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J’habite une jolie petite maison, assez isolée au cœur d’un village et qui n’a pas de vis à vis. C’est pourquoi, bien que presqu’au pied de l’église. J’ai entendu la cloche qui sonnait à la volée sans pouvoir y ajouter ma voix ou mes applaudissements. Je sais les risques que vous prenez. Je sais les soins que vous donnez. J’ai une fille infirmière et mon fils soldat est médecin aussi. Je sais vos heures de veille, vos nuits brisées, vos journées épuisantes. Je sais la peine et la mort auxquelles vous ne vous habituerez jamais. Je sais que la plupart du temps nous, les autres, nous vous oublions et que nous cautionnons par nos votes des gouvernants qui vous comptent les moyens.
Mais nous revenons vers vous les jours d’angoisse pour recevoir des soins ou pour accompagner quelqu’un qui nous est cher. Et alors c’est avec la même patience que vous nous donnez votre attention.
Ce soir dans mon village à quelques mètres de chez moi, une sérénade était donnée par un musicien de notre école de musique. Il chantait et jouait de la trompette avec et devant sa famille pour transmettre par les ondes son spectacle à ses amis intéressés. Je ne réussis pas à voir son spectacle et le vis donc ..en différé.
Ce fut un bon moment. Quelque chose de simple et d’élégant comme on savait faire autrefois, quand ici en Provence on se réunissait en été sur les places des villages, ou comme chez moi en Auvergne quand on chantait sous le cantou pendant les longues soirées d’hiver. Il voulait vous remercier et moi je veux le remercier de cette initiative qui rend les hommes plus proches les uns des autres.
Je ne sais pas de quoi notre « demain » sera fait. Il y aura encore probablement des morts. Quel que soit le nombre, il y en aura trop. Parmi eux il y aura ceux d’entre vous qui normalement n’auraient rien eu, s'il n'y avait pas eu ce sens sacré du devoir qui vous a conduit à soigner.
J’ai un immense respect pour vous et je suis en colère contre ceux qui n’ont pas compris que par leur négligence ou par leur imprudence, ils sont devenus simplement en sortant dans les rues une menace pour nous et surtout pour vous.
Moi, mes amis soignants, j’ai la chance ou la faiblesse de croire en Quelqu’un de très grand qui nous surprend parfois en laissant passer certaines choses comme ces épidémies sans que l'on comprenne pourquoi. Alors je veux ajouter à ces chants, à ces remerciements, à tous les gestes qui vont vers vous... ma modeste prière.
Dans ces jours difficiles je veux à ma petite échelle penser à vous et prier pour vous et tous ceux qui dans ce temps de crise souffrent et risquent pour les autres.
Courage amis soignants vous êtes un des honneurs de notre France.