et pourquoi ne pas le dire ?

21 mai 2018

Le même regard

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...à deux générations d'écart entre la petite fille et sa grand-mère. Toutes les deux regardent sur un petit écran la dernière page de ce qui pourrait être un conte de fée moderne : sous un beau soleil, dans un pays plutôt habitué à la pluie, un prince va transformer une jeune femme en princesse. 

Grand-mère et petite-fille regardent toutes les deux les belles robes, les beaux chapeaux, les uniformes impeccables et l'ordonnancement sans reproche d'une cérémonie plusieurs fois centenaire.
Elles possèdent toutes les deux cette même façon d'aimer le beau et l'élégance.
Elles ont simplement décidé ce matin de participer en silence à un événement heureux. Elles y sont plongées et, à les regarder, on pourrait croire qu'elles sont sur place et participent à la fête.
Et moi...moi qui joue les observateurs un peu désabusés, cherchant à voir derrière les belles images l'envers du décor. Et bien moi, je suis doublement ravi : des quelques images que je capte entre deux allers retours au jardin, du sourire et de l'émotion de ma femme et de la photo de ma petite fille qui, à des centaines de kilomètres, assistent au même spectacle.
La plus jeune peut encore rêver d'épouser un prince mais sa grand-mère ne semble pas trop amère de n'en avoir pas séduit et d'avoir choisi votre serviteur.
Si tu savais, ami lecteur, combien je ressens ce choix avec émotion. Dans la vie des gens ordinaires,dont je fais partie, de tels engagements vous mettent d'un seul coup à l'égal des grands de ce monde.
Et puis, je peux bien te le confier en toute simplicité mais j'aime à ma façon, ces uniformes chamarrés, ces traditions militaires, ces belles églises, ces belles robes et ces beaux bijoux. Je regrette souvent que dans son histoire mon peuple ait cru intelligent de penser qu'en n'aimant plus ceux qui vous gouvernaient on pouvait être plus heureux. Résultat, on s'est doté de monarchies d'argent et de souverains éphémères et ridicules dans leurs pompeuses tentatives de cérémonies officielles.
Tant pis, on fera avec. On ira simplement de temps en temps d'associer aux simples bonheurs d'autres peuples qui ont fait un autre choix.
Mais en ce lundi de Pentecôte, il me reste bien des choses à faire à la maison et au jardin. Elles occupent à merveille une partie du temps qui m'est donné. L'amour des miens, l'amitié, le travail...et quelques siestes remplissent le reste de ces moments donnés à l'homme sur cette terre pour son plus grand bien.
Et qui a dit que Dieu n'existait pas ?
Donc, je te souhaite à toi aussi , ami lecteur une journée sans ennui, sous un soleil que je t'espère aussi généreux que le mien. Et si, parce que ça arrive aussi, tu es touché par quelque peine, sache que je ne t'oublie pas non plus. Parce que c'est ça un ami : un être à qui on pense quand il est dans la peine autant que dans la joie. Et je t'envoie ta part de tous ces petits clins d'œil divins.
Bon lundi de Pentecôte.

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18 mai 2018

Ora et labora

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Cher petit homme,

Tout le monde t'attendait sur la terre, dans quelques semaines, et puis on a appris lundi que ce ne serait pas ta destination, mais que tu irais... directement au Ciel.

