et pourquoi ne pas le dire ?

20 novembre 2018

De vieux amis....

 

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Figure-toi, cher lecteur, que je veux te parler ce matin de chers amis, de très chers amis. De ces amis qu’on se fait quand on arrive à l’âge d’homme, quand on commence à envisager ce que l’on veut être.

Ces bons amis, ces chers amis moi je les ai rencontré pendant mes classes préparatoires. Ces math-sup dont le souvenir studieux me donne encore des sueurs froides mais où tous les a-côtés de vie communautaire, de travail et de fêtes partagés, viennent vite redonner de la lumière.

Nous voulions devenir soldats. C’était pour nous un idéal à une époque où il était de bon ton de ne pas vouloir l’être et de railler cette vocation aujourd’hui heureusement revalorisée . Nous venions de milieux très différents, à tous points de vue, et pendant trois ans, pour moi, plus pour les autres nous avons vécu une belle proximité.  Je n’eus pas l’heur d’intégrer.

J’embrassai alors une autre carrière et je perdis beaucoup de ces amis de vue.

L’un d’entre nous vient de faire le pari de rassembler quelques uns d’entre nous quelques heures, pour un repas parisien. Tout s’est décidé très vite et je sautai sur l’occasion de les revoir. C’est curieux mais je ne suis pas inquiet car si nos vies furent assez différentes je sais que, pour chacun d’entre eux, ils ont suivi au plus près les grandes lignes des destins qu’ils s’étaient tracés . Et ça pour l’essentiel, leurs familles, leurs opinions, leurs convictions.

Quelques rides de plus peut-être, quelques cheveux de moins ou blanchis.

Je vais donc, pour quelques heures, perdre quelques dizaines d’années, rire d’un rien et brasser des souvenirs et des rêves qui ne se sont pas effacés.

Pourquoi je te parle de ça, ami lecteur ? Parce qu’autour de moi en ce moment règne un climat un peu maussade et que comme disait mon père « c’est dans les ténèbres qu’il faut croire à la lumière. »

Mon pays est dans la tourmente sans qu’on ait le sentiment d’une adhésion commune à une quelconque volonté. Mon village, à sa petite échelle, connaît aussi de grands soucis et il faudra de la volonté, de l’humilité et du courage pour en sortir proprement

Je te raconterai. Mais plus tard. 

Il reste encore quelques jours d’attente pour cette réunion...au sommet. Je suis impatient comme un enfant qui attend Noël.

En attendant je te souhaite une bonne journée. Ici il fait froid, j’ai allumé le premier feu dans la cheminée hier soir.

 

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19 novembre 2018

les trésors du temps....

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...C’est étrange comme la notion du temps est si différente pour chacun d’entre nous. Ainsi j’ai toujours eu le sentiment d’avoir le temps qu’il me fallait pour faire ce que j’avais à faire. J’ai même perdu beaucoup de temps, à attendre, à ne pas oser entreprendre, à me rajouter des « comment ? » et des « pourquoi ? ».

J’ai trouvé le temps de lire, d’écrire, de penser, de rêver, de construire, de jardiner, de gagner ma vie....et d’aimer beaucoup de personnes.

J’ai même eu le temps d’être maladroit, odieux, menteur, coléreux...paresseux...et j’en passe de bien plus affligeants.

Mais il est de bon ton de dire que l’on court après le temps, qu’on en manque, que c’est une catastrophe... Je n’ai jamais su si ceux qui disaient de telles choses étaient vraiment en manque ou juste prisonniers de ce leitmotiv qu’on entend partout.

Ce matin j’ai eu le temps de me lever tôt, de lire beaucoup, d’écrire, de rêver de me construire une petite serre et même d’en faire les plans (dans ma tête), d’aller sur les réseaux sociaux voir ce que devenaient mes amis, de regarder ce qui s’était passé dans mon village, et puis en France et dans le monde aussi. J’ai aussi révisé des mots de Hollandais et même quelqu’uns d’anglais.

