et pourquoi ne pas le dire ?

21 septembre 2018

Alignés ce matin comme pour la parade mes amis...

A573BB59_4374_48F7_A59F_EC8AAE5EF7E2

...les mots néerlandais sont d’une humeur joyeuse. Leurs amis français se sont mis un peu en retrait et leur laissent prendre la parole.

« Tu vois, Jacques, que tu avais raison de nous rester fidèle. »

Je dois dire en effet qu’à l’annonce d’un retour anticipé de mes petits Bataves j’ai eu envie de renoncer et de laisser là un apprentissage difficile. Cette langue peu parlée est en effet bien lointaine de la nôtre et j’avoue peiner à l’apprendre. J’avais complètement bouclé le cycle d’une méthode d’apprentissage et ne voyais pas vraiment de progrès. Je leur avais fait part de mon découragement.

Ils avaient tenté de me raisonner.

« Mon ami. Ne regarde pas trop les différences mais les similitudes. Nous habitons un pays plat (comme ton petit morceau de Provence ) où l’écoulement de l’eau a une grande importance. Nous redoutons ses débordements mais elle irrigue aussi généreusement nos terres. Et puis ne disais-tu pas que ton arrière-grand-mère parlait flamand ? Et ton fils aîné qui part visiter bientôt l’Afrique du sud, dis-toi qu’il entendra les mêmes sonorités que toi. Et tu sais : apprendre sa langue c’est trouver des raisons supplémentaires d’aimer un autre peuple. »

Les arguments étaient solides. J’avais repris mon apprentissage et je les surprenais à sourire comme s’ils connaissaient un secret ignoré de moi.

Ce secret je l’appris hier. Le retour de mes enfants était retardé et se passerait comme prévu. 

Mes petits Bataves sont aux anges. On ne quittera pas l’école en plein milieu d’année scolaire. On aura le temps de ses activités. Pour l’année prochaine on ne sait pas encore.

Quel soulagement pour tout le monde ! 

Alors j’ai repris, je repasse ces listes de mots avec une énergie nouvelle. J’ai aussi décidé d’améliorer mon anglais. Je m’aperçois bien qu’il est encore beaucoup trop faible et visiblement l’engouement de nos enfants pour des pays étrangers ne semble pas faiblir...et c’est tant mieux pour leurs parents qui ont tant de plaisir à voyager et à se frotter à de nouvelles cultures.

J’ai donc regardé avec plaisir les images de ce pays où on a eu la chance de ne pas se débarrasser de son roi. J’aime la monarchie et ce lien affectif qui unit les peuples qui la possèdent. Ces hommes et ces femmes ne sont pas exempts de pêchés et de défauts, mais un peu comme dans une famille, à de rares exceptions près,  on a plaisir à se retrouver et à s’entendre.

Notre monarchie républicaine (car quel monarque possède autant de pouvoir que notre président ?) nous a souvent dotés de tristes incapables qu’on a même pas l’excuse de ne pas avoir choisis. 

Mes petits-enfants ont eu leur compte ces derniers jours de liesse à l’occasion « du jour du petit prince ». Carrosses et laquais, soleil au rendez vous, ils sont allés à pied dans cette ville où la voiture n’est pas la bienvenue. En plus ils ont récupéré un jour de vacances supplémentaires.

Décidément quelques bonnes occasions de réjouissances.

Allez mon ami. Je te laisse. J’ai à faire. Je n’ose pas te parler du temps qu’il fait chez nous. Il est presque trop chaud. Le jardin connaît un deuxième printemps. C’est étrange.

Ce soleil je te le donne en partage.

Bonne journée.

Posté par nic153 à 08:23 - Commentaires [1] - Permalien [#]


20 septembre 2018

Certains ont en partage...

 

D650DF55-5C9C-4FC4-9BE0-240FC65EC26D

...une confiance en soi et une assurance qui leur donnent une très grande efficacité dans la vie. D’autres, dont je suis, ont beaucoup moins de facilités à trouver le bon chemin, la bonne méthode et hésitent davantage à s’engager dans une direction précise. Ça peut aller jusqu’à l’inhibition complète.

Pour peu...et c’est encore mon cas, qui sont gauches et maladroits dans leurs apprentissages la vie peut devenir un vrai calvaire.

