..ont tant d'importance ne peut pas être mauvais. Ni un pays où les adultes en vélo ont des airs de grands adolescents, un peu plus lents et maladroits, c'est tout.
L'endroit où nous vivons a ce charme insolite des quartiers de la fin du 19 ème / début du 20 ème siècle. Une époque où l'industrie triomphe sans complexes ni états d'âme et où on voit un peu tout en grand. Ici les maisons de briques sont ouvertes le plus possible au soleil ...certainement trop rare en hiver. La lumière doit pouvoir s'installer partout et pénétrer jusqu'au coeur de ces larges maisons. Je retrouve en plus grand ce que j'ai connu en plus modeste dans la maison du nord de mes grands parents. Ici on aime la verdure, les fleurs, les jardins et les intérieurs qu'on aperçoit au travers de ces grandes vitres sont souvent très élégants.
Oh ! Je ne me leurre pas. Ce quartier semble riche ,entre la mer et le coeur de la ville, et de grandes avenues séparent des blocks bien dessinés traces au cordeau. De longs espaces gazonnés et boisés permettent au tram de circuler en douceur et coupent la ville de large rubans verts.
Souvent l'eau est présente sous forme d'étang ou de canaux. Ce n'est certainement pas ça partout. Nous sommes peut-être un peu privilégiés. Nous aurons un peu de temps pour voir.
Il fait aujourd'hui un temps d'automne dont j'ai un peu perdu l'habitude en Provence. Un peu de fraîcheur mais du soleil aussi. La pluie, les nuages et le soleil sont occupés à une grande partie de cache-cache dans un décor où le vert semble roi.
Nous allons essayer de dénicher une bonne occasion de triporteur pour elle et un vélo pour lui dans une rue paraît-il réservée aux velos. Nous déjeunerons au port puis nous irons à Defdt qui n'est pas très loin, ville au coeur plus ancien. Une autre facette de ce pays.
Le déménagement est annoncé jeudi prochain. Nous retarderons notre départ et la reprise devra se faire un peu précipitamment.
Ce matin à l'heure où le quartier se réveillait j'ai découvert un petit boulanger plein de trésors de ces pains aux raisins sucrés tous différents. Hier c'était un marchand de fromage. J'ai acheté quelques roses jaunes qui manquaient encore au décor si simple de la maison encore vide.
Nos enfants ont eu, hier, leur premier diner en ville et l'école a repris ce matin pour les trois aînés. Elle n'est pas très loin. L'école française est la seule qui les a accepté dans des délais si courts. Les enfants en sont enchantés. Je suis toujours aussi agréablement surpris par leur rapidité à s'insérer dans une nouvelle vie , un peu admiratif aussi.
Il m'arrive parfois de me demander si je n'ai pas manqué d'ambition dans ma vie. Lorsque je vois ces vies aux quatre coins du monde il m'arrive de le penser. Mais quand on a, à ce point, le sentiment que tout ce qui vous arrive est un cadeau on a déjà trop peu de temps pour déguster les bonheurs qui se succèdent.
Et puis il y a les rêves qui viennent aussi la nuit apporter leur propre part d'inconnu. Cette nuit, une longue insomnie m'a maintenu dans cet état où l'on ne sait plus très bien distinguer tous ces mondes qui s'entremêlent. Je ne savais plus vraiment ou j'étais, si loin de la maison.
Ce sentiment étrange d'être protégé d'En-Haut, d'obtenir beaucoup de ce que l'on demande et parfois même sans demander fait disparaître au loin frustrations et regrets. Et, quand il arrive qu'ils se pointent il est bien rare qu'un endroit nouveau, un objet, un livre, une rencontre, que-sais-je ? ne viennent donner des couleurs nouvelles au jour qui nous entoure.
Pourquoi je parle de ça en ce samedi de soleil ? Ma foi ! je l'ignore. Allons, mon vieux Jacques, il faut te préparer au depart.
Alors ami lecteur il ne le reste plus qu'à te souhaiter une bonne journée.