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En quelques heures tous sont partis et la maison s’est vidée de toute présence. Restent le chat et moi.

ELLE, vient de partir au travail et sera absente pour toute la journée.

Notre aînée a rejoint sa belle maison du Beaujolais qui sera encore plus belle la prochaine fois.

La seconde est partie avec son mari et la voiture pleine d’enfants vers une destination encore plus lointaine...le bout du monde du bout du monde.

Le troisième est rentré en France mais sera parisien pour quelques années.

Et notre dernier est bien loin qui travaille au pays des kangourous.

Mon tout est une sorte de grand vide sidéral !

 

La maison est vide et il faut bien s’habituer à l’absence, ce phénomène incontrôlable qui sépare les êtres qui s’aiment.

Bien sûr, il y a le souvenir, le jouet oublié, le livre encore ouvert à la page.

La voix qu’on entend résonner comme par un écho qui se prolongerait longtemps.

Je suis là, assis dans le canapé, dans la maison silencieuse et mes yeux parcourent l’espace et demande à ma mémoire de les replacer là en situation.

Tout le mystère de l’homme : transformer l’éphémère en éternité. Inscrire tout ce qu’on aime ...et les autres d’ailleurs...dans un temps continu sans début ni fin.

Parfois on ne connaît même pas leur nouveau décor et il faut tout imaginer, la vie, les voisins, les paysages, que sais-je encore ?

Alors viennent pour nous aider ces trois compagnes de toujours que sont l’action, l’imagination et la prière.

L’action qui fait bouillir sa propre vie, la remplit de projets, de gestes, d’espoirs, d’efforts, de fatigue et de satisfactions.

L’imagination qui met ces êtres chers en place, en actions, en situation et qui fait défiler ce film lumineux.

Et la prière qui tend à trouver un sens à tout cela en demandant à Dieu qui maîtrise le temps et l’espace de bien vouloir veiller à ce que tout cela ait un sens. Nommer quelqu’un dans une prière c’est le faire vivre à côté de soi l’espace d’un instant.

Depuis toujours l’homme cherche à goûter au mieux au court plaisir de la présence et le reste de son temps à gérer les absences.

Heureusement mille moyens et accessoires sont là pour jeter des ponts entre les êtres. Ces outils merveilleux de la communication visible ou invisible. On est maintenant dans un monde où l’on peut faire encore signe aux absents, aux lointains, aux « ailleurs ». De la lettre qu’on écrit lentement à l’écran qui s’anime de leurs doux visages. Outils d’ailleurs réciproques car quand on aime on ne fait pas que « gérer l’absence de ceux qu’on aime » , on sait se dire aussi que nous sommes nous mêmes les absents de ceux qui nous aiment.

Je réalise en l’écrivant que tout cela est bien confus.

Je te demande pardon, ami lecteur. Je vais me ressaisir et me jeter dans l’action. Doucement car il fait encore chaud et que la vie redémarre à peine après le temps des vacances.

Il y a ce nouveau projet de maison à rebâtir, et ce voyage en Espagne aussi dans un mois seulement. Il y a encore beaucoup de chose à écrire et à raconter sur ces dernières semaines et sur d’autres choses encore. Les travaux de la ville ne me laisseront que très peu de répit. Et au milieu de tout ça le rythme du jardin, de la vie quotidienne.

Alors ami lecteur (que j’ai trop délaissé pendant ce temps de vacances) je te promets de reprendre la plume pour partager avec toi, pour raconter, pour prendre ce moment où je suis en contact avec toi dans ce monologue que j’aime et que tu me fais l’honneur et le bonheur d’écouter.

Bonne journée à toi...et que Dieu te bénisse !