et pourquoi ne pas le dire ?

17 décembre 2017

Balade sur le toit de l'hiver...

Qui donc veut venir avec moi ? 

Pourquoi ?

Pour s'embarquer en cet fin d'après midi de dimanche provençal, dans un étrange vaisseau ouvert à tous ceux qui savent rêver.
On s'élèvera vers l'azur. On parcourra la grande plaine griffée par les Sorgues qui entourent la maison.
On montera même jusqu'au sommet du Ventoux couvert d'une belle neige.
On survolera cent villages aux marchés de noël dans le froid et le vent.
On verra s'agiter, grandeur nature, des milliers de santons rythmant depuis des siècles le cours de nos vies de leurs gestes naïfs.
Puis la nuit viendra. On verra dans chaque maison les crèches qui brillent et déjà les préparatifs de cette grande venue à laquelle on s'attend.
On ira vite et haut, trop peut-être pour toi, alors tu serreras tes bras autour de ma taille dans un geste de grande confiance.
On tournera ainsi, sans se soucier du temps, au-dessus des maisons de ceux que l'on aime mais aussi de ceux que l'on ne connaît pas encore assez pour les aimer.
On entendra sonner les cloches des villages, cloches célestes des églises, cloches laïques des beffrois, mêlant en un même concert la peine des hommes et leurs prières aussi.
Sur le faîte des maisons des volutes de fumées blanches nous disent qu'on aime encore le feu de bois dans l'âtre ou grillent les châtaignes, ou peut être quelques pommes de terre sous la cendre.
C'est là la vue des hommes à l'approche de Noël où depuis deux mille ans et plus on se réjouit ensemble de la Venue d'un homme-Dieu.
"Et avant ?" Demanderas-tu. Avant, je ne sais pas. Avant, je ne sais guère.
Il y avait sûrement dans le coeur des hommes cette envie, cette attente...Il y avait sûrement le Ventoux, le vent, les Sorgues, la peine et la misère des hommes.
Il y avait sûrement la joie aussi qui accompagne la naissance, et qui atténue doucement la peine des hommes.
Tu t'endormiras dans la descente comme l'enfant que tu n'as pas cessé d'être.
C'est ça le secret, rien de plus, rien de moins.
...
Maintenant dors ! Je t'aime, petit enfant.

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13 décembre 2017

Le monde du silence

Nous étions très nombreux dans cette grande église en béton à l'architecture que je n'aime pas trop. 

Nous étions là à venir écouter un homme nous parler du ...silence.
En effet le silence régnait. On entendait juste le bruit d'une soufflerie de chauffage et à l'extérieur les bruits étouffés de la ville dans le soir.
Je connais un peu cet homme. J'ai lu ses livres. Je connais sa vie et j'ai même eu la chance avec lui d'une longue conversation.
Je fermais les yeux pour écouter ses mots sans les mille occasions de distractions qui m'assaillent d'ordinaire. C'était passionnant mais aussi insolite, dans notre monde qui se gave de bruits d'entendre ce long plaidoyer sur ce silence qui nous manque tant.
Je ne saurais redire ces mots et je dois confesser que j'étais peut-être convaincu a l'avance. Ce que je sais c'est que dans la nuit qui entoure mon réveil je savourais encore mieux ce silence qui habite la maison.
Je suis un bavard et c'est peut-être aussi pour ça que j'écris ces pages régulières. Le silence souvent m'effraie et la distraction me manque vite. Et je ressens tellement ce manque de silence intérieur, cette place faite à l'essentiel qu'hier soir ses mots m'ont touché encore plus que je ne le pensais.
J'ai eu envie d'une longue promenade dans la nature, d'une retraite silencieuse, d'un temps donné à se pénétrer de ce mystère.
C'est pour cela, ami lecteur, que je voulais partager avec toi cette réflexion.
Cette semaine est une semaine pour moi très active et très occupée. Noël arrive à grand pas avec son cortège de petits bonheurs annoncés. Je ne sais pas où je vais réussir à placer ces instants de silence et de méditation peut-être pour tenter de rencontrer et de connaitre Celui qui justement habite ce grand espace de silence.
Et toi, ami lecteur, qui me lit avec patience, tu te demandes peut-être pourquoi je te parle de ça. Et bien c'est peut-être parce que c'est aussi dans ces moments-là que je te rencontre, que je participe à ta vie que je ne connais pas.
Au travers de cet écran et de ces échanges invisibles, c'est là que je te vois ou que je te devine, mélangé à ceux que je connais. Tu es là, inconnu. Tu portes tes joies et tes souffrances. Tu vis une vie que j'ignore. Et pourtant tu rejoins mes proches et mes amis, ceux dont je sais les joies et les peines, les bonnes nouvelles mais aussi les deuils ou les maladies ou toute autre souffrance.
Et tout ça se lie par ce silence invisible et m'aide à partager ce qui tente d'être une prière que je veux offrir pour toi en cette journée qui commence.

