et pourquoi ne pas le dire ?

07 juillet 2018

Anniversaire,

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Il n’y avait guère plus d’une semaine qu’on m’avait souhaité mon anniversaire. Elle, dormait depuis quelque temps loin de moi dans une clinique. On avait un peu peur, tous les deux différemment. Elle, plus que moi je crois.

On était encore petits (d’ailleurs est qu’un jour on sera grands ? Pourvu que non !). On sonna à ma porte. C’était mon beau-père. Nous n’avions pas le téléphone et c’était lui qui, prévenu, était venu me chercher au milieu de nuit. Je mis mon plus beau costume (d’ailleurs c’était le seul) et parti dans la nuit.
Dans la clinique silencieuse j’assistai avec une émotion toute empreinte de maladresse à cet acte sacré d’intimité. Et puis apparut un petit corps. Était-ce la fatigue, était-ce la joie, ou l’inquiétude peut-être ? Mes yeux se remplirent de larmes. 
Et dès cet instant le bonheur l’emporta. Si je n’avais pas déjà cru en Vous, Mon Dieu, je crois que c’est à ce moment-là que j’aurais choisi de le faire.
J’étais « père », sans aucun autre mérite de ma part que celui d’aimer. 
Depuis j’ai appris mille façons d’aimer davantage ce petit être qui est devenu une belle jeune femme. J’ai appris à partager ces joies et à essayer de comprendre ses peines.
C’était la première et Dieu, qui est Bon, renouvela encore trois fois ce cadeau pour moi.
C’est aujourd’hui anniversaire de ce bonheur. Encore très peu de temps et notre famille sera rassemblée. Et dans la joie de ces retrouvailles on se souviendra des trois derniers anniversaires et deux semaines à peine. L’aîné de mes fils, moi-même, l’aînée de mes filles. 
En attendant ce jour, avant de partir au jardin, sous un ciel bleu d’été encore plus bleu du mistral d’hier, j’aime à me rappeler cet instant merveilleux.
Alors pardonne-moi mon ami si je t’ennuies avec mes petits bonheurs mais j’avais envie que toi aussi tu sois témoin de ma reconnaissance.
Passe un bon week-end.

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05 juillet 2018

A mes amis inquiets, ou souffrants.

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Chers amis,

 

Il est parfois très délicat de s’adresser à nos amis qui souffrent, un par un. La souffrance est tellement personnelle que l’évoquer c’est aussi quelque part violer une part de votre intimité. Je ne sais pas vos craintes, vos peurs, vos angoisses, vos espoirs, vos rêves, vos attentes. Je ne sais pas la part de vous qui renonce ou qui consent, ni celle qui lutte avec force, patience et fermeté.

Je n’ai pour base de comparaison que ma propre vie, mes petites conquêtes, mes grandes désillusions, mes efforts souvent vains, mais aussi tout ce que je reçois de bon ...sans le mériter en aucune façon. Je ne sais pas non plus la part de vie qui existe pour vous en dehors de ce qui oppresse.

Ce que je sais, ce que je vois, ce sont votre patience, votre prière, votre foi, votre capacité à partager votre faiblesse ou à la taire parfois. Je vois aussi votre force et je me demande si, le jour où, à mon tour, je serai confronté à l’épreuve, je serai capable de pareils comportements.

J’aurai mille fois par jour envie de vous dire que je vous admire, que je vous aime. J’aimerais que ma prière soit pour vous plus ferme et plus insistante. Hélas elle ne l’est pas assez et il me faut sans cesse compter sur la prodigalité de Celui qui, heureusement, nous récompense sans tenir compte de la petitesse de nos efforts.

Alors lorsqu’il vous arrive de douter de vous-mêmes, ou si vous pensez être un fardeau pour les autres, sachez, qu’au moins pour moi, vous êtes des exemples et que vous dessinez un chemin qu’un jour à mon tour j’aurai envie de suivre lorsque viendra le moment.

En ce petit matin d’un jour donné, j’avais envie de vous le dire, de vous écrire aussi que je vous embrasse et que j’espère de tout mon cœur que cette période d’été qui s’annonce me donnera l’occasion de vous voir souvent...et longtemps.

A très bientôt donc....

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04 juillet 2018

Petite louvette...

