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Chère Maman, cher Papa,

Je veux terminer ce récit en vous parlant du 'lendemain de mariage".
On est en février et dans ce grand domaine qui nous accueille personne d'autre que nous. On a presque l'impression que le domaine nous appartient. On a toujours rêvé en famille de posséder une telle propriété qui puisse nous accueillir tous ensemble mais nous sommes plus riches d'enfants et de bonheurs que d'argent...alors...ce n'est pas le cas.
Lendemain d'un jour de noce où l'on s'est couché tard, on voit d'abord apparaître les plus petits, les bébés et le parent "designé" pour s'occuper d'un biberon matinal. Puis les plus anciens qui ont déserté la fête en premiers et dont les nuits sont souvent plus courtes . Peu à peu tout le monde se retrouve. Une grande salle s'est préparée en quelques minutes pour accueillir la messe célébrée par notre neveu prêtre un peu intimidé de se retrouver devant ces assemblées familiales. Une assemblée recueillie, un peu ensommeillée, où la chorale reprend des chants connus de tous.
La messe se termine et en quelques minutes La chapelle improvisée se transforme en salle de cantine pour un immense pique-nique. Quelques uns s'improvisent serveurs, d'autres cuisiniers ou plongeurs et chacun se retrouve autour de grandes tables. Et là le chant reprend. De ces chants entendus depuis la plus tendre enfance et si souvent répétés au travers de toutes les familles. Quelques chants nouveaux se sont ajoutés au cours du temps. Des chants entendus autour de feux de camp, dans les rassemblements familiaux, et pour certains, dans ces pèlerinages de Chartres qui nous rassemblaient nombreux en famille durant trois jours tous les ans. Rien n'est oublié, les paroles jaillissent des lèvres, les rires aussi.
Bien sûr on échange aussi quelques nouvelles, quelques conseils, quelques adresses.
On ne voudrait pas partir mais les premiers partis donnent le "top".
En un instant à nouveau tout est rangé, nettoyé. La salle sera rendue propre et la mort dans l'âme on se quitte pour un temps qu'on ignore encore.
Il reste un long chemin. Ces retours partagés de lendemain de mariage et le long temps d'intimité qu'ils procurent sont une occasion inespérée de discussions en profondeur. Et ce sera le cas ce jour là entre deux frères pourtant voisins mais qui n'ont pas si souvent des occasions semblables. Deux frères, un parmi "les grands" un parmi "les petits"...presque une génération d'écart et le rapport compliqué de deux générations éduquées de façons différentes.
J'ai encore le souvenir très nets de longs échanges avec mon père au cours de voyages en auto. Me reviennent aussi en mémoire celles que j'ai pu avoir avec les miens. Comme si le voyage déliait les langues et les esprit et libérait de certaines pudeurs.
La route passe vite ainsi et nous sommes déjà de retour...et mon récit est fini de ces quelques jours de fête.
Merci de m'avoir lu avec patience mon ami. Demain je reprendrai le cours plus normal de les petits récits.
Quant à vous chère Maman et cher Papa qui avaient, je le confesse, un peu servi de prétexte à raconter ces choses qui me tiennent à coeur, je vous embrasse en sachant bien que vous veillez encore sur nous.