Heureusement pour eux, il y a parmi cette caste de défavorisés, certains sujets qui ont en naissant, ou qui acquièrent peu à peu, une grande confiance dans « les autres ». Ils ont d’abord ce sentiment parce qu’ils se sentent aimés par des êtres dont ils sentent qu’ils leur pardonneront leurs erreurs ou leurs maladresses.

Ceux-là gagnent peu à  peu l’assurance qui permet de vivre assez confortablement. Ils peuvent développer ou découvrir qu’ils ont quelques qualités cachées qu’ils ne soupçonnaient. Oh, bien sûr ! Ils peuvent être facilement déstabilisés par les critiques ou les reproches qui les ramènent à leur état initial mais ils persévèrent.

J’ai longtemps envié la catégorie des sûrs d’eux, des desinhibés, des « défenseurs de systèmes » avant de comprendre que parfois cette attitude cachait un grand manque de confiance dans les autres et entraînait de vraies souffrances.

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Pour deux sujets bien différents. Le premier est plutôt léger parce qu’il s’agit du jardinage. Depuis que je me suis mis à m’intéresser à cet art, je constate avec bonheur que la terre me récompense bien au-delà de mes efforts et de mes capacités. Je n’arrive pas vraiment à me décider : entre la reproduction du travail des anciens ( à grands coups de bêche, renfort de fumier et de quelques produits « miracles »), les scientistes qui parlent à coup de formules chimiques et de savantes molécules (dont il faut bien avouer les performances exceptionnelles ...et le danger qu’ils semblent représenter pour la planète) et les permaculteurs qui veulent revenir à une forme de nature primitive (sympathique initiative aux résultats étonnants ).

Alors j’étudie, j’expérimente, j’évite la seconde catégorie parce que trop rationnelle pour moi et plutôt ennuyeuse et ma foi, j’obtiens des résultats qui me satisfont. L’impression qu’ont dû avoir les hébreux au désert en recueillant leur manne journalière.

Le second est plus grave, puisqu’il s’agit de la mort. J’ai vraiment beaucoup de mal à penser que je puisse mériter un quelconque paradis par mes talents et mes propres efforts. Je vois ceux qui pensent l’obtenir par leur propre travail ou leur talent, tellement peiner et douter si fort quand ils n’y parviennent pas. Je trouve également triste la vie des cyniques qui y renoncent et se complaisent plus ou moins dans de petits calculs égoïstes pour essayer d’obtenir sur terre le bonheur qu’ils n’envisagent pas pour après.... Mais entre le sentiment de reconnaissance qui m’envahit souvent de toutes les grâces et les bonheurs que j’ai reçu, la conviction profonde que mon destin est entre les mains d’un Dieu bienveillant au pardon sans limite, l’argument « scientifique » du pari de Pascal qui incline à la foi dans tous les cas et à l’effort de s’adresser à ce Dieu...même s’il n’est qu’une hypothèse pour certains, je trouve un certain confort de vie.

C’est ce sentiment que je veux partager avec toi, ce matin, ami lecteur. Encore plus si tu doutes et si tu souffres dans ton corps ou dans ta propre espérance. Tu es, au fil des pages, devenu mon ami. Alors je veux que tu aies autant que moi confiance en un bonheur présent et un autre en devenir. Je le dis que si le Bon Dieu a permis de le sentir à quelqu’un d’aussi peu doué que moi, ça devrait être plus facile pour toi que je ne connais pas mais qui possède suffisamment de bienveillance pour lire régulièrement mes écrits maladroits.

Je te souhaite une bonne journée.

 

 

 

Posté par nic153 à 09:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 septembre 2018

Comment expliquer ce sentiment un peu confus...

65DA827B-56F2-4798-A825-C61060FF75CC

Il suffit que quelqu’un qu’on aime se rappelle à notre mémoire pour que tout à coup tout ce qui nous entoure se transforme.

L’air devient plus léger, le ciel plus clair et même si c’est pour apprendre des choses difficiles cette intimité vient mettre l’émotion au plus profond de soi.

Qu’importe le moyen de communication : une lettre, un mail, un coup de téléphone ....ou juste un petit coup de télépathie.

C’est vrai pour les vivants....c’est vrai aussi pour ceux qui sont « vivants ailleurs. »..partis rejoindre un autre monde qu’on espère meilleur.

