Voici la lettre que j'aimerais pouvoir écrire au soir du premier tour des élections :


Monsieur le premier ministre,
Vous avez, comme nous le pensions vous et moi ;-) , été retenu pour le deuxième tour des élections. Je vous en félicite. J'ai voté pour vous, rompant ainsi avec d'anciennes habitudes.
Je vous ai cru lorsque vous avez affirmé que vous défendriez la famille, même si vous n'avez pas à mon goût été suffisamment loin dans la défense de la vie et dans la volonté de rompre avec la politique mortifère et égoïste qui s'est installée ces dernières années.
Je vous ai cru lorsque vous avez présenté un programme de réduction des dépenses publiques qui me semblait adapté et réaliste. Je crois comme vous que la réduction des dépenses publiques passe par une diminution nécessaire et importante du nombre des fonctionnaires et la suppression de tous ces empilements de strates administratives qui se sont rajoutées au fil du temps. Je ne crois pas que ce soit facile. J'espère que vous y parviendrez.
Je vous ai cru lorsque vous avez présenté votre version de la laïcité qui ne soit pas la destruction de l'espace de chaque religion et qui ne considère pas sur un même plan des religions habituées à vivre en paix et la frange extrême de l'islam. J'apprécie que vous soyez chrétien car je pense que la vision chrétienne de la politique et même de la laïcité a été ,est et sera toujours une contribution importante à la grandeur de notre pays.
Je vous ai cru lorsque vous avez affirmé vouloir remettre au pays à sa place en Europe. J'aurais aimé que vous disiez que vous étiez même prêt à en sortir si vous n'arrivez pas à vos fins tant je crains la capacité d'inertie de cette hydre supra nationale. Mais je pense que si vous voulez être fidèle à vos promesses vous y serez peut-être contraint.
Je vous ai cru lorsque vous associez travail, effort et récompense dans votre vision économique ou dans votre vision de l'école ou de la santé.
J'ai apprécié votre capacité à égrener avec patience votre programme, travaillé avec patience et réalisme, malgré l'acharnement des médias et du pouvoir actuel sous toutes ses formes. Je vous crois, vous et votre famille honorables et respectables.
J'ai entendu vos excuses sur vos erreurs anciennes et le fait d'utiliser des mécanismes viciés pour vous enrichir. J'ai entendu que vous vouliez qu'on en finisse une bonne fois pour toutes avec ces "magouilles" qui sont le fait des politiques à quelque niveau que ce soit. Puissiez vous y parvenir, au moins en partie.
J'ai apprécié que vous ayez été fidèle à votre ancien président, bien qu'étant partiellement en désaccord avec sa politique. La fidélité est une vertu qui passe parfois par des renoncements. J'ai noté que aviez le remord de n'avoir pas fait alors un travail suffisamment abouti. J'attend la suite...
Je ne crois pas un seul instant que les hommes politiques de la droite et du centre en place actuellement, et probablement demain, aient envie de vous aider. Je les crois trop nombreux à être veules et sans paroles, mais la gauche est pire encore et la conjugaison de ces deux forces arrive encore à étouffer toute autre forme d'expression politique pourtant nécessaire. Mais ils iront vers leur intérêt, et si vous savez être ferme ils vous serviront malgré tout.
Je souhaite que vous redonniez en cinq ans un sang neuf à cette classe politique.
Enfin vous êtes le seul candidat qui ait su tenir à leur place des journalistes arrogants et soumis aux puissants. J'aime cette vision que vous avez du rôle du president. Je crois qu'elle est nécessaire.
Je sais que je vous n'arriverez pas à tout ça en un mandat. D'ailleurs qui le pourrait ? Je vous demande simplement de garder le cap, de maintenir votre volonté.
Bon courage pour les deux semaines à venir.
Respectueusement,

Un de vos électeurs

 

Désolé, cher lecteur, de ce petit billet politique qui parfois t'agace. Mais c'est ce matin, ce que j'avais envie d'écrire. La tristesse de l'attentat d'hier qui s'ajoute aux autres donne à cette élection encore plus de sens.

Bonne journée.