C’est vrai que je ne travaille plus vraiment et qu’il est déjà tard...mais il me reste encore un gros bout de matin, un midi, un gros après-midi et un soir, et un début de nuit....

...Des trésors...

C’est vrai, je m’en suis souvent confessé et je m’en confesse encore, je ne suis pas le meilleur des aides pour mon épouse dans le quotidien de la maison. Alors qu’elle travaille encore et moi non, j’avoue qu’elle fait bien plus que sa part. Mais je ne désespère pas de progresser dans ce domaine...

J’ai découvert très tôt ce trésor qu’était le temps, au même moment peut-être où je faisais mes premières expériences de paresse. Mais on se lasse vite de la paresse car elle est ennuyeuse. On se lasse moins d’imaginer, de faire, d’essayer, de regarder, d’écouter....un monde qui a plein de choses à dire et à montrer. 

J’ai passé des voyages entier, en train, à construire des histoires avec pour principaux personnages mes voisins de l’instant. Je ne compte pas les heures de cours à surveiller du coin de l’œil le travail du jardinier dans le parc où les activités d’une famille de merles dans l’arbre d’à côte. J’ai passé beaucoup de temps à attendre aussi, des choses qui se sont passées ...d’autres non.

Car j’ai toujours été très dépendant des autres, de vous qui me lisez, de ceux dont dépendait mon travail ou simplement ma vie.

J’ai vite compris que le Bon Dieu faisait du temps son affaire, lui pour qui mille ans sont une heure. Alors ce temps je l’ai pris comme les hébreux recevaient la manne dans le désert : La ration du jour qu’on ne peut pas épargner et qui se gâte si on ne la ramasse pas.

Ainsi le temps de ce billet, je l’offre en remerciement. Car je te remercie cher lecteur du temps que tu m’as consacré en lecture. J’ai assez peu de lecteurs pour un blogueur (parce que je ne réponds pas aux commentaires, que je ne relaie pas non plus les autres blogs, et peut-être aussi parce que je peux être ennuyeux,,,que sais-je encore ?)

Mais je me dis que quelques dizaines d’entre vous m’ont consacré quelques minutes à me lire....quelques minutes * quelques dizaines= beaucoup de temps...quel bonheur ! Non ?

Qu’est-ce que ça serait si j’écrivais des choses intéressantes ?

Alors ce matin je vous embrasse sans distinction et je vous sais gré de ce bonheur matinal, de ce cadeau de temps.

Bonne journée. 

 

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18 novembre 2018

Mes nouveaux amis...

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Il y a longtemps que je nous ai pas parlé d’eux .Eux, ce sont mes nouveaux amis, ces mots de Néerlandais qui se présentent à mon écran chaque jour. Je suis loin de les avoir apprivoisés. Mais chaque jour ils me deviennent un peu plus familiers.

Je conçois qu’il puisse paraître un peu stupide, sinon vain que de tenter d’apprendre une langue qu’on ne parlera probablement jamais, dans un pays où on ne passera que quelques séjours, et qui n’est pas du tout répandue dans le monde.

Et alors ? Ami lecteur, si tu me lis régulièrement c’est que tu es capable aussi de faire des choses inutiles. Non ?

En tous cas, j’ai eu plaisir à déchiffrer de plus en plus de phrases, d’affiches, de notices. Parfois même j’attrapais au vol quelques mots prononcés. Je nourris même le secret espoir que mes enfants séjournent un an de plus dans ce pays que j’apprends à connaître.

Ces mots aux formes rudes, ces sons souvent gutturaux qui me sont durs à prononcer, ces formes de phrases si différentes, je commence à les aimer.

Et au delà de ça j’aime également cet exercice qui fait appel à ma mémoire souvent, et plus rarement à mon intelligence. J’aime à me retrouver comme un petit enfant qui essaie d’attraper au vol ces sons pour en faire des phrases, des actes, ou encore mieux des idées.