 

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Un petit béret bleu marine. Un uniforme de la même couleur. Quelques rubans. Quelques insignes. Un petit sourire sage qui me fait complètement craquer. Ce petit air à la fois sage, espiègle..mais quand même un peu timide.

Ma petite fille part à son premier camp d’été de louvettes. Installations, feux de camp, jeux, milles occupations et au milieu de tout ça une croix rappelle le sens de ces occupations.

Je ne sais pas, mon petit cœur,ce qui se passe dans ta  tête de jolie petite fille. L’envie de bien faire, de remplir tous les défis qui te seront proposés, la charité vécue au quotidien mais aussi les amies, les fous rires sous la tente, les levers dans le froid et l’humidité. Et ces grandes filles que tu admires...tes cheftaines.

Sais-tu mon bel enfant que ta maman, que ton papa et que tes oncles et tantes ont connu de semblables moments.

Ton grand-père non. Il en rêva peut-être. Il y pensa sûrement mais peu importe. Il vit par toi ce bonheur inconnu qui a aidé ses enfants à grandir. 

Souvent moqués et critiqués ces scouts sont un trésor pour t’aider à franchir toutes ces étapes de la vie. Oh ! Bien sûr ! Rien n’est jamais parfait et d’aucuns feront tout pour te briser ton rêve. Ne les écoute pas. Garde au fond de ton cœur ce bel esprit d’enfance. 

Tu sais, ton grand-père que d’aucuns croient parfois un homme sage a encore la tête remplie de tes bonheurs et de tes rêves. Il navigue sur des navires qu’il ne construira jamais. Il mène son jardin comme s’il était Robinson sur son île, il vole sur des chars de vent tirés par des oies sauvages, il remplit sa vie et ses nuits de l’écume du temps.

Alors profites, vis ces moments de rêves, chante autour du feu à tue-tête. 

En ce moment dans mon village silencieux on entend juste le bruit d’une guitare et ton oncle marin du bout du bout du monde chante avec elle de ces chansons qui n’ont pas d’âge.

Et c’est un doux moment. Dans mon cœur je fredonne un «  avant d’aller dormir sous les étoiles » pour remercier mon Dieu de tout ce que m’a journée m’a apporté de beau :ta photo ce matin, le retour de ton oncle, le jardin qu’on arrose, les légumes qu’on cueille, de bonnes nouvelles de guérison possible, des sourires d’enfant, le bain de ce soir dans la piscine fraîche, le vol des hirondelles qui nichent à nouveau sous le toit et que dans un instant les chauve-souris remplaceront.

Je t’aime petite louvette aux yeux de velours. Bonne nuit. Fais de beaux rêves.

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Le lis des teinturiers

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Il en est des livres comme des êtres : certains savent se faire désirer. Celui dont je vous parle est un roman policier au joli titre : « Le lis des teinturiers »

 J’avais vu très tôt l’annonce de la parution de celui-ci. L’auteur est une jeune amie et je suis attentivement ses activités. J’avais donc très envie de le lire. Hélas trop de temps est passé sans que je ne trouve le temps de le faire. J’appris alors que, quelques jours plus tard, elle serait chez un libraire près de chez moi pour présenter son œuvre. Je sautais sur l’occasion, l’occasion d’une belle rencontre et un beau livre enrichi d’une belle dédicace.

Mais arrivé chez moi, le livre me fut emprunté par Celle qui partage mes jours. Elle usa du prétexte des livres que j’avais déjà en cours et que, plus que moi, elle adorait les polars et que celui là la tentait s’il était aussi bon que le premier...etc,etc...

Bref je dus encore patienter. Finalement le jour vint de cette possible lecture. Je connaissais les endroits. Je connaissais aussi quelques personnages qui existaient déjà dans le premier roman. Très vite l’histoire me tint en haleine et il me fallut un seul jour pour aller jusqu’au bout chercher le dénouement.

« Encore mieux que le premier ! » me dis-je. Des meurtres simples mais tellement inattendus et originaux, des personnages complexes et insolites contrebalancés par un policier plein de bon sens et mêlant talent et simplicité. Une atmosphère familière. Un intéressant échange de correspondance qui donne un rythme étonnant.