Les quelques mois que tu as passé parmi nous, tu les as vécu  comme "en cachette" dans le confort discret du corps de ta maman.
Tes parents t'avaient choisi le prénom d'un grand saint pour lequel j'ai tant d'admiration que je l'ai moi même choisi pour un de mes enfants. Le prénom d'un homme plein de sagesse, d'expérience et de bonté qui est pour moi une des plus belles figures de la paternité.
Tu vas reposer dans un endroit qui m'est cher sur la Sainte Colline d'une ville qui a abrité beaucoup de saints. Quand nous passerons à cet endroit chacun de nous aura pour toi une pensée particulière.
Tu es passé directement à la case "Ciel" sans passer par cette case "Terre" comme on le fait généralement. Ce sera bien sûr difficile pour ceux qui t'attendaient, ceux qui t'avaient vu grandir dans l'ombre et qui suivaient tes mouvements secrets. Ce sera difficile aussi pour ceux qui les entourent même s'ils savent leur courage, leur foi et leur espérance.
Tu rejoins dans le Ciel ce petit monde secret et bienveillant de ceux qui nous protègent d'"En-Haut" alors que la logique aurait voulu que ce fut nous qui,pendant quelque temps, les protégions ici bas. Il en est quelques-uns qui sont ainsi devenus pour moi des protecteurs : je pense particulièrement à une petite soeur et à une petite filleule qui ont eu une grande importance dans ma vie et qui m'ont aidé à grandir.
Tu fais partie de ces saints particuliers qu'on a le privilège de tutoyer....;-)
Tes parents sont pour nous plus que des membres de notre famille : ils sont des enfants choisis ou adoptés pour grandir dans la même foi que nous.
On ne pourra pas faire grand-chose pour les aider : prier un peu pour eux, te demander de les aider, demander à la vie de tous les jours de prendre le relais, savoir que la vie, l'attention portée à ton "grand" frère, le pain quotidien finiront par leur redonner le sourire et la joie que nous aimons leur savoir.
Nous ne serons pas là pour ton entrée dans ta dernière demeure terrestre mais nous serons avec toi dans ce monde riche, secret et étonnant de cette "communion des saints" auquel nous appartenons toi et nous.
La seule chose que nous pourrions conseiller à tous ceux à qui ta présence sur terre va manquer c'est d'appliquer ce beau conseil qui résume l'enseignement de ton saint patron : Ora et labora...prie et travaille.
C'est ce que nous allons aussi nous appliquer à faire.
Je t'embrasse petit-homme et ta "grand-marraine" en fait autant.

Veille sur nous.

 

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07 mai 2018

Il est dix heures du soir.

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Le village s'endort doucement. La maison est éclairée comme pour une fête. On vient de faire officiellement sa connaissance.

Oh ! Ce n'est pas une première. On était déjà venus lors des préparatifs de l'achat. Il y avait eu d'abord une longue recherche, puis la découverte de cette maison alors encore en travaux. Une succession de contretemps avait retardé l'achat définitif. Il faut dire qu'ils sont en droit d'être exigeants les élus de ce beau villages aux pierres dorées du Beaujolais. Les maisons couvrent en gradins les flancs de ces collines de belles vignes à l'ombre de deux très beaux châteaux.Il ne faudrait pas qu'une vilaine bâtisse vienne rompre l'harmonie.
Il y a eu sans eux le d'aménagements qu'une équipe d'amis plus jeunes a mené dans les rires, la joie...et la fatigue.
EUX, Ils étaient partis juste à l'heure du repas, une auto remplie d'outils et de meubles pour venir aider à finir cette installation. La maison est déjà belle, décorée, embellie de belles peintures.
La propriétaire c'est ELLE, c'est leur fille aînée, une belle jeune femme trop fière de son premier achat. Elle a pourtant quitté un bel hôtel particulier, au pied de la sainte colline de Fourvière. Mais maintenant c'est l'heure de vivre à la campagne.
On visite tout, même la vieille cave encore dans son jus qui n'était pas ouverte la première fois et l'étrange citerne sur laquelle la maison est ancrée et qui recueille les eaux de pluies à l'entour.
Ceux qui ont oeuvré là ont fait du beau travail. La maison se laisse à l'envi pénétrer d'une belle lumière qui permet de tout découvrir.
Et vient le soir. Dans le salon maintenant garni de quelques meubles. L'homme prend sa tablette et écrit son premier texte dans cette maison. Il entend dans la pièce à côté des échanges de projets, d'idées, de rêves.
Il semble que la maison l'a adopté, que le courant est passé.
C'est une drôle de famille où on aime les maisons, les endroits, les livres...et les gens.
Chère maison que je ne connais pas encore, je crois que je t'aime déjà.
Demain ce sera repos et pour moi divers bricolages et jardinages pour te connaitre.

Et toi mon ami qui m'accompagne je te souhaite un bon jour de repos...ou mieux un pont, peut-être.

 

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06 mai 2018

"Je dirai malgré tout que cette vie fut belle"

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Le livre était apparu là, sur les rayons de ma bibliothèque, sans que l'on sache bien pourquoi comme si une volonté extérieure avait voulu que je le lise et que j'en tire un sage enseignement. 