J’aime aussi justement que ce soit inutile en un temps où on croirait que tout doit avoir une utilité.

La vie révèle au fur et à mesure combien ce qu’on croyait utile est vain et ce qu’on croyait vain est utile. Je me souviens de cet exemple que me donnait mon père des poinçonneurs de tickets de métro. C’était pour lui l’exemple même des gestes que des hommes avaient fait toute une vie, pour lesquels ils avaient souffert, ils s’étaient battu parfois ou ils avaient fait des grèves...et qui étaient remplacés par des machines. Il avait raison.  Depuis des millions de tâches humaines ont été ainsi remplacées. Et il serait stupide de les maintenir.

Mais j’aime à savoir que ces petits gestes du quotidien ont permis de nourrir ces hommes, de leur donner ces préoccupations qui remplissent nos vies.

Alors quand, au moment de mes exercices, je vois ces mots pointer le bout de leur nez pour le mettre à l’épreuve je ressens un vrai bonheur un peu comme lorsque se rappelle à moi l’image d’un ami.

Aujourd’hui il va faire beau dans mon village et c’est tant mieux. En ce moment se tient une manifestation liée à la terre et au patrimoine paysan. C’est intéressant. On y croise un mélange coloré d’ « intégristes de l’écologie » et de braves gens qui comme moi considèrent que nous devons rendre à nos enfants une terre la moins abîmée possible tout en restant réalistes.

Hier il pleuvait et les manifestations de gilets jaunes ont nui à la fréquentation.

J’y retournerai donc aujourd’hui, voir ces gens qui partagent ce goût de la nature et acheter ça et là de quoi parfaire mon jardin. J’espère qu’il y aura du monde.

C’est important pour mon village, aujourd’hui soumis à l’épreuve du doute, que de se replonger dans ses racines et dans ces traditions. 

Voilà je te laisse, mon ami et complice lecteur. Il faut que je bouge....

 

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17 novembre 2018

Et toujours....mon village...

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Il m’attendait, bien sage, lorsque je descendis du train qui me ramenait de Hollande. Un trajet de l’aéroport à la maison dans un des ces trains du soir qui ramènent chez eux des travailleurs fatigués. Il y a longtemps que je ne voyage plus ainsi. J’avais l’impression d’un retour longtemps en arrière. Les téléphones portables avaient remplacé les jeux de cartes ou les journaux. Il y avait quand même quelques lecteurs et quelques)uns qui parlaient encore entre eux. 

Pourtant en mon absence un événement a bouleversé la tranquillité de mon village. Je ne sais pas quel sera son retentissement. Il peut avoir sur ma petite vie une grande importance...un changement d’équilibres, une autre façon peut-être de voir mon quotidien.

Je ne sais. Nul ne sait. Dieu le sait.

J’étais content d’être en Hollande. J’étais content aussi de revenir chez moi. Dans le brouillard du matin... car les rivières sont chargées d’eau, je suis passé voir les travaux de la passerelle, puis j’ai fait le tour des rues, des attentes, des travaux. Toucher la réalité des choses, la vie dans ce qu’elle a de plus profond.

J’ai retrouvé jeudi ma petite permanence d’une heure à l’Eglise que j’avais désertée la semaine précédente.

Mon pays s’agite autour des hausses de carburant, colère légitime des gens modestes qui se sentent trahis ou abandonnés dans leur quotidien. Mais la vie se passe dans un autre quotidien fait de petits gestes, d’attentions, de délicatesses, de tendresse.

Nous sommes allés voir hier soir « Un homme pressé », une des ces histoires simples d’un cinéma que j’aime car il se joue dans le « possible », un film plein de cette sagesse du quotidien que j’aime à découvrir. Des personnages émouvants, parfois très adroits, d’autres fois plus gauches pour se dire les uns aux autres qu’ils s’aiment...ou même juste pour s’en apercevoir.

Je suis revenu ému, content de partager ces joies.