Oui, j’ai vraiment aimé. D’aucuns diront : «  Tu ne crois pas que tu as un a-priori ? Tu connais l’auteur. Tu ne peux pas te cacher que tu as beaucoup d’affection pour elle, ne serais-tu pas de parti-pris. »

Mais si bien sûr...et je le revendique. Je suis de part-pris mais mon jugement reste impartial et sain tant je déteste être déçu par un livre...

L’été est là qui s’installe solidement. Son ami « temps libre » est là qui l’accompagne. Les jours sont plus longs, les rythmes plus paisibles. Alors ami, je te le conseille, suis mon exemple, achète ce livre et régale-toi à ton tour.

Plus d’explications ici :

http://elansud.com/boutique/hors-collections/69-le-lis-des-teinturiers-9782911137600.html

Bon soirée et à demain.

 

Posté par nic153 à 17:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Comme un air de vacances

Les jours s’enchaînent à un rythme fou souvent remplis de douces choses mais le temps passe et je découvre que je n’ai pas écrit depuis longtemps.

Elles sont pourtant nombreuses ces petites choses insignifiantes qui remplissent la vie d’un homme ordinaire.

Le jardin potager regorge de légumes et je me demande si je n’ai pas été un peu présomptueux d’y installer tant de varietes différentes

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. J’ai installé sur l’avant de ma bicyclette un panier de plastique bleu délicieusement ringard pour y entreposer mes trésors.

Les livres aussi se succèdent à un rythme soutenu et révèlent plein de trésors.  Dans mon jardin « de ville » un laurier s’éclate en hauteur , rosiers et  plumbago mettent de jolies taches de couleurs sur les murs et la vigne s’étend partout où elle trouve à s’accrocher. 

Les soirs se remplissent de ces soirées prévues ou improvisées ou on retrouve ses amis avant la longue pause des vacances.

Le soleil s’est confortablement installé et imprime enfin son rythme à une saison qui a tardé et je bous d’impatience de revoir tous les miens réunis.

Dans la fraîcheur bénéfique du petit matin’ quand le village est encore endormi, je me dis que j’ai tort de me priver de ce plaisir de l’écriture partagée avec mes amis.

La porte de mon salon est ouverte. Sur le canapé à côté de moi, la bonne figure d’un moine me regarde d’un air doux depuis la page de couverture d’un livre. Sur la table un autre est là qui attend, (cadeau d’anniversaire) qui me tente aussi. Les mots de néerlandais (auxquels j’ai rajouté quelques mots d’anglais...trop peu utilisés) viennent chaque jour m’apporter des sons nouveaux et ce bonheur de la découverte d’autres façons d’être et peut-être de penser. 

Mais tu vois mon ami : je parle, je parle, et finalement je ne te raconte rien.

Et là, je dois bouger car j’ai de choses à faire. 

Alors je te promets, ou plutôt je me promets de consacrer ces jours-ci plus de temps au doux bonheur d’écrire. En attendant je te souhaite une très bonne journée.

 

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19 juin 2018

Fête des pères

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J'ai toujours beaucoup aimé ce jour. Pourtant mon père y était réticent comme à beaucoup de fêtes familiales imposées. Privé lui-même de père à une époque où la seule justification de cette absence aurait été qu'il fut mort à la guerre, (mais ce n'était pas le cas) fêter ce jour eut été célébrer une absence bien cruelle. 