Je viens d’avoir au téléphone quelques secondes une grande fille qui vient d’avoir neuf ans. C’est grand « neuf ans ». Cette petite damote était chez des amis. Dans son pays c’était le jour du roi...ou quelque chose comme ça. Elle avait passé se matinée à suivre des carrosses, des princes et des princesses, des laquais, des pages et des demoiselles d’honneur.

Elle avait les yeux qui brillent et ce petit sourire timide quand on parle à un monsieur un peu vieux quand même, même si c’est son grand-père qui n’oublie pas qu’il fut enfant.

J’ai eu une journée remplie de choses différentes. Je savais que je n’aurais pas ce soir le loisir de lui parler...mais ce sourire et ces quelques mots ont suffit à faire fondre mon cœur.

Pourtant il ne se passe pas autour de moi que des choses amusantes : j’ai appris il y a quelques jours une maladie très grave chez une cousine lointaine et éloignée en kilomètres mais proches dans nos cœurs.

Inquiété pour le mal, admiratif de son courage et de sa détermination. D’autres choses vont mal qui m’inquiètent moins directement mais qui secouent mon espérance : mon pays aux prises de l’incompétence et de la technocratie réunies, mon église qui vacille dans des scandales qui feraient douter d’elle si on ne nous avait pas promis son éternité.

Alors ce petit sourire de ce petit cœur de neuf ans, je veux le partager avec le monde entier. Je sais sa force, son pouvoir, sa chaleur et son rayonnement.

Un de mes fils part dans un mois pour un pays de kangourous. L’autre assiste en ce moment à l’éruption d’un volcan, une de mes filles assiste avec ses enfants à la fête d’un roi,, la dernière sagement travaille avant de regagner sa belle maison.

ELLE, travaille aussi. Mais ce soir elle pourra parler à sa « 9 ans » ce qui la reposera de la journée. 

La vie est là, les jours raccourcissent.

Et si Dieu qui fait tout ça accordait un petit miracle de plus pour ma cousine...et pourquoi pas ? Je sais trop de quoi Il est capable.

Et toi ami lecteur je t’associe à mes souhaits, à mes peines, à mes attentes.

Que Dieu te garde en santé...jusqu’après les vendanges...et au-delà.

 

Posté par nic153 à 16:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 septembre 2018

Un jour ordinaire : apologie du mariage

 

 Ce jour au matin pluvieux et à l’après midi qui s’ensolleille à nouveau a pu paraître à chacun un jour, somme-toute, ordinaire. Pourtant il n’en est rien pour moi. Ce jour est en effet le jour anniversaire d’une longue aventure commencée il y a pas mal de temps.

J’aime les anniversaires. Ils sont une occasion joyeuse de se rappeler des bonheurs, ou de constater que des malheurs d’autrefois ne sont justement plus que des.... souvenirs de malheurs.

C’est pour moi l’occasion de parler d’une institution, bien malmenée aujourd’hui... le mariage.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un anniversaire de mariage. Du jour où une jeune femme très belle accepte de lier son avenir à celui d’un homme pourtant bien maladroit. Car toutes les femmes sont très belles et tous les hommes maladroits. 

L’anniversaire est l’occasion de constater que cette entreprise bien audacieuse, et certainement trop mal préparée, a tenu au travers des ans.

Oh ! Je sais mon ami que nombre de mariages se passent moins bien et que c’est probablement la cause de l’hésitation grandissante de nombre d’amoureux d’aujourd’hui.

Je ne nierai pas non plus que certains jours de ce temps ont été peut-être plus difficiles que d’autres.

Mais ce jour est justement celui où on découvre qu’on est aux yeux de son épouse un être « hors du commun ».

Pour l’auteur de ces lignes, il y a eu deux jours comme celui-ci : le premier est celui où il prit conscience qu’il pouvait parler comme à un père à l’Etre le plus extraordinaire qui existait depuis toute éternité : son Dieu. Le jour de son mariage fut le second.

Dans les deux cas il découvrit que ce qu’il savait être le plus précieux pouvait s’intéresser à ce qui pouvait être le plus ordinaire.

Le reste n’est que bonheur et reconnaissance.

Mon père qui était (parfois) un homme sage me disait, lorsque j’étais enfant et « jeune homme » , qu’il fallait dès ce moment penser à l’épouse que j’aurais peut-être un jour et déjà de prier pour elle. C’est peut-être le meilleur conseil que j’ai reçu de lui de toute ma vie, lui qui venait pourtant d’une union brisée.