(Si tu vas voir ce film, mon ami, reste jusqu’au générique final. Il est plein d’humour et peu s’en aperçurent qui partirent dès le mot « fin » affiché sur l’écran.)

Aujourd’hui j’avais prévu d’aller à mon jardin que j’ai un peu délaissé à l’automne. Il y a aussi un beau rassemblement autour de la nature et de ses produits. J’aime ce rassemblement qui a pourtant parfois de ces côtés « militants et récupérateurs » que peut avoir l’écologie. Mais on y voit des gens passionnés de ce qui vient, qui va, qui vit sur la terre. Des espèces anciennes et oublies, des méthodes de culture ancestrale. Mon goût pour le naturel et la nature s’affine avec mon petit bout de potager. J’y découvre avec bonheur le plaisir de la terre qui donne d’autant mieux qu’on la respecte. J’y vois le Don de Dieu. J’y découvre la patience. J’y apprends le voisinage.

Quelques jardiniers expérimentés (encore trop peu) , d’autres comme moi, débutants. Un petit morceau de nature bien sympathique.

Mais il vient de mettre à pleuvoir. Belle occasion d’écrire !

Bon week-end !

 

 

 ....

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15 novembre 2018

Monde virtuel...parfois vertueux..

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Petit matin de brouillard sur la Provence. On ne voit pas le ciel. Hier j’ai quitté une ville des Pays-Bas sous un beau soleil d’automne. Tram, train, avion, train : un long après midi entrecoupé d’attentes ...et ce sentiment très fort de bonheur d’avoir la chance de circuler entre des êtres et des endroits que l’on aime.

Ce matin, il faisait nuit à mon réveil. J’ouvris les volets et je ressentis immédiatement la sensation de l’humidité dont on ne sait plus bien si elle monte du sol ou si elle descend du ciel.

C’est à ce moment que j’entre dans mon monde virtuel de ces « réseaux sociaux ».

Quelques messages bienveillants de la veille qui vont éclairer ma journée. 

Certains viennent de l’autre bout de la terre, d’un autre monde qui s’agitait à l’heure où je dormais le plus fort. Je vois aussi  sur ma tablette des petits points verts qui me signalent que, chez eux, des êtres  que j’aime sont aussi éveillés. Oh ! Je ne vais pas déranger chacun d’eux. Mais j’aime à savoir qu’ils sont eux aussi, en éveil, quelque part. Beaucoup sont des amis de chair et d’os que j’ai vu et que je reverrai dans quelques mois, quelques années...peut-être.  

Il y en a même quelques uns que je n’ai jamais vu mais dont la présence se traduit simplement par des échanges bienveillants qui ont tissé au cours du temps des amitiés insolites mais bien réelles.

Un monde de bienveillance, ni plus faux ni plus vrai que le monde réel. Et mon imagination, mon intelligence et mes souvenirs font le reste.

Je suis content qu’ils soient là. Il m’arrive parfois de n’aimer pas ce qu’ils racontent ou ce qu’ils defendent. Mais est-ce bien différent dans le monde réel ? Il peut même m’arriver de me brouiller avec eux, d’être en colère ou, à mon tour, de commettre des indiscrétions ou des maladresses. Est-ce si étrange ?

Beaucoup de mes amis ne sont pas là. Ils n’ont pas choisi cette forme de présence et ça ne m’empêche pas de les aimer. Disons juste qu’il est plus difficile de leur faire savoir par un simple geste, une petite attention et que l’écho de leur vie me parvient plus difficilement.

C’est vrai qu’il y a aussi des prédateurs, des profiteurs, des menteurs et des vantards. Mais qui peut se targuer de n’en pas connaître par ailleurs ?

Ce monde virtuel est aussi un monde d’espoir, de curiosité et de recherche et je vais le quitter dans quelques minutes pour revenir au....réel. Je vais me préparer, filer à la mairie recueillir les échos de ce qui s’est passé  pendant mon absence. Faire le tour de mes chantiers et passer au jardin voir ce qu’il fait y faire. Ensuite j’irai passer une heure de veille à l’église de mon village. Ouvrir et fermer une porte, un autre monde de mystère et de liens invisible.