 

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11 décembre 2017

Une riche fin de semaine...

À l'heure où ,sous le vent bruyant,  une pluie fine et régulière abreuve les terres et nourrit nos rivières qui en avaient tant besoin, je veux te raconter un long week-end.
Vendredi 8 décembre, était jour de fête au Ciel pour une âme toute pure qui fut notre Mère donnée.
Samedi , 9 décembre, notre pays "laïc" y a placé une fête en forme de défi : la fête de la séparation de l'église et de l'état...Comme si on fêtait les divorces.
Et pourtant, samedi, dans ce pays schizophrène, tout ce petit monde qui se veut si "laïc", qui frémit, qui fait mine de s'offusquer et qui crie au scandale devant la moindre croix publique, ...se pressait dans une grande église pour entendre un homme leur parler justement de cette croix.
Il était là, le monde, celui qui réussit, qui remplit les salles de cinémas et de spectacles, mais aussi celui des politiques : tout ce que notre pays voit le soir sur ses écrans était rassemblé dans cette grande église aux allures de temple romain ou grec.
Et dehors les petits, les sans-grades, les "sans-dents", ceux qui n'ont, pour ceux "de l'intérieur", souvent pas plus de valeur que ceux qu'ils peuvent leur offrir : leur argent..ou leur voix.
J'ai pris le temps, ce matin, d'écouter le sermon du prêtre qui parlait justement de Dieu à ces gens, devant un homme dont d'autres avaient fait leur idole mais qui se trouvait là, simplement, au milieu d'eux, redevenu enfin  lui-même.
Un beau sermon, simple, juste et sans ambages pour accompagner un homme déjà loin et la peine de ceux qui l'aimaient vraiment.
Ne pas bouder un tel mystère : "Quand vous serez là rassemblés en Mon Nom, Je serai parmi vous."
Samedi fut aussi un samedi ordinaire, jour de marché, de cueillette de crèche, de ces petits travaux.
L'après-midi fut riche aussi du mariage à la mairie d'un jeune couple d'amis. Des familles dans une joie qui commence, qui se poursuivra dans quelques semaines par le mariage religieux. C'est la maman qui "officie" en tant que mère, et remplaçante du maire. Souries et émotions. 
Deux familles qui se rencontrent qui apprennent à se connaitre, des amis et des amis d'amis. Un long moment partagé dans cette belle maison voisine.
Le soir, au coin du feu, on échange à deux ces émotions rassemblées.
On se couche et c'est déjà dimanche. Il pleut. On resterait bien au chaud mais on s'est promis d'aller à la foire aux santons de Marseille.
Marseille est une de "nos" villes où chaque rue, où chaque pierre, où chaque maison est un trésor pour nous.
On ira directement à la messe à Notre-Dame de la Garde qui nous fait signe bien avant que nous arrivions. Une messe à la crypte, recueillie tandis que comme à l'ordinaire l'endroit est plein de touristes, de fidèles et de pèlerins...et ce quel que soit le temps.
Des images nous parviennent des Pays Bas où quatre petits enfants venus des pays des rois mages contemplent avec émerveillements les premiers flocons d'une neige lourde et épaisse et où un gentil papa prendra un peu de son temps à réaliser avec eux le premiers bonhomme de neige de l'année.
Un déjeuner sur le Vieux Port, une foire aux santons où sous la pluie quelques danseurs tentent malgré le temps de présenter quelques pas de leur folklore aux sons joyeux conjugués du fifre et du tambourin. Un marché un peu déserté mais si coloré par ces jolies petites figurines dans ces belles cabanes de bois qui résistent au temps qui passe. On complète notre crèche. On ajoute quelques santons à offrir.
Retour au Vieux Port. Sous le préau-miroir qui met à l'abri une partie du quai, une fanfare de cuivres joue quelques morceaux qui réchauffent. Puis le marché de Noël qui nous déçoit un peu. On repartira assez tôt. Retour au coin du feu.
Un long week-end. Juste un peu de vie.
Je te laisse mon ami lecteur. Passe une bonne semaine.