Alors à toi, jeune personne, qui tarde à s’engager sur ce qui te semble un pari risqué....fonce.

Et si, ce qui arrive par fois, l’auteure de ce bonheur vient à lire ces lignes qu’elle soit remerciée de son choix et d’accepter de vivre justement avec un être trop ordinaire...

Bonne journée !

 

 

 

Posté par nic153 à 16:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 septembre 2018

Trois petits enfants sages...

51FAF6A8-D2BA-4645-AE5C-60956C906BE2...Vont retrouver ce matin le chemin de l’école. Je les imagine sans peine. Le temps est gris ce matin sur la ville. Ils ont chacun leur petit imperméable dans ce pays où la pluie n’est plus un problème mais juste une réalité. Chacun d’eux est sur son petit vélo et avance au rythme de la maman dans le triporteur qui contient le quatrième, qui ne rentrera pas encore cette année. 

S’il n’y a pas de changement majeur, c’est le dernier trimestre qu’ils passeront dans cette école. Ensuite c’est encore l’inconnu.

Mais ce matin ils n’y pensent guère. Ils ont la tête pleine des amis qu’ils vont retrouver, de la classe qu’ils vont découvrir. 

L’année dernière nous étions avec eux pour la rentrée dans cette ville qu’ils découvraient, encore pleine de mystères. On campait dans le grand appartement et le déménagement n’était pas arrivé.

Leur petit cartable est plein de livres et de cahiers et de leur lunch-box de midi. Vivre à vélo n’est plus un problème pour eux. Pour les deux plus grandes c’est la quatrième ville étrangère en quelques années. Il faut dire que leur papa fait des tunnels et qu’il y en a dans le monde entier de ces grands chantiers.

Ils sont rompus à ces rythmes et jonglent avec les langues et les coutumes étrangères. Mais ce sont d’abord des enfants, la tête pleine de rêves et d’espoirs, et de vie. 

Leur petit lapin est mort la semaine dernière mais il a vite trouvé sa place bien au chaud dans leurs souvenirs en création...pour plus tard.

Je les vois. Je revois les rentrées de leur maman et de leurs oncles et tantes. Encore plus loin je me souviens ,mais c’est un peu plus confus, de celle de l’homme qui écris ces quelques lignes. 

Pourtant ici le ciel est d’un bleu merveilleux. Et si les matins et les soirs sont un peu plus frais les jours sont splendides. 

Ce matin j’ai beaucoup à faire, de ces choses que je fais à mon bureau. Je n’aime pas ne pas sortir un peu. Alors je suis quand même allé faire quelques pas dans le jardin et, comme l’élève paresseux que j’étais, je commence par faire tout ce qui est secondaire avant d’en arriver à l’urgent, ou l’important...ou les deux.

J’aurais passé ma vie à lutter contre cette incapacité à traiter mes priorités dans l’ordre...est-ce encore le temps de le corriger?

J’ai d’abord parcouru avant le lever du jour ces mille distractions qui se succèdent sur ma tablette (réseaux sociaux, journaux, et autres mangeurs de temps); puis j’ai repris l’apprentissage des langues : le néerlandais a qui j’ai consacré beaucoup de temps ne me sera plus utile longtemps mais j’ai aimé retrouver ce qui fut autrefois la langue de mes arrières grands parents (overgrootouders ;-)  . J’ai repris l’anglais aussi (que je parle trop mal) parce que c’est nécessaire et que mon dernier part s’installer en Australie pour un temps qui risque d’être long. J’ai rêvé trop longtemps de ces « bouts du monde » pour ne pas me réjouir qu’ils y passent un moment de leurs vies....même si c’est très loin tout ces endroits.

Et puis je te le promets ami lecteur, c’est mon dernier plaisir de la matinée que d’écrire ce petit billet. Je serai sérieux ensuite jusqu’à ce que j’en ai fini avec mes « obligations sédentaires ». 

J’espère qu’il me restera assez de temps à consacrer à ma maison et à mon jardin. Ce serait dommage de passer ce jour enfermé.

Tu vois : je te prends à témoin même de mes paresses...preuve que tu es bien mon ami.

Et bien sûr je te souhaite une bonne journée....

 

Posté par nic153 à 09:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]


03 septembre 2018

Minh chau pham ti.