Puis je reviendrai déjeuner dans le maison que j’aime. Je réfléchirai à l’endroit où planter tous ces bulbes de fleurs venus du pays où ils sont tellement bien soignés. Savoir où, au printemps, jailliront ces taches de lumières.

Je vais organiser mon temps, l’occuper à milles choses réelles et ce soir à l’heure du repos je reviendrai respirer un peu d’air de ce monde virtuel aussi.

Oh ! Mon ami lecteur. Je ne veux pas te mentir. Il m’arrive aussi des moments de faiblesse, des moments de paresse ou j’abandonne mon « ordinaire » pour me « réfugier? » dans ce monde ...virtuel. Une manière aussi de « tuer le temps »....comme il en existe tant d’autres. Mais rassure-toi l’homme n’a pas attendu ces outils pour s’abandonner à sa nature bien imparfaite...

Bonne journée...

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13 novembre 2018

Mondrian

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Il y a eu ce week-end. Deux parents partis dans une autre ville. Un week-end de promenades, de courses sous la pluie, de découvertes de la ville et de sa plage sous un ciel noir et gris et pluvieux qui se découvre par endroits et laisse passer des traces de bleu. Toujours le mystère de ces cieux, de ces plages sans fin, de ces longues avenues. 

Un dimanche sage avec la messe le matin et le soir, dans l’obscurité naissante, une longue procession dans le quartier pour la Saint Martin. Un Halloween en « positif » où les enfants munis de lampions vont de maisons en maisons chanter quelques comptines et recevoir des bonbons. Il pleuvait à verse...mais ici la pluie ne fait renoncer à rien. Un moment de douceur ou l’on aperçoit les beaux intérieurs éclairés.

Lundi fut de promenades : une grande....vers la ville, le long des canaux, une autre  entre chien et loup dans les rues marchandes qui commencent à se parer des décorations de noel. 

Ce matin c’était  un musée, celui de la ville. Peintres de la fin du 19 e et du début du 20 elle siècle. Un grand tournant vers l’abstraction. Quelques belles salles aussi de ce passage vers le design qui fait mieux comprendre la beauté de ces grands intérieurs éclairés.

Mondrian, le chouchou de La Haye, de grands aplats géométriques de couleurs vives et joyeuses, repris souvent ici. Cette ville aime l’art et les artistes, les fleurs, les arbres, les vélos et les jardins, l’élégance et le silence.

Difficile de ne pas céder au charme. 

Mes quelques mots de Néerlandais me servent surtout à faire sourire et à créer un mouvement de sympathie. Mais j’aime à faire savoir à mes interlocuteurs d’un instant que je cherche à mieux les connaître.

Demain c’est le retour. Si nos enfants partent cette année c’est peut être notre dernier passage. J’espère que non. Mais qui sait de quoi demain sera fait pour nos petits expats.

Mon village m’attend. J’ai raté le rendez vous du 11 novembre. Ici nous avons raconté aux petits la grand mère de ma femme et ses trois frères morts à la guerre et mes deux grands pères combattants.La guerre est bien cruelle aussi. 

Mon village bruisse en ce moment de mauvaises rumeurs que j’aimerais voir cesser. Pourtant je vais le retrouver avec bonheur. Un flottement qu’il faudra faire taire par le travail, le sérieux et la vie quotidienne.

Je vais te laisser mon ami, car un dernier rituel est à accomplir d’aller sur le port manger du poisson. Un dernier plaisir...

Merci mon ami qui m’accompagne dans mes voyages et suit mes élucubrations.

Bonne semaine.

 

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10 novembre 2018

Il pleut....

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Il pleut mais ce n’est pas très grave. La maisonnée est maintenant réveillée. Un petit garçon a pleuré deux ou trois minutes ce matin en appelant sa maman.