Pourtant mon père était un "vrai" père, qui croyait à ce rôle et qu'il l'assumait intégralement. Il lui manquait des bases, des exemples et comme il avait de l'imagination, il avait parfois, à sa manière, imaginé certaines attitudes et certains comportements.
J'aimais mon père. Je n'ai probablement pas assez su le lui dire et à la fin de sa vie, quand, même entre hommes, les langues se délient et les sentiments se révèlent je n'ai pas bien su s'il entendait ce que je lui disais. Mais aujourd'hui ce n'est pas de lui que je veux parler mais bien plutôt de moi.
Car aussi je suis père. Ce cadeau merveilleux de la paternité je l'ai toujours ressenti comme une délicieuse injustice. Qu'est ce qui pouvait me donner tout à coup ce pouvoir de transmettre la vie et de deviner quelques petites choses de moi et milles choses de Celle qui avait porté en elle ce précieux fardeau?
J'ai aimé ces petits corps chauds réfugiés blottis dans mes bras, les caresses de la petite enfance, les moments partagés, les travaux faits ensemble et ceux faits pour eux. J'ai aimé aussi les confidences, les échanges, les heurts parfois. Je crois même avoir aimé les incompréhensions et les brouilles heureusement éphémères.
J'aime la famille un peu comme j'aime mon jardin : un don de Dieu qu'on entretient avec patience et délicatesse en essayant de comprendre ce cadeau et en tenant de rester dans la logique de ce tresor reçu.
J'aimais les petits cadeaux de l'enfance. J'aime ceux d'aujourd'hui. Les messages, les coups de téléphone, les présences parfois. Aider son enfant à grandir n'est pas toujours une chose facile. Parfois on se trompe. Il arrive aussi qu'on n'arrive pas à établir avec succès la communication. Et puis il y a ce temps où ceux qu'on a porté dans les bras vivent de leur propre vie. Un jour viendra où je serai pour eux une charge, un souci. J'aime avoir été le fils du père et puis le père de mes enfants.
Nous autres pères, avons parfois du mal à dire :"Je vous aime" lorsque nous le devrions. Alors vous tous qui me lisez, fils de..., je veux vous dire ce "Je t'aime"au nom de tous vos pères, les courageux, les maladroits, les absents, les fragiles, les petits et les grands.
Dimanche est passé depuis deux jours mais ce n'est pas bien grave. Merci pour les cadeaux que vous avez faits, ceux que vous avez oubliés, les mots, les présences, les absences, les mots doux, les maladroits, merci aussi pour les inquiétudes, les questions.
Je déteste cette société qui confond tous les rôles, où "père" et "mère" devraient ne plus avoir de sens. Mon monde à moi est un monde de petits qui mettent leurs pas dans ceux de ceux qui les précèdent en ajoutant juste un petit peu d'"eux", et ce que Dieu a fabriqué ainsi que l'homme ne s'avise pas de le défaire.
Pardon pour ce dernier paragraphe mais je voulais aussi l'écrire et fils de qui que tu sois, ami lecteur, je te souhaite une bonne journée.

Posté par nic153 à 11:06 - Commentaires [1] - Permalien [#]

17 juin 2018

Dans mon petit jardin potager...

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C'est une petite parcelle que j'exploite pour la deuxième année. Dans ce petit endroit merveilleux je remonte le temps. D'abord, il y a la terre : un limon qui fut fertile du temps où les Sorgues inondaient sans cesse la région. Les hommes ont su capter cette énergie mais le limon est devenu une mauvaise glaise. Mais peu à peu les forêts, les prairies, en se décomposant, ont donné à leur tour à cette terre une énergie nouvelle. Vint l'homme qui peu à peu l'épuisa à son tour au point qu'un jour elle fut délaissée.

