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Quand les maisons deviennent peu à peu des maisons de famille, il se produit un étrange phénomène. Le soir lorsque vient l’heure du repas des enfants jardin, jeux, cabanes, tout cela a un peu l’allure d’un immense capharnaüm. Vient l’heure du repas, des histoires, du coucher...et déjà peu à peu dans le secret et le silence, c’est un peu comme si chacun des objets retrouvait de lui-même sa place. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire la main invisible a tout rangé. Et pendant que tout le petit monde qui remplit la maison se livre à ses mille activités de vacances, c’est la même petite main qui cuisine, qui remplit des paniers de provisions, qui prépare de bons plats, qui trouve le doudou qui manque.

Discrète et organisée, elle a souvent pris de l’avance, préparant au congélateur durant l’hiver quelques uns des plats qui apparaissent sur la table comme sortis de nulle part.

Personne ne s’étonne de la présence d’un nouveau jeu, de la réparation d’un plus ancien, du nouveau rideau de théâtre, ou même de la simple connaissance de ce qui existe de nouveau dans la région pour renouveler les distractions.

Cette main invisible fut d’abord celle d’une belle princesse qui épousa un beau chevalier. Le temps passa. Le chevalier devint jardinier, charpentier de cabanes, constructeur de tour de guet. La princesse devint cette main invisible qui fait tourner la maisonnée et multiplie les petites attention pour ceux qu’elle aime.

Ainsi va le temps, et c’est tant mieux, qui fait qu’on oublie le quotidien dans la chaleur trop forte d’un été de canicule.

Tu dois te demander, ami lecteur, le pourquoi de ces billets du matin, quand justement le temps est encore assez doux pour les travaux difficiles.

Je vais te le confier : c’est aussi le temps du silence. On guette le moindre bruit dans les chambres en espérant qu’il ne réveille personne autour de lui. On récupère à côté de soi, sur le canapé du salon, les plus matinaux pour qu’ils ne réveillent pas les autres. S’ils sont encore plein de sommeil, ils iront s’allonger dans le lit des grands-parents, prolonger leurs rêves de la nuit.

On entend ainsi juste les bruits du village qui s’éveille rythme par les cloches de l’église ou du beffroi. Ce n’est que lorsque tous descendent à leur tour prendre leur petit déjeuner qu’on se donne alors le droit de se mettre à l’ouvrage.

 Il se trouve que c’est aussi la fin du repos bien méritée de cette petite main invisible...et avoue que ,ce sommeil, elle le mérite bien.

Car il est bien trop court ce temps de bonheur des vacances partagées. Il faudra ensuite assez de souvenirs de bonheurs pour alimenter l’automne et l’hiver.

D’ailleurs ça commence à s’agiter...alors bonne journée.