Ce fut le cas. J'aime la manière d'écrire de M. d'Ormesson. Une façon délibérément optimiste et joyeuse d'aborder la vie. Une vie qui semble toute entière consacrée à un certain art de vivre dans les raffinements d'une culture qui s'étend au monde entier.
On navigue dans de beaux endroits. On côtoie de ces gens qui firent la pluie et beau temps de la culture, de l'art, du journalisme et de la politique ...en les tutoyant. Le tout est bien écrit, truffé d'anecdotes et souvent empreint d'une grande sagesse.
Cette vie, ce monde sont loin d'être les miens et probablement d'être les vôtres. Il a pu m'arriver, probablement comme à toi ami lecteur, d'apercevoir par une porte entrouverte un peu de ce monde là mais sans jamais y pénétrer.
Je trouve d'ailleurs curieux le large succès de ces œuvres tant elles sont éloignées de nos vies.
Et puis je me suis dit que ce n'était pas un hasard, que je partageais avec cet homme la volonté de regarder ce qui est beau et grand dans ce et ceux qui nous entourent. Ce ne sont pas les mêmes décors, voilà tout.
Ce qui nous rapproche encore, c'est l'universalité de cette condition humaine qui nous donne des vies bien différentes mais dont nous partageons un "avant" et un "après" tout aussi inconnus.
J'aime à savoir que, par une route bien différente de la mienne, cet homme arrive à une vision de Dieu finalement assez proche de la mienne.
Le reste du plaisir c'est le ton, la belle écriture, les multiples anecdotes si bien racontées qui font partie de ce patrimoine commun d'histoires que chacun raconte à son tour, ce sentiment de partager un trésor gratuit de culture dont on peut user à son plus grand profit.
Cet homme qui pût être agaçant tant il sembla gâté par le monde qui l'accueillit nous rend familiers et sympathiques souvent des personnages qui nous semblaient bien loin. Il semble les aimer et rechercher en chacun d'eux ce qu'il y a de bon.
Dans mon décor de ce matin, qui n'est pas celui d'un château mais bien plutôt d'une chaumière, je me sens proche de ce monsieur en contemplant un ciel déjà très bleu.
Merci donc au "hasard" qui déposa ce livre sur les rayons déjà chargés de la bibliothèque et qui me donna envie de le lire.
Le message est clair : retenir du monde ce qu'il a de plus beau, de plus doux....et aussi de plus universel...et l'aimer.
Il me reste aujourd'hui mille choses à faire. Je te quitte ami lecteur. Bonne journée.

 

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05 mai 2018

Jeunes gens qui lisez....

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...parfois ces quelques lignes, ne croyez pas que l'homme qui les écrit est autre qu'un enfant qui ne veut pas grandir. Et si je vous disais qu'hier matin encore il parcourait avec des amis les chemins de sa belle Provence. Pas celle de chez lui, des plaines, des canaux et des Sorgues entremêlées étroitement, mais celle d'un peu plus haut, des vignes et des oliviers qui verdissent bellement en ces jours de printemps au pied d'un Ventoux magistral.
Ils imaginent ensemble un jeu, un grand jeu, plein d'amis, quand s'installera l'automne, quand l'été sera passé et que les enfants auront retrouvé le chemin de l'école.
"Alors, on aurait dit que tu serais le prince et moi le chevalier..." Ce sont presque les mêmes mots aujourd'hui, on se refait un monde où se retrouveront amis et connaissances quelques heures, simplement pour être ensemble, pour jouer, pour parler, pour se consoler et pour refaire le monde.
Les années ont passé....peut-être, mais ce monde est toujours autant à refaire. Et, avant que vous preniez le relais, générations futures, pour vivre à votre tour d'autres rêves....pas si inutiles que ça, il nous faudra encore quelques fois se rassembler pour ces grandes occasions qui nous rapprochent pour autre chose qu'un mariage ou un enterrement.
Les rangs s'éclaircissent quand s'égrènent les ans, les visages se creusent, les dos se courbent...mais regardez les yeux, miroirs des âmes, ils gardent pour toujours leur éclat de malice.
Non, l'homme qui écrit ces pages ne veut pas cesser ce jeu commencé à la naissance et qui ne s'arrêtera qu'en quittant ce monde.
Oui, tout est important, ou rien peut-être. Contempler ce monde qui nous entoure, le rendre un peu plus beau, un peu plus souriant et juste partager ce trésor découvert avec "les autres" qui nous entourent.
J'avais juste envie d'écrire ces mots sans trop de sens avant d'aller au jardin et de faire mille choses inutiles et quelques unes essentielles d'un long week end de printemps.
Et pourquoi ne pas le dire. Je vous embrasse.