Vite raisonné, il a rejoint dans le lit de sa « grand-ma » trois autres petites têtes blondes. Les devoirs sont faits. Les courses sont rangées. Un ami bienveillant a envoyé une liste d’activités à faire avec les enfants. 

Hier soir était déjà un soir de fête. Crêpes et film au programmes.

Du bonheur d’être grand-parents... pendant que les parents profitent de cette trêve pour fêter leur anniversaire de mariage dans une belle capitale...

Que fera-t-on aujourd’hui ? Rien n’est encore décidé. On prendra le temps de décider. Personne n’est pressé...

Il y a tant à faire : des jeux, des promenades, des visites, marcher dans l’air frais sans crainte d’être surpris par la pluie. La ville est déjà toute illuminée pour  St Nicolas d’abord et plus tard pour Noel. Il y a tant d’arbres dans cette ville que toutes ces lumières sont féeriques. Il paraît qu’à la plage c’est la fête « du froid », dans le quartier du Palais Royal on dit que ce jour les hôtels et restaurants vendent leurs objets remplacés ou usagés,

C’est le miracle de la ville pour le provincial-provençal que je suis devenu. Tant de choses différentes à voir ou à imaginer. 

Il doit faire beau en Provence...il fait toujours beau en Provence. Même si cette semaine j’ai reçu de ce village des bruits un peu préoccupants qui j’espère seront vite remplacés par des choses plus « positives ».

Et si je mesure chaque jour le bonheur de vivre à la campagne, j’aime ces grands rassemblements de personnes que l’on trouve en ville. Chaque être humain est un univers à découvrir. 

Hier, visite dans un énorme marché. Des centaines de mètres de fruits et de légumes de tous les pays du monde, des bric-à-bracs aussi, et de délicieux sandwichs au poisson fumé. Un mélange de toutes les nationalités d’immigrés qui se croisent. 

Allez, mon am. Il faut que je te quitte. Tout ce petit monde s’agite...et commence à se chamailler.

Bon week-end...

 

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08 novembre 2018

Ciels et cieux...

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Ceux de la Haye le soir sont magnifiques en ce moment. Ils sont de flammes. Ceux du jour passent du bleu au gris parfois plusieurs fois par jour. 

On y trouve des couleurs étonnantes. Ce sont d’ailleurs elles qui me fascinent en ce moment et je comprends de mieux en mieux pourquoi au travers des époques tant de peintres se sont installés ici pour créer leurs œuvres. 

La beauté est très présente ici, dans les intérieurs éclairés et découverts comme des vitrines, dans les jardins et dans les musées bien sur. 

Une escapade loin de ma Provence que j’aime, auprès de mes petits-enfants. J’aime ce pays des vélos, des canaux et des dunes. Ce plat pays où les habitants sont si grands.

J’aime à reconnaître quelques mots de cette langue et à en prononcer d’autres maladroitement pour le plus grands bonheur des habitants car peu d’étranger font l’effort de l’apprendre. 

J’aime ce pays des fleurs et des fromages aussi. Ce matin j’ai fait une large provision des premières pour donner des couleurs à mon jardin de printemps. Je reviendrai le sac charges des seconds.

J’aime ces maisons de briques élégantes très ouvertes à la lumière, ces rues bien tenues et silencieuses, ces villes où la voiture est juste tolérée quand elle n’est pas complètement bannie. 

L’automne est bien avancé et les gazons ont ces belles tonalités de verts qui répondent aux milles rouges, bruns et ocres des arbres.

Je découvre avec bonheur, des petites cours cachées, des bords de canaux encore sauvages, des églises aux carillons mélodieux, des bouquinistes, des antiquaires et ces boutiques de villes : encadreurs, tapissiers, restaurateurs de tableaux, doreurs...que sais-je encore? 

Je suis en vacances dans une maison d’enfants sages qui partent à l’école en ribambelles de vélos et reviennent le soir après de longs passages au parc. 

J’essaie de mieux connaître l’histoire ces villes qui conquirent de grands morceaux du monde et dont la dynastie s’enorgueillit de venir de Provence.