 

A2C937D2-5B69-448B-B6E3-6DFE6ACB0AD4

En ce matin de rentrée d’école, je pense à toi qui fus je crois mon premier amour écolier.

C’était en 7ème. Allez savoir pourquoi on disait « septième« quand d’autres disaient CM2 !

Tes parents tenaient à Paris un restaurant chinois ou vietnamien...en tous cas asiatique. Ça s’appelait je crois «  la table du mandarin ».

J’ai juste passé l’année à te trouver belle et je n’ai jamais fait partie de tes camarades de jeu. Je n’osais pas.

Mais à la fin de l’année, enhardi, je t’ai demandé de signer une carte postale et tu as écrit avant ta signature : « à Jacques, que j’aime bien ».

Et puis l’année suivante tu n’étais plus là. 

Pourtant ce fut l’année où j’avais le plus envie de rentrer à l’école..

J’ai gardé des années cette carte.

Depuis il s’en est passé des rentrées. J’en ai rencontré du monde. J’ai croisé aussi quelques femmes, douces et belles.

J’ai même fini par rencontrer celle qui m’aima...tout court.sans ce « bien » dont je compris vite l’importance.

J’aimerais faire savoir à ce petit garçon balourd et maladroit que j’étais et qui existe encore qu’il n’a pas à se faire d’inquiétudes ce matin de rentrée.

La vie est pleine de belles choses, de belles personnes et de petits matin radieux.

....

Petite histoire insignifiante d’un grand-père qui pense à la rentrée de trois petits enfants...mais je crois que c’est demain pour eux.

Posté par nic153 à 06:02 - Commentaires [1] - Permalien [#]

01 septembre 2018

Petit « Biscuit » est mort....

 

 

E4A4363D-93D6-4D11-8971-9C20838BDE67

Il fait beau ce matin en Provence. Le vent a laissé derrière lui un ciel d’azur. Il fait chaud le jour mais la nuit est redevenue fraîche. Dans les maisons à enfants la rentrée se prépare. Dans mon village on s’apprête, lundi, à ouvrir à nouveau une école qui a été en travaux toutes les vacances. Tout semble fonctionner...mais quel stress ces dernières semaines.

Ce temps de vacances a été bien chargé mais rempli de bonheurs simples, successifs et variés.

La maison bruissait de ces bruits de vie familiale qui me sont chers. 

Dans mon pays hélas c’est un peu moins bien : mes gouvernants me désespèrent d’incohérences et de velléités démagogiques quand ils devraient avoir à cœur de gouverner avec exigence un pays qui ne sait pas ce qu’il veut. Mon Eglise est aussi sujette en ce moment à des troubles profonds qui pourraient inquiéter sur son avenir si on ne croyait pas à son éternité.

Il y aurait donc eu ce matin mille sujets sérieux à écrire. Pourtant  ami lecteur, je vais te parler d’un petit lapin.

Biscuit, dont je t’ai déjà parlé dans ces pages, petit lapin Batave arrivé cette année chez mes petits enfants, est mort cette semaine. 

Biscuit était gentil. Il faisait le bonheur de cette petite famille. Et moi je dois avouer qu’il me faisait beaucoup rire. Pourtant il m’avait gentiment mis à sac, cet été, deux petits carrés potagers que j’entretiens avec amour. Après nous avoir fait croire que l’espace de notre jardinet lui suffisait il avait joyeusement entrepris de mettre à sac les quelques carottes et poireaux qui s’y trouvaient.

J’avais bien essayé, avec l’aide de mes petits-enfants, de le protéger de barrières ...sans succès.

Rapidement le jeu l’avait emporté sur le forfait et on s’amusait de ses astuces pour contourner ces règles comme pour entrer dans toutes les pièces ,interdites pour lui, de la maison.

Il fallait le voir, se cacher, se faire oublier, ou nous laisser penser qu’il était lui aussi accablé par la canicule. Il restait au pied des carrés et tout à coup d’un saut puissant il s’installait, fier de sa performance.

Mais Biscuit avait un problème de dents. Il avait fallu l’amener chez le vétérinaire, l’endormir et... Biscuit ne s’est pas réveillé. Ou plutôt il s’est réveillé dans ce qui doit être le paradis des petits lapins espiègles...certainement un endroit charmant.