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09 décembre 2017

Et si on faisait la crèche...

On est toujours un peu en retard et cette année nous n'avons pas encore acheté les quelques santons qu'on ajoute chaque année à la notre. Nous avons dans notre village un très joli marché de santons ...mais cette année nous n'étions pas là Au bon moment.

Nous irons peut-être alors à Marseille, une de nos villes chéries pour une petite escapade santonnière.
Je suis allé chercher à l'atelier la planche de bois qui recouvre le petit bureau. Elle servira de support. J'irai dans le petit bois de la colline, au pied du vieux monastère en ruine, ramasser quelques branches, la mousse et les petits cailloux qui composeront le décor. Lorsque je fais cette petite promenade je pense toujours aux "trois messes basses" de Daudet et à ce vieux curé si gourmand.

Nous irons chercher les deux boîtes qui contiennent chaque année un peu plus de ces objets qui résument notre quotidien et celui qu'on imagine à cette histoire.
Mon rôle s'arrête là. Les mains beaucoup plus artistes et habiles que sont les siennes feront de tout cela un bel arrangement et j'interviendrais seulement ensuite pour sortir les santons de leurs papiers de soie et choisir avec elle le bon emplacement.
Nous mettrons "en boucle" une pastorale qu'on écoute si souvent avant cette belle fête.
Monterons alors dans nos cœurs les souvenirs de bien d'autres Noël, les prières des enfants devant la crèche, des mots délicieux, des élans généreux et naïfs, des souvenirs aussi bien plus anciens de nos propres enfances.
Cette année j'ai promis d'aider aux gros travaux qui précèdent l'installation de la crèche dans l'église. Ce sera une découverte pour moi. J'avais envie. On m'a proposé. Je suis content.
J'aime par dessus tout cet esprit de Noël. Je suis agacé très souvent par cet esprit soi disant laïc qui veut effacer à tout prix cette fête et la limiter à une grosse opération d'achats.
Au-delà le de ma propre croyance je n'aime pas qu'on enlève à mon pays sa puissance, d'enfance, de rêve et d'imagination.
Même si Dieu n'existait pas (ce que je n'imagine pas un seul instant) et que tout cela n'était que mythe, contes ou illusions, pourquoi nous priver de cette bonne nouvelle et de ce bel anniversaire qui nous rend à tout âge pareil à des enfants ?
Mais je dois te lasser, ami lecteur, avec mes propres souvenirs. Pardonne-moi je crois que je n'arriverai jamais à devenir vraiment un "adulte".
Bonne journée.

 

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08 décembre 2017

Je vous salue, Marie...

Je recevais dès hier de belles images de Lyon de cette belle fête des lumières qui fut, et qui reste pour moi ...avant tout la votre. C'est très joli toutes ces illuminations. J'ai déjà eu plusieurs fois le bonheur d'y participer et je suis resté sous le charme.

