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...C’est que, même sans vous voir, dans la lumière rare de ce petit matin...il savait que vous étiez belle.

Il vous a regardé un certain temps en silence, écoutant doucement votre respiration. Il a trouvé que vous aviez l’air apaisée bien que de temps en temps votre souffle s’accélère ou que vous ayez même un léger sursaut.

« A quoi pense-t-elle ? » S’est-il demandé. A la journée qui va venir et à ses milles tâches qui se succèdent sans répit ? Ou, peut-être au temps qui passe, aux enfants qui ont grandi, aux petits-enfants qui vont bientôt venir en vacances.

Il s’est demandé pourquoi les hommes sont tellement plus maladroits que les femmes à parler des choses essentielles et combien est vain ce qu’ils croient important.

Lui, est rentré tard dans la nuit, d’une réunion qui lui semblait bien longue. Il avait juste envie de vous rejoindre au coin du feu devant lequel vous étiez. Les sujets dont il était question l’intéressaient beaucoup moins que ce moment de paix qu’il aurait pu partager.

Les affaires des hommes sont bien légères et  éphémères et l’intérêt souvent se perd. Le ressort se casse parfois pour un motif qui peut sembler léger à certains mais qui en  saisit d’autres au plus profond vous-mêmes. La confiance qui s’étiole, la parole qui manque, l’honneur qui file en silence, le mensonge qui s’installe. Tout ce qui relève de l’action peut alors devenir juste... mécanique.

Vous dormiez déjà lorsqu’il est arrivé. Le contraste lui a alors semble énorme entre le jeu des hommes, des pouvoirs, des séductions et parfois des mensonges et votre propre histoire commencée il y a bien longtemps. 

Certes ! Comme toutes les histoires elle fut parfois sujet d’inquiétudes et objet de crises et de rebondissements. Ça, c’est juste la vie. Le plus, le mieux c’était ce fil conducteur, cette volonté de durée. Les jours se sont ajoutés aux jours qui ont solidifié cette alliance entre tout ce qu’il y a de plus doux chez la femme et tout ce qu’il y a de plus rugueux chez l’homme.

Tout cela et beaucoup d’autres choses encore...il ne vous le dira pas. Parce qu’il est maladroit, et que ce n’est pas le propre de l’homme de savoir dire ses sentiments.

Alors il fera peut-être comme moi, il attendra qu’un autre le dise ou l’écrive pour lui, à sa place. Comme Christian, il a besoin d’un Cyrano qui lui souffle à l’oreille les mots qui la séduiront.

Mais Cyrano est mort, et les « Christian » que nous sommes demeurent muets.

Alors en leur nom je prends ma plume pour tenter maladroitement de vous dire combien vous êtes indispensables et importantes pour nous.

Je sais qu’il y a quelques lectrices qui comprendront. 

Je les embrasse.

Et j’invite mes amis masculins à partager avec « Elle » ma modeste contribution à l’émerveillement qui doit rester le nôtre devant ces merveilles qu’il nous a été donné d’accompagner dans la vie.

Bonne journée.