3CB68229-F554-4CE7-B050-F68E9C79D966

 (Si tu veux la paix, prépare la guerre.)

Pourquoi, en regardant cette émouvante prise d’armes d’adieu à ces deux soldats morts en Afrique, c’est cette phrase latine qui me vient en mémoire ? Peut-être parce que ces cérémonies magnifiques deviennent trop fréquentes pour célébrer ceux qui meurent au loin pour préserver la paix. Triste occasion qui nous rappelle que des hommes s’aguerrissent et s’entraînent sans cesse pour maintenir la paix dans leur pays et mettre leur science de la guerre au service de leurs frères.

Curieuse guerre ou les ennemis frappèrent d’abord ceux qu’ils jugeaient coupables de les attaquer au cœur de leur croyance, puis il frappèrent des innocents, chez nous et dans leurs terres de conquête d’Afrique où la misère rend leur progression plus facile. Aujourd’hui nos soldats sont présents là-bas qui leur rendent les choses bien plus difficiles et ce sont eux qui sont leurs cibles.

La belle cour des Invalides est maintenant trop souvent le théâtre de ces belles fraternités entre les armées et la Nation.

Étrange pays qui refuse de donner à son armée les moyens de ses engagements. Étrange président dont le discours magnifique d’hier a du mal à faire oublier qu’il chassa le chef de nos armées simplement parce qu’il refusait qu’on amputât l’armée d’une partie nécessaire de ses budgets.

La France est un pays ambivalent où règne souvent côte à côte un antimilitarisme de cabarets ...et un recours au militaire dès que « les choses vont mal ». Et s’il est facile de vilipender le militaire (ou le policier d’ailleurs) on se souvient de sa présence lorsque le malheur survient.

En contemplant cette cour des invalides et cette très émouvante cérémonie, je pensai à mon père qui se maria dans la belle église Saint Louis qui flanque cette cour. C’était peu de temps après cette guerre qui lui avait mangé cinq belles années de sa vie. C’était après avoir perdu bon nombre de ses amis au combat. La guerre était à peine finie que les gouvernements d’alors commençaient déjà à rogner les budgets militaires. Ces hommes qui comme lui servaient alors sous les drapeaux avaient connu les horreurs d’une guerre sur LEUR terre espéraient préserver cette paix qu’ils avaient espéré longtemps.

Et je pensai à mon fils qui sert aujourd’hui sous le même uniforme et dont ceux qui meurent en ces jours sont les frères d’armes. Il est médecin militaire comme celui qui fut le précédent invité posthume de cette belle cour des Invalides.

Ami lecteur, regarde tous ces militaires rassemblés dans ces cérémonies. Regarde comme leurs poitrines sont décorées de médailles. Car il n’y a plus que des soldats « de métier » et il y a tant de zones de combats que chacun de ces petits rubans indique leur passage à l’un de ces endroits.

Ils ne sont jamais en repos, ni sur les territoires extérieurs où ils combattent au loin pour nous protéger au plus près, ni sur notre territoire où ils arpentent humblement nos rues pour lutter contre une menace plus sournoise, plus diffuse. Ils restent le dernier espoir de nos politiques souvent lâches où le danger grandit sans qu’on ait le courage de les combattre et où grandissent des zones d’insurrection.

Je pensai aussi à tous ces militaires qui servent la France pour des raisons qui semblent liées à leur nature même, à leurs gènes peut-être. L’armée est un savant mélange de familles de tradition militaire et de vocations qui naissent et qui viennent enrichir ce vivier de soldats.

Je n’aime pas trop ce gouvernement, ni même ce président car je ne reconnais pas en eux l’empreinte d’un destin national mais bien plus une savante alchimie de calculs politiques, de raisonnements économiques, et de navigation à l’aveugle guidés par seulement par les sondages.

Je me trompe peut-être. Pourtant ce discours était très  beau. Pourtant ce discours était très grand. Pourtant ce discours portait vraiment en lui les valeurs que j’aime voir honorer.

Puisse l’image de ces combattants courageux inspirer nos gouvernants et nos compatriotes et retisser ces nécessaires liens d’honneur, de fidélité, de courage qui nous manquent cruellement.

On ne rend pas assez souvent hommage à ces combattants et demain, la paix revenue, ils retourneront dans l’ombre. Puisse ce petit message participer à les honorer.

Et que ceux, qui gardent avec moi, le souvenir d’une France, qui fut et qui est fille aînée de l’Eglise ajoutent à ces hommages leurs modestes prières.

Merci ami lecteur d’avoir partagé avec moi ce moment.