Mais ce que je préfère ce sont ces lumignons modestes qui soulignent fenêtres et façades et c'est cette humble procession d'un peuple qui monte en prière vers cette belle basilique de Fourvière qui domine la ville.
En face de la belle et grande église, un petit couvent rappelle des souvenirs familiaux. En bas dans la vieille ville, dans une belle maison Renaissance, vit ma fille, une filleule aussi et des amis : tout ce qui donne à une ville chaque jour plus de prix.
Je vous salue, Marie et je vous aime depuis l'enfance. J'avoue que ça ne m'a pas été très difficile. Vous fûtes d'abord cette image qu'on priait le soir, une femme douce et belle aux nombreuses représentations. Puis j'appris que vous étiez la maman de ce petit Enfant-Dieu qu'on fêtait à Noël. J'ignorais le mystère de cette naissance. D'ailleurs.... j'ignorais les mystères de toutes les naissances dans cette maison où très souvent un nouveau petit frère ou une nouvelle petite sœur venait s'ajouter à notre joyeuse bande.
Ce que je savais, c'est que vous ne traîniez pas avec vous ce "péché originel" à qui j'attribuais ces forces non contrôlées qui m'amenaient à faire bien des bêtises.
Vous aviez la douceur d'une mère et j'ignorais encore que vous aviez aussi les grâces de la plus douce des épouses.
Vous avez accompagné ma vie sans prendre d'âge quand, peu à peu, les rides gravaient mon visage. Vous avez été là, présence discrète et humble, dès que j'avais besoin de vous, comme une mère, comme une épouse, comme une sœur, comme une fille, comme une amie.
Car vous êtes pour moi, toutes les femmes et vous incarnez toutes les grâces qu'elles portent en elles. Je ne dirai jamais combien j'ai aimé et j'aime ce "genre" féminin, si complémentaire du notre (à moins que ce ne soyons nous qui soyons leur complément nécessaire ..et pourtant bien insuffisant.)
Aujourd'hui notre pays vous a oublié. Il va fêter un peu solennellement des morts "grand-public" mais je suis sûr que vous ne lui en voudrez pas. Vous avez toujours vu d'un bon œil tout ce qui contribue à rassembler les hommes dans un élan d'amour, fut-il maladroit.
Ce soir dans ma petite maison où de nombreux objets rappellent votre présence vous serez modestement honorée. Et, au-delà de vous, tout ce divin mystère que vous accompagnez.
Il pleut en Provence ce matin. Ce n'était pas arrivé depuis longtemps et je bénis le ciel de cette eau qui manque chez nous en ce moment.
Petit clin d'œil de votre part ? Rappel de votre bienveillance ?
Je ne sais ...mais en tout cas je veux le croire.
Je termine ce petit mot, chère Mère de tous les hommes en vous remerciant à nouveau et en vous demandant de continuer de veiller sur les pauvres êtres que nous sommes et qui avons tant besoin de vous.
Je vous recommande particulièrement ceux que j'aime. Ils sont nombreux. Je vous confie aussi ceux qui vous ont oublié...mais je sais que vous ne les oubliez pas.
Je vous confie bien sûr les lecteurs. Ils ne sont pas très nombreux mais comme ils me font plaisir à regarder ce que j'écris par dessus mon épaule, je m'en voudrais de les oublier.
Je Vous aime.

Votre petit enfant

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07 décembre 2017

La France en deuil,

La succession de ces deux morts arrivées en deux nuits a donné un rythme nouveau à la presse. Pendant quelques jours on ne parlera plus que d'eux.

Je suis toujours impressionné par le flot de paroles qui suit ce genre de disparition.
Mais je ne voudrais pas être snob et faire semblant de ne pas m'intéresser à ces morts simplement parce qu'on leur donne tant d'importance.
J'avais de la sympathie pour les deux. Jean d'Ormesson m'avait fortement ému à la lecture de quelques ouvrages où je découvrais derrière un joli nom et une belle carrière quelques fêlures aussi, beaucoup de tendresse, et les inquiétudes qu'on peut avoir en soi... même quand on croit,  et que tout vous semble avoir été offert en naissant. J'aimais aussi l'élégance de ses mots et la facilité qu'il semblait avoir à les trouver et à les assembler en de belles œuvres. Il y avait aussi ce petit air un peu supérieur qu'on arrive à pardonner à certains tant il semble inscrit en eux comme une sorte de coquetterie.
Johnny Halliday venait pour moi d'un autre monde, celui de la chanson,  que je connais très mal et trop peu pour en parler à mon aise. Mais il fait partie de ces personnages que tant de personnes aiment qu'il doit bien y avoir là une part de vérité en cela. Là encore, ce qui me touche le plus c'est ce reste de fragilité qu'on peut avoir encore quand tout le monde vous encense. J'aimais bien ce monsieur, sa belle voix et le choix de jolis textes. Je ne fréquente pas les spectacles et j'ai trop peu acheté de disque dans ma vie pour que mon avis ait d'ailleurs quelque importance mais tant pis.
La plupart des éloges qui leur seront faits auront certainement pour objet principal de mettre en valeur leurs auteurs. Qu'y pouvons-nous ? c'est aussi ça le jeu de la gloire.
Mais par dessus tout j'aime savoir mon pays capable de s'émouvoir ensemble, de partager des tristesses et des émotions. Je préfère que ce soit dans ces disparitions qui sont quelque part "dans l'ordre des choses" que dans les drames qu'on a connu encore il y a peu de temps.
Que chacun d'eux repose en paix, au Bon Endroit !
C'est pour ça, ami lecteur, qu'hier "Biscuit" à gardé la première place. Il va bien d'ailleurs et ses nouveaux amis l'entourent de tendresse et de soins.
Pour moi, c'est toujours l'approche de Noël qui rythme les journées. L'attente est presque aussi riche que le moment lui-même. Il reste beaucoup de choses à faire. Je vais m'y employer.
Bonne journée, mon ami.

