Le soir se pose tout doucement sur la ville. Il fait très doux. C'est la fin de l'été mais il y a dans l'air comme une odeur de printemps joyeux.

Hier avait vu l'arrivée à la maison d'un de ces triporteurs que les parents utilisent ici pour amener leurs enfants à l'école : Un signe de plus d'allégeance à un nouveau mode de vie où la voiture recule.
Ce jour était un autre jour. On recevait un container qui avait traversé la mer du pays des rois mages au pays des moulins. On l'attendait depuis 15 jours dans un appartement désert aux allures de campements. Meubles de camping ou de cartons étaient venus pendant ce temps habilement compléter les quelques meubles achetés sur place ou déjà dans la maison.
Et ce matin, à l'heure dite, alors que les enfants partaient à l'école sont arrivés successivement un étrange ascenseur qui s'accrocha au balcon et un gros camion ...chargé du fameux container. Ainsi que toute une équipe de déménageurs habiles et courageux qui en un tour de main transformèrent un amas de carton ( et de meubles enrobés de papier) en une maison confortable et charmante.
Tout le monde mît la main à la pâte. Qui déballait, qui rangeait, qui assemblait et à l'heure où je vous parle, quatre enfants heureux ont retrouvé leurs marques, leurs meubles, leurs livres et leurs jouets.
Dans le grand salon déjà le piano fait entendre ses premières notes. Seuls les cadres n'ont pas encore trouvé le mur qui le recevra. Si peu de temps et tout est déjà harmonie. Un grand banc qatari est là pour rappeler le précédent pays et les souvenirs joyeux qui s'y accrochent, la grande tente bédouine des expéditions au désert sera remisée pour un temps. Les enfants jouent et rangent leurs chambres à leur façon.
C'est le signal du départ. demain nous retournerons aux affaires qui nous attendent, à une autre vie, à une autre maison à d'autres histoires.
Et ce n'est pas tout, d'autres éléments nouveaux viennent s'ajouter à nos bonheurs : un nouveau travail qui commence pour l'une, un nouveau bateau qui accoste à bon port pour un autre.
Plus que jamais on se sent juste des passeurs qui ont juste transmis un peu de ce qu'ils sont.
Et pour conclure, un gentil monsieur m'a interpelé dans la rue pour se présenter à moi dans un français élégant. C'est le voisin de nos enfants, demain peut-être leur ami.
Ainsi va la vie, et la longue route nous attend demain et le jour suivant car nous partirons tard pour profiter encore un gros peu de nos petits expats. On roulera, on parlera aussi de cet anniversaire qu'on a souhaité un peu vite hier et des nombreuses années qui commencèrent il y a maintenant longtemps par un "oui" ému prêt tendre dans une modeste chapelle qu'on avait contribué à faire renaître de ses ruines.
Voilà, tu sais beaucoup de choses, ami lecteur. Je te souhaite une bonne fin de semaine.
Et à bientôt en Provence retrouvée.
Et que Dieu qui est si bon continue ainsi à veiller sur notre vie.