On disait d'elle :"c'est une mauvaise terre !". Certains paysans vous le diront encore d'elle, qui ont connu ce temps.
Un jour l'homme revint. Sur ce terrain délaissé on fit une quarantaine de petites parcelles qu'on distribua à ceux qui n'avaient pas de terrain à cultiver en potager.
Il n'y eut pas tant que ça de demandeurs : aujourd'hui cultiver ses propres légumes à moins d'attraits ...même pour les plus pauvres. L'effort est trop grand par rapport aux résultats obtenus. Surtout que les règles sont sévères : pas d'engrais, pas d'insecticides, rien de chimique. Tout doit être naturel.
Un jour je pris la mienne avec un ami sans savoir ni quoi, ni comment, ni combien, ni quand : toutes les questions que l'on se pose quand on veut cultiver un jardin.
Peu à peu je m'imprégne de tout cela. Je regarde. Je surveille. Je lis. Je cours chercher l'information (le plus souvent sur internet..dit-on assez le bien de la connaissance diffusée par ce média ?).
J'ai d'abord fait l'expérience de l'épuisement d'une terre par une agriculture trop intensIve. Pas d'insectes, aucun ver de terre. Des milliers de petits fragments de ces plastiques qui servent à isoler les cultures du sol.
J'ai vu quelques maigres légumes sortir de ma terre pour mon plus grand bonheur. J'ai peu à peu compris pourquoi est si dur le métier de la terre : on ne choisit pas son moment. Il faut être attentif à la pluie, au soleil, aux insectes, aux rongeurs.
J'ai vu revenir d'abord des insectes plutôt indesirables, mangeurs insaisissables de mes petites graines, puis des rongeurs trop contents que ma bêche leur facilite le creusement de leurs galeries.
J'ai lu. J'ai cherché comment les chasser naturellement. J'ai appris le fumier, le compost, l'eau justement distribuée...ni trop, ni trop peu.
J'ai encore plein de choses à apprendre. Je vois avec bonheur grandir des légumes plein de saveurs. J'aime rencontrer d'autres jardiniers, apprendre leurs parcelles, leurs trucs, leurs histoires.
Je comprends même l'enthousiasme qu'on pu avoir les hommes de toute cette chimie qui paraissait magique et qui évitait les cruelles pénuries...avant que l'on ne comprenne que ce pouvait être un danger.
Je respecte le travail de ces paysans qui développent leur maitrise de ces technologies. Je ne suis pas devenu un intégriste écolo. Mais j'aime à savoir que Dieu me donne sans compter même si, aussi dans ce domaine, sa manière de donner est parfois surprenante.
En jardinant, je médite et je prie. Je comprends mieux cette manne des hébreux qui arrivait chaque jour dans le désert pour couvrir leur besoin. Ils ne pouvaient pas la stocker. Il fallait chaque jour la demander. Je sens cette bienveillance qui me nourrit chaque jour.
Mes mains sont souvent sales de cette terre un peu glaiseuse qui pénètre à l'intérieur des pores et qu'il est dur d'enlever. Elle me rappelle d'où je viens.
Et pour couronner le tout, lorsque la maison de remplit de mes petits-enfants j'aime qu'ils viennent faire un tour "au jardin de grand-père". J'aimerais qu'ils conservent plus tard le souvenir que j'ai moi-même du jardin de ma grand-mère que j'ai trop peu connu et dont je conserve une image merveilleuse.
Bon dimanche, mon ami lecteur.

