limite les nuisances.
Ça aussi c’est un équilibre à trouver.
Je suis content d’avoir pu participer à un tel projet, d’avoir à ma petite échelle aidé à sa mise en place. Aujourd’hui l’approche des élections n’est pas le meilleur moment pour faire avancer sa mise en œuvre. 
Je sais déjà que je ne participerai pas aux étapes suivantes...sauf comme riverain, car ma maison est un petit morceau de ce « cœurdeville », et d’ailleurs un petit morceau de mon cœur aussi.
Si tu remontes en arrière ami lecteur, tu constateras sans peine que c’est surtout ça l’objet de ce blog et de ces écrits, vivre en harmonie avec sa famille, sa maison, son village, sa campagne.
Ces jours derniers ont multiplié mes lecteurs. J’ignore qui sont les nouveaux mais il m’arrive de penser que certains sont là pour m’aider à passer un moment un peu pénible et je les en remercie.
Maintenant il faut que je me prépare pour justement partir participer à cette «œuvre ».
Bonne journée, mon ami !

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03 décembre 2019

Servir...

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Il y a d’un côté le froid de l’hiver et ce magnifique ciel bleu balayé par le vent. Il y a eu aussi ce beau discours de notre président aux treize militaires morts en Afrique . Il y a d’un côté ...ces « valeurs » de notre pays.
Et d’un autre côté une triste mascarade ou l’on parle d’honneur, de fidélité à une équipe pour justifier, de nouveau, un grave manquement à une parole donnée.
Une équipe qui aurait été rassemblée, à mon insu, dès septembre pour déterminer cette stratégie qui aujourd'hui m'échappe.
Entre ces deux extrêmes le « petit homme » qui écrit ces lignes essaye de se maintenir dans sa ligne de conduite. 
Servir. Servir juste à sa place. Servir pour rester jusqu’au bout fidèle à ses promesses.
Ça va être difficile et pourtant il y a tant à faire. 
Depuis déjà longtemps un travail de sape, une sourde opposition ont ébranlé cet engagement...sans en avoir raison.
Savoir travailler avec les employés municipaux dans le respect mutuel des valeurs de chacun. D’une part, des techniciens qui œuvrent avec professionnalisme et d’autres part des élus, qui représentent leurs concitoyens, qui conseillent, qui arbitrent.
Je contemple en secret les réalisations faites et je suis plutôt content. (Imagine mon ami ce que cela aurait pu être si, en plus, j’avais été compétent ! ;-) )
C’est aujourd’hui devenu difficile pour moi  mais je veux faire durer cet état jusqu’au bout du mandat.
Ensuite on verra. Si je peux être utile j’aiderai ...ailleurs...à transmettre les quelques fruits de cette expérience. Je l’espère.
Sinon je retournerai à mes autres centres d’interêt...certainement triste... mais il y à beaucoup d’autres territoires à explorer.
Mais, toi mon ami, lecteur,  surtout ne sois pas malheureux pour moi...toi qui ignores  peut-être même, de quel village il s’agit.
Je suis profondément heureux. D’un bonheur compliqué, contrarié, fabriqué à coup de peut-être pour ces aspects-là de ma vie.
Mais si heureux d’en voir d’autres, plus jeunes, se lever, s’organiser pour construire leur avenir.
Je vais tenter de rassembler pour eux en quelques pages les quelques conseils que nous n’avons pas eu au démarrage ou que nous n’avons pas, par orgueil peut-être, su écouter.
Et je vais parcourir les photos, les écrits de ceux que j’aime (et il y en a beaucoup), regarder ce qu’ils font, savoir ce qu’ils aiment.
Et je repartirai à pied comme je le fais presque tous les jours arpenter les chemins et les rues de mon village, échanger avec mes voisins (que ces six années m’ont appris à mieux connaître et qui ont su m’apprivoiser).
Je longerai la rivière. Je mesurerai ses sauts hors de son lit. En silence, et presque en secret, car le silence est nécessaire à l’efficacité.
« Le bruit ne fait pas de bien. Le bien ne fait pas de bruit. ». Ils feraient bien de s’en souvenir ceux qui pensent que le faire-savoir est plus important que le savoir-faire.
Je retournerai à la main la terre de mon jardin. Je fabriquerai ces machines que je n’ai pas eu le temps de faire...même si elles ne servent à rien.
J’ai plus de temps car on m’oublie bien souvent dans ces réunions qui me prenaient trop de temps...ce sera certainement le cas encore ce soir. ;-)
Demain sera un autre jour. La Provence est belle et l’eau peu à peu se retire...que demander de mieux ?
Mais là...je dois te laisser pour préparer le thé et allumer le feu...deux autres raisons de se réjouir.
Bonne soirée !

