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Cher Monsieur de Malherbe, (*)

 

Vous auriez été fort déçu si vous aviez été parmi nous hier. Pas un ne se souvenait de vous, ni de cette « Rose » éphémère dont parlait votre beau poème. Pas un n’avait trouvé  (en quatre lettres): « Celle de Malherbe fut bien éphémère ». Pourtant il y avait là des gens fort sérieux, importants même. Vous les auriez croisés dans la vraie vie, vous les auriez trouvés bien sages et certainement bien instruits.

Il faut dire qu’ils avaient à décharge des circonstances très atténuantes : Depuis plusieurs semaines une série de messages leur promettaient une journée exceptionnelle en ce jour de la Saint-Michel. Le temps même était au rendez-vous : un ciel bleu d’azur, sans un nuage, un soleil éclatant et juste le peu de brise qu’il fallait pour les rafraîchir. Une journée entre Ventoux et Dentelles de Montmirail dans un des plus beaux paysages du monde où nous avons la chance de vivre . La moindre maison, les plus beaux arbres, tout était éclatant de beauté.

Trois couples de leurs amis leur avaient tendus ce traquenard amical. Une journée de promenade, ponctuée de jeux, avec des équipes d’ amis regroupés par le seul jeu du hasard, un pique-nique partagé et pour couronner la journée une soirée festive autour d’un dîner sous la grande tente de toile dressée pour l’occasion.

Ceux qui repartaient le soir joyeux ...mais un peu fatigués n’étaient pas tout à fait les mêmes que ceux qui étaient arrivés le matin portant les fatigues des vies quotidiennes.

Partager les amis est un exercice agréable surtout quand on en compte beaucoup en commun. Cette constatation était à l’origine d’une envie de les retrouver tous ensemble au moment de l’année  où les maisons se sont vidées des enfants, des petits-enfants, des amis, des touristes. C’est le moment béni où la région retrouve son rythme de croisière.

Il fallait les voir riant en tirant des cordes ou en faisant tomber quelques boîtes de conserves ou même en renversant des quilles. Des jeux bien anodins, faciles et bon marché. On peut rire d’un rien lorsqu’on est entre amis.

des mots-croisés devaient les départager mais son auteur maladroit y avait laissé quelques coquilles... et il devaient également fournir un couplet à une chanson connue.

ils furent tous remarquables dans tous ces exercices,bien au delà des espoirs des organisateurs.

ceux-ci étaient comblés. L’alchimie avait bien fonctionné. Certains s’étaient trouvés, d’autres retrouvés. Les quelques journées d’organisation étaient récompensées.

Mais ce n’est pas innocent. Ces derniers ont enregistré, filmé, retenu des séquences cocasses à fournir à des enfants ou des petits-enfants qui voudraient se rappeler à  un moment difficile (après une bêtise ou un carnet de notes difficile...que sais-je encore ?) que ce grand-père sérieux ou cette sévère bonne-maman qui leur fait la leçon peut parfois s’adoucir, voire éclater de rire en essayant par exemple de faire progresser une paire de ski avec six paires de jambes.

Je n’en dirai pas plus.

Et pour en revenir à vous,cher monsieur de Malherbe dont la plume est si douce et si légère, je crois que vous les auriez pardonné.

Et tout ce petit monde a rendu la journée mémorable : « échappée comtadine », un jour de Saint -Michel.

Et toi ami lecteur, je ne peux que te souhaiter de partager ainsi des joies simples dans le plus bel endroit du monde.