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16 juin 2018

Une rose

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Mon jardin est là qui se réveille doucement devant moi. Un peu en désordre, mal réveillé. Il présente à ceux qui l'aiment son visage sans fards du matin. C'est le week-end. Il se dit qu'on va prendre du temps pour s'occuper de lui, arroser, remettre de l'ordre, couper quelques mauvaises herbes. Mais pour donner une belle image il livre son dernier trésor : la belle rose enfin ouverte d'un rosier nouveau, un petit dernier, arrivé il y a quelques mois.
Mon jardin est un jardin volé à l'ombre, aux gravats, aux ruines qui autrefois remplissaient cet espace. L'ombre l'empêche d'être propice aux légumes. Il a fallu aller les planter dans un autre espace aussi abandonné.
Mon jardin est un peu à l'image du village que j'habite et que j'aime. Son coeur a été déserté. Pour d'étranges raisons il s'est vidé de sa substance alors qu'il renferme des trésors. Ce qui lui a manqué c'est qu'on le fréquente, qu'on s'y promène, que le soir venu on aille s'y perdre.
La faute à qui ? La faute à quoi ? Je l'ignore. Peut-être ces autos dont on ne sait plus se passer et qui ont envahi les rues. Ou alors ces écrans qui nous fascinent et nous détournent le regard des belles œuvres de Dieu.
Il me semble loin pourtant le temps.... du temps qui ne passait pas assez vite, de ces allers-retours parisiens dans des avions trop plein de gens trop occupés pour regarder le monde. J'aimais cette ivresse de se sentir utile ou important. Aujourd'hui mon temps s'est apaisé. Mes jours sont remplis de plus petites choses et j'ai envie de partager les merveilles que je vois et que j'entends.
J'ai la chance de participer dans une faible mesure à ce que j'espère le renouveau de mon village. Redonner un sens aux choses. Prendre le temps de parler à celui qu'on croise.
Ainsi, en assez peu d'années, on a pu reprendre quelques bâtiments oubliés et délaissés. On a relevé le beffroi qui menaçait ruine, repris quelques remparts, une crèche, un centre social, des petits bâtiments çà et là, une banque qui est devenue la poste, des routes, un pont, un centre sportif qui rassemble les jeunes.Que sais-je encore ? J'aime cet inventaire un peu hétéroclite.
Demain, c'est le coeur de la ville qui retrouvera des couleurs. On dégagera la belle église de la gangue de macadam et d'autos qui l'enserre. On remettra sur le chemin des passants quelques jardins qui donneront envie de flâner le soir. Il y aura des fêtes (que j'espère modestes) et peut-être que le soir, des familles entières iront flâner dans ces rues, ces ruelles et ces chemins, le long des Sorgues, sur les places retrouvées, aux terrasses des cafés qui auront retrouvé leur attrait.
Il ne reste pas grand-chose sur terre du passage des hommes que peut-être ce sentiment d'appartenance à une terre où l'on n'est même pas né.
Le soleil semble enfin revenu. La fin du mois de Juin est propice aux fêtes. Hier c'était un charmant concert dans une église. Ce soir un des ces dîners de fin d'année de ces activités qui permettent de retrouver des amis à une fréquence régulière. Demain on fêtera l'anniversaire d'un ami. La semaine qui suivra sera une de ces semaines où nous sommes deux. Nous préparons ensemble la maison à l'été. Puis ce sera le temps des retrouvailles, des rires prolongés dans le soir, des histoires qu'on raconte aux enfants, des spectacles qu'ils donneront.
Ce matin en écoutant le merle dans le mûrier de Chine, j'ai envie de faire mille choses...tout en prenant mon temps.
Il y a quelques ombres dans ce paysage : ce neveu qui ne marche plus sans que l'on sache pourquoi, cette soeur touchée par un mal inquiétant, un frère déçu dans un de ses rêves,un autre trompé dans ses espérances ...et ce monde qui parfois semble fou.
Difficile d'y croire ce matin. Alors ces quelques mots, ces inquiétudes, ces bonheurs et ces mystères, je vous l'offre mon Dieu à Vous qui seul savez le pourquoi de ces choses.
Vous savez mieux que moi encore ce que sont mes faiblesses. Je ne peux pas Vous mentir. Je sais que Vous m'aimez et je compte bien sûr Votre aide et sur Votre indulgence pour m'aider, pour nous aider jusqu'à ce jour qui viendra où on saura peut-être à notre tour le "pourquoi' de tout cela.
Et toi, ami lecteur, je te souhaite un bon week-end.

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14 juin 2018

Lérins. Ile saint Honorat.

 