J’aime cette eau partout présente. J’aime ces moulins sans âges qui rythment les paysages.

Demain j’irai au cœur de la ville chercher dans les musées d’autres merveilles.

J’aurai sûrement des choses à raconter.....

 

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06 novembre 2018

Au loin le Ventoux....

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....domine la scène. La maison est magnifique et les invités sont nombreux. A un début de semaine au temps menaçant a succédé un samedi radieux et lumineux. Les tentes sont dressées et le parking ne sera pas boueux.

Mais ce qui est important et même essentiel aujourd’hui  c’est ce petit couple tout neuf. L’aîné d’une famille d’amis épouse la benjamine d’une autre famille d’amis. Des ces familles qu’on suit depuis si longtemps et qui sont si proches qu’il m’est difficile de dire dans l’assemblée quels sont les amis, les voisins, les cousins.

Elle en a vu des fêtes cette belle maison à l’allure fière qui, depuis des siècles, surveille la belle plaine au pied de ces collines qui précédent le Ventoux. 

Elle en a vu des rassemblements d’amitiés. On y est tellement chez soi. Une maison  ouverte quand tout va bien...et encore plus ouverte quand vient le temps des épreuves. 

Les tentes sont dressées sur le grand champ au sud, entre les cerisiers et les vignes. Nombreux ont été ceux qui ont participé aux préparatifs. C’est ainsi que sont les fêtes chez nous. Elles commencent aux préparatifs et se terminent avec le dernier démontage. 

La veille, dans le jardin, une petite Rose toute blonde partageait avec une petite Octavie aux boucles d’or aussi,  de ces secrets d’enfants qu’on aime à surprendre et à écouter. Pendant qu’un Aurélien, déjà un petit homme, aidait l’homme qui écrit ces lignes à préparer le parking et se renseignait sur l’histoire des amitiés si anciennes de toutes ces familles rassemblées.

On pourrait ainsi raconter mille de ces petites histoires qui se tissent jour après jour dans nos communautés.

Mais revenons à nos deux jeunes mariés : elle, jolie comme un cœur et lui, fier de ce trésor qui venait de lui confier et qu’il aurait à protéger et à défendre.

Le monde pour eux s’est arrêté. C’est LEUR histoire qui commence et c’est ce qui est très important aujourd’hui. Les discours se succèdent, drôles, attendrissants, émouvants. La tendresse des frères et sœurs, des témoins, des amis.

Dans la belle et grande église voisine on avait peine à se tenir tant il y avait de monde. Une belle cérémonie aux chants merveilleux repris par chacun. Une foi partagée établie, comme ancrée dans ces terres. Un sermon brillant et délicat à la fois. Car si la foi a ici sa place ....l’intelligence aussi.

Un mariage le matin c’est aussi la promesse d’une journée d’amitié partagée.

On aura le temps de voir les amis, parfois venus de loin. Il est difficile de quitter les grandes tables à la fin du repas et il fait déjà nuit lorsqu’on rejoint les braseros près de la piste de danse. Les plus anciens rentrent sagement, d’autres, plus jeunes, les remplaceront autour des feux.

Ils ne sont plus nombreux ceux de la génération qui nous précèdent. Mais l’un d’entre eux est là que j’ai plaisir à retrouver, un grand-père tendre et ému, qui fut de ceux qui nous montraient le chemin à l’heure où c’était nos familles qui démarraient.

Ces fêtes sont aussi l’occasion de retrouvailles familiales. Il y a là des frères et sœurs et des neveux et nièces. Certains dormiront chez nous, une occasion de retrouvailles plus longues, de partager encore sur nos vies, nos familles, nos enfants. On n’a que trop peu de temps à ces retrouvailles.

Demain le cercle sera plus restreint, les familles et les amis les plus lointains continueront un peu l’esprit de cette fête. 