Mais dans la maison Haguoise quatre petits enfants, et leurs parents aussi ont connu un vrai moment de tristesse. Ils ont pleuré. Ils ont rangé avec amour la cage devenu inutile. Ils ont partagé avec leurs grands-parents leur tristesse. 

Biscuit, devenu mon ami, à rejoint ce petit mausolée intime des animaux qui viennent mettre un peu plus de couleurs et de joies dans nos vies. 

Dans quelques jours ils rentreront à nouveau dans leurs écoles. Biscuit sera très vite un petit nuage roux qui disparaîtra de leur horizon...mais qui peut-être quand ils seront grands, très grands, trop grands peut être, viendra à l’occasion traverser leurs rêves...comme c’est le cas en ce moment pour leur grand-père.

Adieu petit Biscuit...

Posté par nic153 à 09:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 août 2018

Fin d’été...

FF861A43-59F9-46A3-B6B1-E87CAC633674

Je savais en me couchant tôt hier soir que le réveil serait avant l’aube mais j’avais envie de ces heures données avant le jour où, le corps reposé, l’esprit vagabonde à sa guise. L’été est discrètement en train de se retirer et on voit, malgré les fortes chaleurs qui restent, que les nuits se rallongent et se rafraîchissent à nouveau. On entend parler de rentrée, les derniers amis qui passent le font le plus souvent sur le chemin du retour.

Mon jardin lui-même se vide de ses derniers légumes et appelle à le préparer pour l’hiver.

Heureusement quelques photos de vacances des enfants viennent mettre leur touche de bonheur discret dans ce paysage.

Je lis beaucoup en ce moment autour du jardinage, dans un certain état d’esprit qui me convient bien qui recherche plutôt le goût que la forme des produits et qui veut le moins possible abîmer la nature pour laisser à nos enfants un monde sinon meilleur du moins pas trop dénaturé.

J’aime participer avec mes quelques mètres carrés de jardin potager à ce mouvement. Dans un sol affaibli par des années de culture intensive je vois  Ma terre qui s’améliore, qui s’enrichit, qui se remplit de vie et qui, au prix de mon travail et malgré mes maladresses, me pourvoit de bons légumes.

J’ai beaucoup à faire encore pour progresser dans cet apprentissage. J’aimerai cette année réussir mon jardin d’hiver et voir sortir quelques légumes au printemps.

Cette semaine fut celle des visites : deux couples de neveux chacun avec un premier enfant sont venus passer quelques heures avec nous. De bons moments que de voir ces familles qui naissent et qui s’organisent; et hier à mon tour je retrouvais deux de mes frères et leurs familles pour un dimanche après-midi. Les occasions de nous retrouver cette année ont été assez rares. Aucun mariage ne nous encore rassemblé. Nous nous sommes retrouvés nombreux pour un enterrement mais le grand nombre empêche alors de se donner trop de nouvelles.

Dans ma famille très nombreuse où les frères et sœurs ont dépassé la dizaine, les petits enfants ont frôlé la centaine et les arrières petits enfants ont déjà largement dépassé ce nombre. Dur de s’y retrouver et de trouver du temps pour connaître chacun !

La rentrée qui approche me fait retourner à l’apprentissage des langues. Celui du néerlandais risque d’avoir été un peu inutile car le départ de nos enfants est annoncé pour la fin de l’année. Par contre reprendre l’anglais n’est pas inutile car notre dernier part tenter sa chance en Australie au mois d’octobre. 

Nous avons rêvé de pays étrangers et de voyages lointains. Nous ne pouvons que nous réjouir qu’ils partagent ces envies mais c’est toujours le cœur serré qu’on se sépare pour de si longues destinations. 

Il m’arrive de me demander ce qu’aurait été ma vie sans la curiosité, la lecture et l’apprentissage. Pour un être aussi peu doué que moi apprendre est toujours difficile et mes gestes restent aussi longtemps maladroits dans les apprentissages. Mais quel bonheur quand après des mois d’effort j’arrive à comprendre quelques mots d’une langue ou à souder ensemble deux morceaux de métal.

« Cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage » ou « le génie est une longue patience » sont les maximes qui auront accompagné ma vie. Il y a tant de choses à découvrir.