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01 décembre 2019

Reconstruire sur des ruines...

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J’étais hier matin plutôt troublé : l’annonce d’un événement que je pressentais depuis quelque temps. Une triste confirmation de la médiocrité de l’être humain et le sentiment qu’on a de fortes chances de perdre quand on joue au poker avec des tricheurs.
Alors j’ai attendu le soir. J’ai proposé à « ELLE »  d’aller dîner dans un restaurant charmant de la ville voisine où une gentille canadienne vous sert de plats délicieux (et pas chers) préparés par son mari.
Puis nous avons marché dans la ville et nous sommes rentrés. Je me suis endormi jusqu’à l’aube et, à l’heure où les mauvais rêves arrivent,  je me suis levé.
J’ai recherché une citation d’un de ces hommes qui ont vécu des vies courageuses et qui l’ont écrit encore mieux : Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc.
J’ai  trouvé cette perle. Je l’ai publié sur ma page Facebook. Je sais : c’est un peu ringard...mais je m’en fous.
Ensuite j’ai lu, j’ai écrit, j’ai écouté de l’anglais et du néerlandais pour ne pas trop perdre mon temps.
ELLE dormait. La petite chatte aussi. Bref...j’étais seul !
J’ai attendu qu’elles se lèvent en faisant une multitude de sudokus. 
Ensuite j’ai pris un café avec ELLE et nous sommes allés à la messe. Il pleuvait. Tout était triste : la messe, les chants, l’eau qui a envahi le parvis à cause des travaux...on parle même d’inondation.
De retour à la maison, je me suis servi un grand verre de Brandy laissé là par un de mes fils.
Je l’ai bu avec plaisir et j’ai allumé un feu dans la cheminée. 
Après le déjeuner et le temps de la sieste, j’ai décidé de parcourir mon village pour voir les endroits où l’eau menaçait. Ils sont nombreux ces endroits et depuis presque six ans, je vois les services de la mairie chercher les meilleures solutions pour les faire disparaître.
Ces grosses pluies sont l’occasion de voir ce qui fonctionne ...ou pas. Un jeu subtil de noues, de canaux, de reprise de chaussée. Un travail de patience que j’ignorais autrefois.
Pendant cette promenade, je rencontrai le responsable de ces travaux, cherchant lui aussi à analyser les résultats. Cela me fis plaisir et je le lui dis.
Je croisai aussi une voiture de mes anciens « amis », traquant l’inondation. Pas un mot, pas un sourire, pas un bonjour....mon Dieu que le monde des hommes est décevant.
Il va le falloir maintenant reconstruire sur des ruines. Je pense que les quelques mois à venir vont être très difficiles, des mois de non-dits, de mensonges, de bruits qui courent. Et il est sûr qu’à ce jeu de dupes je ne serai pas gagnant.
Dans quelques mois ce sera différent. Comment ? Je l’ignore encore mais Dieu le sait certainement.
En attendant de rebâtir sur des ruines, je vais recourir à ces remèdes merveilleux qui me sont donnés. Ma famille, mes « vrais » amis, le travail dans la maison et mon jardin, l’étude, la lecture, l’écriture, faire mon devoir jusqu’au moment où ça ne sera plus possible, l’observation de la nature...et la prière aussi.
Et puis il y a toi aussi, ami lecteur, qui fait partie de ces amis et dont la présence bienveillante est pour moi un bienfait sans nom.
Alors...Bonne semaine !
Ps : la citation que j’ai retenu.
 