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26 avril 2018

Célibataire géographique

 

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En épousant un militaire je savais bien que nous serions parfois séparés, surtout en cette période qui n'était "d'après-guerre" que pour ceux qui n'étaient pas dans l'armée. Car elle continuait, sous d'autres formes, dans le monde entier et de jeunes hommes comme toi servaient sans relâche, et sans faiblir, notre pays qui renaissait en métropole.
Puis il y a eu ce jour fatal où tu es devenu pour ton pays un héros ...mais pour tes filles et moi, ce grand absent qui nous manqua si longtemps. J'étais seule. Je surveillais avec patience ces petites filles qui grandissaient, ces jeunes femmes et ces jeunes mamans ...puis grands-mères. Elles et les leurs remplissaient la vie sur terre. J'assistais à leurs joies, aussi parfois à leurs peines. Mais toi, tu étais là, lointain et présent à la fois. Tu étais resté à ce bel âge d'homme qui t'avais vu disparaître.
Ce célibat géographique, si pénible à nos familles de militaires, tu le prolongeas bien longtemps. Un célibat géographique entre deux mondes, celui des vivants et celui des absents.

De temps en temps je revoyais au hasard de mes passages chez des amis, ta belle photo , en "Grand Uniforme" de Saint-Cyrien. Elle orne maintenant un livre. Et te retrouver là, quand je ne m'y attendais pas, me créait toujours cette même émotion.

Maintenant je peux aller en Paix te rejoindre. Car si Lui l'a choisi c'est que c'est le "bon" moment. Ce temps m'a paru long, mais pour rendre l'épreuve plus facile,  Il a su le remplir de tous les bonheurs quotidiens de nos enfants, petits-enfants, arrières petits enfants.
Je ne sais pas ce que tu sais déjà. Je ne sais pas les nouvelles que je vais t'apprendre mais ils sont très nombreux ceux que nous laissons derrière nous.
...Ton passage à été court mais fécond ;-)
J'avais hâte de te retrouver. Maintenant ça va se faire. Et nous n'aurons pas trop d'une éternité pour contempler ensemble Ce que tu vois déjà.
Et vous mes enfants et mes amis de la terre, patientez à votre tour. Vous nous retrouverez. Je vous embrasse comme j'ai toute la vie aimer le faire.
À Dieu !

 

Pardonne-moi, ami lecteur, si tu ne connais pas la belle personne à qui je pense ici. Nombreux sont ceux qui sauront de qui je parle. Parmi ceux qui nous précédent il en est qui éclairent notre chemin, malgré leur humilité, par leur noble attitude et la justesse de leurs vies. Ils, où elles, forcent le respect et l'affection.

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22 avril 2018

Lumière

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C'est une autre forme de lumière que je contemple ce matin. Celle du soleil levant qui vient de la Rue principale, traverse d'abord une impasse et puis mon jardin et qui vient projeter les ombres de mon arbre et de quelques arbustes sur le mur de chaux blanche de mon hangar.

Un autre pays, une autre forme de lumière. En une semaine le lilas s'est couvert de fleurs blanches, les feuilles du mûrier de Chine se sont complètement ouvertes et la vigne court sur les fils.
Hier dans la maison silencieuse quelques jolis dessins laissés par les petites filles qui avaient séjourné là pendant notre absence, quelques bonnes bouteilles laissées par leurs parents, un gentil mot : le bonheur de savoir qu'en notre absence la maison à abrité d'autres sourires, d'autres bonheurs.
J'avais envie de paresse, de samedi prolongé, de sieste. Je voulais terminer un livre de vacances, un livre sans histoire, un livre qui prend ses distances avec le monde, avec les hommes, avec le rythme prétendument fou de la planète.
Mais ce fut vite fini. La sieste ne dura pas. Du livre il ne le restait que quelques pages et déjà l'appel de tout ce qu'il restait à faire. Le jardin, la piscine à remettre en état, la vie qui doit renaître.
Plus haut dans le Beaujolais, le déménagement de ma fille s'est terminé. Une équipe d'hommes courageux est allée l'aider et la belle maison s'est endormie pleine de bonheur...mais sans électricité. J'aime à savoir présents les amis de nos enfants. Nos propres amis ont eu tant d'importance pour nous que c'est ce plus grand bien que je leur souhaite. J'aime à les connaitre, à les savoir là quand il faut.
Ce que je ferai aujourd'hui, je l'ignore encore. J'avais envie de plage, avant qu'elle ne soient occupées par les touristes. Mais ce sont les vacances de printemps et ce n'est pas à l'ordre du jour.
Je suis revenu avec plein d'envies, de décors aperçus , de commandes aussi ("Grand-père, vous ferez un enclos pour Biscuit ? -c'est un petit lapin- il faudra qu'il soit bien. Vous le garderez pendant tout le temps où cet été nous serons en France.)
Bien sûr que je le ferai cet enclos pour le protéger des chats...et parfois aussi un peu d'eux-mêmes. ;-)
Donc aujourd'hui n'est pas fixé. La messe animera le dimanche matin. Le reste...je ne sais pas encore.
J'avais envie de commencer ce reste par ce petit billet.
Bon dimanche.