Je suis un piètre chrétien mais je n’ai aucune peine à croire que, sans la bienveillance d’un Dieu bon et généreux,  ma vie aurait été une suite de maladresses et d’échecs. C’est la chance des petits que de se savoir protégés et aimés par Quelqu’un de bien plus grand. Ça permet d’être reconnaissant, d’avoir envie de partager son bonheur, de se lever avec envie et de se dire qu’il y a tant à faire.

Je ne sais pas pourquoi en ce lundi matin de fin d’été je partage avec toi, mon ami, ces états d’âme...mais c’est fait.

Bonne journée et bonne semaine,

 

Posté par nic153 à 05:59 - Commentaires [1] - Permalien [#]

13 août 2018

Et de nouveau l’orage,

5C57F14E-D116-4478-AE7F-E86F6FEB5EA4

Le beau temps était revenu mais l’orage à nouveau s’est imposé. Bizarre caprice du temps. Le ciel chargé de nuages nous avait privé de la soirée aux étoiles que nous nous étions promis. Le dimanche matin, le monastère avait son auditoire de vacances : peu d’amis, des gens venus de partout. C’est le moment étrange où on ne se sent plus chez nous. C’est la situation insolite des gens qui vivent là où les autres vont en vacances ou rêvent d’y aller. 

Dans le village la fête votive s’est installée avec son lot de manèges et d’attractions...et son bruit. Elle a bien sûr moins de sens pour moi sans enfants et petits-enfants mais je reste fasciné par cet événement curieux qu’est la fête : les attractions, les populations rassemblées. J’irai ce soir et demain soir y effectuer une sorte de veille que nous faisons à tour de rôle pour s’assurer que tous s’y passe normalement, une de ces responsabilités d’élu dont je n’imaginais même pas l’existence mais qui nous font voir le village sous d’autres aspects et en d’autres moments.

Mais ce n’est pas de ça que je peux parler sous ce ciel d’orage mais bien plutôt de la visite d’une famille de neveux, venue quelques heures à peine après le départ de nos enfants et petits-enfants.

Une famille nombreuse presque au complet, huit enfants sur les neuf et leurs parents. Une famille en transit affûtée à la découverte de notre région que leur père habita lorsqu’il était enfant.

Un moment agréable, des parents charmants et des enfants se réjouissant de revenir à un endroit où ils étaient déjà venus quelques années auparavant.

Notre maison avait gardé ses habits de vacances, les livres et les bd à disposition, les « playmo » rangés comme pour la parade, la tour de chevalier et la cabane aussi prêtes à de nouvelles utilisations.

Lorsqu’on est l’enfant d’une famille nombreuse il est rare qu’on vous accueille « en famille » quelque part. Seules les maisons des grands-parents lorsqu’elles sont assez grandes le permettent parfois mais dans un environnement connu, avec des cousins. 

Là c’était un peu différent. Tout était nouveau. Notre petite maison devenait un nouveau terrain de jeux et de bonheurs à découvrir. 

J’avoue avoir été content de leur permettre pour notre plus grand plaisir de connaître cet instant que je n’ai pas connu moi-même dans notre très grande fratrie. Lorsqu’on est enfant de « famille nombreuse » le collectif l’emporte sur tout et il est  rare d’avoir le temps de découvrir ainsi, paisiblement, d’autres univers.

Ce fut un vrai bonheur pour nous de les avoir. Une longue fin d’après midi leur permit de profiter de ce nouvel espace. La matinée suivante aussi puis ce fit le départ vers d’autres aventures et d’autres cieux.

J’ai eu bonheur à redécouvrir ainsi de longues années plus tard et d’une autre façon plein de souvenirs d’enfance qui remontaient en surface.

Un peu de nostalgie aussi car si nous gardons des liens de cœur les uns avec les autres, nos grandes maisonnées (et notre manque d’organisation) nous rendent rares les occasions de nous revoir. Le temps passe. Déjà notre aînée nous a quitté. Deux beaux-frères aussi. Et si le rythme des naissances dans les familles est soutenu, le nombre croît mais on sent qu’on s’écarte les uns des autres. Loi du nombre...