Il est bien là, l’esprit des grandes familles. Joie d’une histoire qui se construit. Reconnaissance de tous ces bienfaits reçus. Promesse de solidarité et de fraternité partagées dans les épreuves qui sont passées et qui passeront aussi.

Au loin le Ventoux domine la scène, à quelques centaines de mètres de là, des moines prient dans une belle abbaye. C’est l’heure où l’on ramasse les premières olives. Hier et demain dans les cerisiers et les vignes travailleront les hommes qui gagneront leur pain quotidien. 

Et dans les Cieux, Le Bon Dieu, sans qui rien de tout ça n’existerait, anime tout ce monde avec bienveillance et près de lui on imagine sans peine les visages aimés de ceux qui nous ont précédés dans ces familles.

Voilà ami lecteur le quotidien des joies des femmes et des hommes tels que j’aimerais plus souvent en parler.

Longue vie à ce jeune couple et milles bénédictions sur leur nouvelle famille !

 

 

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01 novembre 2018

Toussaint et Halloween....

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Mon Dieu, il faudrait que vous nous fassiez savoir un jour pourquoi ce 1er Novembre qui est, dit-on, une grande fête au Ciel correspond si souvent à un mini-déluge sur terre.

Est-ce pour nous mettre en impatience et pour bien marquer la différence entre ces deux états et l’intérêt de devenir des saints ? Je veux le croire car depuis quelques jours c’est le déluge en Provence, région par ailleurs si propice à accueillir des ciels d’azur.

Certes le Ventoux est couvert de neige et ce serait un très beau spectacle si un ciel gris et couvert ne le dérobait pas à nos yeux.

Pourtant j’aime la Toussaint, cette fête des petits saints anonymes, ces « soldats inconnus » de la sainteté. J’aime l’idée que les humbles dont vous parlez si souvent ont ce jour-là leur jour bien à eux.

Cependant j’ai bien du mal à imaginer ce que peut être une fête au Ciel, endroit pour moi où tout est au summum de la félicité. Je peine à en distinguer les nuances...

Par contre j’avoue être allergique à Halloween. Certes, ces petits enfants déguisés en fantômes et sorcières peuvent être touchants  et le charme de l’enfance va bien au delà de ces laideurs. Mais je ne comprends pas pourquoi introduire laideur et vilénie dans un monde qui n’a pas besoin de ça. Il suffit de laisser les hommes s’organiser tous seuls. Qu’il y ait dans d’autres pays, froids et sombres, un attrait pour les forces du mal, je peux le comprendre mais pourquoi importer ça chez nous ?

Pour moi les sorcières et les fantômes participent à l’imaginaire de mon enfance, portent avec eux une odeur de soufre et de diableries qui m’effraient encore bien des années plus tard.

Qu’il y ait derrière cette fête supplémentaire l’idée de quelques commerçants pour s’enrichir de façon supplémentaire ou une quelconque adhésion à un monde de ténèbres me déplaît.

Mais revenons à la Toussaint, qui est aussi la fête de mes santons, de ces gens simples et humbles que je croise chaque jour et qui font de la sainteté comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir.

Depuis que j’ai commencé ces écrits, quelques uns sont morts et doivent aujourd’hui participer à cette fête. Je les imagine encore un peu timides et hésitants dans cet endroit qui doit leur sembler si extraordinaire.

Je compte beaucoup sur la Miséricorde Divine pour avoir une chance un jour d’aller au Ciel, même si c’est sur « la liste complémentaire », ceux qui seront récupérés au dernier moment.

J’ai beaucoup aimé les petites choses de la création, celles qui m’étaient données à admirer chaque jour dans la nature, les êtres et les objets. J’imagine que j’aimerais encore plus ce que je pourrai voir alors.

En attendant, le Ciel a du m’entendre, car un peu de ciel bleu se laisse voir entre les nuages.

Je te souhaite, ami lecteur, une bonne « Toussaint » et si tu ne crois pas une bonne journée de congé supplémentaire.

 

Posté par nic153 à 09:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]