Dans ce pays de sable qui est un vaste chantier de construction, il y a peu de place pour la chrétienté. Une grande église en périphérie que se partagent chrétiens, protestants et peut-être orthodoxes. Ici le dimanche est jour de pleine activité, le vendredi est férié, et pour certains une partie du samedi l'est aussi. Ainsi la messe des français se déroule le samedi matin. Ce matin était un jour complet : catéchisme, chapelet, chorale une vraie activité de paroisse. C'est assez surprenant de retrouver l'environnement d'une paroisse française. Une paroisse agréablement étonnante par son nombre d'enfants et la jeunesse de l'assemblée.

Ce pays décidément m'étonne. On y construit à un rythme impressionnant des autoroutes, un métro, des logements, des casernes, des universités et toutes les infrastructures qui les accompagnent. Des armées d'ouvriers travaillent sur ces chantiers et si on les aperçoit parfois au travail au hasard d'une route, on ne les voit jamais en ville. Plusieurs populations semblent vivre ici en parallèle : les Qataris plutôt rares, vêtus de leurs belles tenues traditionnelles. Ils sont peu nombreux et dans l'ensemble très privilégiés du fait de leur naissance. Les expatriés "occidentaux" se rencontrent aussi en ville. Il est bien rare sur les quelques beaux endroits de promenade qu'on n'en rencontre pas. On croise aussi tous les immigrés "de service" : les "maid" qui aident dans les maisons, les différents employés aux tâches subalternes de service, de gardiennage, d'entretien, de surveillance. 
Tous ces travaux semblent destinés à utiliser au mieux la manne gazière pour faire de ce pays un "vrai" pays....au-delà de la coupe du monde de football de 2022. À chaque endroit important, dans chaque quartier, des mosquées s'animent un peu a l'heure de la prière dont les hauts-parleurs font profiter largement toute la ville. On voit peu de piétons le long des grandes routes et parmi les voitures qui circulent une densité impressionnante de puissant 4x4. Nombreux sont les embouteillages et la circulation est souvent difficile.
Beaucoup de de grands ensembles commerciaux. Un centre d'affaire qui n'a rien à envier aux plus grandes capitales du monde.
Tout est gigantesque. On a le sentiment que dès qu'une chose semble importante, ou même seulement interessante, l'état donne les moyens de le faire sans compter. 
Pourtant ce pays ne semble pas vouloir retenir la population qui y travaille, condamnée à repartir une fois ses contrats finis.
Cette impression de richesse, d'abondance fait que la ville est très propre, très bien entretenue. Un climat de confiance règne partout. On laisse sa voiture ouverte. Il faut avouer que c'est bien agréable.
Ce matin on recevait les cendres, l'introduction dans le carême. Une envie d'être meilleur. Si on veut réussir cette sorte de pari il faut éviter de s'intéresser aux nouvelles de France. Un gouvernement qui pérore et place ses copains un peu partout; de vrais problèmes sociaux, moraux, financiers qu'on cache sous de pitoyables remaniements ministériels et de prétendues réformes d'orthographe. Décidément, vue de près ou de loin, cette politique à des relents d'égout. Peut-être prier pendant ce carême pour un vrai changement profond de ces hommes : qu'ils changent ou qu'on en change ! 
Et pour terminer sur une image plus joyeuse, trois petits Qataris d'adoption sont partis se coucher ce soir après une bien jolie prière pleine de saintes attentions et de petites résolutions : doux bonheur d'un grand-père.
Merci mes amis de me lire.