B172CF2C-817F-435D-A0B6-886459E8E6CF

 

Je redoutais, après l’ incendie du 14 juillet de trouver une abbaye dévastée. J’arrivai par la route qui longe la voie ferrée d’où partirent les étincelles dévastatrices. Dès cet endroit jusqu’à l’entrée de l’abbaye le paysage est dévasté. La forêt a disparu. Quelques squelettes d’arbres noircis attestent de son ancienne présence et je découvre des rochers blancs émergeant que je n’ai jamais vu avant. Ça et là des troncs débités et entassés au bord de la route marquent les travaux de dégagement. Curieusement de temps en temps une oliveraie en bord de route semble avoir été préservée des flammes.
L’abbaye est silencieuse, comme accablée par la chaleur. Je croise des agents des eaux et forêts analysant les traces de feux.
 A ces heures-là il n’y a pas d’office. Quelques rares touristes dans le magasin, d’autres visitent la basilique. Je décide de rentrer dans l’ancienne église Saint-Michel profiter de sa fraîcheur et de son recueillement . Un bel endroit de paix un peu austère qui s’oppose au luxe dorée de la basilique. Deux façons différentes de prier un même Dieu.
Je fais ensuite le tour des bâtiments et du parc que je commence à connaître à force de l’arpenter régulièrement. C’est un peu comme si l’abbaye dont les clochers sont actuellement entourés d’échafaudages avait été mystérieusement préservée et autour d’elle une ceinture de verdure demeure. Le grand mur de clôture que nous avons commencé à restaurer a, paraît-il, aide à protéger le parc du feu environnant.
Parfois de grandes traces rouges sur le sol ou sur les bâtiments rappellent le passage des avions bombardiers d’eau mais de l’abbaye émane la même paix que d’ordinaire.
J’entre dans la basilique. Devant la belle chapelle dorée de Notre Dame du Bon remède, un chapelet commence par la lecture des intentions de prières déposées là par les passants. Quelques misères au milieu de nombreux remerciements. Je m’y joins et dans cette immense enceinte on n’entend plus que ce murmure suppliant. 
En sortant je passe devant le panneau qui retrace l’histoire de l’abbaye au cours des temps. Elle en aura vu passer bien des misères, des saccages, des expulsions, des abandons.
Dans les épreuves il est toujours bon de revenir à l’histoire qui conforte mon sentiment que l’abbaye renaîtra encore plus forte de cette épreuve et que la petite communauté qui l’anime s’enrichira de nouvelles forces et de nouvelles vocations.
Et toi, ami lecteur, je t’invite autant que tu le peux à visiter ce lieu, à y déposer tes prières  et à aider autant que tu le peux cette communauté par ta prière, par ton travail, par ton argent.
Je te souhaite un bon week-end. Je t’embrasse.