...pointe son nez. On le devine menaçant derrière les quelques derniers jours d'août. S'il fait toujours aussi chaud en Provence, les jours ont raccourci comme d'un seul coup. On se lève à la nuit et les soirs commencent aussi à raccourcir. 

Septembre et son lot de toutes ces choses qui redémarrent, des résolutions qu'on prend ou reprend, de rentrée scolaire et de cartables neufs.
Hier nous avons terminé la remise à neuf de cet appartement marseillais qui m'est si cher. D'abord parce que c'est celui de mon fils, ensuite peut-être pour y avoir passé beaucoup de temps à l'embellir. Deux jeunes femmes vont s'y installer le temps d'une année scolaire. Il fallait qu'elles y soient bien. J'espère qu'elles le seront.
Chacun est reparti chez soi. Demain notre fils rejoint une nouvelle affectation du bout du monde et ensuite nous irons accompagner l'installation de nos enfants.
Le jardin croule sous les tomates mais déjà il faut arracher les légumes d'été pour replanter pour l'automne et l'hiver. Le premier cycle de ce jardin s'est bien passé. Il y a eu quelques erreurs, quelques retards, beaucoup d'insectes nuisibles et nombre de découvertes. Mais l'expérience est passionnante que de découvrir la nature qui se construit sur une toute petite parcelle.
Mes résolutions de cette année scolaire (pardonnez-moi, mais l'année civile n'a aucun sens pour moi.) se précisent : un nouveau projet d'importance autour de ma maison, peut-être concrétiser mes écrits en un seul ouvrage, et, si Dieu veut, faire au moins un morceau de St Jacques.
Le reste des résolutions n'a pour toi, ami lecteur, aucun sens. Il faut vaincre les vieux démons et les vieilles habitudes enracinées depuis l'enfance, tenter d'améliorer tant que faire se peut ce "moi" lourd, maladroit, indocile et velléitaire par mille exercices et tant d'échecs pour parfois un petit progrès. Mais je ne t'apprends rien : c'est là le sort de chaque homme.
Heureusement qu'il y a toujours au dessus de moi, tout en haut ce Dieu bienveillant qui me garde de tant de périls, et juste en dessous une farandole d'êtres d'images, de rêves, et de réalités qui sont ceux que j'aime ou qui parfois ont croisé la route juste le temps d'un sourire. Vivants ou morts, réels ou imaginaires ils viennent toujours au bon moment chasser les ombres qui passent et me rassurer sur mon destin.
À part ça le monde politique aussi se met en marche. Je ne sais plus trop qu'en penser. J'avoue ne plus trouver de sens à cette parodie de société politique et cherche en vain à savoir si c'est moi qui me décourage ou si c'est tant le chaos que ça. Et si j'aimais Voltaire (ce qui est loin d'être le cas) je penserai que "cultiver mon jardin" pourrait suffire à une apparence de bonheur.
Mais je t'ennuie en ce matin avec mon bavardage. Pardonne-moi. D'ailleurs il,faut que je m'active. Alors passe une bonne journée.