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06 décembre 2017

Lettre d'un petit lapin à ses parents...

Cher maman lapine, cher papa lapin,

Vous m'aviez bien prévenu qu'un jour nous serions séparés et qu'il me faudrait vivre ailleurs qu'avec vous. J'avoue que quand je vous ai quitté j'ai été vraiment triste mais je ne l'ai pas trop montré...parce que je suis un grand.
J'ai donc vu arriver hier ce grand monsieur barbu. Il ne parlait pas Néerlandais mais anglais avec un accent étrange. J'apprendrai plus tard qui il était français. Lorsqu'il me prit dans les mains, il était doux et je compris que c'était un vrai gentil et je fus rassuré. Il me mît dans une caisse. Il avait préparé de quoi me faire patienter en grignotant.
Un voyage en auto. Un escalier qu'on monte. J'entends des voix d'enfants qui me rassurent et une voix de dame. Un peu d'excitation autour de l'arrivée du papa, comme chaque soir.
Comme c'est la veille de la Saint Nicolas, qui a, au Pays Bas, un petit avant goût de Nöel, j'étais donc un "cadeau" offert à des enfants, bien décidés à être sages pour le mériter.
La caisse s'ouvre et dans la lumière je découvre quatre petite têtes blondes et une un peu plus grande. Cinq visages souriants et sympathiques. Des cris de joie. "Oh! Qu'il est mignon! " "un petit lapin!" Et je vous en passe.
Je les ai aimé au premier coup d'œil. Chacun voulait me prendre dans ses bras mais je leur faisais un peu peur. Des baisers, des caresses. On s'ingéniait à vouloir mon bien-être. Je les entendais chercher : "qu'est ce qu'il mange ? On pourra l'amener à l'école ? Et pendant les vacances ? Où va-t-il dormir ? Comment on va l'appeler ?"
Aux réponses des parents, je compris vite qu'ils s'étaient bien renseignés sur notre famille. Ils dirent bien quelques sottises comme tous les humains mais tout ca respirait la bienveillance.
Puis les enfants finirent par aller se coucher et j'entendis les parents expliquer à leur famille et à leurs amis qui j'étais. Il y eut beaucoup de monde, des parents, des amis, des cousins. À chaque fois on me filmait sans prendre garde qu'ainsi je risquais de me prendre pour une vedette.
On m'avait préparé un endroit confortable. Au calme. Je sais maintenant le prénom de chacun de mes nouveaux amis. J'attends demain avec impatience. Peut-être aurais-je un cadeau de Saint Nicolas (après tout, je suis encore un petit..moi aussi).
Ils ont décidé de me nommer "biscuit" à cause de la couleur de mon poil.
Je crois que je suis bien tombé et je sens que déjà je les aime.
Une autre vie commence.

Vous me manquez et je vous aime très fort. Je ne manquerai pas de vous raconter ma petite vie.
Je vous embrasse très fort.

Signé : Biscuit, lapin de compagnie.

Ps : ami lecteur, je te parlerai un autre jour de ces deux morts dans notre pays, deux hommes talentueux, chacun à sa manière. Je n'y suis pas insensible mais l'esprit de Noël m'oblige à raconter d'abord "Biscuit"
;-)

 

 

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05 décembre 2017

Il faut nous pardonner...Noël

Désolé pour toi, petit homme et pour toi, petite demoiselle. 

Désolé qu'on ait réduit Noël à une fête parmi les autres.
Désolé qu'on ne t'enseigne plus, la longue histoire du monde résumée en 7 jours, qu'on ne te parle plus de l'histoire de ce paradis donné et puis perdu. Qu'on ne te dise rien de ces hommes qui passèrent leurs vies à sauver les autres et à montrer de leur doigt à leurs frères le Ciel qu'il fallait regarder. On les appelait les prophètes.
Désolé qu'on ne t'ait pas raconté ce peuple choisi et pourtant bien rebelle qui devait permettre le retour au foyer.
Il a été rebelle mais il a porté en lui comme un précieux joyeux une jeune fille devenue mère juste par le don précieux de l'Amour Divin, sans autre artifice.
Et de cet Amour est né un Enfant-Dieu dont on va fêter dans quelques jours l'anniversaire.


