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..qui tombe avec régularité sur notre toit réparé. J’avoue cependant ne pas encore maîtriser l’ancienne appréhension des fuites qu’elle entraînait autrefois.

Je me suis levé en sursaut à l’aube lorsque je l’entendis tomber. Je crois qu’il me faudra quelques belles ondées encore pour vaincre cette inquiétude.

Il en est souvent ainsi dans ma vie. Je m’inquiète souvent de « supposés » risques, peut-être plus que des vrais dangers. Cette inquiétude peut devenir paralysante et empêcher de nombreuses actions. Il faut toute une vie pour en triompher.

Être un petit garçon gauche et maladroit pèse sur toute une vie. Heureusement qu’il y a parfois la main qui aide, la mère qui console, le père qui accompagne, le maître qui conseille ou simplement la chance qui évite la catastrophe.

Dans ma vie quelques personnes ainsi bienveillantes ont réussi  l’exploit fantastique de faire admettre à ce petit homme balourd qu’il avait aussi son rôle à jouer. 

Enfant j’enviais les dèsinhibés capables de prendre tous les risques car ils se sentaient capables de tout. En tous cas je le crois jusqu’au jour où j’en vis quelques uns s’effondrer devant de vrais risques.

J’aurais aimé être « eux ». Parfois ce n’étaient que des mythes, des images fabriquées. Mais j’en ai aussi rencontres d’authentiques, de ces êtres à qui on fait confiance et qui le méritent et dont chacun s’accord à reconnaître la valeur. Aujourd’hui je mesure l’immense responsabilité de posséder ainsi tant de talents à faire fructifier. 

Le petit homme que j’étais dans mon enfance avait peur de tout : l’obscurité du parc en allant fermer le portail, le contact des vers de terre ou de tout autre animal inconnu, le mur du voisin à enjamber, l’eau, les professeurs, les autres....que sais-je encore ?

La vie d’un tel petit garçon est une succession de grands défis pour des choses qui paraissent à d’autres insignifiantes. Un long chemin où l’on avance à force de petites victoires insignifiantes.

Arrive à l’âge d’homme, il reste souvent l’appréhension devant toute situation nouvelle. Parfois la « crânerie » tient lieu d’excitant, ou bien la peur de décevoir. L’autodérision permet aussi de sortir de situations qui semblaient désespérées.

Mais je crois que le principal moteur est souvent l’envie de ne pas décevoir ceux que l’on aime et qui vous aiment. Un moteur d’autant plus puissant qu’il porte en corolaire l’indulgence et le pardon. 

La vie est alors une longue acquisition de la confiance, dans les hommes, dans le matériel, dans les procédures, dans le savoir.

S’ajoute à cela une immense reconnaissance, le sentiment d’obtenir des biens dont on était indignes. 

Je crois qu’un de ces jours j’écrirais un billet sur ce sentiment merveilleux de richesse qui un jour vous saisit et qui fait que vous ne vous sentirez plus jamais pauvre.

Mais si aujourd’hui est un très beau jour malgré la pluie c’est aussi parce que la maison s’est enrichie de nos deux filles et de nos quatre petits-enfants. Elle va vivre quelques jours rythmés par eux, par leurs jeux, leurs chamailleries, le bonheur de ce qui se passe ou même juste d’être là...ensemble.

Et quelque soit le temps il sera prétexte à des activités qui s’adaptent à lui. Mais ne boudons pas non plus le plaisir de cette pluie qui remplit nos nappes phréatiques et régénère la terre.

Bonne journée, mon ami lecteur.