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Il fait beau ce matin en Provence. Le vent a laissé derrière lui un ciel d’azur. Il fait chaud le jour mais la nuit est redevenue fraîche. Dans les maisons à enfants la rentrée se prépare. Dans mon village on s’apprête, lundi, à ouvrir à nouveau une école qui a été en travaux toutes les vacances. Tout semble fonctionner...mais quel stress ces dernières semaines.

Ce temps de vacances a été bien chargé mais rempli de bonheurs simples, successifs et variés.

La maison bruissait de ces bruits de vie familiale qui me sont chers. 

Dans mon pays hélas c’est un peu moins bien : mes gouvernants me désespèrent d’incohérences et de velléités démagogiques quand ils devraient avoir à cœur de gouverner avec exigence un pays qui ne sait pas ce qu’il veut. Mon Eglise est aussi sujette en ce moment à des troubles profonds qui pourraient inquiéter sur son avenir si on ne croyait pas à son éternité.

Il y aurait donc eu ce matin mille sujets sérieux à écrire. Pourtant  ami lecteur, je vais te parler d’un petit lapin.

Biscuit, dont je t’ai déjà parlé dans ces pages, petit lapin Batave arrivé cette année chez mes petits enfants, est mort cette semaine. 

Biscuit était gentil. Il faisait le bonheur de cette petite famille. Et moi je dois avouer qu’il me faisait beaucoup rire. Pourtant il m’avait gentiment mis à sac, cet été, deux petits carrés potagers que j’entretiens avec amour. Après nous avoir fait croire que l’espace de notre jardinet lui suffisait il avait joyeusement entrepris de mettre à sac les quelques carottes et poireaux qui s’y trouvaient.

J’avais bien essayé, avec l’aide de mes petits-enfants, de le protéger de barrières ...sans succès.

Rapidement le jeu l’avait emporté sur le forfait et on s’amusait de ses astuces pour contourner ces règles comme pour entrer dans toutes les pièces ,interdites pour lui, de la maison.

Il fallait le voir, se cacher, se faire oublier, ou nous laisser penser qu’il était lui aussi accablé par la canicule. Il restait au pied des carrés et tout à coup d’un saut puissant il s’installait, fier de sa performance.

Mais Biscuit avait un problème de dents. Il avait fallu l’amener chez le vétérinaire, l’endormir et... Biscuit ne s’est pas réveillé. Ou plutôt il s’est réveillé dans ce qui doit être le paradis des petits lapins espiègles...certainement un endroit charmant.

Mais dans la maison Haguoise quatre petits enfants, et leurs parents aussi ont connu un vrai moment de tristesse. Ils ont pleuré. Ils ont rangé avec amour la cage devenu inutile. Ils ont partagé avec leurs grands-parents leur tristesse. 

Biscuit, devenu mon ami, à rejoint ce petit mausolée intime des animaux qui viennent mettre un peu plus de couleurs et de joies dans nos vies. 

Dans quelques jours ils rentreront à nouveau dans leurs écoles. Biscuit sera très vite un petit nuage roux qui disparaîtra de leur horizon...mais qui peut-être quand ils seront grands, très grands, trop grands peut être, viendra à l’occasion traverser leurs rêves...comme c’est le cas en ce moment pour leur grand-père.

Adieu petit Biscuit...