Carême

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Ce mot fait souvent peur à ceux qui n’en ont pas l’habitude. Au bout de quelques dizaines d’années il est un peu moins effrayant et on trouve même un certain plaisir à le retrouver.

Derrière sa face austère ce mot a la saveur de l’effort et de l’envie de mieux faire ...voire de devenir meilleur.

Je ne sais pas ce qu’il en est pour toi, ami lecteur, mais j’ai depuis l’enfance aimé ces moments partagés de petits sacrifices.

L’envie de s’améliorer doit certainement aller de paire avec le sentiment d’une vraie médiocrité. J’imagine que c’est difficile à vivre pour des êtres dotés de grandes qualités. Mais pour l’homme ordinaire que je suis, il est assez facile de réaliser son imperfection et plutôt exaltant d’espérer par quelques privations, quelques efforts, profiter d’une période donnée qui revient tous les ans gagner en « qualité ». 

Même si, au fur et à mesure, que ce temps se déroule je constate assez souvent combien je suis velléitaire et quel mal j’ai à tenir ces résolutions...

Qu’importe ! Demain commence cette belle période où on s’écarte un peu du monde et de ses attraits pour se concentrer, un peu mieux et un peu plus,  sur des choses essentielles.

J’ai toujours été frappé, dans ce monde (qui le plus souvent n’aime pas la religion et a plutôt tendance à la tourner en dérision ) combien on pouvait s’intéresser à toutes les spiritualités les plus lointaines, vanter les ascèses les plus étranges, voire même célébrer le ramadan et ne pas se pencher avec bienveillance sur ce temps spécial des « cathos ».

S’il est un phénomène qui rend bien la vie plus facile c’est le cycle de saisons et ce carême arrive chez nous au printemps, au moment où on remet sa maison en route, où on prépare son jardin aux abondantes cueillettes de l’été.

Cette année, le constat que la balance stationnait dans des zones trop élevées, voire dangereuses, m’a contraint il y a quelques semaines à me raisonner sur la nourriture (pour des raisons purement pratiques ou esthétiques)....ce qui fait que ce n’est pas sur les bonheurs de la table que porteront mes sacrifices.

Ils porteront peut-être sur cette addiction plus récente qui, mille fois par jour, sous les prétextes les plus futiles me fait me précipiter vers un quelconque clavier, ou écran, ou tablette.

Mais il y a quand même quelques rituels, ces repas plus légers, cet éveil plus grand au « religieux », cette attention à l’autre, à ce « prochain » et que sais-je encore (tant ces différent pour chacun). 

Et puis je me souviens des jours « phares » des carêmes de mon enfance, ou de ceux que nous avons vécu avec nos enfants, où les jours de « jeûne et abstinence » on se partage un repas un peu plus maigre comme si on allait mourir de faim... je me souviens des sourires, des plaisanteries, des tentations.

On ne parle pas assez de ce temps, alors j’avais envie ce matin de lui faire un peu de place sur mon blog.

J’espère, ami lecteur, que tu n’y verras aucune malice mais qu’au contraire ça réveillera chez toi aussi peut être le souvenir de ces temps.

Je te souhaite une bonne journée, un bon « mardi gras » et un bon carême...qui ne commence que demain.

 

;-)