« Un homme doit garder la capacité de résister, de s’opposer, de dire non. Ensuite, il n’a pas à s’excuser. Trop d’hommes agissent selon la direction du vent. Leurs actes disjoints, morcelés n’ont plus aucun sens. »
Hélie Denoix de Saint-Marc ( Les sentinelles du soir)


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30 novembre 2019

Pouvoir...et déviances du pouvoir.

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S’il y a bien quelque chose que je n’ai jamais compris dans la nature de l’homme c’est cette envie absolue de pouvoir..et de pouvoir absolu.
La civilisation, peu à peu, avec patience, a mis en place des jeux d’équilibres pour gérer au mieux de telles envies et nos démocraties modernes ne sont pas trop mal servies de ce côté.
Pourtant il existe quelques niches ou s’exercent encore des pouvoirs absolus, gérés ou non, sans qu’il ne soit bien possible d’arrêter facilement de tels phénomènes.
La presse nous renvoie chaque jour les conséquences terribles de ces abus de pouvoir : la violence dans les familles, les pouvoirs de gourous de sectes, et que sais-je encore? 
Il semble qu’il y ait un moment où ...trop de pouvoir concentré conduise à des attitudes dangereuses...en tous cas incontrôlées. 
Pourtant les processus de prises de pouvoir sont bien connus maintenant. 
L’homme de pouvoir est souvent séducteur. Il sait vendre un « personnage » avec habilité ... au point qu’on ne vérifie souvent rien de son histoire.
Ensuite il s’entoure de ceux qu’il saura pouvoir manipuler par le jeu habiles des flatteries, ou des menaces si elles sont nécessaires. Mais le plus souvent le seul rappel d’un « qui n’est pas avec moi est contre moi! » rappelle le « dissident » à rentrer dans le rang.
Si l’un d’entre eux se révolte (et la seule révolte possible est souvent la fuite ou la démission) il est alors rayé de l’histoire. Il n’a jamais existé.
Diviser pour régner est un moyen très utilisé mais parfois les ressorts sont plus subtils : Être présent dans les « coups durs » peut aussi être l’un d’entre eux. Et distiller savamment le positif et le négatif, les critiques et les commentaires, au point de n’apparaître finalement que comme l'exécuteur d’une décision collective.
Lorsqu’un tel pouvoir est établi, il est presque impossible de revenir en arrière. On est devenu « incontestable » et si quelqu’un se plaint dans l’entourage  c’est juste qu’il est atteint ... de la folie de la persécution.
Et même si, par hasard,  la nature profonde du personnage se dévoile au hasard d’un accident ou d’un acte qui a échappé à son contrôle... rien n’arrivera à la remettre en question.
Ceux qui sortent d’un tel engrenage sont souvent si meurtris qu’ils demeurent  longtemps en retrait du monde et deviennent donc inoffensifs.
Pourquoi je te parle, ami lecteur, d’un sujet si grave ce matin ? 
Tout simplement parce que j’assiste tous près de moi,  à un tel « fonctionnement », un peu acteur, un peu spectateur. J’avoue avoir mis du temps à le découvrir. 
Heureusement l’âge  et un peu d’expérience permettent un peu de recul et j’aimerais simplement partager cette prise de conscience avec ceux qui sont concernés.
Heureusement mon week-end ne sera pas  ciblé sur ces mauvaises pensées. Je dois ce matin aider à ranger quelques tables pour préparer le loto de ma paroisse, puis aller chercher des colis à distribuer à des personnes âgées de mon village. 
Être levé à l’aube m’a permis de profiter des messages de fin d’après midi de mes petits-enfants  des antipodes;  et la Sorgue qui était montée au point d’arriver aux seuils d’inquiétudes « d’avant inondation » est en train de rentrer sagement dans son lit. Et ,comme je suis plutôt optimiste,  je veux croire que c’est pour longtemps....
Et puis il y a tout le reste :  ELLE, le jardin, la maison, les projets, les rêves, le feu dans la cheminée, les livres et les écrits...que sais-je encore ?
Bon week-end à toi, ami lecteur.

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