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Ami lecteur,

Je me souviens d’une belle expression d’un ami prêtre qui disait qu’on n’épousait pas quelqu’un parce qu’on l’aime mais surtout pour l’aimer.

Je crois qu’il en est ainsi pour tout ce que l’on aime ou que l’on veut aimer.

Alors je vais te parler de mon village. Certains disent bien que c’est une ville à cause de son nombre d’habitants qui approche  10 000. Moi je préfère continuer à croire que c’est un village qui rayonne autour d’un vieux centre ceint de remparts eux-mêmes entourés de la rivière.

Ce village, je m’y suis installé presque par hasard. Nous cherchions une grande maison ancienne avec un grand jardin, en campagne. Nous avons trouvé une petite maison au cœur du village, avec juste deux petites cours. Un coup de cœur : une belle poutre qui traversait la maison et qui semblait lui donner son âme, une vieille statue de Saint Joseph en plâtre.

Nous l’avons retapée, d’abord avec seulement du courage, ensuite avec aussi un certain savoir-faire qui s’enrichissait de nos échecs autant que de nos réussites.

Mais nous vivions assez peu dans le village. Le choix des écoles de nos enfants, de leurs activité et notre travail se passaient ailleurs.

Mais je rêvais d’y vivre plus, d’y vivre mieux et le temps est venu où j’eus assez de temps pour lui en donner un peu.

J’intégrais donc une équipe municipale qui se présenta aux élections. C’était une équipe sans aucune couleur politique où prévalait le sens du service. J’aimais l’idée.

J’ignorais tout de l’art de gérer une commune comme beaucoup d’entre nous mais l’énergie pallie souvent aux diverses méconnaissances.

Depuis quatre ans, avec patience, malgré les critiques et les incompréhensions je fais partie de ceux qui tentent de ressusciter le cœur d’une ville qui s’est laisser endormir et vider de toute substance. Les voitures, la télévision, maintenant d’autres formes de médias empêchent trop souvent les hommes de vivre ensemble.

Vu d’en haut, entouré de ses rivières notre village ressemble à un cœur et j’ai la chance d’habiter au centre de ce cœur. 

Mais ce cœur est trop vide et nous aimerions qu’à nouveau il se remplisse, d’âmes, de piétons, d’enfants qui courent, de bébés en poussettes, de vieilles personnes appuyées sur leurs cannes, d’amoureux et de petites familles, d’animaux peut-être, d’oiseaux certainement, d’hirondelles qui nichent sur les toits, de commerces qui se réinstallent....que sais encore.

Je vais m’arrêter là ce soir mais si tu as la patience d’attendre. Dans les jours qui viennent je te raconterai la suite du début de cette histoire et pas a pas je te ferai part de  nos initiatives...pour faire revivre le cœur de mon village.

Bonne nuit...à bientôt.