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Je reçois les photos de ce dernier week-end de mai, passé sur cette ile sainte.
Curieux mélange entre les flots des touristes venus pour quelques heures visiter cette ile construite autour d'un monastère et les heures de silence du petit matin lorsque l'île est déserte à l'exception des quelques hôtes de l'abbaye.
J'ai aimé cet endroit un peu extraordinaire, escale entre une Rome devenu centre de la religion et toutes les chrétientés naissantes de l'Europe. Nombreux sont les saints qui foulèrent avant moi ce sol imprégné d'histoire, et plus nombreux encore ceux qui comme moi, chrétiens ordinaires, sont venus déposer là, demandes, remerciements ou toute autre forme de prière.
L'âge qui avance ne donne pas beaucoup plus de réponses à toutes les questions qu'on se pose sur Vous, mon cher Dieu. La connaissance des méandres de notre religion, de son histoire, de ses choix ne nous éclaire pas davantage.
Nous sommes un petit groupe. Parmi nous un échantillon des expressions de notre foi. Il y a les très fidèles, les aveuglément fidèles, les fidèles "oui...mais", ceux qui doutent, ceux qui croient avoir perdu la foi. Il y a aussi entre nous une solide amitié, le joies et les peines partagées depuis un temps souvent long.
Et puis il y a la mer qui nous entoure. Il y a ces offices en français d'un chant plutôt inhabituel pour moi, plus habitué à la magie du grégorien, mais qui portent le poids de cette prière offerte depuis la nuit des temps. Mystère de ces hommes qui, après tant d'autres, et malgré les innombrables vicissitudes de l'histoire, des jalousies, des envies, des pillages, des révolutions et des reconstructions. L'un d'entre nous a, dans l'enclos des moines, un vieil oncle enterré. Il nous raconte ses vacances ici, enfant, quand des joyeuses bandes de cousins passaient là leurs vacances dans la proximité bienveillante du monastère.
Il y a le silence de la chapelle, les pins, les palmiers, la mer, les acanthes qui sont en fleur et toutes les autres belles plantes qui donnent à cet endroit un charme merveilleux.
Il y a aussi cet étrange tour, à la fois fort militaire et cloître protégé de la barbarie des hommes. Un étrange et pieux itinéraire où trois étages de galeries superposées semblent conduire nos pas et notre prière de la terre jusqu'au Ciel.
Bien sûr qu'il y a aussi, permanents, les bruit du monde, de la proche Côté d'Azur, de Cannes et de sa Croisette, des starlettes et des yachts de millionnaires.
Mais nous sommes là, comme protégés. Nous retrouvons pour certains des attitudes de pensionnaires, un petit goût d'enfance et de l'indiscipline. Nous apportons nos prières, nos peines, nos joies, nos souffrances, nos maladies, nos inquiétudes et nos espoirs. Un moine nous parlera de L'Église, et de la vie des moines et de notre monde qu'ils connaissent bien ...malgré l'éloignement.
Notre besace est lourde de ce que la vie nous fait porter mais tellement allégée par l'Espérance.
La Foi, l'Esperance, la Charité : des trois vertus théologales celle qui me manque le plus est certainement la Charité, cette capacité à aimer sans attente, sans contrainte qui transforme et illumine les deux premières.
Et il y a ce monastère, ces reconstructions de la fin du 19 ème siècle. Ces maisons et ces jardins rebâtis à l'ancienne avec un étrange mélange de naïveté et d'enthousiasme. J'aime le côté un peu kitsch de ces réalisations, dans un pays qui sortait tout juste de la haine révolutionnaire de Dieu et qui rêvait de se rebâtir chrétien. J'aime aussi les grands parcs arborés de cette époque où des jardiniers audacieux ont planté de si beaux jardins. Presque deux siècles plus tard les arbres sont devenus immenses, les allées bien ordonnées sont un peu envahies de végétation mais la structure est solide, les grandes allées bien travaillées leur donnent une assise extraordinaire. J'ai passé une partie de mon enfance dans une de ces propriétés ou j'ai appris à aimer ce style un peu étrange.
Je pourrai des heures entières, mon ami, te parler de cette île et ainsi repousser mon ouvrage et la journée qui m'attend.
Mais le mistral est là qui souffle et a ramené le soleil et fait briller de mille éclats le paysage devant moi.
Je vais donc, animé d'une ardeur nouvelle, m'atteler à mes taches quotidiennes et te souhaiter d'en faire de même. Non sans te dire que tu étais aussi présent avec tes intentions, dans ces prières, même si tu n'as pas de nom.
Passe une bonne journée.

 

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07 juin 2018

Juste une grosse fatigue

Le sentiment que le temps passe trop vite, que le ciel est trop chargé de pluie pour une fin de printemps. L'envie de voir plus souvent ceux qu'on aime. Un sentiment un peu flou d'inutilité. L'impression que ce qu'on fait, ou que ce qu'on a fait, n'a pas grande importance. Se sentir maladroit, les pieds lourds, sans talent. 

Et ce gros besoin de sommeil qui arrive trop souvent sans pouvoir le maitriser.
Se sentir trop lourd, gaucher, myope, maladroit.
L'impression de ne savoir être utile que par le travail.
L'incapacité de prier.
Les angoisses et les impatiences de la petite enfance ou de l'adolescence.
Le corps trop vite épuisé aux travaux du jardin.

États d'âmes de nanti, impatiences de gosse de riche mal élevé.

Savoir pourtant que tout cela n'a pas grande importance et se dire que les bonheurs d'aujourd'hui, "Sa" présence patiente à mes côtés, le sentiment d'être aimé au Ciel par Quelqu'un d'infiniment plus grand effaceront en un instant toutes ses ombres.

Allez! Debout mon ami Jacques ! En avant ! Courage ! Avant que de ne devenir paresseux.
Et toi, ami lecteur, je te demande humblement de partager  aussi ce moment de faiblesse.

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