.....ET POURTANT...

Comme on était petit, on nous racontait juste le début de cette belle histoire sur terre : un petit couple bien fatigué, parti loin se faire recenser, cherchant une auberge qu'ils ne trouvaient pas et contraints à dormir dans une étable quand la maman portait en son sein un bébé, le plus fragile es trésors.
On passait vite sur les méchants et les indifférents, ceux des refus et de l'égoïsme pour aller directement au coeur de l'histoire.
Il y avait cette naissance, au milieu de la nuit, dans la paille d'une crèche sommaire. Ce bœuf et cet âne bienveillants donnant humblement leurs chaleurs à ces hommes et surtout à ce petit bébé.

les anges qui chantaient à tue-tête, les bergers qui accouraient adorer ces deux parents fatigués et attendris qui savaient seuls ce qu'était vraiment ce trésor.
Et dans ton coeur d'enfant qui ignorait beaucoup des mystères de la vie, tu étais déjà attendri.
Tout le monde complotait en silence pour ce bel anniversaire comme si c'était le tien et celui de chacun.
On faisait une fête. On s'offrait des cadeaux. Le jour même parce que c'était ce jour-là l'essentiel.
Il fallait juste être patient. La famille, dans la nuit, se rendait à cette belle messe où certains, s'endormaient, souvent les plus jeunes ...ou les plus vieux.
Parfois dans la nuit, à l'heure déjà matinale de la sortie on buvait quelque chose de chaud et on rentrait à la maison.
Lorsque tu arrivais, il y avait eu ce miracle. La crèche s'était garnie du principal sujet, ce petit enfant emmailloté de langes.
Toi, tu allais dormir quelques heures pendant que s'agitaient quelques adultes. Tu ne comprenais vraiment pas pourquoi ils n'avaient pas davantage sommeil !
Et le matin au pied du sapin, de la crèche ou de la cheminée, il y avait des jouets. Beaucoup! pensais-tu. Trop!  Se disaient les parents plus raisonnables ....mais tout aussi attentifs à leurs propres cadeaux.
La famille était rassemblée. Tous ne partageaient pas la même foi dans la divinité de cette famille mais personne ne la niait même les plus incroyants qui, pour beaucoup, auraient, ce jour là, aimé croire.
La journée se passait dans un joyeux brouhaha de fête. Là encore autour du repas s'endormaient les plus vieux ou les plus petits. Suivant les années la fête se prolongeait plusieurs jours. C'était souvent ailleurs chez un oncle, une tante ou chez les grands-parents.
Il y avait des cousins, des cousines, parfois un vieil ami presqu'oublié qui occupait la place de l'amour partagé.
Tu verras : avec le temps tout ça devient un peu confus. Tu passeras d'abord chez les plus grands, ceux qui aident, en souriant aux plus petits qui demandent...si c'est bien vrai ce Père Noël. Puis tu seras chez ceux qui organisent, puis de ceux qui rejoignent leurs enfants.
Mais ça tu as bien le temps de le voir.
Alors prépare ton coeur par la bonté et les petits efforts, prépare ton âme par tes petites prières qui sont de celles qui touchent le plus le coeur de Dieu.
Et conserve dans ton coeur et dans ton âme, l'esprit de Noël.

Je t'aime.

Et toi, ami lecteur, n'oublie jamais l'enfant que tu fus et que tu resteras toujours....si Dieu veut bien m'entendre.

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03 décembre 2017

Dimanche soir...

Le premier dimanche de l'Avent, moment privilégié où Noël commence à pointer le bout de son nez. J'aime l'esprit de Noël et suis très contrarié que beaucoup le résument maintenant en "fêtes de fin d'année". 

