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Le 4 décembre c’est la Sainte Barbe, une sainte qui me faisait sourire lorsque j’étais enfant et que j’imaginais semblable à ces « femmes à barbes » des foires. Mon père était un ancien officier d’artillerie et cette fête avait pour lui un sens particulier. Plus tard dans mon entreprise, le monde des carriers, de la pierre, des agrégats, des tirs de mines, des artificiers, on l’honorait aussi. Et ce n’est que bien plus tard, en arrivant à la mairie, que j’appris que c’était aussi la patronne des pompiers. 
Souvenir amusant, attendri. On ne dira jamais assez comme les souvenirs d’enfance remplissent une grande partie de nos souvenirs.
Joyeux,  je partis sur mon premier chantier du matin. Un chantier modeste, technique, de ces chantiers qui ne font jamais la « une » des magazines municipaux. Il s’agit simplement de mettre « aux normes handicapées », l’ensemble des établissements publics. Presque tout le monde l’ignore et presque personne n’en parle mais, depuis des années, ce travail est entrepris qui mobilise de gros budgets et pas mal d’énergie.
Rendre le monde plus facile à ces femmes et ces hommes pour qui la vie est plus compliquée que pour nous.
Suivre les chantiers est un exercice passionnant. J’y retrouve des gestes d’artisans que j’ai autrefois appliqué  moi-même et ce monde du travail qui manque toujours un peu lorsqu’on est à la retraite.
J’étais d’autant plus joyeux que le soir même notre fils aîné venait passer quelques jours à la maison.
......
Lorsque je rentrais pour déjeuner, j’appris que le pilote de l’aviation civile mort en service au début de la semaine était le gendre d’un couple d’amis.
Je ne le connaissais pas personnellement mais comment ne pas se sentir touché lorsque la mort frappe si près.
Ces accidents nous rappellent aussi ce qu’il y a de grand dans notre pays dans ces hommes qui vont jusqu’au sacrifice de leur vie pour accomplir ces missions.
Au delà de la tristesse, ces exemples, comme ceux des militaires qui meurent en mission, font prendre conscience qu’au delà du pessimisme et des craintes de notre société, il existe une relève du courage, de l’honneur et de toutes ces belles phrases que l’on peut lire sur leurs drapeaux.
La plupart des vies sont des vies simples et les tâches que chacun d’entre nous accomplit sont souvent bien modestes. Et c’est normal. Mais il existe aussi des hommes qui accomplissent des actes héroïques et d’autres qui leur donnent les moyens de les accomplir.
Une grande fierté. Un grand sentiment de reconnaissance.
Mais je dois te laisser, ami lecteur. L’agitation politique des derniers mois d’un mandat politique signifie aussi la multiplication des chantiers menés, parfois trop vite,  pour faire des lignes supplémentaires sur des bilans.
J’ai donc en ce moment beaucoup de travail que les conditions météo rendent un peu plus difficiles. Mais c’est aussi un bon moyen d’oublier un contexte bien sinistre.
C’est donc sur une note de fierté, de joie, d’espoir et de travail que je pars.
Bonne journée à toi !