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Je suis sorti dans le village. Les travaux s’achèvent sur les rues principales. Le résultat est plutôt joli. Certes il va falloir attendre un peu de temps pour que les arbres donnent de l’ombrage et le goudron a trop souvent été privilégié aux végétaux. Mais, ne boudons pas notre plaisir ! 
Il manque encore beaucoup de choses comme des parking en lisière de ville pour faciliter l’accès aux piétons…mais le reste n’est déjà pas mal.
Je me promenais dans la ville il y a quelques minutes. Des enfants revenaient bruyamment de l’école, d’autres jouaient dans une rue apaisée. 
Quelques badauds flânaient autour de l’église fermée. C’est lundi, le petit salon de thé qui y fait face n’est pas encore ouvert mais dès demain matin j’espère qu’il sera rempli de consommateurs. 
Les chaises posées ça et là sur les places permettent à quelques piétons de prendre leur temps. 
Je me suis mis à rêver, aux soirs d’été ou comme autrefois on sortait les chaises devant les portes pour prendre le frais en surveillant (sans trop de sévérité ) le jeu des enfants. Les adolescents traînaient en sillonnant les places parlant forts et riant encore plus fort. Quelques amoureux débitant s’écartaient de quelques mètres pour profiter de l’ombre de l’église.
Quelques-uns faisaient comme autrefois le tour de ville. Les plus courageux s’aventuraient au delà des remparts jusqu’à la passerelle de la Sorgue. Des enfants bravaient les interdictions de baignade et le froid surtout et pataugeaient dans la Sorgue.
Devant les maisons on parlait fort, on commentait tout : le sport, la politique nationale, la politique locale aussi (ce qui est toujours plus drôle). Beaucoup de choses étaient tournées en dérision avec ce bel accent qui colore tous les mots.
Les passant aussi, des qu’ils étaient un peu loin, faisaient l’objet de commentaires (encore plus lorsqu’ils n’étaient pas du village). Le marchand de pizza si sympathique attendait ces derniers client et prenait le frais devant sa porte entre deux fournées.
Les campeurs (il y a un grand camping à l’orée du village ) avaient compris que c’était mieux de venir flâner que de danser leur millième danse des canards de l’année. Pour quelques jours ils avaient trouvé leur place parmi nous. 
C’est la vie de notre village :  Les remparts qui font du village une île entouré de bras de Sorgue. Une belle église dont le clocher répond au clocher du beffroi.
Qui sait ? Demain ce rêve sera peut-être devenu une réalité et les habitants, conscients de ce qu’ils ont perdu,  reviendront remettre une âme dans ce désert.
Je ne sais pas. Je le souhaite, et si le Bon Dieu qui écoute nos rêves y met du sien. Pourquoi pas ?
Et toi, ami lecteur, je te souhaite une bonne soirée. Je t’embrasse.