Ps : les merles revenus, et quelques autres oiseaux peut-être, s'en donnent à coeur-joie en ce moment dans le jardin. Le village est calme.

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21 avril 2018

Départ,


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Dans la maison encore endormie seul sont levés l'auteur de ces lignes et un petit lapin roux assis à l'autre extrémité du canapé.
Un papa courageux a bien tenté de laisser le dernier enfant,muni d'un biberon, mais a renoncé devant les cris de l'enfant qui avait choisi le confort du lit parental.

Quelque part au milieu de la France, une jeune femme se prépare à déménager avec des amis de bonne volonté et un frère opportunément de passage en France.
Un autre enfant est à Paris. Que fait-il en ce moment ? Quels sont ses projets ?
Les enfants demeurent à toute âge une source d'intérêt, un rappel permanent de mémoire.
Nous partirons ce matin vers l'aéroport, plus riche d'une semaine chargée en souvenirs et en moments de vie. Le grand appartement traversé par le jour me donne une si belle lumière qu'on comprend mieux alors les peintres de ce pays.
Ces belles façades de briques, percées de grande baies vitrées, alignées comme à la parade, ouvertes sur des intérieurs élégants ont un charme qui me plait.
Parfois le sable qui les soutient se dérobe et rappelle par des verticales devenues un peu obliques qui leur donnent un petit côté rebelle qui fait du bien dans tout cet ordre apparent.
Nous avons bénéficié d'une semaine radieuse en espérant ne pas avoir dilapidé en si peu de temps tout le capital de beau temps de ce pays qui le dispense au compte-gouttes (expression adaptée à ce pays de pluies quasi-quotidiennes).
Notre vie "ordinaire" nous attend avec d'autres bonheurs à cueillir, d'autres moments à vivre.
Déjeuner, préparer les valises, un train pour l'aéroport, un avion, une auto qui nous attend, une maison où trois petites filles et leurs parents auront passé quelques jours dans un sud retrouvé.
Et dès demain replonger dans cette Provence qu'on habite et qui nous habite. Un autre ciel, une autre qualité de soleil et de lumière.
Mais je reste fasciné par la lumière de ces ciels souvent gris qui semblent être capable de faire naitre la couleur.
Bonne journée, ami lecteur, et bon week-end.

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20 avril 2018

Un peu plus pauvre ? Beaucoup plus riche .

