...fut, on doit le dire, un jour un peu compliqué : 

- Un jour d'émotions et de souvenirs parce qu'il y a soixante-dix ans sous la voûte de drapeaux de La Chapelle des Invalides une toute jeune dame disait "oui" à un beau militaire. Ils eurent une nombreuse famille qui se souvient aujourd'hui de ce jour-là.
- Un jour un peu tendu aussi par l'opération délicate d'une belle-sœur. On a beau faire confiance aux médecins et croire en leurs talents, on est toujours un peu inquiets. On avait fait appel à tous ceux qui l'aiment et ça faisait beaucoup de monde mais on attendait avec inquiétude le "tout s'est bien passé " qui rassure et apaise....et qui, Dieu merci, arriva à point. On ne desserre pas pour autant l'étreinte de nos prières, habiles ou maladroites, savantes ou bredouillées.
Et pourtant la ville nous appelait à sa visite. Après un matin gris à traverser en auto ces espaces où les moulins et les éoliennes se partagent le vent. Les uns dessèchent encore les terres, les autres fournissent l'énergie. L'après midi s'annonçait belle. Et le déjeuner pris on partait à la plage à pied dans cette ville où les autos  sont domestiquées , où des troupes de grands adolescents blonds passent à bicyclettes en bandes joyeuses, où les mamans conduisent d'étranges tricycles pleins d'enfants et où les artisans tirent en pédalent des caisses pleines d'outils.
La plage est très grande, peu fréquentée, quelques kites et cerfs-volants dans le ciel, des surfeurs, des promeneurs. On entendait les mouettes. Les enfants jouaient aux agrès. La dernière glace avant la rentrée des classes dans une ville encore nouvelle, dans une école encore nouvelle....c'est demain.
On commence à parler d'arrivée probable du déménagement et à croire à nouveau à un certain confort. La semaine prochaine, dit-on.
Il nous reste beaucoup de choses à voir ou à savoir de ce pays. Même la langue si différente laisse entrapercevoir quelques possibilités de compréhension. On commence à deviner certains mots, comprendre certaines structures. Les langues sont comme les gens, il faut les aimer d'abord, on peut espérer les comprendre ensuite.
Et tout autour de la maison les rues me rappellent celles de mon enfance. De nombreux magasins, un peu partout, une grande présence de passants. Demain je partirais un peu plus à leur découverte. J'ai repéré un bouquiniste...j'irai flairer l'odeur des vieux livres..
Et plein d'autres projets...mais l'heure du repas sonne.
Il ne me reste plus qu'à te dire "au revoir" mon ami. A bientôt.