97A5C737-26A6-4DA5-A472-188A4C208868

Le Bon Dieu dont les hommes se souviennent trop rarement qu’il est « Dieu » mais encore moins souvent qu’il est « Bon » avait décidé ce samedi de rappeler sa présence. 

L’occasion était trop belle : on mariait en ce jour une jolie Sabine dans ces belles terres de vin qui furent autrefois papales. Or l’été avait été très chaud...et très sec. Chaud et sec, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les viticulteurs qui n’ont pas à multiplier les traitements pour protéger leurs vignes. Très chaud et très sec, c’est un peu plus délicat et beaucoup attendaient ici avec impatience cette dernière pluie de septembre qui ferait du bien au vin.

La pluie ne venait pas et l’on s’inquiétait un peu de ce manque sur ces terres pourtant habituées à la chaleur.

Alors le Bon Dieu décida d’appeler l’ange qui préside au destin des familles où l’on se souvient qu’ils existent.

Dieu dit à l’ange : «  J’ai pour la Maisonnée que tu protèges une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par laquelle ? ».

L’ange répondit : « La mauvaise. Autant commencer par là ! »

Alors Dieu lui dit. Je vais mettre un peu d’animation dans votre prochain mariage et ça risque d’être un peu difficile à gérer. Je ne t’en dirai pas plus. »

Et il s’exécuta. Il laissa se passer le temps de la messe où une assemblée recueillie assista le jeune couple dans ce bel engagement pour la vie. Une belle cérémonie, recueillie, un beau sermon. Le tout dans une église fraîchement restaurée. Une belle sortie de messe, des familles heureuses et joyeuses et les invités qui se pressent dans le beau domaine qui les accueille.

Chacun à son tour est heureux de féliciter les mariés. 

On fait honneur au buffet. 

Mais....le ciel pour s’obscurcit et chacun y va de son pronostic : « Il va pleuvoir. »; « certainement pas...ou alors seulement quelques gouttes ». 

Tous les pronostics le confirment qui ont décidé les mariés à recevoir tout le monde dehors ...en plein air..sans repli possible.

Puis viennent les premières gouttes. On se presse en souriant sous le grand marronnier dont l’ombre bienveillante était plutôt prévue pour protéger du soleil.

Pourtant la pluie s’intensifie et l’inquiétude commence à poindre. Et des trombes arrivent qui obligent les convives à se mettre à l’abri dans les hangars et les garages. Les tables sont mouillées. Le bel ordonnancement en prend un coup.

Mais c’est là que le miracle commence. Chaque membre de la famille qui nous reçoit et leurs amis se mettent en action pour dégager les espaces des outils et des machines où ils sont abrités. 

Bravant la pluie, le traiteur et son personnel suivent tant bien que mal les invités pour leur proposer ce qu’ils avaient prévu...dehors. Le temps passe vite ainsi dans une atmosphère familiale et amicale qui fait vite oublier la pluie.

Hélas ! nous devons partir assez tôt et nous ne saurons pas avant quelques jours la fin de ce moment historique.

« Mais, tu me racontes la mauvaise nouvelle tu ne m’as pas dit quelle était la bonne  ! ».

La bonne nouvelle c’est que cette pluie était là, sur cet endroit précis d’où viennent des vins parmi les meilleurs qui soient. Une pluie suffisamment forte et longue pour donner au vin son goût merveilleux.

La deuxième bonne nouvelle était que le Bon Dieu avait ainsi rappelé sa présence et le premier miracle de son fils qui avait changé l’eau...en vin.

Des noces de Cana aux noces de Châteauneuf-du-Pape, plus de 2000 ans de miracles qu’on ne sait plus assez voir.

Et nous retiendrons de ce moment une dernière image, celui du bel arc-en-ciel éclairant les vignes que nous eûmes sous les yeux en partant.

La sagesse populaire dit « qu’un mariage pluvieux est un mariage heureux. »

Gageons qu’il en sera ainsi de celui-ci.

Tous nos vœux de bonheur aux mariés !