Cette semaine sera encore au rythme des vacances, les obligations rares. ELLE, a repris le travail. Je profite de ce temps pour fignoler quelques petites choses. Moins de temps sur les écrans, plus de temps pour lire, un jardin qui continue de fournir ses fruits et qui fait maintenant préparer pour l’hiver et le printemps. Le temps peut-être d’écrire. Reprendre l’apprentissage de néerlandais même si le départ anticipé de nos enfants enlève de l’intérêt à la chose. Notre dernier nous a annoncé un départ très prochain pour l’Australie, d’autres occasions de voyage,

Notre marin vient de nous faire parvenir des nouvelles de ces îles du grand sud où personnes ou presque ne va et qu’il découvre en plein hiver austral. Curieux contraste. Il nous parle de mer déchaînée, de bateau qui tangue follement. On a du mal à se l’imaginer d’ici.

Notre autres enfants sont en vacances dans d’autres endroits et d’autres maisons.

Et toi, mon cher lecteur, tu continues de lire avec patience les petits récits que je croyais sans intérêt. Merci de ton attention. Passe de bonnes journées.

 

Posté par nic153 à 06:27 - Commentaires [1] - Permalien [#]

10 août 2018

La pluie est arrivée,

image

Une lourde pluie d’orage, de celles qui passent à travers mon toit...hélas. Elle est arrivée juste au moment où quatre petits brigands, un lapin chapardeur et leur maman repartaient terminer leurs vacances en d’autres endroits. En quelques heures elle a changé le rythme du temps et ce matin c’est la fraîcheur qui m’a réveillé. 

La fraîcheur et peut-être aussi un peu le manque...

Le temps passe. Le temps des petites gens, le temps de ceux qui ne marqueront pas l’histoire.

Que restera-t-il demain dans la tête et dans le cœur de ceux que nous laisserons ? Quelques souvenirs furtifs et épars, quelques complicités éphémères, des odeurs, des bruits...

J’ai presque terminé le portail de remplacement et je tente de reprendre mes affaires ordinaires. Ce soir la maison sera à nouveau pleine d’une ribambelle d’enfants....pour un soir.

Elle, a œuvré toute la soirée pour qu’à nouveau sa maison se remplisse dans les plus grandes conditions de confort.

Moi, je ne sais pas trop quoi faire pour l’aider dans ces moments. Mes gestes sont empruntés et maladroits à ces tâches là. Je suis plus fait, je crois, pour refaire le jardin, la maison, les murs. Enfin je crois.

D’ailleurs que restera-t-il de nous ? Peu de choses, je crois, pendant une ou deux générations...peut-être.

Et ce n’est pas de l’ingratitude, c’est juste le rythme du temps.

Aujourd’hui la place est vide à côté de moi dans le canapé. Mon petit visiteur du matin qui se levait avant les autres, peut-être aussi pour ce moment, s’en est allé. Ils arrivaient ensuite les uns après les autres....ils me rappelaient les matins de là génération précédente qui nous rejoignaient parfois ainsi dans le lit en se réveillant le matin.

Ceux-ci sont devenus à leur tour des hommes et des femmes. Ils se sont éparpillés dans le monde, ils font des métiers, ils réparent des maisons. Ils font aussi, peut-être sans trop s’en apercevoir, bien mieux que nous des choses dont nous avions rêvé. Ils sont aussi et surtout d’autres êtres qui ont leurs propres vies, leurs propres désirs, leurs propres victoires sur eux et sur le monde.

C’est compliqué ce bonheur de transmettre, ces moments de grâce reçus et partagés, souvent sans en prendre conscience. J’ai tellement le sentiment d’avoir tant reçu de ceux qui m’ont aimé que j’ai l’impression de n’avoir que trop peu donné en retour.

Il en est de même avec Vous, Mon Dieu. De Vous, j’ai tout reçu. En retour Vous savez mieux que tous la médiocrité de ce que j’ai rendu ou transmis à mon tour. Il y a des matins où je me dis que tout cela n’a que peu d’importance que Votre indulgence et Votre bonté sont tellement au-delà de tout cela que vous saurez continuer à m’aimer quand même dans cet autre monde promis. Mais il arrive aussi que je me demande pourquoi Vous continueriez à attacher de l’importance à un être si peu reconnaissant. Et là, je m’inquiète...

Le temps d’écrire ce billet , et le ciel pâle du petit matin est devenu de ce bleu éclatant qu’on connaît chez nous. Le temps de faire....

Et toi, ami lecteur, je te rends grâce, par ta seule présence, parfois aussi par quelques mots laissés d’être devenu un peu de mes journées.

 

 

 

Posté par nic153 à 07:40 - Commentaires [1] - Permalien [#]