L'apprentissage d'une langue étrangère est une école d'humilité. Et cette qualité manque cruellement à l'homme qui écrit ces quelques lignes. Mais cet homme peut être opiniâtre et s'entêter.
Mon gendre est au travail. Ma fille a pris son tour de garde de trois petits bambins dont les parents se partagent la garde pour trouver chacun a leur tour un peu de liberté. ELLE, a pris le relais et accompagne aux jardins la classe de CP avec la maitresse et d'autres parents.Je profitai donc ce matin d'une maison vide pour aller faire quelques courses.
D'abord la grande librairie moderne avec son café intégré où je recherche des livres de Néerlandais un peu à ma portée.
Je cherche dans les livres d'images, pour les touts-petits qui peuvent ainsi apprendre les mots de leur environnement quotidien. Puis je m'aventure dans les livres d'histoires : 5 ans me semble l'âge idéal, celui où on apprend à lire à l'école. Là, je découvre l'étendue de mon ignorance.
Fort de ces achats utiles je rejoins le bouquiniste voisin de la maison pour y passer du temps à fouiner entre les vieilles estampes, les livres ésotériques, les livres d'histoires, et les romans.
J'aime par dessus-tout les échoppes de bouquinistes quels qu'ils soient. Généralement discrets ils vous laissent fouiller pendant des heures, et, si vous les Interrogez vous découvrez souvent des océans de savoirs hétéroclites. Ce sont des vieux anars de gauche ou de droite généralement ouverts à toute littérature sans aucune censure.
Plus souvent hommes que femmes, j'ignore pourquoi quand on dit que les femmes lisent plus que les hommes, ils sont le plus souvent plongés dans des nomenclatures ou lisent sur des écrans des catalogues qu'ils enrichissent.
Je résiste à acheter un vieux livre de technicien d'aviation de 1930 expliquant en néerlandais comme réparer un avion : peu utile pour les progrès immédiats.
Je déniche un livre expliquant la ville, Rue par Rue, par ses histoires qui me semble bien remplir un double rôle : mieux comprendre la ville de mes enfants, apprendre en néerlandais un peu de son histoire.
Pauvre de quelques dizaines d'euros, riche de milliers de mots nouveaux.
Finalement, un bonne affaire...
Il nous faudra demain reprendre le chemin de l'aéroport, le coeur un peu serré de quitter nos petits, mais plein de joie aussi de retrouver notre maison, notre pays, nos amis.
Le jardin à besoin d'être travaillé, la maison aussi. Un vieux fauteuil attend d'être terminé. La prochaine aventure sera d'aller aider notre grande fille à aménager dans une belle maison aux pierres dorées du Beaujolais.
Merci, ami lecteur, qui suit avec patience mes petits récits familiers. Je te souhaite un bon week-end .

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Progrès,

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Il y a deux catégories de gens qui m'exaspèrent : ceux qui n'ont que le mot de "progrès" à la bouche et qui,en son nom, justifient les plus imbéciles des pratiques et des inventions; et ceux pour qui "progrès" est un "gros mot", et qui croient que tout ce qui est moderne est l'incarnation d'une sorte de mal venu pour nous anéantir.

Je déteste autant les minimalistes imbéciles d'ATTAC que les geeks débiles collés à leurs écrans.
Oui je l'avoue : je passe beaucoup de temps lié à ma tablette ou à mon téléphone et je me réjouis de trouver l'information que je recherche grâce à un Wikipedia complaisant. Mais j'aime aussi chercher dans mes vieux Larousse, en "plein" de volumes, dénichés en salle des ventes, quelques informations perdues parce qu'elles ne sont plus à la mode. J'ai aimé TETRIS avec passion, j'ai imaginé sur Minitel des moyens d'accéder à l'information et je trouvai génial qu'on fournisse pour presque rien à chaque français ce qui était un vrai petit morceau d'ordinateur. Mais j'aime aussi passer plusieurs jours en retraite dans l'ombre bienfaisante d'une abbaye bénédictine, et dans le silence qui règne ici en "sous-maitre". ( le maître reste ce Dieu qui y dispense des suppléments d'âme.)

J'aime mon potager sans engrais, sans pesticide et sans rien de malhonnête. Mais j'aime à savoir que depuis des générations des savants ont cherché comment faire pour mieux nourrir ce monde qui avait faim.
J'aime fouiner dans les vides- greniers, hanter les salles des ventes, construire des cabanes en bois, dessiner des histoires aux crayons de couleurs mais aussi manipuler toutes ces belles images et ces bonnes données que nous dispensent ces hydres voleuses d'informations que sont les grands du Net.
J'aime suivre des centaines d'amis autrement perdus de vue grâce aux réseaux sociaux et prendre de temps en temps mon vieux stylo-plume pour écrire une belle lettre dur un vieux papier vélin.
Aujourd'hui j'ai longé des digues, contemplé des moulins, voisinant avec des usines à vapeur et les plus modernes des vis d'Archimède pour chasser l'eau de terres autrefois inhospitalières. Je suis allé chercher sur internet l'histoire de ces moulins et la légende qui l'accompagne. J'ai échangé quelques mots dans une langue que j'apprends grâce à mon ordinateur, cent fois plus vite qu'avant, pour déchiffrer de vieux livre poussiéreux dans cette langue que j'irais chercher demain avec délices chez le bouquiniste voisin.
J'avais juste envie de le dire.
Bonne journée, ami lecteur.

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