Noël reste pour moi celui de mon enfance, des cadeaux attendus, préparés, cachés, espérés, des catalogues de jouets qui font rêver, de la crèche et du sapin qu'on prépare, des santons qui sortent du papier de soie pour prendre leur place dans la crèche renouvelée chaque fois. Je me souviens des petits efforts et de cette attente qui se précise.
J'aime cet Enfant-Dieu attendu, l'attente divine et toutes les petites histoires qui l'accompagnent. Demain on plantera le blé qui sera à Noël espérance de biens et de bonheurs divers.
La vie ne s'arrête pas pour autant. Le froid s'est installé, brutalement. Un peu de neige et beaucoup de mistral. Je devrais vite aller chercher du bois. Il va bientôt manquer.
Des images et des petits films nous sont parvenus du pôle sud. Éléphants de mers dans les rues, manchots et empereurs sur la banquise, le grand bateau rouge amarré à la glace, accroché au bout du monde.
C'était le signe de son retour. Le temps de ravitailler et il repartira aussitôt pour une autre rotation.
Tout ça amène ici un parfum d'aventure.
D'autres espoirs naissent d'un changement de situation, d'un Noel qu'on passera au pays des moulins, d'une future maison qui doit se meubler et s'installer, et de nos propres projets de construction.
La vie n'en finit pas de nous faire ses bonnes surprises. Il ne fait pas moins que tout ça pour repousser l'effet "dimanche soir".
Un petit billet court. Bonne semaine ami lecteur. Et que Dieu te donne aussi le bonheur de l'instant. C'est tout le bien que je te souhaite.

 

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01 décembre 2017

Une petit pluie fine....

...m'accueillit ce matin quand j'ouvris  mes volets. Cette pluie qu'on attend ,douce et régulière, qui imprègne les sols, remplit les nappes et rassure nos amis paysans.
J'étais allé la veille inaugurer un petit barrage qui permet à notre rivière de distribuer avec harmonie ses eaux dans les terres et aux poissons de remonter le courant. J'aime quand l'homme veille à aider la nature dans son beau travail de diversité et d'harmonie.
Un paysan était là qui m'expliqua que cette crainte de sécheresse persistante qui remplit les conversations était injustifiée tant l'histoire avait souvent fait ce genre de surprise. Un de ces hommes durs à la tâche qui nous nourrissent et qu'on accable aujourd'hui de tous les défauts de ce modernisme conquérant... que tout le monde souhaitait pourtant.
J'étais dans ces réflexions quand j'ouvris mon courrier. Là, m'attendaient des photos du pôle, des manchots, des pétrels, la banquise pour seul horizon. La glace, encore la glace, quelques baraquements posés ça et là dans ce grand espace vide semblent avoir été abandonnés. Mais ils contiennent toute une vie. La vie d'une cité des chercheurs du bout des glaces, qui remontent le temps pour deviner quelques règles de ce monde merveilleux. Tout est beau. Un soleil éclatant dessine chaque forme avec précision et donne aux couleurs des tons innattendus.
Au milieu de cela, quelques hommes s'affairent. ( je dis "quelques hommes" mais il y a aussi quelques femmes... mais ce débat fangeux qui anime en France nos milieux intellectuels m'agresse autant qu'il "m'emmerde" et pour moi le neutre restera masculin. C'est dit. Je ne le répéterai pas.)
Donc quelques hommes s'affairent à décharger le matériel nécessaire à des mois de vie et à fournir de quoi alimenter une base encore plus lointaine. Il y a là comme une odeur d'exploration qui nous ramène en arrière et c'est plutôt excitant.
Plus simplement je suis content d'avoir des nouvelles de mon fils perdu si bas. J'avoue que j'ai toujours eu du mal à croire que la terre était ronde et j'ai encore du mal à m'en convaincre. L'idée d'un plan infini convient mieux aux rêveurs. Pourtant, le rêveur qui a débarqué là-bas semble s'en accommoder avec ravissement.
Ici, la vie est plus modeste. Je me régale de la vidéo de notre plus grande princesse en train de danser face à une grande glace. C'est magique. Que se passe-t-il dans cette petite tête ? Quels rêves l'habitent ?
L'approche de Noël donne un ton joyeux à toutes nos activités, aux surprises qui se préparent, aux cadeaux qu'on achète. Grâce à Elle, les fêtes ont un éclat que je ne connaissais pas avant. C'est le principal moment de nos achats et le nécessaire rejoint alors le superflu pour participer à la fête.

On oublie les ombres. On ne regarde que la lumière.

Il faut donc ,mon ami , que je te laisse pour prendre la part à tout cela. Je te souhaite un très bon week-end et te remercie d'être toujours là pour accueillir mes petits mots.

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